Quand céderont les digues de la réalité : écrans partout, consentement nulle part

Les écrans nous entourent, et leur nombre ne diminuera pas de sitôt. Au point parfois qu’on pourrait se sentir encerclés. Quelle est la prochaine étape ?

Je n’aime pas les écrans : ce sont les écrans qui m’aiment. Ce piètre détournement d’une chanson de Marilyn Manson pour dire que je réalise que nous sommes de moins en moins confrontés à un choix lorsqu’il s’agit d’interagir ou non avec une interface-écran.

C’est un petit tour à la salle de sport ce matin qui m’a mis devant le fait accompli. Je viens pour courir et pédaler, rien de plus simple, rien de plus humain : il suffit d’une paire de jambes. Pourtant la salle entière est remplie d’écrans. Les machines bien sûr, avec leur interface et leur réglages de plus en plus personnalisés, mais aussi la salle en elle-même, dont les télévisions fixées au plafond diffusent des séquences de fitness et de sports extrêmes destinées à motiver les forçats suants que nous sommes, sur fond de musique à fond dans les hauts-parleurs. Pour ma part, j’aime échapper à tout ça en me plaçant face aux baies vitrées, où je peux laisser mon regard se perdre dans la rue. Mais même là, les écrans sont partout : dans les vitrines des magasins encore fermés, dans les panneaux d’affichage sur les trottoirs, etc, et avant que j’aie remarqué que mon regard était naturellement attirés vers eux plutôt que vers les passants, il s’est passé un temps où mon attention entièrement absorbée trouvait une certaine satisfaction dans cette contemplation. Continuer la lecture de « Quand céderont les digues de la réalité : écrans partout, consentement nulle part »