Comment écrire un roman en 3 jours ?

Longtemps, j’ai cru qu’il existait des formules pour écrire une bonne histoire, tout ça sans doute à cause de mes cours de scénario quand j’étais étudiant et du monomythe de Joseph Campbell (est-ce un hasard s’il s’appelle comme une célèbre marque de soupe en boîte ?). J’ai pris du recul avec tout ça, mais bien que je n’applique presque jamais les règles d’écriture des autres, je reste fasciné par leur lecture : c’est comme s’il y avait une formule mathématique, non-soumise aux prosaïques règles du temps de l’espace des hommes, figée dans le monde des Idées de Platon, pour fabriquer un récit qui fonctionnera à tous les coups sur l’ensemble des lecteurs.

Dans la réalité, les choses sont un peu plus compliquées. Les recettes ne fonctionnent pas à tous les coups, et quand les conseils sont bons, ils sont parfois mal appliqués, compris de travers, pas maîtrisés. Je pense qu’il n’existe aucun Méthode pour rédiger une bonne histoire : en revanche, il existe une flopée de méthodeS dans lesquelles nous pouvons, en tant qu’auteurs, faire notre petit shopping. À travers cette exploration des trucs d’écriture de nos pairs, nous bâtissons notre propre structure, notre propre squelette, que nous assemblons patiemment au fil des années pour finalement obtenir un modèle qui fonctionne pour nous. De ce modèle, certains s’inspireront peut-être et donneront naissance à de nouveaux modèles. Il y a autant de modèles que d’auteurs. Continuer la lecture de « Comment écrire un roman en 3 jours ? »

J’ai fait un plan (horreur)

Il est de ces petits hasards de la vie comme des petites dégustations offertes au hasard des différents comptoirs d’un supermarché : c’est gratuit, on ne s’y attend pas et ça fait plaisir. Il y a précisément deux ans, j’écrivais cet article dans lequel je m’interrogeais sur l’utilité de bâtir ou non un plan pour un roman ou une nouvelle. Citant Bradbury, l’un de mes maîtres à penser en la matière (j’aime imaginer Bradbury en toge blanche, assis en position du tailleur au sommet d’un mont enneigé, dispensant sa sagesse narrative aux voyageurs épuisés), je me plaçai du côté de ceux pour qui le plan n’a pas en soi une grande importance. Deux ans plus tard (et sans que je me sois concerté avec moi-même, ce qui est un exploit), je me retrouve ici, dans cette même interface de rédaction, à écrire un petit article pour avouer : Oui, j’ai écrit un plan. Et j’ai aimé ça. (Jetez-moi des pierres.)

Continuer la lecture de « J’ai fait un plan (horreur) »

Soignez vos méchants

J’ai déjà eu l’occasion d’expliquer tout le bien que je pensais de la série Once Upon a Time, qui si elle n’a pas vocation à révolutionner le genre, a le mérite de proposer des personnages de méchants des plus réjouissants, ce qui est assez rare pour être souligné. Une bonne histoire, c’est souvent et avant tout de bons méchants. Attention, quand je dis méchant, il ne s’agit pas forcément d’un pirate avec une jambe de bois et un œil de verre (pardonnez ce racisme anti-pirate primaire). J’entends le méchant au sens de l’opposant, du défi à relever et des barrières qui empêchent les héros d’accomplir la tâche qui leur est assignée. Néanmoins, quand un méchant est un vrai méchant au sens Disney du terme et qu’il est réussi, quel pied ! Continuer la lecture de « Soignez vos méchants »