Charlie et Ray sont sur un bateau

Je n’avais rien publié sur ce blog depuis dix jours.Pas franchement par manque d’envie, quoique… Non, je ne savais tout simplement pas quoi écrire. La tragédie vertigineuse qui a frappé Charlie Hebdo a laissé beaucoup d’entre nous sans voix.

Petit à petit les langues se sont déliées, pas toujours pour le meilleur, mais elles ont fini par retrouver leurs capacités motrices par la force des choses. Pour ma part, je suis toujours incapable d’écrire quoi que ce soit. C’est trop fort, trop terrible, pour qu’un seul mot qui me semblerait juste transpire de mes doigts pour s’imprimer sur l’écran. Redécouvrant les vertus du silence, j’ai aussi redécouvert les frustrations qui lui sont inhérentes. Ne pas savoir quoi dire, avoir l’intuition qu’il existe un mot, mais peut-être pas dans sa langue, ni même dans son époque, est un sentiment vexant, incapacitant. Il frustre ceux qui se sont fixés pour but d’écrire le monde autour d’eux, mais il faut composer avec, j’imagine. Continuer la lecture de « Charlie et Ray sont sur un bateau »

Happy Ray’s Day ! Le 22 août, célébrons la lecture, les auteurs et les lecteurs

Il y a un peu plus de deux ans que Ray Bradbury s’est définitivement envolé pour Mars (l’étourdi a oublié d’acheter un billet retour) et qu’avec son départ, nous avons perdu un amoureux des livres comme il en existait peu.

 

MAJ du 22 août : le site du Ray’s Day connaissant des difficultés de serveur que le webmaster ne sera pas en mesure de réparer d’ici au 22, nous avons décidé de renvoyer provisoirement sur cette page qui récapitule le principe de la journée.

Afin de répandre et de faire connaître au maximum vos initiatives : 

  • utilisez le hashtag #raysday sur Facebook, Twitter, Instagram, etc pour que tous les internautes puissent profiter de votre participation. C’est très important.
  • relayez au maximum le message sur vos blogs et réseaux sociaux afin que l’information soit décentralisée au maximum.
  • partagez votre initiative sur la page Facebook du Ray’s Day.
  • faites preuve d’imagination !

Remuons ciel et terre pour que le Ray’s Day se répande au maximum ! Je vous souhaite une très joyeuse fête de la lecture.

Neil

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Il y a un peu plus de deux ans que Ray Bradbury s’est définitivement envolé pour Mars (l’étourdi a oublié d’acheter un billet retour) et qu’avec son départ, nous avons perdu un amoureux des livres comme il en existait peu.

Outre qu’il ait été (et qu’il demeurera sans doute toujours) l’un de mes écrivains préférés — au point que je lui consacre une année de ma vie via le Projet Bradbury —, j’ai toujours trouvé que la passion que Bradbury entretenait pour les livres, les bibliothèques et plus généralement pour la lecture était contagieuse. Les rabat-joie diront qu’il ne portait pas beaucoup dans son coeur les ordinateurs et les livres numériques, mais qu’importe : quand on aime la lecture, peu importe le support. Il n’y a pas d’auteurs numériques ou d’auteurs papier, il n’y a que des histoires ; et au fond, oublions deux secondes la  guerre industrielle  et nous serons tous d’accord pour dire que ce que nous aimons par-dessus tout, ce sont les livres et la lecture.

06 World Fantasy Con III 1977 Ray Bradbury Signing Next to Robert Bloch

Le 22 août prochain, Ray Bradbury aurait eu 94 ans. En plus d’être un amoureux des livres (il faut l’être pour avoir écrit Fahrenheit 451), l’auteur était un éternel gamin et un optimiste invétéré. Même s’il a tiré sa révérence, j’éprouve toujours autant l’envie de lui souhaiter son anniversaire. C’est bête, dit comme ça, mais c’est une manière pour moi de lui rendre hommage et de le remercier, puisque je n’aurai plus jamais la chance de le lui dire de vive voix (peut-être qu’une séance de spiritisme pourrait… non, je m’égare).

Bref, je me dis que le 22 août est en plus une belle date pour marquer le coup : la tête encore dans les vacances et le soleil, mais un pied déjà dans la rentrée, un entre-deux, comme une mi-saison, juste avant le grand rush du déchargement littéraire annuel sous lequel nous croulerons bientôt.

J’ai consulté mon calendrier, vous savez, celui où s’égrènent les journées internationales de tout et n’importe quoi, au point que cela en devient illisible. S’il existe bien une journée du Livre et du Droit d’Auteur le 23 avril, il s’agit davantage d’une fête dédiée à l’industrie du livre et à la célébration du copyright — une occasion de plus de faire du marketing et du business, en somme — et non pas d’une véritable célébration de l’acte de lire et de ceux et celles qui rendent possible cette magnifique communion : les auteurs et leurs lecteurs.

My Kindle I

Alors je me suis dit, pourquoi ne pas consacrer cette belle journée du 22 août à la lecture ? Hors de question de la décréter journée internationale de quoi que ce soit, tournons ces dérives commerciales en ridicule et profitons-en juste pour célébrer le Ray’s Day d’une manière qui aurait plu à l’auteur, comme une grande fête d’anniversaire dans le jardin avec ballons et tartes aux myrtilles.

Il s’agirait d’une journée pour fêter la lecture, quel que soit le support : pas de gue-guerre papier vs numérique, ce qui compte, ce sont les histoires, leurs auteurs et les lecteurs. Tout le monde est invité, à condition de respecter les copains. Ensuite, hors de question d’en faire un prétexte au business et au commercial : le 22 août doit être le jour où la lecture s’offre et se partage gratuitement et librement. Les auteurs pourront poster sur leur site une nouvelle inédite,  ou offrir l’un de leur livre seulement l’espace d’une journée, ou faire une lecture sur Youtube en direct, toutes les idées les plus folles sont autorisées et même fortement conseillées. Les éditeurs, eux, peuvent également proposer l’un de leur livre gratuitement toute la journée, solliciter leurs auteurs, offrir des goodies ou imaginer des initiatives inventives pour promouvoir l’acte de lire sans tomber dans le commercial. Les librairies et les bibliothèques pourront organiser des lectures ou des rencontres. Enfin, les lecteurs ne seront pas en reste et seront invités à partager leur livre préféré, à se raconter, à faire partager leur expérience via les blogs et les réseaux sociaux.

Reading

Nous regrouperons toutes nos participations via un hashtag sur Twitter et Facebook (#RaysDay par exemple). Pas de hiérarchie, pas de centralisation : chacun participe à sa guise et célèbre la lecture comme il l’entend. Ce peut être aussi l’occasion pour chacun de tester les licences libres, dans une volonté de partage affichée, juste l’espace d’une journée, pour tenter le coup, pour tremper l’orteil. L’essentiel, c’est que ça reste gratuit et partageable. Voilà comment j’imagine les choses. Bien sûr, chacun serait libre d’apporter sa pierre à l’édifice de la manière qu’il estime la plus intéressante, toutes les bonnes volontés sont bienvenues et plus qu’appréciées.

C’est à chacun de contribuer à sa mesure et selon son envie. Il n’y a pas de limite. Tout ce qui compte, c’est de raconter, d’exprimer, de partager ce qui fait que nous aimons autant la lecture.

Alors, vous faites quoi le 22 août prochain ?

 

MAJ : le site www.raysday.net vient d’ouvrir ses portes !

 

#42 | Rydstonberg

Pour le 42ème texte, il fallait faire un effort. En effet, le 42 n’est pas un nombre à considérer à la légère — Douglas Adams ne dirait sans doute pas le contraire — et j’ai moi-même intitulé mon blog personnel page42.org, autant dire que j’avais la pression.

Pour le 42ème texte, il fallait faire un effort. En effet, le 42 n’est pas un nombre à considérer à la légère — Douglas Adams ne dirait sans doute pas le contraire — et j’ai moi-même intitulé mon blog personnel page42.org, autant dire que j’avais la pression.

Je crois avoir réussi à trouver un angle d’accroche original. C’est un exercice de style, bien sûr, mais j’ai pris beaucoup de plaisir à l’écrire. J’espère que vous en aurez autant à lire ce texte.

cover

Je vous présente Rydstonberg, la 42ème nouvelle du Projet Bradbury. Quelques mots pour vous en donner une idée :

Bienvenue à Rydstonberg, charmante bourgade accrochée à flanc de montagne et haut-lieu du tourisme local : ici, pas de parc d’attractions ni de centre commercial, seulement de vieilles pierres et des traditions au moins aussi séculaires. Le touriste que vous êtes n’aura aucun mal à y trouver son bonheur, à moins que l’étrange religion dont tous les habitants sont de fervents adeptes n’entache votre bonne humeur et vous pousse à enquêter…

La particularité de Rydstonberg est d’avoir été rédigé sous la forme d’un guide touristique, à la manière du Guide du Routard en somme : je me suis forcé à explorer un village qui n’existe nulle part ailleurs que dans mon imagination, mettant ainsi en pratique mes aptitudes de cartographe littéraire. J’en ai exploré chaque ruelle, chaque maison, chaque sente, chaque construction abandonnée, et je les ai détaillées les unes après les autres. Ainsi, vous explorerez en compagnie de votre humble guide la mairie, la bibliothèque, le musée, la place, les hôtels et restaurants, les balades aux alentours, ainsi que le mystérieux temple de Klargh interdit aux visiteurs. La forme — tout sauf narrative — peut surprendre, mais j’espère que le fond saura vous emporter.

Car le défi était là : arriver à transporter le lecteur dans une narration via un guide touristique. Ainsi, dans chaque description, j’ai laissé infuser quelques éléments de récit, une anecdote par-ci, une légende par-là, qui, lorsqu’on lit l’ensemble, forment une histoire — celle du village de Rydstonberg. Le guide a même une chute, comme dans une « vraie » nouvelle. J’ai essayé d’y distiller une ambiance lovecraftienne. J’avais d’ailleurs même pensé à utiliser Innsmouth, la ville créée par Lovecraft, mais le défi n’aurait pas été aussi drôle : j’ai fini par me rabattre sur une bourgade de mon cru.

Je le dis régulièrement : le Projet Bradbury est une chance pour moi. En tant qu’auteur, devoir écrire une nouvelle par semaine est un challenge très motivant qui me contraint à tenter de me renouveler. En fait, la véritable chance que m’accorde le Projet Bradbury est celle de me lasser de moi-même : quand j’en ai soupé de mes automatismes, quand ils me sautent au visage, je les jette à la poubelle et je cherche autre chose. Cet « autre chose » doit répondre à une règle simple : me surprendre moi-même. Et en écrivant Rydstonberg, je me suis surpris. C’est peut-être pour cette raison que Bradbury martelait ce conseil : en écrivant tout le temps, on réalise à quel point on se répète. C’est peut-être l’enseignement le plus précieux du maître.

Rydstonberg est disponible chez KoboSmashwords, Apple, Amazon et Youscribe pour 0,99€. Vous pouvez aussi (et surtout) vous abonner à l’intégralité des nouvelles pour 40€ et devenir mécène du Projet Bradbury. J’ai également un compte Flattr (si vous ne connaissez pas, jetez un oeil ici). La couverture est bien entendu toujours de la talentueuse Roxane Lecomte.

Bonne lecture !

#12 | Touristes

 

Depuis que le projet Bradbury a remplacé les raviolis, le vendredi est devenu synonyme de livraison. Celui-ci ne faillit pas à la règle (eh non, ce défi littéraire ne m’a pas encore tué).

Je vous présente donc Touristes, la douzième nouvelle du projet.

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Quelques mots pour en savoir plus :

Lukas n’a qu’une envie : parcourir le monde et visiter ses merveilles. En attendant de trouver un moyen de réaliser son rêve, il travaille comme guide pour une agence minable. Là, il prend en charge des groupes de touristes aisés pour leur montrer Paris. Mais le jour où un avion dépose sur le tarmac huit visiteurs asiatiques accompagnés de Nomi, leur traductrice, sa conception du monde va changer radicalement.

Pour une fois, l’histoire m’a été inspirée non pas par quelque chose que j’ai vu ou que j’ai lu, mais par quelque chose que j’ai entendu, à savoir un morceau de musique. C’est assez étrange, dans la mesure où les paroles de cette piste ne renvoient en rien à l’histoire qui se trame dans cette nouvelle. Il s’agit du superbe I love you de Woodkid, dont voici le clip sublime avec les sous-titres et la traduction.

Quelque chose dans cette musique a réveillé cette histoire en moi, elle qui devait traîner dans les méandres de mon cerveau endormi depuis un petit moment. De fait, la narration est tout à fait calquée sur le rythme de la musique : à l’occasion, écoutez le morceau après avoir lu la nouvelle, et peut-être y retrouverez-vous ce que j’y ai moi-même vu. À la base, cette chanson m’a évoqué un clip. J’ai simplement décidé de retranscrire le clip en narration. Quant au thème, difficile d’en parler sans en dévoiler trop : il ravira les amateurs d’exploration, peut-être les amoureux de Jules Verne et, pourquoi pas, des fans de certaines séries télé des années 90.

Le héros est prénommé Lukas pour une raison bien particulière. C’est un petit clin d’oeil cadeau pour mon premier (et déjà préféré) neveu, né il y a quelques mois. Je lui souhaite de vivre des aventures aussi incroyables que celles de mon héros.

Si vous ne l’avez pas encore fait, je vous suggère de jeter un oeil à cet article écrit il y a quelques jours, intitulé Comment les auteurs payent-ils leurs factures ?  J’essaye de réfléchir à la manière dont un auteur peut vivre de sa passion tout en favorisant le partage et l’échange, sur le principe de la confiance réciproque.

J’ai par ailleurs remarqué que mon plugin de newsletter était cassé, sans doute depuis des semaines. Je l’ai réparé, vous pouvez donc vous inscrire de nouveau ! Désolé du dérangement.

Touristes est disponible à la vente chez Amazon, Smashwords, Kobo et l’iBookstore d’Apple, au prix de 0,99€. La couverture est, comme d’habitude, signée Roxane Lecomte, du studio Chapal&Panoz.

Vous pouvez toujours vous abonner à l’intégralité des nouvelles du Projet Bradbury. Vous aurez ainsi accès à toutes les textes écrits et à venir, à des nouvelles bonus et à quelque surprises que je réserve aux abonnés. Bien sûr, c’est surtout une occasion de soutenir l’initiative et de soutenir et d’encourager le jeune écrivain que je suis. Utiliser Flattr est aussi un nouveau moyen de montrer que vous aimez le Projet Bradbury.

Je vous souhaite une excellente lecture !

Mission impossible: écrire à partir d’un rêve

 

C’est un truc qui arrive de temps à autres quand on lit beaucoup avant d’aller se coucher : on fait des rêves bizarres et quelquefois même, quand on parvient à s’en souvenir, on se prend à espérer qu’on pourrait en tirer quelque chose pour une prochaine histoire. Des tas d’auteurs plus ou moins célèbres se sont servis de leurs rêves comme d’un terreau créatif, des surréalistes jusqu’à H.P. Lovecraft, qui trouvait la plupart de ses idées de nouvelles horrifiques dans ses songes absolument tordus. Pourtant, j’ai pu constater que c’est assez compliqué à réaliser en pratique.

Je m’explique.

La dernière fois que j’ai cru avoir une idée géniale pendant un rêve remonte à quelques années. Comprenez, je dors toujours avec un carnet et un stylo sur ma table de nuit de peur de rater quelque chose qui ressemblerait de près ou de loin à une fulgurance créative. Une nuit, un rire me tire de mes rêves… et quand je dis un rire, je parle de mon propre rire. Je me souviens très clairement m’être réveillé en larmes sur les coups de quatre heures, hilare d’avoir entendu la meilleure histoire drôle jamais écrite. Ni une ni deux, j’allume la lampe et je me jette sur mon carnet pour y gribouiller quelques mots. Malgré le brouillard du sommeil qui m’étreint encore et m’empêche de bouger les doigts aussi prestement que je le souhaiterais, je parviens à coucher mon idée sur le papier, referme le carnet, éteins la lumière et me rendors du sommeil du juste, convaincu d’avoir pour le lendemain la matière à une histoire incroyable.

En me réveillant au petit matin, je me souviens de l’aventure de la nuit et rouvre le carnet à la recherche de la dite histoire drôle. Je tourne les feuilles jusqu’à la dernière page, fébrile, et me prépare mentalement à replonger dans l’hilarité, à m’en tenir les côtes, à m’esclaffer si fort qu’à coup sûr j’en réveillerai ma compagne.

J’avais écrit « chaise ».

chair-sky

Cette mésaventure nous apprend deux choses.

D’une part, l’humour est subjectif et ce qui fait rire le toi qui se réveille entre deux cycles de sommeil n’est pas forcément voué à déclencher les poilades du monde entier, ni même à tirer un vague sourire au toi du lendemain matin.

D’autre part, utiliser ses rêves pour écrire, c’est compliqué, délicat et ça demande un peu de jugeote si on ne veut pas que l’histoire soit complètement bancale.

J’ai souvent utilisé des bribes de rêves dans mes histoires — j’ai la chance de faire des rêves assez tordus et dont je me souviens presque chaque nuit — mais il ne m’est jamais arrivé de reprendre la trame complète d’un songe pour la coucher sur une feuille. La plupart du temps, c’est un personnage qui me marque, une manière de se déplacer, un paysage, un objet incongru ou une situation cocasse. Ainsi, la description de la Porte des Enfers dans l’épisode 4 de ma série Jésus contre Hitler est un copier/coller d’un rêve que j’avais fait des années plus tôt et dont je n’avais jamais su quoi faire. La même nuit, j’avais rêvé d’une arme terrifiante à basse d’infrasons qui liquéfiait n’importe quel être vivant de l’intérieur, une vision horrible dont je me souviens encore et que je n’ai jamais réussi à recaser où que ce soit. Mais peut-être que le Projet Bradbury sera l’occasion de le faire.

Tout ça pour dire qu’en général, les rêves s’accommodent très mal des canons de la dramaturgie. Je ne sais pas si vous avez remarqué mais dans les rêves, le type qui a écrit le scénario a l’air perpétuellement bourré. On dirait qu’il rédige les différentes scènes sous l’effet de puissantes substances hallucinogènes, sans se préoccuper de la cohérence (« et si je les faisais se déplacer d’un bout du monde à l’autre en vélo »),  de la temporalité (« mais si, je vous jure que j’ai déjà vu des mômes grandir de vingt centimètres en deux heures ») ou même des acteurs (« tiens, ce personnage est joué par une femme mais je suis sûr que si je le transforme en homme à la scène suivante, personne ne verra la différence»). Du coup, il est peu probable qu’un rêve remporte un jour la Palme d’Or du Scénario. Et ne venez pas me parler d’Inception, ce rêve de beauf vaguement stylisé où les scénaristes n’ont rien trouvé de mieux que de personnaliser l’inconscient du rêveur par des types en costard et lunettes noires équipés de sulfateuses.

skeleton

Je dis en général parce que la nuit dernière, j’ai fait un rêve dément. Scénarisé du début à la fin, le truc incroyable. Il y avait un début, un milieu et une fin, des personnages cohérents, un but compréhensible, pas de trucs trop bizarres pour ne pas être crédibles et surtout, un thème vraiment sympa. J’ai donc fait un test : j’ai écrit le premier jet d’une nouvelle en ne me servant QUE de mon rêve. 40.000 signes de pur songe, 100% original, auxquels je n’ai rajouté aucun élément extérieur. Bien sûr, je me réserve le droit lors des corrections de modifier quelques éléments mineurs, histoire de fluidifier. Je me suis rendu compte à la rédaction que certains rebondissements étaient un peu plus étranges que ce qu’ils m’avaient paru être en écrivant la description du rêve dans mon carnet.

Car oui, j’ai tout écrit en me réveillant, de peur d’oublier un détail. Comme la narration était parfaitement huilée, je voulais pouvoir la reproduire à l’identique. Je me suis forcé à me réveiller, à écrire de manière consciente pour éviter de me retrouver avec une autre « chaise » dont je n’aurais pas su quoi faire.

J’espère que le résultat vous plaira : je pense le publier d’ici quinze jours. On verra donc à ce moment-là si je suis capable de bosser même en dormant.

Crédits photo : bandeau - Samantha Marx (Flickr CC BY 2.0),
Chair in Sky - Nicki Varkevisser (Flickr CC BY 2.0),
Squelette - Powerhouse Museum Collection (pas de copyright).