Faut-il lire Modiano pour être heureux ?

C’est compliqué d’être Français. Quoi que tu dises, quoi que tu écrives, il y aura toujours quelqu’un pour te contredire et c’est très bien comme ça, quelque part, parce que ça veut dire qu’à défaut de véritable dialogue, il y a une certaine envie de communiquer.

Regardez par exemple cette histoire de Fleur Pellerin qui n’a pas le temps de lire le prix Nobel de littérature Patrick Modiano (et qui a l’honnêteté de l’avouer à la télévision, chapeau bas) : trouvez-moi un autre pays où cela susciterait une pareille polémique. Pour ça, on ne pourra pas dire que la France n’est pas un pays de livres. D’un côté, les anti-Pellerin rivalisent de mépris et appellent à la démission de façon un peu outrancière (on exige des démissions comme des baguettes à la boulangerie ces derniers temps) et de l’autre, les pro-Pellerin arguent que si la Ministre de la Culture avait prétendu passer son temps à lire, écrire, écouter de la musique et sculpter des sapins de Noël, on lui aurait sans doute reproché de ne pas se consacrer assez à son boulot. Bref, le débat tourne en rond. Continuer la lecture de « Faut-il lire Modiano pour être heureux ? »

Clowns maléfiques et archétypes dramaturgiques

Le phénomène des « clowns maléfiques » vire à la psychose : ce n’est pas moi qui le dit, mais le Nouvel Obs. Un peu partout en France, des adolescents se griment en clown, passent faire un peu de shopping chez Leroy Merlin et vont terroriser leurs petits camarades avec leur hache toute neuve et leur barre à mine en promotion. Et la police et les médias d’agiter le chiffon rouge de la viralité de l’Internet tout-puissant : nos forains amateurs de chair fraîche se seraient inspirés de vidéos américaines dénichées sur YouTube. Heureusement qu’il n’y a pas de costumes de clown dans GTA. Le phénomène reste néanmoins assez nébuleux et demeure, de l’avis même des spécialistes, « sans véritable explication ». Continuer la lecture de « Clowns maléfiques et archétypes dramaturgiques »

Rock ’n’ roll avec la Mort : postérité, écriture et vers de terre

Je pense beaucoup à la mort en ce moment.

Pas dans un sens sinistre, hein, ce n’est pas le je-pense-à-la-mort de celui qui envoie un dernier texto du haut d’un pont ou le pied gauche sur un rail de chemin de fer.

Ce n’est pas non plus le je-pense-à-la-mort de l’adolescent qui, chaussettes relevées jusqu’aux genoux sous un soleil de plomb à la plage, relit les Chroniques des Vampires d’Anne Rice en écoutant Nirvana (haha).

C’est une pensée assez paisible qui flotte dans mon présent. Un truc assez banal, comme une langue étrangère que j’essaierais d’apprendre. C’est un animal de compagnie que je tenterais d’apprivoiser en l’appelant par son nom, un chat affalé sur mes genoux et que je caresserais en lisant le soir. C’est avec moi, ça me scotche à la peau, mais ce n’est pas gênant, au contraire : c’est une présence rassurante. Continuer la lecture de « Rock ’n’ roll avec la Mort : postérité, écriture et vers de terre »