Ozmocorp : pourquoi (et comment) j’ouvre ma propre boutique de livres en ligne

Ça faisait un moment que l’idée me chatouillait. Je cherchais le bon concept, le bon format, et puis aussi quelque chose dont chaque aspect me plaise, me motive, me pousse à avancer et à inventer. À y réfléchir, je réalise que mon parcours d’auteur suit de près le chemin de mes passions : j’aime raconter des histoires, bien sûr, mais j’aime aussi fabriquer des livres de mes propres mains, choisir le papier, créer les couvertures et les reliures, etc… Alors pourquoi ne pas combiner tout cela en une seule et même activité ? Pourquoi cantonner la fabrication à un passe-temps, ou à une activité annexe ?

Ozmocorp est donc né de l’envie d’écrire des histoires et d’en fabriquer le support. Mieux, j’ai eu envie de rajouter une couche de fiction – Ozmocorp est un peu une méta-boutique – en inventant une fiction autour du concept même : ainsi Ozmocorp® est une sorte d’entreprise nébuleuse à cheval entre plusieurs dimensions, qui publie des documents et des histoires qui ne pourraient/devraient pas exister de ce côté du monde : mythologie des pieuvres, manuel d’utilisation d’un robot de compagnie, guide touristique d’un village maudit, tous les sujets, surtout les plus fantaisistes, y seront traités avec le plus grand des sérieux. J’ai toujours aimé faire semblant de croire, que ce soit aux fantômes, aux entités démoniaques, aux bêtes mystérieuses, que sais-je encore. Avec Ozmocorp, je vous invite à jouer à croire avec moi.

Pour chaque nouvelle publication je fabriquerai une édition limitée, inventive dans sa conception et assemblée avec amour. Pour Trois-Cœurs-Incandescents, le premier titre publié par Ozmocorp, j’avais vu un peu juste : l’édition limitée est partie en quelques instants ! J’en fabriquerai plus la prochaine fois. Heureusement, les versions « classiques » (non-numérotées) sont très proches des versions limitées (et moins chères aussi) et devraient satisfaire tout le monde : vous pouvez en commander dès maintenant et autant que vous le voulez.

Pour le moment je fabrique tout chez moi, avec mon imprimante laser, mon nécessaire de reliure et ma cisaille à papier. Ça demande un peu d’inventivité, mais je suis très fier du résultat. Je n’exclue pas de faire appel à des fabricants externes si les projets devaient gagner en importance (je parle surtout du design, parce que j’ai des idées un peu folles en réserve), mais j’aime l’idée de tout faire moi-même pour le moment.

La boutique est ouverte ! Rendez-vous sur ozmocorp.com

Une publication partagée par Neil Jomunsi | Ozmocorp (@neil_jomunsi_ozmocorp) le

Plus sérieusement, Ozmocorp est l’étape suivante et logique de ma recherche d’indépendance en tant qu’écrivain : je ne veux être dépendant ni d’un éditeur, ni d’une multinationale américaine pour fabriquer et vendre mes livres – c’est ce que j’ai appelé dans de précédents articles le créer local. C’est une démarche très importante pour moi, politique – presque philosophique. Et j’espère que vous la soutiendrez.

Alors on parle beaucoup papier, et le numérique, me direz-vous ? C’est vrai que j’ai beaucoup compté sur le numérique pour diffuser mes travaux jusqu’ici, mais Ozmocorp est différent. Je tiens à le garder étrange et rare. En conséquent, je ne commercialiserai pas de versions numériques de ces ouvrages. Elles seront en revanche offertes à toutes les personnes qui me soutiennent sur Tipeee : ce sera le seul moyen de s’en procurer. Pas si mal, comme compromis, je crois.

Merci d’avoir fait un si bon accueil à Ozmocorp. Il me tarde de vous montrer la suite.

❤️

Mon travail vous plaît et vous voulez le soutenir ? Merci ! Vous pouvez m’aider à continuer via Tipeee, LiberaPay et PayPal, ça c’est pour payer les factures et remplir le frigo. Mais vous pouvez aussi le faire découvrir à quelqu’un d’autre – peu importe comment. Créer du lien, c’est important. Créer du sens, c’est encore mieux.

19 Partages

9 réflexions sur « Ozmocorp : pourquoi (et comment) j’ouvre ma propre boutique de livres en ligne »

  1. Gloire ! et longue vie !

    J’ai réussi à piquer avant la rupture un exemplaire de ton premier livre. La prochaine fois j’en laisserai pour les autres. 🙂 Je trouve ce projet fabuleux, j’en parlerai autant que possible autour de moi, c’est de la vraie création d’alternative, comme Radius l’était tout autant.

    Félicitations pour ce nouveau bébé, hâte d’en découvrir la suite.

  2. Peu de gens prennent le temps de pousser des concepts aussi loin.
    Encore plus rares sont ceux qui transforment ces concepts en réel.
    Alors chapeau, vraiment ! Le principe est brillant et j’espère que ça perdurera.

  3. J’aime beaucoup le concept; ça me parle… Je me rends compte aussi qu’avant même d’écrire sérieusement, j’étais moi aussi dans ce délire d’inventer des faux documents. Avec mes copines du primaire, déjà, on fabriquait des fausses cartes et des fausses lettres qui venaient d’un pays inventé et, plus tard (adolescente), j’ai même commercialisé des « pochettes » remplies de soi-disant artéfacts et archives d’univers que j’inventais sur le coup.

    Cela dit, la question que j’ai pour toi, c’est comment s’y retrouver financièrement… Combien de temps a dû te prendre la création de A à Z d’un exemplaire de l’édition limitée? (En comptant le temps passé à l’envoi postal, un truc qui prend facilement quelques heures si t’as pas mal de lettres à préparer.) Parce que 10 euros, c’est pas grand-chose en termes de salaire. J’ai du mal à imaginer comment ça s’équilibre.

  4. Merci pour vos encouragements !

    @Jeanne : ça peut paraître idiot, mais je réfléchis rarement en terme de business model et de rentabilité. Je mets un prix qui me semble honnête et je trouve un moyen de l’amortir. Je fais ce qu’il faut pour. Je ne compte pas mon temps pour la bonne et simple raison que ce temps, je le « passe » de toute façon, que je gagne de l’argent avec ou pas. Quand tu es dans ce milieu, je considere sur le temps est de toute façon un indicateur foireux : quand tu gagnes 1000€ pour un roman qui t’a demandé 2 ans de boulot, on peut pas dire que ce soit rentable. Donc en fait, l’équilibre, je le recherche a posteriori (enfin avec une fourchette acceptable en tête quand même).

  5. Bien que j’ai déjà eu une édition similaire des trois cœurs incandescents grâce à Tipeee, je n’ai pas pu m’empêcher de commander une édition limitée ^^ À la fois pour t’encourager et parce que le texte est — dis-tu — remanié.

    Tu m’as donné envie de faire de tels petits livres de mes mercredi fiction pour les offrir à mes proches à Noël. Tu pourrais me dire où tu t’es procuré le papier et le fil de lin s’il-te-plaît ?

  6. Le papier kraft vient de La Compagnie du Kraft. Ils ont une boutique en ligne. Mais n’importe quel papier fait l’affaire en réalité, tout est question de choix.
    Le fil de lin est de marque « Fil au Chinois » et tu peux le trouver en ligne sur la boutique de la Maison Sajou. 🙂

  7. Effectivement le concept est fort, d’autant qu’il ouvre la porte à des choses qui ne pourraient exister en librairie. Par exemple, les formats des livres peuvent être complètement réinventer. Imaginons une seconde que le livre soit à destination d’une pieuvre, quel serait le format le plus adéquat pour un être qui a plusieurs tentacules et cerveaux ? 😀

    En tout cas bravo pour l’initiative !

  8. Bonjour,
    Je viens de lire Les Trois Coeurs Incandescents. Je te remercie pour cette belle histoire!
    J’ai découvert tes travaux sur YouTube notamment avec le Gobledygook (aie! C’est dur a orthographier) et c’est un gros coup de coeur! as-tu une idée du nombre d’épisodes que comportera la série une fois finie?

    Je me suis ensuite mis a la lecture numérique pour pouvoir lire ce que tu écris et je ne le regrette pas. =)

    Bravo et bonne journée.

  9. Merci Carole ! A priori la première « saison » sera composée de 10 épisodes. Je me laisse le temps, je ne veux pas courir après les vues, donc je laisse reposer un peu entre chaque épisode. J’ignore quand sortira le prochain, mais vous serez bien sûr tenu·e·s au courant 😉

Les commentaires sont fermés.