Vous êtes sur la messagerie de Neil Jomunsi, laissez un petit mot après le bip…

J’ai supprimé mon compte Twitter et ma page Facebook. Pas de quoi en faire un plat, c’est un non-évènement. Après avoir longuement parlé ici et là des dérives des réseaux sociaux, je ne fais que sauter (enfin) le pas. C’est une question de cohérence.

J’ai vu Twitter se transformer au fil des ans en un gigantesque défouloir, un hall de gare où tous les voyageurs hurlent et où certains se complaisent dans la colère et la détestation. C’est aussi devenu un réseau blessé, à fleur de peau, incapable de favoriser le dialogue de par sa conception même. Les antagonismes y sont exacerbés. Rien n’encourage à la réconciliation.

Facebook, pour sa part, est devenu une mécanique hors de contrôle asservie à la seule notion de rentabilité. Les usagers qui « likent » une page ne sont même pas assurés d’en entendre un jour parler, car il faut payer sa visibilité. Je ne veux pas encourager un système où il faut payer pour être entendu. J’y conserverai une page personnelle, réservée à mes amis et à ma famille.

Les réseaux sociaux sont de grands dévorateurs d’énergie, d’optimisme et de temps. Ce sont des machines impitoyables. Ces machines se nourrissent de notre force, elles l’aspirent, jouent sur nos ambitions, notre peur du vide, notre besoin de reconnaissance et d’être aimés. Oui, il y a aussi de belles histoires. Sans les réseaux sociaux, il y a beaucoup de gens extraordinaires que je n’aurais jamais rencontrés. Mais l’équilibre des forces et des pouvoirs n’est plus là. Ces infrastructures numériques mangent le peu qui fait encore de nous des êtres « vivants ». Pesant le pour et le contre, j’en conclus qu’il est temps de passer à autre chose.

Je ne pars pas sur un coup de tête, rassurez-vous, je ne vais pas mal. Je ne suis pas en plein burnout numérique. Tout va bien. Il me semble que c’est juste la bonne chose à faire, au bon moment.

Mon adresse mail est publique et ce blog reste ici, petite île perdue dans l’océan du net.

Qui veut me contacter sait comment le faire. ❤️

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17 réflexions sur « Vous êtes sur la messagerie de Neil Jomunsi, laissez un petit mot après le bip… »

  1. … et pour le coups, ça oblige à mettre un commentaire, nécessitant un tout petit plus que le simple « like ». Et puis j’irai mettre une réflexion de mon côté sur mon blog à ce sujet. me permettez-vous de vous y citer? Car sans les réseaux sociaux… je n’aurai peut-être jamais découvert vos textes et vos feuilletons (je suis très en retard dans l’écoute du gros bouquin au milieu de la pièce…) Bonne soirée.

  2. Ça résonne et ta décision trouve un écho dans mes récentes décisions. Si je ne quitte pas les réseaux sociaux, j’ai mis un gros frein depuis cet été. Je fonctionne aujourd’hui au service minimum au profit de l’écriture, de mes proches et aussi au profit des rencontres, des lectures et événements autour de la lecture et de l’écriture de mes textes et d’autres auteurs. Mais nous restons en contacts à travers noc blogs.

  3. @Lola : J’en parlerai dans ma newsletter. Et pour le reste, si les autres veulent passer le message, à leur guise ^^ C’est justement tout le propos de cette démarche : je ne tiens plus à « faire de la pub » pour mes publications. Ça ne m’intéresse plus.

  4. Ah et j’allais oublié l’essentiel, de s’être rencontrés, d’avoir échangé pour moi c’est ce qui reste, mais je sais que les rs peuvent nous exposer au pire.

  5. Bonsoir
    Je comprends ta décision.
    Depuis un moment, je trouvais que tu te faisais « du mal » sur les réseaux sociaux.
    Tu étais tel un Don Quichotte prêt à prendre d’assault tous les moulins
    Hélas sur les réseaux sociaux il y a bien trop de moulins et des moulins fourbes qui répliquent et piquent

  6. Dont Acte! 🙂
    Bon vent cher Neil, profite de ce qui est important à tes yeux et que tes ecrits continuent à nous inspirer!
    Ce fut une belle rencontre malgré tout.

  7. C’est une réflexion que je me fais souvent, les réseaux sociaux sont ils à notre service ou sommes nous à leur service ?

    Tu sembles avoir trouvé la réponse.
    Bonne route à toi.

  8. Salut Neil,
    Je voyais venir ta décision depuis quelques temps… ce qui ne m’empêche pas d’être très triste, car je ne t’aurais jamais découvert sans Twitter…
    Je comprends ta démarche, et en même temps, la lectrice en moi pleure de ne plus voir passer tes billets pleins de bon sens et de sain recul sur les choses…
    j’essaierai de te suivre plus assidûment sur ce blog, mais je reconnais que Twitter était d’une grande facilité pour repérer tes publications…
    Bonne continuation, et surtout, continue à faire et à dire ce que tu aimes et ce que tu penses…
    Bises…

  9. Bravo. Comme d’autres ici je m’interroge sur les moyens à ta dispo pour faire ta promotion et parler de tes écrits. Je ne peux aussi que saluer ton courage. Parfois, il est salutaire de consacrer son temps à faire plutôt qu’à dire, ou relayer, et surtout, vivre dans le réel plutôt que sur le web.

  10. Je vais sûrement regretter l’immédiateté de nos échanges sur Twitter, mais je comprends une telle décision.

    Vas-tu rester sur Diaspora/Framasphère?

  11. Bonjour Neil

    On sentait bien sur Twitter les signes du « Burn-out » qui t’a conduit vers cette rupture.

    Je ne suis pas d’accord sur le fait que les réseaux sociaux soient le « Diable ». La seule chose de diabolique c’est la façon que nous avont de l’utiliser.
    Je ne m’étendrais pas sur la futilité de Facebook, je n’ai jamais trouvé d’avantages à le fréquenter. L’objectif affiché de vouloir remplacer internet à lui tout seul en gardant ses « clients* » captifs (et en décidant qui dois vivre ou mourir). Ma présence sur Facebook est donc uniquement professionnelle. Je ne poste rien que je ne puisse regretter dans ce cadre plus tard (et pour ma famille et mes amis je ne suis pas sur Facebook).
    Par contre j’aime Twitter. J’ai plusieurs comptes que j’utilise dans plusieurs cadres divers et je cloisonne la aussi ma communication. Et je pense que c’est là que ce cache le secret d’une bonne utilisation des réseaux sociaux.

    Des terroristes lancent une bombe atomique sur l’élysée rasant Paris et une bonne partie de la région que je n’en parlerais pas. Réagir à l’actualité est toujours une mauvaise idée.

    L’année dernière j’ai posté un seul message suite au 13 Novembre ou je rappelais que le coran est la seule arme nécessaire pour propager la parole du prophète. Pour l’élection américaine j’ai félicité les américains pour avoir choisi de réattribuer les taxes de l’Obama Care à la construction du mur (en y ajoutant un #Summeriscoming en référence au Trône de fer). Bref une réaction par an, même si elle parait mesurée, est déjà excessive.

    Effectivement les réseaux sociaux peuvent avoir la peau de celui qui rebondit sur toutes les actualités, se met en colère au moindre propos déplacé, se révolte devant le silence, lance ses propres polémiques,… Non seulement ses avis sur tout peuvent fatiguer ses abonnés, mais ils attirent forcément l’attentions de ses semblables, contradicteurs et troll en tout genres qui s’invectivent en profitant de la relative impunité que leur offre l’anonymat d’internet. Dans ce cadre, il est bon parfois de faire un break, de respirer un peu et de ce recentrer sur des amitiés moins virtuelles.

    Mais la rupture totale est à mon avis aussi contre-productive. Rejeter les réseaux sociaux c’est comme nier la « destruction créatrice ». Pourquoi continuer un blog alors que l’auteur peut envoyer des lettres (en papier par la poste ou pigeon voyageur) à ses abonnés pour leur offrir une information bien plus exclusive et maîtrisée (sans commentaires désobligeants (comme le miens)) ? Les livres numériques sont une abomination, seuls les ouvrages imprimé par un éditeur ayant pignon sur rue dispensent une littérature valable. En cas de panne de courant que deviendront ces livres virtuels ? Les nouvelles technologies n’ont été créées que pour rendre ceux qui l’utilisent esclaves du service qui leur est offert. Ils doivent obligatoirement jouer le jeu qu’on leur impose et ne savent pas éviter les pièges qui se trouvent sur leur chemin. On devrait lancer une pétition sur,… heu,… sur quel outil au juste ?

    Oui, les outils technologiques qui font de nous des hommes augmentés, peuvent nous être retirés (sciemment ou par accident). Le tout est de faire attention à ne pas trop dépendre d’eux. J’espère qu’après ton sevrage, tu reviendra nous faire profiter des qualités de réflexion qui sont les tiennes d’une façon un peu plus maîtrisée.

    Au plaisir de te lire…

    (*) Si c’est gratuit, c’est vous le produit.

  12. Pour ma part, je suis triste et déçu, même si je respecte à 200% ta décision (car tu fais bien ce que tu veux, tant que cela te permet de t’épanouir et de vivre plus posément, et c’est bien là l’essentiel).

    Concernant les réseaux sociaux en général, je pense que nous ne sommes pas obligés d’hurler en coeur avec la meute. Nous ne sommes pas obligés de réagir à chaud à l’actualité, voire à tous les sujets d’actualité. Même si c’est effectivement le business model de leurs propriétaires que de nous y pousser, au risque de souffler sur des braises et de mettre à mal l’inexistante unité nationale/mondiale/humaine en zoomant systématiquement sur les sujets polémiques (avortement, homosexualité, culture du viol, réfugiés, migrants, guerre, politique, religion).

    Ta voix va nous manquer. Ce qui me plaisait dans tes messages sur les réseaux, c’était que tu y insufflais une nécessaire et indispensable réflexion. De l’inspiration, même, parfois. Tu apportais un avis réfléchi et éclairé sur les sujets d’actualité. Ton seul « tort », au final, est d’avoir essayé d’utiliser un médium dédié à l’instantanéité dont tu ne supportes plus l’exposition pour propager tes réflexions.

    Le résultat est toutefois catastrophique pour « ceux qui restent ». Car finalement, ta désertion (ouch, le mot est involontairement fort, désolé!) montre que les rageux gagnent du terrain par rapport aux gens plus « éclairés ». On n’entend plus que ceux qui crient le plus fort, et non ceux qui ont véritablement quelque chose à dire. En ce sens, tes messages étaient des bouffées d’oxygène, un havre de réflexion et une parenthèse temporelle dans l’hystérie instantanée générale.

    En fait, je m’attendais à ce que tu essaies de prendre plus de recul, pas à ce que tu nous abandonnes 😉

    Bref, tu crains, mec. Tu vas nous manquer 🙂

    (Reviens-nous quand même vite!!!!)

  13. Bonne continuation, Neil !
    Vos petites réflexions piquantes manqueront à mon fil twitter, mais vous retrouver ici, sur VOTRE espace, me permettra de continuer à vous suivre, et à vous voir oser faire des choses.

    Au plaisir de vous lire, de vous écouter.

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