Comment écrire un roman en 3 jours ?

Longtemps, j’ai cru qu’il existait des formules pour écrire une bonne histoire, tout ça sans doute à cause de mes cours de scénario quand j’étais étudiant et du monomythe de Joseph Campbell (est-ce un hasard s’il s’appelle comme une célèbre marque de soupe en boîte ?). J’ai pris du recul avec tout ça, mais bien que je n’applique presque jamais les règles d’écriture des autres, je reste fasciné par leur lecture : c’est comme s’il y avait une formule mathématique, non-soumise aux prosaïques règles du temps de l’espace des hommes, figée dans le monde des Idées de Platon, pour fabriquer un récit qui fonctionnera à tous les coups sur l’ensemble des lecteurs.

Dans la réalité, les choses sont un peu plus compliquées. Les recettes ne fonctionnent pas à tous les coups, et quand les conseils sont bons, ils sont parfois mal appliqués, compris de travers, pas maîtrisés. Je pense qu’il n’existe aucun Méthode pour rédiger une bonne histoire : en revanche, il existe une flopée de méthodeS dans lesquelles nous pouvons, en tant qu’auteurs, faire notre petit shopping. À travers cette exploration des trucs d’écriture de nos pairs, nous bâtissons notre propre structure, notre propre squelette, que nous assemblons patiemment au fil des années pour finalement obtenir un modèle qui fonctionne pour nous. De ce modèle, certains s’inspireront peut-être et donneront naissance à de nouveaux modèles. Il y a autant de modèles que d’auteurs. Continuer la lecture de « Comment écrire un roman en 3 jours ? »

La clef de la réussite n’est pas le talent, mais la persévérance

C’est du moins la théorie que défend Angela Lee Duckworth, enseignante et chercheuse, dans cette vidéo TED Talk (sous-titrée en français). Je la rejoins sans hésitation sur ce terrain, même si la persévérance n’est pas une qualité innée et qu’elle doit être travaillée, surtout quand on est confronté à un échec (ou à une série d’échecs). Je vous invite à regarder la vidéo pour vous faire votre propre opinion.

Si le cerveau est un muscle et l’écriture un sport de haut niveau, ce n’est pas pour rien que je me sentais à l’aise de comparer le projet Bradbury à un marathon. Pas tellement pour le sport, ni pour le côté performance, mais davantage pour les aspects liés à l’endurance. Notre cerveau, et par extension notre capacité à progresser, est une mécanique qui ne s’use que si l’on ne s’en sert pas (sauf maladies et conséquences liées au vieillissement). Il y a donc fort à parier que plus vous vous obstinez, plus vous échouez, plus vous persévérez, meilleur vous deviendrez.

J’essaye d’ériger cette conviction en règle de vie, même si c’est loin d’être facile : l’optimisme est une ressource rare. Mais je suis persuadé que c’est à terme le bon choix à faire.

La Littérature sur le Ring : bilan

Je vous parlais ici d’un défi complètement fou initié par une association berlinoise auquel j’ai eu le privilège de participer samedi et dimanche dernier : La Littérature sur le Ring. Il s’agissait d’écrire 24 heures dans le métro (la ligne qui fait le tour de Berlin sans interruption le week-end) et de voir ce que nous arrivions à produire. Eh bien ça y est, c’est terminé et je suis toujours vivant (mais peu s’en est fallu). L’occasion donc, pour mémoire, d’en tirer un petit bilan. Continuer la lecture de « La Littérature sur le Ring : bilan »