Panda Bear Wandering Mind: un peu de kawaï dans un monde de brutes

 

Pour lire ce livre, pas besoin de savoir lire le chinois: même si Panda Bear Wandering Mind est né de l’autre côté du globe, de l’imagination de l’illustrateur Ping Er, l’histoire est secondaire et ne nécessite pas de diplôme en langues étrangères.

md4085784233Dans Panda Bear Wandering Mind, on suit une sorte de grosse peluche qui se retrouve, bien malgré elle, à faire un voyage en ville, trimballée d’une poubelle à un trottoir d’un coup de pied, récupérée par l’un, puis par l’autre au gré de ses rencontres fortuites… Le livre est quasiment sans paroles, et est une promenade contemplative dans le quotidien urbain de la Chine d’aujourd’hui. Les dessins —splendides — respirent la légèreté, la douceur et distillent une mélancolie étrangement agréable au fil des pages.

Comme le livre est assez difficile à se procurer (rapporté d’un voyage d’études), en voici quelques images afin de vous le faire partager.

Bon voyage !

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Si après tout ça, vous n’avez toujours pas envie d’aller caresser un panda, c’est à n’y rien comprendre…

 

Sartre drogué, Hemingway violent,Yeats illuminé… la vie secrète des grand auteurs

 

Nous pensions les connaître par coeur. Leurs livres ornent nos bibliothèques, et leurs noms résonnent régulièrement dans les amphithéâtres des facultés. Auréolés de gloire et de prix littéraires, ces légendes de la littérature ont durablement laissé leur empreinte dans l’histoire des arts. Pourtant, ces héros ont un jour été des hommes et des femmes ordinaires. Et comme tout le monde, ils ont eu… disons, leurs petits moments de faiblesse.

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C’est justement de ces petits moments de faiblesse — quelquefois oubliés ou plus simplement effacés dans les biographies — dont il est question dans Secrets Lives of Great Authors (les vies secrètes des grands auteurs). Sous-titré à juste titre “Ce que vos professeurs ne vous ont jamais dit à propos des romanciers, des poètes et des dramaturges célèbres”, le livre reprend une foule d’anecdotes souvent drôles, quelquefois grotesques, voire même inquiétantes, que vos enseignants ne vous auront sans doute — et à tort — jamais racontées. Écrit par Robert Schnakenberg et brillamment illustré par Mario Zucca, le livre compile une quarantaine de biographies alternatives à se tordre de rire, maquettées comme des journaux à scandales. De Kafka à Lewis Carroll en passant par Sartre, Hemingway et Lord Byron, tout le monde a droit à son histoire gênante… et c’est fou ce que ces légendes nous ressemblent.

 

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Lorsqu’il n’écrivait pas de poésie ou qu’il n’encensait pas Abraham Lincoln, Walt Whitman trainassait des heures dans sa baignoire, chantant et jouant dans l’eau.

On en apprend de belles dans le livre… comme par exemple que Tolstoï était un descendant direct de Gengis Khan, ou qu’Honoré de Balzac avait la désagréable habitude de manger si salement que ses invités s’en voyaient éclaboussés. Plus anecdotique, Schnakenberg revient sur l’amour inconditionnel de Mark Twain pour les chats, de tous temps de grandes sources d’inspiration pour les écrivains. Mais chez Twain, l’amour était tellement grand qu’il le conduisait à imaginer d’étranges combinaisons.

Si on croisait un homme avec un chat, l’homme s’en trouverait amélioré… mais cela détériorerait le chat.

Personne n’est parfait. En parlant d’animaux, on apprend plus loin que Kafka était un végétarien plutôt strict, et très impliqué dans les combats anti-vivisection..

Un jour, admirant un poisson dans un aquarium, il déclare: Maintenant, je peux te regarder sans me sentir coupable. Je ne te mange plus.

Quelquefois, les histoires sont encore plus surprenantes. Quel écrivain n’avait jamais écrit le moindre de ses romans? Je vois que vous avez déjà plusieurs noms en tête, bande de petits médisants. Mais saviez-vous qu’Agatha Christie, la papesse du roman policier, était atteinte d’une maladie rare appelée Dysgraphie qu’il l’empêchait d’écrire quoi que ce soit: tous ses romans furent dictés. Quant à Tolkien, l’auteur de Bilbo le Hobbit et du Seigneur des Anneaux, il était de notoriété publique connu comme un chauffard, n’hésitant pas à prendre les routes à contre-sens. Finalement sa femme jura de ne plus jamais monter avec lui dans une automobile.

 Jean-Paul Sartre fit tout pour ouvrir ses propres portes de la perception, allant jusqu’en prendre de la mescaline… ce qui le conduisit à subir des hallucinations pendant presque un an, et à se croire poursuivi par des homards.

Les histoires de drogue sont légion. L’inspiration, c’est bien connu, ne vient pas en buvant de l’eau. Outre les histoires hallucinées de Jean-Paul Sartre expérimentant la mescaline, ou encore celles de Louisa May Alcott (Les Quatre Filles du Docteur Marsh) complètement accro à l’opium,  l’alcool tient une place prédominante dans le processus créatif des écrivains. Et ce ne sont pas Jack London ou Ernest Hemingway qui pourraient le contredire. De la longue expérience de ce dernier naquit la sage maxime:

Dites toujours sobre ce que vous pourriez dire bourré: ça vous apprendra à vous la fermer.

Enfant, Poe fit littéralement toute son éducation dans les cimetières. Ainsi, il apprit même les mathématiques en additionnant et soustrayant les dates gravées sur les pierres tombales.

Nous pardonnons bien entendu toutes ces excentricités à nos écrivains préférés. Mais certaines d’entre elles peuvent s’avérer dangereuses. Ainsi, Sylvia Plath qui, la première fois qu’elle rencontra son futur mari, Ted Hughes, en fut si excitée qu’elle le mordit à la joue, jusqu’au sang.

Rien ne mettait autant d’ambiance dans une fête ennuyeuse que Zelda et Scott Fitzgerald arrivant à quatre pattes et ivres morts, aboyant comme des chiens enragés.

secret-livesSecret Lives of Great Authors est sans aucun doute un très bon livre de toilettes (vous savez, ces livres dont la consultation n’est jamais plus agréable qu’au détour d’une visite solitaire dans cette pièce merveilleuse, au fond du couloir à gauche). Vous vous délecterez de ces anecdotes qui ne manqueront pas de vous faire voir vos auteurs préférés sous un jour différent. Malheureusement pas de version française (qu’attendent les éditeurs?) mais le livre existe en version anglaise, allemande et espagnole et se commande aisément.

L’art d’écrire selon H.P. Lovecraft

H.P. Lovecraft est un auteur qui m’obsède depuis l’adolescence. Ses histoires horrifiques sont des modèles pour bon nombre d’apprentis écrivains, et beaucoup imaginent pouvoir un jour rivaliser avec le talent du “maître de Providence”.

De son vivant même, de nombreux écrivains amateurs venait lui demander conseil. Quelquefois Lovecraft travaillait même à la révision de certains textes, allant jusqu’à réécrire totalement certaines nouvelles au point que son auteur original ne puisse plus les reconnaître. De ces travaux, HPL a tiré certains automatismes qu’il a finalement couchés sur le papier, en préambule de son célèbre Livre de Raison.

Le Livre de Raison est composé de deux parties: dans la première, Lovecraft explique la manière dont, selon lui, un auteur averti doit construire son histoire. Dans la seconde, il énumère un nombre faramineux de débuts d’histoires, de synopsis avortés, de concepts abandonnés. Cette liste, dont certaines entrées excitent l’imagination comme “toute marche, irrésistible et mystérieuse, vers un destin”, “un homme qui ne dort pas — ou plutôt n’ose pas dormir”,  ou encore “des naufragés sur une île mangent des plantes inconnues et subissent d’étranges transformations” faisait office de puits d’inspiration où il venait piocher à l’occasion. Il n’hésitait d’ailleurs pas à la partager avec ses compagnons de plume. Nous aurons l’occasion d’y revenir.

« Written in slumber », par Matryosha (Flickr, CC BY 2.0)

 

Dans son préambule au Livre de Raison, intitulé Suggestions pour la rédaction du récit, Lovecraft décompose le processus de création littéraire en plusieurs étapes. Et tout commence par un synopsis.

1. Préparez un synopsis (un scénario) des évènements dans l’ordre de leur déroulement. Décrivez-les avec une précision suffisante pour traiter tous les points décisifs […]

2. Préparez un synopsis des évènements dans l’ordre de leur narration, avec beaucoup d’ampleur et de souci du détail. […] Modifiez en conséquence le synopsis original si cela permet d’accroître la puissance dramatique ou l’impact du récit.

La construction de l’histoire à travers un synopsis peut paraître quelquefois ennuyeuse aux écrivains débutants, qui ne souhaitent qu’une chose: se plonger dans la rédaction du récit et se laisser emporter par les personnages. Néanmoins, l’écriture d’un résumé précis des événements permet d’éviter des erreurs de construction, de fouiller ses personnages, et de ne pas céder à la tentation de la première idée qui passe par la tête. Beaucoup d’écrivains anglophones rédigent des synopsis. Une raison sans doute pour laquelle beaucoup de leurs ouvrages sont si cinématographiques.

3. Rédigez l’histoire rapidement, avec aisance, et sans faire preuve de trop d’esprit critique, en suivant le deuxième synopsis. Modifiez les événements chaque fois que le travail en cours semble s’y prêter […]. Insérez ou supprimez des passages entiers si nécessaire […]. Supprimez tout ce qui peut être superflu — mots, phrases, paragraphes, éléments ou épisodes entiers.[…]

Couper — quelquefois même couper le meilleur — est une épreuve souvent nécessaire, et libératrice. On s’échine à sauvegarder un passage, juste parce qu’il nous plaît, alors qu’il peut compromettre l’intégrité du récit. Ne cédez pas à la facilité.

4. Revoyez le texte entier en prenant garde au vocabulaire, à la syntaxe, au rythme de la prose, aux proportions respectives des parties, aux subtilités de ton, à l’élégance et au caractère convaincant des transitions […], à l’efficacité de l’introduction, de la conclusion, du point culminant, etc.

L’auteur reconnaît plus loin dans le texte qu’on peut commencer à écrire une histoire sans synopsis, juste avec une image ou un sentiment, mais il parle de cas rares. On peut difficilement le contredire. À l’heure où se multiplient les récits sur Kindle — le numérique déclenche un déferlement de textes plus ou moins bien écrits, et c’est aussi ce qui fait la force de l’autopublication dans ce format — on peut quelquefois regretter le manque de recul de certains apprentis auteurs.

Il est souvent préférable de réfléchir longuement à un récit — en prenant des notes —, avant d’entreprendre tout travail de rédaction proprement dit. Pensez-y tout à loisir — lentement —, changez d’idée autant que nécessaire.

Lovecraft revient ensuite longuement sur les caractéristiques d’un bon récit d’horreur — sa spécialité — dans une partie annexe intitulée Éléments et types du récit d’épouvante. Je ne peux que vous inviter à vous plonger dedans. Tous ces textes sont disponibles dans l’intégrale Lovecraft aux éditions Bouquins (Le Livre de Raison, traduit par Jean-Paul Mourlon, est contenu dans le tome 1 — avec les Mythes de Cthulhu — et c’est sans doute le livre avec lequel vous devriez commencer si vous voulez vous y mettre)

Une lecture absolument nécessaire aussi bien pour les passionnés de récits imaginaires que pour les aspirants écrivains.

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Vous pourriez aussi aimer, sur Page42 : Lovecraft, mon amour

The Far Side, la bande dessinée hilarante de Gary Larson

On n’a pas entendu beaucoup parler de Gary Larson de ce côté-ci de l’Atlantique… et c’est un tort!  Dans son genre, Gary Larson est carrément un maître.

Pour tout dire, cet américain de souche (il est né en 1950 à Tacoma, dans l’état de Washington) maitrise si bien l’humour anglais qu’on pourrait presque croire qu’il cherche à cacher d’hypothétiques origines britanniques. Maniant une plume cynique, caustique mais toujours bienveillante, Gary Larson fait exploser un humour absurde et acerbe que n’auraient certainement pas renié les Monty Pythons ou Charles Schulz, le créateur des Peanuts.

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Sur la pancarte: « Services sociaux, travaux publics, centre anti-poison, etc… »

Le personnage: « Deuxième étage, s’il vous plait. »

 

Avec un goût particulièrement prononcé pour les animaux —qu’il met en scène sous toutes les coutures, Larson joue des petits défauts, des mesquineries, des coups bas et des incompréhensions qui font le quotidien d’une existence.

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Moby Dick: « Bon sang! Des millions de gens dans cette ville et regardez qui j’emboutis… »

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Ses animaux sont très humains, et ses humains… bref, vous voyez le tableau. C’est avec plaisir que le dessinateur inverse les rôles de temps à autres. Je vous laisse donc en leur compagnie.

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À gauche: « Porno chez les amibes. »

À droite: « Oh, bonté divine! Votre père est parti si vite ce matin qu’il a encore perdu une antenne. »

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Légende: « L’enfer des chiens »

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Le chasseur: « Pas d’échange tant que nous n’avons pas vérifié que notre gars va bien!… Frank! Ça va?

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À gauche: « Les feux de camp chez les éléphants »

À droite: « Maintenant, une particularité que vous allez vraiment apprécier. Voilà! Un arbre juste dans la chambre principale! »

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À gauche: « Allez, mon bébé… Un grognement pour papa… »

À droite: « Blagues classiques chez les fleurs » — sur l’écriteau: « Tondez-moi »

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À gauche - Le présentateur: « Alors dites-nous, Buffy… depuis combien de temps êtes-vous un chient parlant? » - Sur la pancarte: « Eh bien Jim, je parle depuis déjà un bon moment maintenant… »

À droite - Légende: « Avant le papier et les ciseaux » - L’homme préhistorique: « Mince! Encore bloqués! Prêts? Un, deux, TROIS! »

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À gauche : « Salut, je suis Ernie et ce petit gars-là, c’est Gus. bienvenue sur notre île! », « Attention, monsieur, Ernie est fou! Il vous mangera à la première occasion! », « Oh, il plaisante, ne faites pas attention », « Ce n’est pas une blague! Il a mangé un allemand l’année dernière! », « Tais-toi, Gus! Alors, comment vous vous appelez, l’ami? », « Il est fou! Fou, je vous dis! ».

À droite, sur le magazine: « Safari! Observez des animaux de très près! »

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À gauche: « Comment les animaux sociaux travaillent ensemble »

À droite: « Alors je demande au jury… est-ce là le visage d’un tueur en série? »

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Sur le panneau: « Ce soir, le grand Mandini jongle avec NEUF têtes nucléaires! »

Dans le public: « Des têtes nucléaires, hein? Plutôt des têtes nucléaires désarmées, si vous me demandez mon avis! »

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Le pilote: « Désolé de vous interrompre, mais je vous informe que nous allons traverser une zone de turbulences: restez assis quelques instants…. (puis, à son co-pilote) Prêt? Un, deux, trois! « 

Puis « Bien, chers amis, je crois que nous venons de passer le pire… Oh, attendez, attendez! On dirait qu’une autre zone de turbulence approche! »

 

Pour terminer, une anecdote relatée sur la page Wikipédia de l’auteur: 

Gary Larson annonce, dans la Tenth Anniversary edition, qu’il a eu l’honneur de voir une espèce animale nommée d’après lui, par un zoologiste particulièrement blagueur. Strigiphilus garilarsoni est un pou détritivore qui se nourrit de plumes de chouettes (c’est un parasite hautement spécifique). Gary Larson s’en dit flatté et ajoute :

«de toute façon, je ne pouvais pas m’attendre à ce qu’on donne mon nom à une nouvelle espèce de cygne.»

On peut facilement trouver les recueils de Gary Larson en librairie. Il existe même un coffret qui reprend tout son cycle du Far Side, paru aux éditions Andrews McMeel… Malheureusement, il n’existe à ma connaissance pas d’édition française à ce jour. Une lacune à laquelle il faudrait peut-être remédier? En attendant, ces petites friandises se dégustent à l’anglaise.

The Three Golden Keys, un album magnifique par Peter Sís

The Three Golden Keys, comprenez « Les trois clefs dorées », est un livre devant lequel nous sommes tombés en admiration lors d’un voyage à Prague. En chemin vers le château (ceux qui sont déjà allés à Prague comprendront), nous avons voulu faire une pause au milieu de notre ascension et nous sommes arrêtés dans un petit salon de thé rempli de livres illustrés, dont la plupart étaient signés d’un auteur dont nous n’avions jamais entendu parler, Peter Sís.

Peter Sís, nous l’apprendrions plus tard, est un auteur assez reputé dans le petit milieu du livre illustré pour la jeunesse. Né à Brno en Tchécoslovaquie (non non, il ne manque pas de lettre), il a grandi à Prague. Puis il a étudié la peinture et la réalisation cinématographique à l’Académie des Arts Appliqués et au Collège Royal des Arts à Londres, où certains de ses travaux font désormais partie de la collection permanente du Musée d’Art Moderne. En 1982, il s’installe avec sa famille au États-Unis, où il poursuit sa carrière d’auteur de renommée internationale. The Three Golden Keys est considéré comme un classique de la littérature enfantine.

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Intrigués par la profusion d’ouvrages d’un seul auteur, nous avons demandé à la serveuse. Elle nous apprit que l’auteur avait justement grandi dans cette maison à l’atmosphère très praguoise, et nous avons décidé d’emporter avec nous quelques ouvrages (un classique lorsqu’on voyage, de s’encombrer de livres alors que la journée débute et qu’on a une escalade à faire). 

L’oeuvre de Sís respire Prague à chaque coups de pinceau. Ses planches sont un hommage à la ville qui a abrité ses secrets d’enfance, et dont il parcourt quelquefois les rues avec nostalgie, lorsque son emploi du temps le lui permet. L’histoire de The Three Golden Keys en est un parfait exemple.

Emporté par le souffle d’une tempête, le ballon dirigeable du personnage principal atterrit dans la ville qu’il a quittée des années plus tôt: le Prague de son enfance. Les rues sont désertes, les volets clos. La maison où il a grandi est fermée.

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Le personnage finit par rencontrer un mystérieux chat aux yeux lumineux qui l’entraîne dans une folle course, dans le labyrinthe d’une ville hantée par les souvenirs.

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The Three Golden Keys est un livre labyrinthique dans le bon sens du terme: c’est un ouvrage dans lequel il fait bon se perdre. Une aura mystérieuse en imprègne chaque page, et l’histoire telle qu’elle est racontée nous emmène dans un voyage au pays de l’enfance nostalgique et des secrets oubliés. Ses illustrations sont de véritables oeuvres d’art, comme autant de gravures ésotériques — presque hermétiques au sens alchimique du terme — et rendent justice à l’atmosphère qui baigne la ville elle-même. Les visiteurs reconnaîtront les endroits par lesquels ils sont passés, bien qu’un peu… transformés. Et finalement, après de nombreuses péripéties à travers la ville, tout est bien qui finit bien, mais… je ne vous en dis pas plus.

On peut encore trouver (d’occasion) la traduction française de The Three Golden Keys. Intitulé Les trois clefs d’or de Prague, le livre a été édité en septembre 2003 par Grasset Jeunesse et semble être épuisé. Pour les anglophones, il est assez facile de trouver le livre en ligne, ou de le commander chez votre libraire préféré, même si les tirages semblent s’épuiser aussi. Le mieux — bien que ce ne soit pas la solution la plus simple ou la moins onéreuse — est encore de faire le voyage à Prague et de rapporter le livre dans son sac, comme un précieux souvenir.

Le site de l’éditeur (en tchèque) : http://www.labyrint.net/raketa/

Le site de l’auteur : http://www.petersis.com/

La maison de thé U zeleného čaje (dont la propriétaire n’est autre que la soeur de l’auteur)http://www.uzelenehocaje.cz/en/