Le jour où une intelligence artificielle écrira le prochain roman de l’été

Les voitures sans chauffeur vous paralysent et les usines d’assemblage sans personnel humain vous paraissent sortir d’un mauvais film de science-fiction ? Il faudra pourtant vous y faire : nous avons déjà dépassé ce stade. Après le remplacement des « cols bleus » (ces métiers manuels aux tâches répétitives qui n’exigent pas de créativité particulière), les « cols blancs » sont la prochaine cible de l’intelligence artificielle : avocats, juristes, analystes, comptables et tant d’autres commencent à se faire des cheveux blancs. Ainsi l’assistant juridique DoNotPay, un chatbot initialement conçu pour contester des amendes de stationnement, aide désormais gratuitement les réfugiés à remplir leur demande d’asile. L’intelligence artificielle étend progressivement son champ d’action et il y a gros à parier que d’ici une quinzaine d’années, étudier le droit ne sera plus une manière aussi sûre d’assurer son avenir qu’aujourd’hui.

Mais les robots n’en ont pas fini avec nous. La prochaine étape après avoir maîtrisé les tâches répétitives, qu’elles soient manuelles ou intellectuelles : développer de la créativité. Les artistes sont donc les prochains dans la ligne de mire. Et ne pensez pas qu’il s’agisse de science-fiction (l’argument ne tient plus depuis longtemps) : en matière de création artistique automatisée, les premiers balbutiements ont déjà lieu. Ainsi, un roman écrit par une intelligence artificielle en collaboration avec des humains a passé la première étape de sélection du prix littéraire japonais Nikkei Hoshi Shinichi. Magenta, un projet issu du programme d’intelligence artificielle de Google, commence doucement à générer de la musique originale et joue même en duo avec des partenaires humains. Cet été encore, on a pu visionner le court-métrage Sunspring, dont le scénario (encore incohérent) a été écrit par une IA. Les algorithmes s’installent dans la création artistique. Et si c’est encore difficilement lisible/regardable/écoutable, le résultat de leurs calculs va invariablement se perfectionner. D’ici quelques années, il sera peut-être impossible de faire la différence entre une œuvre créée par un humain ou une autre générée par ordinateur.

Dès lors plusieurs questions se posent, à commencer par la première : pourquoi ? En effet, dès lors que l’on considère la création artistique comme un plaisir et un impératif typiquement humain, pourquoi s’échiner à la confier à des machines ? Après tout, il n’y aucun intérêt à déléguer votre partie hebdomadaire de badminton au parc à un robot : son intérêt réside justement dans le fait que c’est vous, et pas quelqu’un d’autre et surtout pas un robot, qui tenez la raquette. Mais vous vous doutez bien que les choses sont un peu plus compliquées que ça. Car la création artistique n’est pas seulement un hobby, voire une passion dévorante chez certains : c’est aussi – et surtout – un business extrêmement lucratif, notamment pour les industries concernées. Et à partir du moment où de grosses sommes d’argent entrent dans l’équation, on ne regarde plus du tout les choses sous le même angle.

Ainsi, un projet de résolution du Parlement européen suggère la possibilité qu’on puisse reconnaître des droits de propriété intellectuelle à des intelligences artificielles. Et il n’y a rien de surprenant à cela : les industries culturelles, pourtant si promptes à clamer sur tous les toits leur soutien inconditionnel aux auteurs, poussent à la reconnaissance des droits sur les œuvres créées par des machines. Imaginez que le scénario du prochain blockbuster hollywoodien ou le prochain bestseller de l’été soit écrit par une machine. Qui en détiendrait les droits si les robots n’ont pas de personnalité juridique ? Le texte ou le film serait-il considéré comme étant de facto dans le domaine public ? Impensable pour les fabriques de la culture, qui entendent bien maintenir leur modèle économique avec ou sans auteurs humains. Le jour où on octroiera aux intelligences artificielles un droit d’auteur, les data centers d’Hollywood tourneront à plein régime pour déposer tous les scénarios possibles et imaginables – et intenter des procès, automatisés eux aussi, à quiconque osera « plagier » ces œuvres pourtant générées à la volée.

Mais au-delà de la simple possibilité technique et juridique, se pose la question de l’artistique : la création, censée représenter la quintessence de l’esprit humain, ne serait qu’une mécanique reproductible comme toutes les autres ? La réponse est simple : depuis plusieurs décennies, nous avons nous-même pavé la voie à ces innovations en mettant sur le marché des œuvres commerciales, toujours plus calibrées, répétitives, systémiques, qui obéissent aux mêmes schémas pour plaire au plus grand nombre. Qu’il s’agisse de romans, de films ou de musique, notre quête de la « recette », de la « formule magique du succès », nous a conduit à renforcer les stéréotypes au détriment d’œuvres qui entraient moins dans le moule. Rien d’étonnant donc à ce que les machines nous remplacent – avec succès – quand nous nous comportons exactement comme elles. Ce que fait un scénariste en charge d’écrire le prochain blockbuster de l’été, une machine pourra bientôt très bien le faire – et sans doute même avec davantage de réussite.

Reste enfin la question la plus importante : pourrons-nous, en toute connaissance de cause, apprécier vraiment ces œuvres en tant que lecteurs, auditeurs, spectateurs ? Nous laisserons-nous prendre au piège si on ne nous informe pas ? Mieux encore, pourrons-nous aimer passionnément un livre tout en sachant qu’il a été rédigé par une intelligence artificielle ? Difficile de commencer à seulement imaginer un début de réponse : c’est une question très compliquée, très personnelle aussi. Et intellectuellement, un défi immense : il s’agit de mettre sur la balance d’un côté notre plaisir personnel (et on notera que cela peut parfaitement s’appliquer à d’autres domaines, comme par exemple la sexualité ou la gastronomie), et de l’autre notre « amour-propre » en tant que civilisation et espèce. Si je prends plaisir à la lecture d’un livre écrit par un ordinateur, est-ce que je fais quelque chose de mal, d’interdit ? Certainement pas bien sûr, mais il n’y a pas d’auteur à qui je puisse serrer la main, demander une dédicace ou même simplement remercier : la création dans ce cas n’est plus échange, une transmission d’esprit à esprit, une « transaction émotionnelle » en somme ; elle deviendrait une offre à direction unique. L’œuvre irait simplement de la machine au récepteur humain, dans une logique purement commerciale de gavage. Oh mais attendez, est-ce que ce n’est pas déjà le cas ?

Pourtant il existe une manière très simple de boucler la boucle : imaginez que les feedbacks des lecteurs/spectateurs/auditeurs soient intégrés au processus de création de l’intelligence artificielle et renvoyés dans la boucles de l’algorithme : les notes et autres commentaires humains, qu’ils soient critiques ou élogieux, seraient utilisés par la machine pour mieux calibrer ses prochaines créations.

Tout le monde est content ? Pas vraiment bien sûr. Ce qui nous reste de doute trouve difficilement des mots pour s’exprimer de manière intelligible – et c’est là que débute le travail des philosophes, (probablement le dernier métier qui sera impacté par l’intelligence artificielle, s’il l’est un jour).

Pouvons-nous vraiment prendre du plaisir avec des machines ? Et si oui, devrons-nous obligatoirement en ressentir de la gêne ou de la honte ? Et en filigrane, la question de toutes les questions : qu’est-ce qui est le plus important, entre le plaisir de créer ou le plaisir de profiter de ladite création ?

Le sujet de la création artistique automatisée est aussi capital que passionnant. Il touche à l’essence même de notre identité en tant qu’espèce et en tant que civilisation.

Vous aimez ce que vous trouvez sur Page42 ? À partir de 1€/mois, vous pouvez devenir mécène du site et avoir accès à des contreparties exclusives, sans compter la satisfaction de continuer à visiter ce blog en sachant que vous y êtes un peu pour quelque chose 🙂

19 pensées sur “Le jour où une intelligence artificielle écrira le prochain roman de l’été”

  1. Votre article met en lumière le problème principal de ce qu’on appelle actuellement l’intelligence artificielle : ce n’est qu’une course à l’imitation. Il est frappant que le critère de réussite d’une IA est sa capacité à singer les résultats préalablement obtenus par des humains. C’est exactement l’absurdité du test de Turing, qui considère que l’ultime finalité d’un chatbot est d’imiter les humains, y compris dans ses défauts, sa lenteur, et même ses fautes d’orthographe.

    Pour ma part, je considèrerai qu’une IA sera un succès quand elle aura dépassé l’humanité. Elle devra nous avoir proposé, pour résoudre des problèmes techniques ou politiques, des solutions que nous n’aurons pas imaginé par nous-même.

  2. Tu vois, je suis infographiste dans le civil. Et bien je n’attends sincèrement qu’une chose, c’est qu’Adobe sorte enfin des outils de créa graphique assistés par intelligence artificielle (ils y travaillent sérieusement), pour que je puisse me débarrasser de tout la part pénible et sans valeur ajoutée de mon boulot. Sur internet, je commence déjà à lire des trucs du genre « les robots vont voler le travail des graphistes », sous prétexte que ces outils pourront te générer une créa de site web, avec photos, couleurs, charte graphique, en quelques clics : mais en réalité, qui a envie de continuer à pondre des créas de sites web, alors que c’est toujours pareil, et que les mieux organisés d’entre nous ont déjà mis au point des systèmes qui leur permettent d’aller plus vite sans trop réfléchir ? (voir le nombre de « UI kits » disponibles sur le web, où tu n’as qu’à faire des copier-coller de blocs déjà prévus, et changer le texte) Si une machine apprend à faire ce genre de truc sans intérêt plus rapidement que moi, c’est la meilleure nouvelle de la décennie, parce que sincèrement, j’ai d’autres choses à faire, bien plus intéressantes : de la recherche, de la véritable création. C’est là que se trouve la spécificité humaine, pas dans la réplication infinie des mêmes tâches reloues, que tu fais machinalement, la tête ailleurs.

    Et à mon avis, c’est la même chose partout.

  3. Effectivement l’IA annonce la mort des auteurs qui produisent des ouvrages calibrés et souvent insipide mais l’IA ne pourra jamais remplacer les auteurs qui arrive à écrire des œuvres inattendues quand bien même ces dernières se bassent sur d’autres récits existants. Comme des exemples c’est toujours mieux : « la horde du contrevent » , « Le gobbledigook » , « le disque monde » , « H2G2 » , « Kammeloott » ; toutes ces œuvres ont un je ne sais quoi en plus, un je ne sais quoi qui font qu’elles subliment les œuvres dont elles sont inspirés, un je ne sais quoi qui les rendent originales.

  4. Des questions intéressantes. L’exemple du chatbot qui gère les demandes d’asile (que je ne connaissais pas) m’a particulièrement ému. Quand on sait que de tels entretiens peuvent durer de 20 minutes à plusieurs heures selon les cas (asile économique évident, risques politiques réels, risques psychologiques élevés, etc.) on se dit qu’avant qu’une IA soit en mesure de comprendre toutes les subtilités de ces situations, il y a du chemin. A la limite, dresser un état-civil, pourquoi pas. Et encore, tous les réfugiés ne savent pas lire ni ne maîtrisent ce genre de codes propres à internet. Qui plus est, la voix de l’officier de protection, sa sensibilité, sa capacité à aller chercher au delà des questions-types des formulaires (ou plutôt des guides d’entretien) est juste essentielle… Et peut structurer le devenir entier d’un individu. Ajoutons à cela qu’on ne peut jamais être sûr qu’un demandeur d’asile est seul derrière son écran, ce qui laisse 2 voies de sorties : une pour les associations type France terre d’asile, une autre pour les passeurs ou communautés localement implantées pas toujours bienveillantes. Le tout pour « améliorer » la gestion des flux migratoires par l’Etat qui démissionne donc - au moins partiellement - au bénéfices de sociétés privées. C’est assez critique.

    Concernant notre capacité à apprécier une oeuvre issue d’une IA… Tu pourrais poser la même question pour les morceaux de musique déjà (ré)arrangés (retouche des voix, effets diverses et variés)… Que reste-t-il de l’artiste dans ces productions qui sont en fait des modes de consommation ? La question n’est pas tant de savoir d’où vient ce qu’on apprécie, mais si on l’apprécie pour les « bonnes raisons », ce qui déjà quasiment une injonction à s’éduquer au « bon goût » (et qui en soi est une question immense : est-ce que j’apprécie X ou Y par conformisme, par besoin de m’intégrer à un mouvement #Bieber ou bien par l’apprentissage, l’éducation de mon oreille, l’accumulation de mes lectures, et qui peut en juger, voire me juger ?). Je suis libre d’aimer ce que je veux, mais dans quelle mesure cette liberté est réelle ou bien dirigée (on n’a pas attendu l’AI pour canaliser les affects vers telle ou telle mode, rythme, couleur…). Comme presque toujours, c’est la question de l’autonomie de l’individu qui est en jeu. Et il semblerait qu’elle échoue souvent sur la même réponse, celle de l’éducation.

  5. L’exemple de « kammeloot » est intéressant car il y a une distinction à faire, je pense, entre littérature et cinéma/télé.
    On n’empechera jamais les Damasio de créer des hordes, et c’est tant mieux.
    Et lorsque le Damasio ira voir un éditeur, l’éditeur dira banco -ou il s’en trouvera toujours un pour dire banco.
    Robot ou pas robot, IA ou pas, ça ne changera pas grand chose.

    Pour les kammeloot, c’est différent. Nous vivons dans un monde marchand. Alors que fera un producteur lorsqu’il aura le choix entre monter une production calibrée avec un scénario acheté 1000€ à une IA quelconque ou qu’il devra prendre des risques pour monter un truc bizarre ?

    Demander à Bertrand Blier qui ne peut plus monter ses films.

    Dans un monde non marchand, l’IA et fantastique, dans un monde ultrafinanciarisé, l’IA apporte de la compétition supplémentaire et fera baisser les prix de tout le monde - si on n’intègre pas l’IA de manière réaliste j’entends.

    Ps: je précise que je n’ai rien contre les robots au contraire. Ils sont une chance fantastique pour l’humanité. (le terme d’IA me gonfle un peu, tout le monde l’utilise parce que c’est le terme à la mode mais bon)

  6. Je ne crois pas que l’auteur soit mort, et je ne crois pas que les IA tueront les romanciers, pas plus qu’elles ne tueront les graphistes. Elles serviront à produire des histoires à la chaîne, sans valeur ajoutée, du genre SAS, ou des romances à la Barbara Cartland. Facile. Et ensuite tu te fais ta couv avec un autre outil automatique, et tu publies ton petit paquet de merde sur Amazon, à côté de tous les autres. Ca, ou des scénarios de blockbusters, oui.

    Mais on est encore à des siècles de distance d’une intelligence artificielle capable d’écrire le moindre bouquin de Zola, à l’époque où Zola n’avait pas jeté un pavé dans la mare en décidant de décrire frontalement les moeurs du petit peuple. Je veux dire que pratiquer une percée dans la pensée, et s’en servir pour accoucher d’une oeuvre, ça demande une aptitude qui nous est à nous même incompréhensible, et qu’on ne peut donc pas conceptualiser, tâche pourtant nécessaire pour ensuite la répliquer.

    Mais sans aller jusque là, même pour écrire un roman de trame classique, il faudra de toutes façons l’intervention d’un humain, et mieux encore, d’un humain qui sache écrire, et qui influera la direction prise par la narration. Les systèmes d’IA pourront nous aider à structurer des intrigues complexes (ça existe déjà mais ça marche pas terrible), et sans doute à proposer des premiers jets acceptables, sur lesquels on pourra broder. Sans doute que la façon d’écrire changera, mais pour l’instant je doute beaucoup de la disparition des auteurs.

  7. Ce qui est fascinant c’est qu’à chaque fois on ne semble ne voit que le haut de l’iceberg. A chaque fois on prend des exceptions pour en tirer des généralités sur les autres.

    Les auteurs ne vont pas disparaitre non, mais leur situation est déjà difficile. Quelle sera-t-elle quand un éditeur aura le choix entre un roman calibré (c’est à dire 90% de ce qui sort aujourd’hui) conçu par un IA à qui il ne faut pas donner de droit d’auteur (ou une infime quote part) et un auteur casse-pompe, exigeant et gnagnagna.

    Il prendra le robot. Parce qu’il n’aura pas vraiment le choix vu qu’il sera en compétition avec un autre éditeur etc…
    Ce qui aggravera la situation des autres auteurs humains qui se retrouveront avec beaucoup plus de compétition.

    Non aucune IA aujourd’hui, ne peut produire, ni de près ni de loin, les Rougon Macquart mais combien de Rougon Macquart y-a t-il dans un siècle ?

    Aucune IA ne peut traduire aussi bien Ulysse qu’un humain, mais combien de fois doit-on traduire Ulysse ? Le métier de traducteur, c’est 90% de traduction sans âme, qu’un robot fera aussi bien pour 2 fois moins cher etc etc.

    Les Zola, les Balzac, les Stones, les Brel, s’en sortiront toujours je pense, et c’est tant mieux. Mais les autres ?

  8. PS: plus précisément que « Le métier de traducteur, c’est 90% de traduction sans âme » j’aurais du écrire « le marché de la traduction c’est 90% de traduction de document professionnels, qui n’ont pas grand chose à voir avec les Rougon Maquart ».

  9. Un peu de logique économique et de prospective :

    Développement et apprentissage d’une IA (par exemple pour écrire de la romance, chaque type de littérature demandant un long apprentissage supplémentaire) coût 300 000 €. Coût matériel et maintenance 80 000€/an (estimation optimiste)
    Coût des auteurs nécessaires à la vie d’une collection : (pour 30 ouvrages/an) 90 000 € (estimation la aussi optimiste distribuant 3000€ par romans en moyenne à chaque auteur)

    Les coûts de relecture/correction/mise en page/impressions/promotion,… étant les mêmes.

    Pour un éditeur aujourd’hui, l’IA est hors de prix (face à des auteurs de plus en plus sous payés) et la stabilisation de la puissance des machines informatiques ne va pas changer la donne avant un bon moment. Les premières machines quantiques, quand elles seront au point ne seront pas à la portée des maisons d’édition. Il faut savoir que les recherches autour de l’intelligence artificielle sont réalisées en prévision de ces futures machines pouvant permettre d’utiliser cette intelligence en temps réel.

    Ne me parlez pas des robots et voiture pilotées par informatique. Il n’ont rien à voir avec une véritable intelligence qui pourrait par exemple auto déterminer de freiner lorsque qu’un imbécile décide de griller une priorité ou parce qu’il à vu un éléphant rose traverser la route.

    Quand le calcul quantique, sera démocratisé, je pense que le partage des créations de l’esprit devrait évoluer pour entrer dans le cadre du transfert synaptique. La encore il faudra un auteur pour éprouver l’expérience de la création pour la partager avec ses lecteurs.

  10. @Elijaah Lebaron
    Ta logique économique ne prend pas en compte le mode service. Aucun éditeur de livre ne va, a priori, investir 500 000€ là dedans. Mais un IBM, ou un autre, s’apercevra qu’en tordant un peu son watson, il peut attaquer le marché du livre (ça marche avec plein d’autres qui bossent sur le sujet) et proposera à un Trapeze de tester pour 50 000€ ou un truc comme ça. Et le coût ne cessant de baisser, il y a forcément quelqu’un qui viendra sur ce marché. Succès gigantesque ou pas, on verra mais quelqu’un essaiera.

    Et je ne comprends pas cette partie « Ne me parlez pas des robots et voiture pilotées par informatique. Il n’ont rien à voir avec une véritable intelligence qui pourrait par exemple auto déterminer de freiner lorsque qu’un imbécile décide de griller une priorité ou parce qu’il à vu un éléphant rose traverser la route. »

    C’est bien ce que proposent les google, tesla (et les 50 autres derrière) : des voitures autonomes qui conduisent mieux que des humains.

    Cette vidéo (forcément subjective) explique bien le fonctionnement de la google car et il y en a d’autres

  11. Re : IBM payant 500 000€ de sa propre poche pour proposer un service qui ne lui apportera rien (ou presque) en terme d’image ou commercialement. Personnellement je n’y crois pas.

    Tes voitures qui « conduisent mieux que les humains » ne sont pas des intelligences artificielles. Leur programme est une suite algorithmes prenant en compte les conditions de circulation sur les routes et la façon de les parcourir (de façon légale) ainsi que les messages d’une ribambelles de capteurs lui donnant une image de l’environnement dans lequel l’ordinateur doit calculer ses réponses. Le programme fonctionne selon des opérateurs logiques du type : « Si je vois un objet interprété comme un ‘piéton’ sur ‘la route’ à ‘- de 50 mètres’ j’actionne le programme ‘freinage’ « .

    Donc aucune intelligence artificielle mais de la logique. Tout cela fonctionne bien jusqu’au moment ou un cas ne rentrant pas dans le cadre de la logique définie se présente (un éléphant rose). Normalement pour assurer la sécurité des personnes le programme doit prévoir cette situation et répondre avec une manœuvre d’urgence (comme un freinage). Mais comme cette situation se produit logiquement lorsque toutes les autres solutions ont été éliminées les temps de réponses ne sont pas toujours satisfaisant.

    C’est comme ça que le pilotage de la Tesla a fait son premier mort et que Uber viens d’arrêter ses expérience de conduite automatique suite à un refus de priorité. La logique robotique n’avait pas prévu la bêtise humaine.

    Mine de rien, « monsieur tout le monde » est capable de prévoir la con…. humaine bien plus rapidement et facilement qu’une IA. Il sait aussi (même fin bourré) que ce qu’il a pris pour un « éléphant rose » est certainement une perception déformée de la réalité qui l’incite à immédiatement freiner le temps de comprendre ce qu’il se passe.

    Une « véritable » intelligence artificielle répondrait elle aussi à une certaine logique, mais, lorsque celle-ci fait défaut elle pourrait « autodéterminer » des réponses qui n’ont pas étés prévues par son concepteur. Pour réaliser ce tour de force en temps réel il va falloir que l’informatique fasse un nouveau bond en avant et celui-ci serait l’arrivée du calcul quantique (et de nouveaux processus de cognition robotiques)

    Maintenant le processus informatique d’autodétermination face à l’inconnu pourrait être également celui de l’éveil à la vie… Comment l’homme va t’il réagir lorsqu’il se sentira réellement dépassé par les robots ?

  12. « Pour réaliser ce tour de force en temps réel il va falloir que l’informatique fasse un nouveau bond en avant et celui-ci serait l’arrivée du calcul quantique (et de nouveaux processus de cognition robotiques) »
    > Bond déjà réalisé avec Alpha Go et le fameux mouvement 37. Pas besoin de quamputer, juste de réseaux neuronaux, ce que les Google Cars utilisent aussi. Jouer à définir ce qu’est et ce que n’est pas une IA conduit toujours à une impasse stérile, qui soit rejette toute intelligence (y compris humaine), soit reconnaît toute intelligence (y compris artificielle).

  13. @Elijaah Lebaron
     » IBM payant 500 000€ de sa propre poche pour proposer un service qui ne lui apportera rien (ou presque) en terme d’image ou commercialement. Personnellement je n’y crois pas. »
    Qui a parlé de service qui ne lui rapporterait pas ? Au contraire, je parle d’un service dérivé qui une fois amorti le gros de l’investissement permettra de proposer un service un peu différent à des acteurs qui n’auraient pas pu se l’offrir.

    « Tes voitures qui « conduisent mieux que les humains » ne sont pas des intelligences artificielles. »
    Est-ce que le nom est important ? Le fait est qu’elles conduisent déjà mieux que n’importe quel être humain.
    La google car a fait 3 millions de kilomètres sans accident.
    Et elles apprennent justement des comportements des autres voitures en utilisant les réseaux neuronaux (la vidéo l’illustre bien mais il y en a d’autres). Ainsi, les pochtrons qui traversent n’importe comment ont une manière de marcher particulière que les voitures arrivent à identifier. Ce n’est pas parfait mais c’est déjà moins dangereux qu’un humain, et plus il y aura de voitures, plus les informations qu’elles remonteront permettront d’identifier de nouveaux comportements et réduiront encore le taux d’accident.

    Concernant les accidents, jusqu’à présent, les enquêtes ont prouvé quasiment tout le temps que l’humain était en cause. Et quand bien même il y aurait eu un mort, ça ne prouverait pas que les voitures autonomes conduisent plus mal que les humains.

  14. @Valéry « je parle d’un service dérivé qui une fois amorti le gros de l’investissement permettra de proposer un service un peu différent à des acteurs qui n’auraient pas pu se l’offrir »

    La littérature est un service dérivé de quoi ?
    Le contrôle d’un réseau électrique alimenté par des éoliennes, l’analyse d’images satellites, ou la traduction de automatique de texte ?
    Croyez-vous vraiment que la création d’une histoire et les émotion que vous devez transmettre à vos lecteurs pour leur raconter est un programme qui peut réellement s’improviser à partir d’un autre ?

    Comme dans cet article nous sommes dans le domaine de la science-fiction, je veut bien imaginer qu’un robot puisse un jour faire preuve de l’étincelle divine de la création pour rédiger une oeuvre de l’esprit. Mais faites moi quand même la concession du fait qu’il ne suffit pas d’une formule alchimique informatique répétant les poncifs d’un genre littéraire pour arriver à toucher ses lecteurs.

    Faire appel aux algorithmes mathématiques pour atteindre la perfection artistique est une démarche vielle comme le monde. Mais elle n’a démontré qu’une seule chose, l’artiste qui peint, compose, écrit,…est le véritable détenteur de l’émotion liée à son oeuvre. Les martingales, notes bleues et nombres d’or ne sont que des méthodes destiné à le rassurer.

    Dans le cas de la traduction, je vous invite à visiter ce que fait google. Comparez une traduction que vous pourriez faire ne connaissant pas bien l’anglais aux résultat qui vous sont donnés par la Rolls de l’informatique en réseau. Croyez-vous vraiment que la google-car (pouvant, à chaque instant être déconnectée du réseau internet) est plus efficace que cet outil pour traduire son environnement ?

    Cet environnement pollué par les horribles, stupides et incontrôlables humains que nous sommes, cause de tous les accidents depuis que l’humanité existe.

    Moi aussi, j’appelle de mes vœux un véhicule autonome qui pourrait m’emmener automatiquement au boulot pendant que je dévore le dernier roman de Neil Jomunsi. J’adorerais connaître ce miracle de mon vivant et je suis avec attention les avancées sur le sujet. Mais je sais faire la différence entre « ce que je voudrais » et « la vérité ».

    Si déjà mon véhicule sait se débrouiller seul dans les bouchons (un endroit ou les accidents sont très rarement mortel) je serait pleinement heureux. Pour le reste la Google-car était surveillée par un conducteur humain, vous savez, l’intelligence embarquée la moins chère du véhicule….

    @Xavier Portebois
    Je sais combien la difficulté à jouer au GO a mis en échec des armées de développeurs et des machines de plus en plus sophistiquées. Combien les joueurs adepte de cet art stratégique ancestral sont à la recherche du fameux « coup divin » qui leur permettrait de triompher de leurs adversaires.

    Néanmoins la vie ne peut pas se résumer à une multitude de potentialités en noir et blanc. A mon humble avis, la littérature non plus.

  15. Le propos à la base n’était pas la création d’un roman du niveau des « misérables » mais du papier en plus.
    Les écrits créés par des robots sont déjà là.
    Et dans un monde marchand, combien de temps avant qu’ils n’entrent en concurrence avec les humains ?
    Les symphonies crées par les robots existent déjà. Vous pouvez dire « c’est moins bien » mais ce n’est pas le sujet. C’est là. Et ce sera en concurrence avec les humains créateurs de symphonie.

    Est-ce qu’un robot écrira jamais les misérables » ? Oui, non peut-etre, cette question aura peu d’incidence (en tous cas dans les 15-20 prochaines années a priori).
    Par contre la question : un robot créera-t-il du contenu qui dans un monde marchand entrera en concurrence avec le contenu créé par des humains ? La réponse est cent fois oui et c’est déjà là.

    Votre exemple de la traduction illustre bien le fait que nous ne parlons pas de la même chose : vous comparez traduction humaine et machine, qui traduit le mieux ? L’humain. Super, on est les plus forts. Mais lorsqu’une entreprise doit faire traduire un document professionnel, qu’est-ce qui lui importe ? Un certain niveau de qualité et le cout le plus bas.
    Alors lorsqu’elle aura le choix entre un traducteur robot qui bosse moins bien qu’un humain mais pour 10 fois moins cher ???

    « Croyez-vous vraiment que la google-car (pouvant, à chaque instant être déconnectée du réseau internet) est plus efficace que cet outil pour traduire son environnement ? »
    Vous êtes sérieux ? Bon, bah, je n’ai pas grand chose à ajouter.

  16. Je vais éviter de transformer notre discussion en Troll. Nous avons tous les deux exprimé notre point de vue et ils sont divergents. Je vous remercie d’avoir argumenté. Il est toujours intéressant de discuter avec de bons débatteurs.
    Merci.

Les commentaires sont fermés.