Très humain plutôt que transhumain

TEDx Paris a organisé au début du mois d’octobre 2014 une conférence au Théâtre du Châtelet à laquelle était invité Alain Damasio, auteur entre autres de La Horde du Contrevent, roman culte (il paraît) qui m’attend depuis des années sur une étagère de ma bibliothèque mais que je n’ai jamais eu le courage de commencer (pas taper !) malgré les encouragements réitérés de plusieurs amis. Promis, je le lirai un jour. En attendant, j’avais parcouru plusieurs interviews de l’écrivain, notamment celle-ci chez Uzbek & Rica que j’avais plutôt appréciée, et il me semblait qu’il avait quelque chose d’intéressant à dire. J’ai donc regardé cette conférence TEDx avec intérêt.

Au final, un peu déçu par le ton que j’ai trouvé un peu simpliste, mais j’imagine que c’est le format qui veut ça. Autant je trouve certains arguments pertinents, comme celui de notre rapport à notre environnement immédiat, autant je pense que certaines craintes qu’on agite se trouvent souvent infondées, comme la délégation de notre mémoire à des machines (et notamment aux smartphones) : on prétendait déjà du temps de Gutenberg que les livres imprimés allaient détruire nos facultés cognitives et mémorielles, car on pourrait accéder au savoir en un clin d’œil.

Néanmoins, je pense qu’Alain Damasio a, comme la plupart d’entre nous, l’intuition que quelque chose cloche. Peut-être que nous ne savons pas l’exprimer correctement, ou peut-être que nous sommes persuadés d’avoir compris d’où venait le problème et que nous nous réfugions derrière de grandes théories pour expliciter notre malaise. Quoi qu’il en soit, les mots d’Alain Damasio ont au moins autant d’importance que ceux qui prônent l’avènement du transhumanisme. Si nous ne parvenons pas à mettre le doigt sur ce qui nous chagrine vraiment, c’est peut-être que rien ne cloche ou, au contraire, que trop de choses débloquent. Dans tous les cas, des voix telles que la sienne méritent d’être entendues.

Photo : Daniel Y. Go (Flickr - CC-BY-NC)

4 pensées sur “Très humain plutôt que transhumain”

  1. C’est fou, je pensais Damasio plutôt malin, alors que ce discours me semble juste un ramassis de poncifs éculés et de raisonnements mal documentés.
    Déjà, claquer les arguments qu’on se prend pour Dieu, qu’on devient paresseux ou qu’on manque de présence, ça va bien deux minutes mais on les sortait déjà à l’époque de l’électricité, de l’avion, des antiobiotiques, des livres (même avant Gutenberg, les druides voyaient les romains comme des grosses feignasses-à-bouquins), des trains et des autoroutes.
    Après, enchaîner sur le fait que l’être humain se suffit en soi et qu’il n’a pas besoin de prolongation, ça perd ‘achement de crédibilité quand on est un primate sans poil en chemise, avec un micro pour parler et des lunettes pour voir.
    Et enfin et surtout, il crache sur le transhumanisme sans vraiment sembler savoir ce qu’il en est - parce qu’il y a quand même un pan entier du mouvement qui prône l’élévation de l’homme par la technologie /et/ par la méditation, la philosophie, ou ce genre de choses, ce que Damasio semble totalement occulter.

  2. Sinon, il faut tout de même lire « La Horde du Contrevent », qui est un très beau bouquin (« culte » on a dit !) . Original tant au niveau de l’histoire que de l’écriture.
    Si jamais vous êtes déjà aux prises avec de trop nombreuses reliures mais que vous voulez malgré tout voir de quoi il en retourne avec Damasio, il est aussi possible de foncer sur « Aucun Souvenir Assez Solide », recueil de nouvelles, dont certaines sont absolument magnifiques (de mémoire : « Les Haut-Parleurs » et « El Levir et Le Livre »).
    J’envie ceux pour qui tout reste à découvrir.

    J’en profite pour remercier l’auteur de ce blog d’être l’auteur de ce blog, toujours intéressant, et toujours bien écrit, dont je suis l’un des suiveurs silencieux.

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