Humains trop humains : rivalité et jalousie chez les auteurs

À croire que l’univers conspire à me faire écrire cet article : depuis que Martin Page me l’a gentiment suggéré sur Facebook, je viens de participer à mon troisième échange en moins de 24 heures sur le sujet. La jalousie et la rivalité dans le petit monde de l’édition et des auteurs, c’est un peu comme une tache qu’on n’aurait jamais remarquée sur un vêtement qu’on aime bien : dès qu’on la pointe du doigt, on ne voit plus qu’elle.

Les auteurs sont des humains comme les autres, ce n’est une surprise pour personne : aussi beaux, généreux et surprenants que les autres parfois, et aussi vils, mesquins et égoïstes d’autres fois. Les écrivains — les artistes en général — ne dérogent pas à la règle qui fait de nous des êtres soumis à nos émotions primaires, celles qui viennent du ventre et qui nous obligent parfois — mais nous obligent-elles vraiment ? — à nous comporter d’une façon contraire aux bonnes mœurs ou à penser des choses dont nous retirons une certaine honte. Continuer la lecture de « Humains trop humains : rivalité et jalousie chez les auteurs »

Auteurs : le massacre continue

Vous vous souvenez ? En 1987, Arnold Schwarzenegger nous apprenait dans le film Predator que “si ça saigne, c’est qu’on peut le tuer”. Évidemment, dans le cas présent, on parle d’une créature extraterrestre et passablement nuisible, mais il est étonnant de constater à quel point cette maxime est compatible avec bon nombre d’autres situations.

Ce n’est vraiment pas mon genre de faire dans la métaphore facile, mais remplacez le Predator par, disons… les auteurs. Rhoo, oui, je sais, encore. N’empêche, voilà des gens qui, à bien des égards, ont tout de l’extraterrestre : tendance à l’isolement, grommellent tout seuls, se nourrissent de biscuits, de thé et d’alcool fort, oui, bon d’accord, on sort du strict cadre de l’exobiologie, mais ne partez pas tout de suite. Continuer la lecture de « Auteurs : le massacre continue »

La professionnalisation du métier d’écrivain est-elle en train de tuer la littérature ?

Ne me regardez pas avec ces yeux-là : ce n’est pas moi qui le dis, mais Horace Engdahl, membre respectable et probablement respecté de l’Académie suédoise et du comité Nobel. À l’occasion d’un long entretien accordé au journal La Croix, ce sémillant thuriféraire de la VL (Vraie Littérature, je rappelle pour ceux qui n’auraient pas suivi) nous rappelle à quel point celle-ci est en danger de mort et combien il serait judicieux de nous préoccuper de sa conservation (dans le formol, ça tient plus longtemps). Continuer la lecture de « La professionnalisation du métier d’écrivain est-elle en train de tuer la littérature ? »