Pourquoi c’est bien : Candide, de Voltaire

Candide, pourquoi c’est bien ? Eh bé pour un tas de bonnes raisons.

D’abord le pitch. Candide est un garçon un peu simple qui vit dans le château du baron de Thunder-ten-tronckh, et comme dit son maître à penser le philosophe Pangloss, tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes possibles. Mais un jour Candide est pris la main dans le sac en train d’embrasser la fille du baron. Foutu à la porte du château sans un rond en poche, il part découvrir le monde et se fait enrôler comme soldat. Il manque de se faire massacrer et retrouve Pangloss, à moitié mort, qui lui apprend que le château a été pris d’assaut et que toute la famille, y compris sa copine, s’est faite tuer par des soldats. Le mec n’a pas le pot. Il décide de partir au Portugal avec son nouveau pote, Jacques, mais le bateau coule et Jacques se noie. C’est la galère, mais il finit par arriver à Lisbonne… le jour du tremblement de terre du siècle. Et comme les religieux là-bas ne croient pas au hasard, l’Inquisition l’arrête pour le brûler façon petit bois.

Et là, c’est juste le début du livre.

Alors Candide, en vrai, pourquoi c’est bien ?

  1. parce qu’on nous a forcés à le lire quand on était ado, qu’on était bien trop jeunes pour piger toute la subtilité du truc (on était trop occupés à essayer de ne pas avoir l’air idiot). Du coup on est passés à côté, et c’est bien dommage, parce qu’il y a un sacré paquet de bouquins qu’on nous colle entre les mains trop tôt.
  2. parce que c’est écrit par Voltaire, la rock-star des Lumières, défenseur de la liberté de pensée et d’expression, fervent partisan de la tolérance et de la laïcité, anticlérical, bref, le mec, c’est la France tout craché, c’est l’idée de la France. Et je sais pas vous, mais si Voltaire pouvait se présenter aux élections en 2017, ça m’arrangerait.
  3. parce que c’est drôle, impertinent et subtilement ironique, c’est un peu le Canard Enchaîné ou le Yann Barthès du XVIIIe siècle, il dézingue tout et tout le monde, si possible tout ce qu’il ne faut pas dézinguer. Et ça fait un bien fou.
  4. parce que Candide, c’est un roman d’aventures où il se passe plein de choses ; il y a des guerres, des courses-poursuites, des meurtres, des bateaux qui coulent, des cascades, des trahisons, des gens qui étaient morts et qui en fait ne le sont pas, bref, Candide, c’est un livre à gros budget, un vrai blockbuster intelligent où il se passe plein de choses et où on n’a vraiment pas le temps de s’ennuyer. D’ailleurs, à l’époque, c’est un vrai best-seller : il a été réédité vingt fois du vivant de l’auteur (et ça, y en a plein qui en rêveraient aujourd’hui).
  5. parce que c’est vieux (1759) mais que ça parle d’aujourd’hui, et même que ça en parle tellement bien que ça en devient flippant : quand tu vois que la société souffre toujours des mêmes stupidités et que l’humanité ne s’est pas spécialement arrangée en deux siècles et demi, ça pousse un peu à l’humilité.
  6. parce que Candide, c’est une œuvre du domaine public, qu’elle fait partie du patrimoine littéraire français et mondial, qu’elle appartient désormais à tout le monde et à personne en même temps et que tu peux trouver le bouquin gratuitement en numérique un peu partout. Ouais ouais, tu peux le lire pour pas un rond. C’est pas génial, ça ?

Bref, Candide, voilà pourquoi c’est bien et pourquoi il faut que tu le lises ou que tu le relises si ça remonte au collège. En plus c’est pas long, comme ça tu auras encore le temps de faire une partie de Fifa en rentrant. ❤️

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10 pensées sur “Pourquoi c’est bien : Candide, de Voltaire”

  1. Voltaire c’est quand même fait enterré religieusement.
    Ceci dit ça n’enlève rien à l’intérêt de l’oeuvre.

  2. Ma prof de français avait choisi « Micromegas » quand on avait fait le cycle des Lumières en seconde, et je me rends du coup compte que je n’ai jamais lu « Candide ».
    Je fais ça bientôt :))

    Merci.

  3. Je fais partie de ceux qui l’ont lu en Première. Sauf que moi, déjà à l’époque, je l’ai adoré ! Et comme j’avais une super prof qui expliquait bien, j’avais compris l’essentiel. Ça reste un de mes livres préférés encore aujourd’hui, un de ceux que je relis toujours avec plaisir.

  4. Difficile de ne pas adhérer à toutes ces bonnes raisons pour replonger dans cette immense œuvre de l’ami Voltaire qui a pourtant été le cauchemar de beaucoup de lycéens. Y revenir plus tard a un avantage, un regard neuf d’un autre âge. Et cette démarche de replonger régulièrement dans les grands classiques ne peut que nous faire aimer encore davantage la littérature et cette sensation de plaisir. Prévu à mon planning comme bcp d’autres classiques.

  5. Juste pour ajouter un bémol sur Voltaire. Il n’a pas eu que des bons côtés. Il faut écouter Guillemin pour avoir une idée plus nuancée de ce grand homme, qui incarnait bien les idées de la France en effet. On pourrait même dire celles de la France d’aujourd’hui.

  6. Mon père ne supporte pas Voltaire. Il est rousseauiste, et pour lui, il n’y a pas de réconciliation possible entre ces deux esprits.

    Je dis « mon père » pour être complètement honnête, parce que, pour ma part, j’estime ne pas connaître assez bien ni l’un ni l’autre auteur pour me prononcer de façon définitive… Mais de ce que je sais de la vie de Voltaire, effectivement, c’était un genre de planqué qui n’avait que le courage de ce qui favoriserait agréablement sa situation. Enfin, c’est peut-être l’occasion d’en apprendre plus sur lui, justement… Et aussi d’entamer finalement « Emile ou De l’éducation », qui attend dans ma PAL depuis deux ans. 😉

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