Culture libre : artistes, nous aurons besoin de vous…

Il y a de l’eau dans le gaz entre la création artistique et internet : chasse au piratage, fermeture des forums, projets de durcissement du droit d’auteur en France comme à Bruxelles… Avec l’indéfectible soutien de la politique, l’industrie culturelle regagne peu à peu le terrain qu’elle avait cédé et entend bien l’étendre encore, menaçant chaque jour davantage l’idée même d’une culture librement partagée.

La question dépasse largement le cadre du piratage : ce sont deux projets de société, radicalement opposés, qui s’affrontent sur le terrain de la création, d’internet et des libertés individuelles. D’un côté les industries culturelles – aidées par l’écrasante majorité du personnel politique qui n’entend que la sauvegarde d’intérêts économiques pourtant de plus en plus concentrés – qui se cachent derrière la protection des artistes pour satisfaire leur soif de contrôle des flux et verrouiller leurs sources de revenus. De l’autre quelques imbéciles, des fous, des utopistes dont je m’honore de faire partie. Ces personnes imaginent un monde où la culture et le savoir circuleraient librement au bénéfice du plus grand nombre, parce qu’elles les croient vecteurs d’élévation et d’émancipation. L’un de ces projets verrouille. L’autre ouvre les portes en grand. Continuer la lecture de « Culture libre : artistes, nous aurons besoin de vous… »

Mondes ouverts, esprits fermés

Le second teaser du Star Wars version J.J. Abrams vient d’être dévoilée sur le net et, comme des millions d’autres fans de la saga, je me surprends à frissonner sur des plans où l’on devine à peine une esquisse d’action, où l’on entraperçoit une ombre et où l’on retrouve des visages familiers l’espace d’une minuscule seconde. Bref, je ne m’en cache pas, j’ai hâte de retrouver Star Wars à Noël. Si vous n’avez pas encore vu les deux teasers, les voici.  Continuer la lecture de « Mondes ouverts, esprits fermés »

5 raisons pour lesquelles les artistes devraient utiliser les Creative Commons

La création va bien. La preuve, on n’a jamais autant créé qu’aujourd’hui. Du bon comme du très mauvais peut-être, mais nous ne sommes pas là pour décerner des prix d’orthographe ou des brevets de talent : le Temps et sa petite sœur la Postérité s’en chargeront pour nous, comme ils l’ont toujours fait. Cette création tentaculaire a été rendue possible par la démocratisation du net, et donc des moyens de la diffuser.

Toute mutation entraîne son lot de conséquences. En réaction au combat acharné des industries pour limiter la diffusion des œuvres et de l’information, ont été inventées des licences dites libres, permettant aux créateurs qui en font le choix de publier leur travail autrement. Pourquoi publier autrement, puisque notre système actuel fonctionne si bien ? Eh bien justement : parce qu’il ne fonctionne pas si bien. Parce qu’il est une source grandissante d’inégalités. Parce qu’il ne répond plus aux attentes de ceux qui créent et de ceux qui profitent de ces créations, notamment parce que ces deux entités sont désormais réunies en chaque individu : nous sommes tous des créateurs et des consommateurs de créations. Parce qu’internet a tout changé et que les usages et les lois qui régissent la création sont dans le meilleur des cas vieilles de quelques décennies, dans le pire des cas de plusieurs siècles. Et qu’il serait peut-être temps de faire un peu de ménage dans nos idées préconçues. Continuer la lecture de « 5 raisons pour lesquelles les artistes devraient utiliser les Creative Commons »

Micro-révolutions, maxi-résultats

J’ai longtemps été séduit par la perspective d’un Grand Soir imminent, mettez-ça sur le compte de mon adolescence renouvelée chaque année ou de mes lectures marxistes quand j’étais plus jeune. Avec l’âge — et sans doute aussi avec le ramollissement qu’il induit — la révolution totale est une idée qui m’enthousiasme moins. D’une part parce que la révolution, c’est bruyant, salissant (ce n’est pas pour rien que je n’aime pas aller dans des concerts) et qu’on n’est pas sûr de gagner autant que l’on perd dans la manoeuvre , mais aussi parce qu’avec le temps de la réflexion et ma barbe qui n’en finit plus de pousser, je pense qu’il y a des manières plus malines de transformer le monde sur le long terme.

 

J’ai longtemps été séduit par la perspective d’un Grand Soir imminent, mettez-ça sur le compte de mon adolescence renouvelée chaque année ou de mes lectures marxistes quand j’étais plus jeune. Avec l’âge — et sans doute aussi avec le ramollissement qu’il induit — la révolution totale est une idée qui m’enthousiasme moins. D’une part parce que la révolution, c’est bruyant, salissant (ce n’est pas pour rien que je n’aime pas aller dans des concerts) et qu’on n’est pas sûr de gagner autant que l’on perd dans la manoeuvre , mais aussi parce qu’avec le temps de la réflexion et ma barbe qui n’en finit plus de pousser, je pense qu’il y a des manières plus malines de transformer le monde sur le long terme.

De fait, je suis un micro-activiste. Je l’ai toujours été sans m’en rendre vraiment compte.

Avant de réaliser mon potentiel de micro-révolutionnaire, j’ai bien entendu essayé de m’intéresser aux voies existantes. J’ai ainsi arpenté la route de la politique quelques années, mais l’ambiance des réunions m’ennuyait : on y parlait davantage chiffres et calendrier électoral que changement de paradigme, et je ne nie pas qu’il faille le faire, simplement ça m’ennuyait et je me suis dit que plein d’autres gens — ceux qui ont la perspective de se lancer dans de vraies carrières politiques sérieuses bien comme il faut — le feraient mieux que moi. Alors j’ai laissé tomber, pour m’intéresser aux associations. Mais je n’ai jamais franchi le pas, sans doute refroidi par l’expérience politique. Pourtant, beaucoup d’organisations me séduisent.

Prenez par exemple PETA. J’aime bien PETA. Ils réalisent des actions visibles, qui font le buzz comme disent les djeunes, et pour le coup, leur ligne est plutôt en accord avec la mienne : végétarien depuis plusieurs années, je suis du genre à partager des vidéos d’abattoir sur mon mur Facebook (oui, je suis cette personne). Mais les discussions autour du végétarisme me fatiguent rapidement, je les ai eues mille fois avec mille personnes différentes et je me suis rapidement rendu compte qu’au final, je n’avais envie de convaincre personne : juste d’agir en conformité avec mes opinions. Alors j’ai commencé à agir de cette façon : j’ai arrêté d’en parler. Bien sûr, quand on me demande pourquoi je ne mange pas de viande, j’explique, et les réponses peuvent ennuyer certains interlocuteurs, mais ils ont fait l’effort de demander, alors qu’on ne vienne pas m’ennuyer parce que je fais l’effort de répondre. Je ne suis pas un activiste : j’agis. Comme pour le Projet Bradbury, en fait : j’aurais pu écrire des centaines d’articles de blog sur l’idée même d’apprendre son métier d’écrivain en écrivant, mais plutôt que de longs discours, j’ai préféré m’y coller. Bon, ok, j’ai aussi écrit les articles de blogs, mais vous m’avez compris.

De fait, en adoptant une attitude détachée, non militante,  par rapport à mon végétarisme, j’ai remarqué que l’attitude des gens changeait autour de moi. C’est comme d’avoir un livre qu’on lit tout seul dans son coin, et quand quelqu’un vient vous demander le titre, vous répondez : « Oh, c’est rien, ça ne t’intéressera pas. »  Et bien figurez-vous que soudain, ça les intéresse. Ils veulent en savoir plus. Je ne compte plus le nombre de gens qui ont réduit leur consommation de viande autour de moi, et je ne dis pas que c’est à cause ou grâce à moi, parce qu’il y a de nombreux efforts dans ce sens un peu partout sur le net, mais ça y participe. De fait, nous convainquons les gens simplement en agissant conformément à nos idées : pas besoin de faire passer une loi interdisant de manger de la viande, ou une autre contraignant chaque Français à acheter au moins trois romans par an sous peine de dix années d’emprisonnement, non : il suffit de donner l’exemple du «changement que nous voulons pour le monde». Par imitation, les autres suivent, intrigués.

Je ne crois plus aux grandes révolutions : bien sûr, on peut toujours allumer un feu au milieu de la forêt et s’émerveiller de le voir se répandre et tout ravager. Oui, ça fonctionne, et l’être humain est faillible : il aime le spectacle de son propre chaos. Mais ce n’est pas flatter son intelligence que d’appeler au grand bordel : comme je l’ai dit, c’est salissant et après, il faut ranger et c’est là que ça se complique. Ainsi, je ne suis pas d’accord avec l’idée de légaliser le partage non-marchand contre la volonté des créateurs (cela reviendrait  à légaliser ce que l’on désigne aujourd’hui sous le nom de piratage) : je pense que chaque créateur doit décider en son âme et conscience s’il souhaite ou non partager le fruit de ses créations avec le monde entier. C’est ce que j’ai fait en plaçant le Projet Bradbury sous licence Creative Commons, mais personne ne m’a forcé. Depuis, avec mon retour d’expérience, d’autres créateurs de mon entourage ont tenté l’expérience. EN suivant leur exemple, d’autres essaieront aussi, etc, etc. Les idées se disséminent, comme un virus. Et elles s’ancrent beaucoup plus profondément en nous quand nous en venons à les appliquer de notre propre chef que sous la menace d’une sanction.

Pour tous les changements de paradigme, pour tous les bouleversements de société, je crois au pouvoir de l’action personnelle : faire dans son coin ce que personne n’a encore eu l’idée de faire, planter une graine et attendre que ça prenne et se dissémine, comme des rhizomes. À mon avis, forcer les gens — quand il ne s’agit pas d’une question de vie ou de mort, de santé publique ou de justice sociale — est le meilleur moyen de les braquer. La culture est une vieille dame : à trop la pousser, elle pourrait bien finir par se casser la gueule et se briser le col du fémur : il n’y a qu’à voir le bazar avec les intermittents, qui sont le sang et les os de notre corps culturel français (solidarité).

Alors je continue à bricoler dans mon coin, en attendant patiemment que des curieux viennent jeter un coup d’oeil par-dessus mon épaule.

Photo bandeau : Malkav — Flickr CC-BY

 

L’abondance aura ta peau

Aujourd’hui, nous nous sommes rendus dans l’atelier d’un luthier berlinois : Valeska a appris le violon quand elle était petite et voulait s’y remettre depuis longtemps. L’atelier propose de louer de très beaux instruments — et pour cause, c’est le luthier qui les fabrique lui-même — pour une somme modique, sur le modèle de l’abonnement. La solution semblait idéale : sur le modèle de l’abonnement mensuel, c’est une manière de tester sa motivation et de ne pas s’engager sur un gros achat tout de suite.

 

Aujourd’hui, nous nous sommes rendus dans l’atelier d’un luthier berlinois : Valeska a appris le violon quand elle était petite et voulait s’y remettre depuis longtemps. L’atelier propose de louer de très beaux instruments — et pour cause, c’est le luthier qui les fabrique lui-même — pour une somme modique, sur le modèle de l’abonnement. La solution semblait idéale : sur le modèle de l’abonnement mensuel, c’est une manière de tester sa motivation et de ne pas s’engager sur un gros achat tout de suite.

Je ne m’attendais pas à tomber sur une pareille boutique : comme l’atelier proposait des locations, je pensais bêtement qu’il s’agirait d’instruments de qualité moyenne, fabriqués de façon industrielle. Je me trompais : c’était un peu comme de rentrer dans la boutique de Geppetto, avec tous ces instruments, ces tables de travail, les outils de menuiserie… il y avait même un violoncelle en train d’être construit, pas encore verni, qui attendait le retour du luthier occupé à compléter les formulaires de location.

Je suis fasciné par les artisans : ce qu’ils arrivent à produire avec leurs mains m’émerveille. Valeska était ravie de pouvoir louer un si bel instrument, et même simplement de pouvoir le manipuler : des objets de qualité comme celui-ci sont souvent inaccessibles aux débutants ou à ceux qui n’ont pas les moyens de les acheter. Valeska avait trouvé son adresse sur internet, tout bêtement. Bien sûr, il existe différents types de violons. Sur Amazon, on peut en trouver à l’achat à partir de 35€ : des instruments de mauvaise qualité à n’en pas douter, mais quand même. Grâce (ou à cause) des facilités de transport, des coûts de main d’oeuvre réduits, des accords commerciaux, on peut importer n’importe quoi de n’importe où, en quantités astronomiques, et les vendre à qui veut.

Malgré moi, je ne peux m’empêcher de faire le parallèle entre cet artisan-luthier et mon travail d’écrivain et plus généralement, le métier qu’exercent des dizaines de milliers d’artistes. On nous vend l’abondance comme une panacée créée : le net a permis l’émergence d’un véritable vivier de création dans lequel gravitent des musiciens, des cinéastes, des illustrateurs, des écrivains, qui par millions tentent de gagner leur vie de la seule façon qu’ils connaissent — à savoir en proposant au monde leurs créations. Le numérique, couplé à la mécanique d’internet, a également permis l’émergence de la copie à l’infini.

Blind street musicians, West Memphis, Arkansas, Sept. 1935.

En numérique, on parle d’abondance pour décrire la multitude de contenus disponibles sur le net, via le téléchargement légal et/ou illégal, et la manière dont ces contenus se reproduisent de manière virale, via les réseaux de peer-to-peer notamment. On emploie le terme d’abondance par opposition à celui de rareté, qui n’a plus spécialement de raison d’être en numérique puisque le coût de reproduction d’un fichier est quasi-nul et que la limitation de la copie n’est plus une contrainte technique ou industrielle, mais une contrainte imposée par le vendeur/diffuseur/créateur pour « simuler » une rareté.

Le net n’aime pas la rareté : son essence réside dans la multiplication des contenus, si bien que même quand on impose une rareté à une oeuvre (par exemple via les DRM, ces verrous numériques qui empêchent normalement de copier un fichier),  celui-ci se retrouve vite dépouillé de son armure et atterrit sur les plateformes d’échanges illégales. Au nom de l’abondance — ou plutôt de l’absence d’obstacles à sa réalisation —, on reproduit des contenus pour créer encore plus d’abondance. Si l’on ajoute à cela le fait que de plus en plus d’artistes, amateurs ou confirmés, déboulent sur le terrain de jeu numérique, on se trouve au final avec une multitude d’auteurs qui publient une multitude d’oeuvres qui se reproduisent de façon exponentielle.

Oui, voilà l’abondance : nous disposons de plus de contenus que nous pourrions jamais en lire, en écouter, en regarder. Tout est à notre portée. Mais le temps n’est pas extensible, et l’argent non plus, et nous naviguons sur cette mer en naufragés, en espérant que quelqu’un nous remarque et nous apprécie. Mais cet océan de contenu, tout infini qu’il puisse paraître, n’a de l’abondance que l’illusion.

Oui, si nous nous plaçons de loin, nous ne voyons de cette masse de contenus que l’océan indistinct et impersonnel. Nous ne voyons que l’abondance. Mais pour peu que nous nous rapprochions, nous voyons les doigts frapper les touches, gratter les cordes, écrire sur le papier. Nous voyons le luthier essayer de surnager au milieu des violons à 35€. L’abondance ne veut pas dire grand-chose : c’est une vision d’économiste. En réalité, l’abondance n’est qu’une masse de choses rares qui se cumulent les unes aux autres pour former un grand tout indistinct dans lequel certains économistes, industriels, penseurs , politiques, s’imaginent pouvoir puiser comme dans un puits de pétrole. Mais en réalité, ce qui se trouve au coeur de l’abondance est la rareté, multipliée par autant d’artistes qu’il existe sur cette Terre. Et à l’instar du puits de pétrole, cette hypothétique abondance peut se tarir.

Créer est un métier, qui doit pouvoir être exercé dans des conditions décentes pour une rétribution décente. Nous vivons dans un monde fini, où chaque ressource naturelle, industrielle, humaine, ne donne que l’illusion de l’abondance. Nos ressources sont limitées. Nous sommes limités. Nous aimerions voir le monde comme un puits infini dans lequel nous sommes libre de puiser à l’envie, mais ça ne fonctionne pas comme ça : les ressources finissent tôt ou tard par s’épuiser quand on les sollicite artificiellement. Si nous prenons tout le sable des plages d’Asie pour fabriquer nos immeubles en béton, nous créons des désastres écologiques. Si nous tuons tous les tigres, il n’en restera plus un seul. Si un artiste ne peut pas se nourrir, il s’étiole et finit par mourir. Tirer sur la corde peut durer un temps, mais pas pour toujours.

Dans un monde où l’on nous vante les mérites de l’abondance, je crois de plus en plus aux vertus de la rareté. À vouloir et à obtenir tout, nous n’accordons plus de valeur à grand-chose, sinon à nos propres personnes. Quand j’entends parler d’abondance, je ne peux pas m’empêcher de penser qu’on considère les créateurs non pas comme des individus, mais comme une masse de plancton qui n’a de sens que dans la multitude. Je ne suis pas sûr de vouloir de cette société-là. Je veux que l’on reconnaisse l’individualité, le talent, la singularité, ce qui fait la différence entre une chose et l’autre. Je veux vivre dans un monde où le travail du luthier aura plus d’impact que celui de l’usine qui produit les violons à 35€.

Mr. Ben Ratner in His Apartment in the Century Village Retirement Community. Mr. Ratner, a Former New York Wholesale Salesman, Is Also a Professional Musician.

Les artistes souffrent ces derniers temps. On leur demande beaucoup et ils obtiennent très peu. Les créateurs ne sont pas une matière première. Leur temps et leur énergie n’ont rien d’abondant : ils sont très limités, en vérité. Il suffit de s’y pencher, de regarder les individus, pour le constater. De loin, la masse peut paraître grouillante et infinie, comme la forêt vierge, mais à prendre une loupe, on constate que les maillons de la chaîne ne sont pas si solides que nous voudrions le croire. L’abondance n’a d’abondant que l’apparence selon moi. Et c’est aussi une question de société : savoir dans quel monde nous voulons vivre.

Aussi je suis pour le partage, mais seulement aux conditions de l’artiste. S’il choisit de ne pas partager sa création, il doit pouvoir y opposer son veto. Le choix personnel doit être la règle, non l’exception. Et partant du principe que le créateur a pour métier de créer — s’il décide d’en faire son métier et non un simple hobby —, il doit pouvoir être en mesure de vivre de son métier. Qu’on lui en laisse la possibilité. Mais ce n’est pas ce qui se profile.

Je plaide pour l’humain, pour l’individu au détriment de la masse. Prenons de la hauteur et regardons de plus près ce qui compose cette abondance dont on nous rebat les oreilles. Il est peut-être temps de reprendre en compte la création pour ce qu’elle est vraiment : une chose rare et précieuse, aux antipodes de l’industriel. Elle ne peut donc pas, selon moi, être traitée comme une ressource infinie.

Je plaide pour la rareté, considérée non pas comme un luxe, mais comme une forme de respect.