Noël tous les jours

 

Ça faisait tellement longtemps que je n’avais pas ressenti cela que je pensais ce sentiment éteint en moi pour toujours. En réalité, son feu couvait dans mon ventre et ne s’était jamais dissipé, à mon grand (enfin, faut pas exagérer non plus) désarroi.

Comprenez, j’ai travaillé pendant longtemps (très ? trop ?) dans une célèbre enseigne de grande distribution culturelle dont le nom commence par “F-” et finit par “-nac” (les plus malins d’entre vous auront sans doute compris cette subtile allusion). Pendant cette période, j’ai été en contact avec toutes sortes de nouveautés culturelles et techniques. Ce contact prolongé a développé en moi une sorte d’addiction, d’autant qu’une carte magique réservée aux employés permettait d’avoir jusqu’à plus de 30% de réduction sur certains articles.  Résultat : une bonne partie de mon salaire retournait directement à la source, pour la plus grande joie de mon employeur qui riait à gorge déployée du haut de son gratte-ciel, possiblement depuis son jacuzzi ou un fauteuil en or massif (j’extrapole). Continuer la lecture de « Noël tous les jours »

#9 | Kindergarten

 

La semaine est passée à une vitesse folle, si bien qu’il me semble qu’hier encore, je vous proposais de télécharger gratuitement Face à l’étoile, la 8ème nouvelle du Projet Bradbury… et nous voilà déjà vendredi, jour de sortie. Et bien soit, puisqu’il en est ainsi, vous l’aurez voulu : je vous présente Kindergarten, la 9ème nouvelle du Projet Bradbury, dont la couverture est une fois de plus signée Roxane Lecomte (on ne s’en lassera jamais).

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#8 | Face à l’étoile

 

Suite à un petit défi lancé sur Twitter il y a quelques jours et auquel les abonnés ont répondu présent, je suis ravi de vous annoncer que ce vendredi/jour de sortie est un peu spécial : en effet, la huitième nouvelle du Projet Bradbury est gratuite. Vous la retrouverez sur certaines librairies en ligne, à savoir Smashwords, Kobo et Apple, mais pas sur Amazon qui, je l’ai appris au moment de mettre le texte en ligne, ne permet pas, via Kindle Direct Publishing, aux auteurs auto-édités de proposer des textes gratuits au téléchargement. C’est bien dommage. Mais rassurez-vous, chers possesseurs de Kindle et chers tous d’ailleurs, vous trouverez les liens pour obtenir le fichier Kindle et le fichier .epub en bas de cet article.

Passons aux choses sérieuses : je vous présente Face à l’étoile, huitième nouvelle du Projet Bradbury.

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De quoi ça parle ?

La vie semble sourire à William Goldsmith : ce candidat à l’élection municipale, ambitieux et séduisant, a toutes les chances de remporter le siège très convoité de maire de Cincinnati. Mais cette image de parfait homme politique menace d’être écornée. Goldsmith est en effet empêtré dans une affaire de corruption mafieuse qui a tout d’une épée de Damoclès. Et puis il y a cette étoile apparue dans le ciel, tel l’oeil de Dieu sur Caïn, qui semble l’observer et pénétrer son âme. Tiendra-t-il sous la pression ? 

 

Plongée dans l’atmosphère brumeuse d’une Amérique contemporaine de Hoover et du sénateur McCarthy, Face à l’étoile est la huitième nouvelle du Projet Bradbury, un marathon d’écriture où Neil Jomunsi publie un texte par semaine pendant un an en hommage à l’auteur Ray Bradbury.

Ce texte est issu de la croisée de deux chemins : d’une part, mon amour pour l’esthétique hard-boiled et le style de l’Amérique des années 50-60, et d’autre part la volonté de placer une histoire dans un contexte absurde. Attention, pas au sens où l’entendaient Louis de Funès ou Thierry Le Luron. Plutôt dans le genre Monty Python. Non, attendez, vous allez croire qu’il s’agit d’une nouvelle comique alors que pas du tout. Un, deux, trois. Je reprends.

Cette nouvelle est absurde dans le sens où auraient pu l’entendre Lovecraft et Camus (ha ouais, c’est tout de suite mieux, ça claque). Face à l’étoile, vous le découvrirez en la lisant, est une nouvelle complètement injuste, où l’univers est une chose qui nous dépasse (et qui dépasse notre entendement) et contre la volonté duquel nous ne pouvons pas lutter. Oui, un météore peut s’abattre sur votre quartier. Oui, les pôles peuvent s’inverser et précipiter la civilisation dans sa chute. Oui, une aberration cosmique peut naître dans le système solaire et aspirer le Soleil, contraignant notre planète à errer à la dérive dans l’univers glacial. En fait, si l’on y réfléchis, tout est possible. Et rien de tout cela ne serait juste, au sens où nous n’aurions rien fait pour le mériter. C’est ce qui arrive au personnage de Face à l’étoile. Il s’agit aussi d’une variation sur un univers que nous avions développé avec Christophe Deroo, un ami réalisateur, quelques années plus tôt. Je vous invite d’ailleurs à découvrir son travail ici. L’univers est proche du court-métrage intitulé Polaris.

Je vous invite donc à télécharger et à partager cette nouvelle le plus largement possible, puisqu’elle est, d’une, gratuite, et de deux, dans DRM. J’espère qu’elle vous plaira.

Une épée, un bouclier, et marcher droit devant

 

Ça n’a échappé à personne : l’automne est arrivé et avec lui, ses paniers remplis de feuilles mortes et de lassitude. Les semaines passent et malgré les nuits qui s’allongent et les jours qui rétrécissent comme une peau de chagrin, je continue de m’installer devant l’ordinateur, d’allumer la lampe et de taper des lettres les unes à la suite des autres. Quand elles sont bien lunées, elles forment des phrases, des paragraphes, des chapitres même, jusqu’à s’imbriquer en une histoire complète. Ça, c’est quand ça se passe bien. Le reste du temps, je continue d’écrire, persuadé que je ne suis bon à rien et que je ferais mieux de consacrer mon temps à autre chose. Continuer la lecture de « Une épée, un bouclier, et marcher droit devant »

Faut-il laisser mourir les librairies ?

 

Depuis plusieurs semaines, Facebook et Twitter se font l’écho de nombreux appels à l’aide, et pas n’importe lesquels : ceux de librairies.

J’ai tout d’abord entendu parler de l’appel aux dons de la librairie-presse de Caussade (auquel je n’ai pas résisté — je suis un indécrottable optimiste — et j’ai donc participé à la mesure de mes moyens). Ensuite, au détour d’un tweet, j’ai découvert qu’une autre librairie mobilisait clients et internautes pour trouver une issue favorable à une situation économique défavorable : la librairie Arthaud, à Grenoble.

D’abord, retirons toute équivoque. S’il fallait qualifier la relation que j’entretiens avec les librairies, je dirais que je suis un amoureux transi. J’ai moi-même été libraire pendant six ans avant de m’envoler vers des horizons plumiers. Je pourrais passer ma vie dans une librairie, y monter une tente et y habiter à l’année (lorsque j’avais appris à l’époque que Shakespeare&Co à Paris proposait à certains étudiants d’habiter dans ses murs, j’avais été sérieusement tenté). Lorsque je voyage à l’étranger, mon premier réflexe n’est pas de trouver le site touristique légendaire mais de regarder à droite à gauche pour dénicher une librairie et y fureter en quête de l’esprit de la ville. Mes souvenirs sont des livres, pas des Tours Eiffel en plastique ou des boules à neige. Je ne vais pas non plus en faire une tartine, vous aurez saisi l’idée.

Quand une librairie est menacée, vous comprendrez donc que mon sang ne fait qu’un tour. Pourtant, l’amour que je voue aux librairies est quelquefois un amour déçu, ou en tout cas à sens unique.

 

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Man in the Bookshop - Yazuu (CC BY)

 

C’était en 2011. Frédéric Beigbeder sortait son « Premier bilan après l’apocalypse » — un livre entièrement à charge contre le numérique qui vantait le cercle vertueux de l’économie du papier, la bonne odeur de l’encre sèche ET la menace à l’encontre des librairies physiques — et en bon lecteur, soucieux d’entendre les avis divergents, je m’étais décidé à me procurer l’ouvrage pour m’enquérir de la voie du détracteur public numéro un. Je me rends donc chez mon librairie de l’époque, un petit magasin du Marais parisien pour lequel l’étiquette « librairie indépendante » parait avoir été créée. Le Beigbedisme y figure en bonne place, au milieu des éboulis de la rentrée littéraire. Je m’en saisis et l’apporte à la caisse. Ma libraire, une femme aimable et généralement de bonne composition, m’accueille d’un oeil bienveillant.

— Il a raison, Beigbeder, dit-elle.  C’est important que des gens comme lui parlent des librairies et du mal que le numérique va nous faire.

À cet instant, j’ai réalisé avec stupeur que d’une part, je n’avais jamais dit à ma libraire que je travaillais dans le numérique justement (et donc selon elle, à sa perte), et d’autre part que je n’étais absolument pas d’accord avec elle. Pas de ce genre de désaccord qui vire à la dispute, mais une mésentente profonde qui ne peut mener qu’à la tristesse de savoir que quelqu’un va droit dans le mur.

Je suis convaincu en effet qu’en refusant le numérique, les librairies vont droit à leur perte. Et je ne parle pas souvent d’Amazon, concurrent trop souvent (et trop facilement) montré du doigt, accusé de dumping par les uns, de concurrence déloyale par les autres, et qui cristallise les émotions négatives des haters qui mélangent « vente à distance de livres physiques » et « livre numérique ». J’en parlais l’autre jour sur Twitter : Amazon, en définitive, n’a que le tort de proposer un service irréprochable, efficace et pas cher. Oui, il y a un grave problème fiscal qu’il faut résoudre, avec son implantation au Luxembourg qui permet à l’entreprise, grâce à « l’optimisation fiscale », de ne pas payer ce qu’elle devrait pourtant. Oui, il y a un problème de traitement des salariés, payés une misère pour du travail intensif. Oui, cette entreprise américaine menace le commerce français. Mais elle n’est pas la seule — loin de là — à entrer dans ces trois cas de figure.

Des entreprises qui bafouent les droits des salariés et qui menacent l’économie franco-française, nous pouvons en citer des tonnes : leurs marques remplissent les centres commerciaux et les supermarchés sans que beaucoup d’entre nous trouvent à y redire. Mais lorsqu’il s’agit des librairies, le problème devient sensible car il touche à l’exception culturelle et à la peur que sa perte ou sa dilution engendre.

 

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Stationnement payant — Sophie & cie (CC-BY)

 

La peur est une mauvaise conseillère : de fait, elle est la pire conseillère possible. Amazon a cristallisé les peurs d’une profession tout entière. Sa menace a remplacé celle de la Fnac — pourtant ancienne Némésis des libraires et en difficulté elle aussi — dans les coeurs assombris. Mais Amazon n’a pas mis le couteau sous la gorge des clients pour les faire venir sur son site. Amazon n’a pas menacé de piller les villages, d’écorcher femmes et enfants et de tuer des chatons. Amazon s’est contenté de fournir un service ultra-compétitif en phase avec les besoins et les attentes de ses clients. Et ça fonctionne. c’est en cela que je dis que les libraires, s’ils étaient cohérents, ne devraient pas s’en prendre à Amazon mais à leurs propres clients qui leur préfèrent la facilité et le prix au détriment du service de qualité. Cela raconte beaucoup à propos de notre besoin de consommation.

Comparons ce qui est comparable, puisqu’en termes de livre on parle souvent d’amour. Quand un époux est infidèle et qu’il dépense son salaire en boissons enivrantes, on ne blâme pas les femmes et l’industrie vinicole (sauf peut-être aux États-Unis) : on blâme la faiblesse de l’homme.  C’est en cela que les libraires devraient, au lieu de se répandre en atermoiements lugubres et en sanglots automnaux, se poser la bonne question. Et il y en a une qui me vient à l’esprit.

Qu’avons-nous mal fait ?  Ou plutôt que ne faisons-nous plus de la bonne façon ? 

Faites un sondage parmi votre entourage. Combien commandent sur Amazon ? Beaucoup. Combien se sont rendus dans une librairie indépendante récemment ? Peu. Pourquoi ? Les réponses qui reviennent le plus souvent :

  • on ne trouve rien / pas assez de choix,
  • trop loin, pas de librairie dans le coin, j’habite dans le désert, etc
  • délais de commande trop longs par rapport à Amazon (oui, on compare toujours avec Amazon, j’ai même déjà entendu des libraires défaitistes qui conseillaient à leurs clients de commander sur Amazon, véridique),
  • les libraires nous font peur, nous nous sentons jugés, ils ne sont pas aimables, nous prennent de haut, on n’a pas envie d’aller les voir,
  • etc

Vous entendrez souvent des témoignages au sujet du dernier point. Les libraires, il ne faut pas se voiler la face, ont mauvaise réputation. J’avoue moi-même m’être gentiment moqué de clients qui confondaient un livre avec un autre, qui me semblaient perdus ou qui me demandaient si le dernier Marc Levy était aussi bien que les précédents.  J’avais tort. J’avais mille fois tort, et je m’en rends tellement compte aujourd’hui. Ces clients font l’effort de se déplacer, de ne pas commander en ligne, et méritent toute la gratitude de la profession plutôt que de se voir épinglés sur les Murs des cons que sont certains groupes Facebook comme celui des Perles de la Librairie. Drôle, oui. Mais symptomatique aussi. La plupart des libraires nourrissent une sorte d’amour/haine pour leurs clients. Ils sont les témoins privilégiés (ou pas) des évolutions du livre, en première ligne dans la bataille. Et ils sont en train de perdre la guerre. Pourquoi ? Ils considèrent leur existence comme un dû, une évidence. Mais leurs propres clients se détournent. Ils leur plantent un couteau dans le dos. Ce sont les mêmes clients qui achetaient autrefois dans vos rayons qui font leurs emplettes en ligne. Qu’avez-vous raté ?

 

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Empty shelves — Ilan Ejzykowicz (CC-BY)

 

On ne protège rien par la peur, surtout à l’heure d’Internet. J’ai bondi lorsque j’ai vu que la librairie Arthaud — qui cherche donc à se renflouer — proposait un débat autour de l’avenir du livre avec Jean-Baptiste Malet, auteur d’une enquête à charge contre Amazon intitulée En Amazonie, infiltré dans le meilleur des mondes (un ouvrage qui d’ailleurs a dû se trouver en bonne place sur les étals). En proposant un tel débat, Arthaud se positionne : l’avenir du livre se fait non pas dans une direction positive, mais dans un contexte de lutte contre une invasion. C’est une position protectionniste, qui ne se remet pas en question, qui ne se demande pas ce qu’elle pourrait apporter de mieux, de plus, de différent.

Pourtant, comme dirait Jean-Pierre Pernaut, nos libraires ont du talent, et ils ont aussi des idées. Je pense pour ma part que les librairies ne pourront pas combattre le feu par le feu : la loi du prix unique empêche toute concurrence tarifaire avec un géant tel qu’Amazon, le combat est perdu d’avance et il vaut mieux ne pas perdre d’énergie dans cette bataille. La puissance de frappe du géant américain est telle que la seule possibilité de remporter cet affrontement consisterait à faire interdire Amazon en France. Cela n’arrivera pas.

La bataille est celle du lieu physique — pour le livre numérique comme pour la vente par correspondance. Il s’agit de prendre pied dans la réalités et de proposer des alternatives. Oui, certains clients viendront toujours acheter des livres en librairie, car ils sont engagés politiquement dans la sauvegarde des commerces de proximité… mais ils seront de moins en moins nombreux. La question à se poser est d’une part, doit-on vouloir sauvegarder les librairies et si oui (ce que je pense), qu’allons-nous en faire ?

D’abord, des lieux de vie et de rencontres. Des endroits où trouver des auteurs,  des conseils, des livres qu’on ne trouve pas ailleurs, des ateliers créatifs, en bref des lieux de vie et d’action là où les librairies sont considérées, à tort, comme des lieux poussiéreux et empesés. Je ne dis pas que les librairies ont vocation à devenir des bibliothèques ou des bars. De nombreux commerces échoueront dans la transition et baisseront le rideau. Mais pour ceux qui resteront, il s’agira de revoir le concept de A à Z. Des expériences existent, aux États-Unis notamment où certains libraires deviennent quasiment des centres culturels. c’est un nouveau métier, oui. Mais l’histoire regorge de métiers qui ont dû évoluer, non ? L’évolution est inévitable : l’empêcher reviendrait à essayer de bloquer la marée avec des châteaux de sable. Et amis libraires, ce ne sont pas les entreprises américaines qui en sont la cause : ce sont vos clients. En amour comme en commerce, il ne sert à rien, à long terme, de convaincre : les idées changent et les mentalités aussi. Il faut donner envie. Plaire. Séduire. Et surtout, ne pas avoir peur. Si les clients boudent, ce n’est pas parce qu’ils y sont contraints mais parce qu’ils y trouvent intérêt. A vous — à nous — de trouver un intérêt supérieur, plus centré sur l’humain et moins sur la compétition. Donnez-nous envie de venir chez vous. Pensez vos librairies comme des foyers. C’est le moment de faire preuve d’humilité, d’oublier les boucs-émissaires et de se concentrer sur l’avenir.

 

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Kindle and Book — Jamjar (CC-BY)

 

Car le livre numérique est une opportunité aussi : pas une corvée. Pensez à tous ces livres que vous n’avez pas à stocker, pour lesquels vous n’avez pas à avancer de trésorerie, pour lesquels il n’y a jamais de retours et qui sont toujours disponibles à l’achat, immédiatement. Je ne dis pas que le numérique remplacera le papier, au contraire : il le complémentera et grignotera petit à petit des parts de marché. Pourquoi dès lors freiner un changement dont vous pourriez être les premiers à tirer parti ? Embrassez le numérique plutôt que de le combattre. Continuez à vendre du papier, car nous plaçons nos sentiments dans les objets physiques et rien ne pourra jamais l’empêcher, et cela donnera sans doute naissance à de plus beaux tirages, en moins grande quantité sans doute, mais pour le bien de toute l’industrie. Accueillez chaque client avec la joie de celui qui est reconnaissant. Et souhaitez la bienvenue à l’avenir, sans quoi vous pourriez être oubliés.

Que peut faire un auteur — qui en plus publie en numérique, sale bête — pour les librairies ? J’ai mon idée. Je suis un amoureux des librairies qui a peur de voir ses endroits préférés disparaître par défaitisme et entêtement. Alors je veux contribuer à ma modeste échelle, pas en comblant des trous de trésorerie pour toujours (à terme, autant jeter son argent dans un trou noir si ce n’est pas pour opérer une profonde mutation structurelle) mais en agissant de manière active.

Si un libraire est intéressé, je suis prêt à venir faire des lectures du Projet Bradbury devant vos clients. Je ne demanderai aucune rémunération : mieux, je reverserai tous les bénéfices des ventes potentielles (sous la forme de cartes de téléchargement, par exemple) au magasin en question, ma part y compris. J’estime mon temps précieux, mais je pense aussi qu’il faut savoir montrer l’exemple. C’est une idée parmi tant d’autres. Je suis ouvert aux suggestions.

Sans réflexion globale sur les librairies et sur la forme que nous leur connaissons aujourd’hui, celles-ci sont condamnées à disparaître. Ce n’est pas une prophétie. Juste un constat amer.