Ray Bradbury contre Sherlock Holmes : « Inside Sherlock », 25ème nouvelle du Projet Bradbury

 

Les semaines s’enchaînent et j’essaye, dans la mesure du possible, d’offrir aux lecteurs du Projet Bradbury des expériences de lecture différentes à chaque publication. La nouvelle de cette semaine est un peu spéciale. Le titre vous a, je n’en doute pas, déjà mis sur la voie. Spéciale à bien des égards, mais surtout particulière à mon coeur : en effet, c’est en quelque sorte un fantasme d’écrivain.

Je vous présente Inside Sherlock, la 25ème nouvelle du Projet Bradbury.

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La nouvelle en quelques mots :

Sherlock Holmes est perdu : il vient d’entrer dans un manoir dont il ignore tout et dont on a fermé la porte derrière lui. Pire, ses souvenirs lui échappent : quelle raison a bien pu le pousser à pénétrer en premier lieu dans cette bâtisse ? Le célèbre détective de Baker Street va devoir mettre toutes ses facultés de déduction à profit pour résoudre ce mystère.

logo_12523Sherlock Holmes est véritablement l’un de mes personnages préférés, depuis que je suis tout petit. Je ne me rappelle plus la manière dont j’ai pris contact pour la première fois avec le détective de Baker Street : était-ce devant ma télévision, avec la série animée de Miyazaki diffusée sur la 3 et où Sherlock Holmes était un chien et Moriarty un loup ? Ou peut-être était-ce avec les livres à jouer que j’empruntais à la bibliothèque du village, cette formidable série que je conseille encore aujourd’hui à tous les enfants et leurs parents, Sherlock Heml’Os mène l’enquête (où Sherlock était encore un chien, d’ailleurs).

Puis, j’ai découvert la série télévisée « en chair et en os » avec Jeremy Brett, pour moi l’un des meilleurs interprètes de Holmes, sinon le meilleur (même si Cumberbatch est formidable aussi). J’étais fasciné par les capacités de déduction de l’enquêteur qui en faisaient un personnage plus grand que nature et, en fin de compte, ressemblaient beaucoup à un super-pouvoir.

À l’adolescence, j’ai commencé à lire les textes originaux de Doyle pour ne plus jamais en ressortir, grâce aux intégrales qui trônaient fièrement dans la bibliothèque de mes parents. Et aujourd’hui, je continue de relire régulièrement ces textes. Pas plus tard que l’hiver dernier, je me suis refait l’intégrale. Oui, je suis comme ça dans mes lectures : un peu obsessionnel, et toujours thématique.

Tout ça pour dire que si j’ai découvert l’univers de Sherlock Holmes, c’est sans doute en grande partie grâce aux multiples interprétations qui en ont été faites (celles destinées aux enfants, puis celles destinées aux adultes). On vient rarement à Sherlock Holmes par Arthur Conan Doyle : c’est un chemin à parcourir, quelquefois long, et dont le texte original est la destination. Se plonger ensuite dans les nouvelles originales procure une sensation étrange : celle de découvrir un univers qu’on a l’impression d’avoir toujours connu. Lire une nouvelle de Sherlock Holmes, pour moi, c’est comme rentrer à la maison.

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Sherlock Holmes, en dépit des tentatives éhontées des descendants de Conan Doyle pour faire valoir des droits au copyright, est un personnage du domaine public. À ce titre, chacun peut s’en emparer et en proposer sa propre interprétation, ainsi que je le fais modestement aujourd’hui, en forme d’hommage plutôt que de contribution à l’oeuvre générale. Si d’autres n’avaient pas fait la même chose lorsque j’étais petit, je n’aurais peut-être pas découvert cette merveilleuse mythologie qui, quelque part, m’a aussi construit en tant que narrateur et m’a donné le goût des intrigues bien ficelées (je me rappelle avoir frissonné dans mon lit à la lecture du Ruban Moucheté).

Comme le dit si bien Lionel Maurel, alias Calimaq sur Twitter et sur son blog S.I.Lex, on ne tombe pas dans le domaine public : on s’y élève. Sherlock Holmes est un bien commun de l’humanité, un trésor sur lequel non pas une poignée d’ayant-droits, mais toute l’humanité, a pour mission de veiller. Alors oui, ça n’empêchera jamais des hurluberlus de produire des Sherlock Holmes contre Dracula, ou Guy Ritchie de réaliser des films de castagne (au demeurant assez divertissants, à défaut de respecter le canon holmesien). Sherlock Holmes est devenu plus qu’une création littéraire : il existe en nous, avec nous et pour nous. Je crois que nous avons pour devoir de perpétuer sa mémoire, si possible de la façon la plus créative possible.

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Inside Sherlock est, comme d’habitude, disponible au prix de 0,99€ chez KoboSmashwords, Apple, Amazon et Youscribe. Vous pouvez aussi (et surtout) vous abonner à l’intégralité des nouvelles pour 40€ en devenant mécène du Projet Bradbury et soutenir le jeune écrivain que je suis. La couverture est toujours signée de l’excellente Roxane Lecomte.

Vendredi prochain est un grand jour pour le Projet Bradbury, puisqu’il marquera la moitié du parcours et la publication de la 26ème nouvelle sur 52. Je suis déjà épaté d’en être arrivé jusque ici et honnêtement, je ne pensais pas que ce serait à la fois si difficile et si excitant. Pourtant, quelle expérience ! Nous essaierons, avec la rédaction d’Actualitté, de vous proposer un petit point à mi-parcours, avec pour objectif de rendre tout ça intéressant, comme d’habitude (!). Je vous souhaite d’excellentes lectures pour la semaine à venir.

Pour finir, petite madeleine de Proust :