La propriété intellectuelle contre le monde

S’il y a bien un truc qui me rend fou et que je vois circuler sur les blogs et les réseaux sociaux avec l’envie sans cesse renouvelée de fracasser ma tête sur l’écran, c’est bien l’emploi du mot « propriété » (et de ses dérivés lexicaux) pour parler d’une idée, d’un dessin, d’un roman ou d’une quelconque production issue d’un cerveau (parfois) fécond. D’abord parce que je trouve que c’est moche, j’ai l’impression de vivre dans un monde où tout doit impérativement pouvoir être décrit à l’aide de termes juridico-financiers, ensuite parce qu’il me semble que c’est, au moins en partie, inexact.

Avertissement : attention, cet article est ce que l’on appelle un « appeau à trolls ». Il convient donc de le lire en respectant la distance de sécurité et, si possible, en tenant son ordinateur à deux mains.

Sans rire, ce que l’on appelle propriété intellectuelle est selon moi l’un des plus grands fléaux de notre temps. On l’avait vu récemment avec les tentatives frauduleuses de déposer à l’INPI le logo et le slogan « Je suis Charlie » par des entrepreneurs peu scrupuleux, mais les exemples pleuvent chaque jour. Pour les amateurs, on retrouve aussi ces dérives compilées chaque samedi dans l’excellent Copyright Madness © de Numerama. À chaque fois qu’un type prétend avoir eu une idée originale, il essaie aussitôt de la soustraire aux autres : qu’il s’agisse d’un brevet de médicament, des plans d’un moteur à hydrogène ou d’un roman à l’eau de rose, tout vomi de l’esprit — l’excellent comme le pitoyable — est potentiellement protégeable. Son exploitation est rendue donc inaccessible au commun des mortels, car réservée au seul détenteur de la supposée paternité.

Or, le droit de propriété exercé sur une idée me paraît tout aussi stupide que si quelqu’un se proclamait propriétaire des numéros gagnants du Loto de la semaine. Toute idée est une conjonction, un assemblage de points collectés par l’inventeur de ladite idée qui fait sens à un instant T. En somme, l’originalité d’une idée est une sorte de probabilité — plus ou moins élevée — pour qu’un nombre N de personnes relient les mêmes points prélevés sur la grande toile de l’existence au même moment. Comme les mêmes points se recoupent souvent — le paradoxe du singe savant peut aussi nous éclairer sur la notion d’originalité —, les idées se répètent. C’est en général pour cette raison que beaucoup d’auteurs pestent contre tel écrivain ou tel scénariste au prétexte que ce dernier leur aurait « volé » une idée, qu’il les aurait copiés, etc. Mais la réalité est plus prosaïque : l’originalité n’est presque pas de ce monde. Nous sommes désormais trop nombreux pour avoir une idée parfaitement originale. Prenez votre meilleure idée, la plus dingue, la plus innovante, et faites une recherche Google : il y a neuf chances sur dix que quelqu’un y ait déjà pensé avant vous et pire, qu’il ait déjà exploité ce concept.

Accepter donc qu’une même idée puisse naître dans des cerveaux différents au même moment est la clef pour comprendre la boucle infernale dans laquelle s’est engouffrée ce que l’on nomme (à tort selon moi) la propriété intellectuelle. Nous étions à peine 2 milliards il y a un siècle, nous sommes aujourd’hui 7 milliards, le taux d’éducation et d’accès à l’information a grimpé en flèche et on voudrait encore croire au génie solitaire. Je me gausse dans ma cape. Car c’est mathématique : plus nous sommes nombreux et connectés les uns aux autres, plus nous avons de chances d’être un grand nombre à avoir la même idée au même moment. Alors, qui a la propriété de l’idée : celui qui l’a eue en premier, ou celui qui l’a écrite en premier ? Celui qui l’a rédigé sur une feuille A4 à petits carreaux et qu’il l’a envoyée au bon bureau, ou celui qui en fait le meilleur usage pour le plus grand nombre ? Pas facile de répondre.

Alors voilà. Si on veut que le monde ne se transforme pas en une gigantesque foire d’empoigne tenue d’une main de fer par des multinationales peu enclines à l’idée de partager leurs « créations » avec le reste de la planète (« Tiens, coco, ce vaccin contre le SIDA, si on le vendait à 200€ chez Colette ? »), il va falloir revoir le concept de propriété intellectuelle, ou tout du moins y accoler quelques bémols. Il existe des exemples concrets d’artistes ou de chercheurs ayant renoncé à leur soi-disant propriété intellectuelle, et ils n’en sont pas morts, au contraire. Regardez Didier Pittet, l’inventeur de la solution hydro-alcoolique dont vous aimez tant vous badigeonner les mains : le type a fait le choix de ne pas déposer la formule, ce qui a permis une dissémination rapide et économique du produit (et accessoirement, de sauver des vies). Les artistes ne sauvent pas de vie, ou en tout cas pas directement. Mais tout le monde peut réfléchir à ce que serait un monde débarrassé de la contrainte de « propriété intellectuelle ». Peut-être un endroit dans lequel il ferait meilleur vivre, débarrassé de la peur permanente du vol intellectuel.

Pour en revenir au sujet du roman et, plus généralement, de la création artistique : ok, c’est plus compliqué. D’abord parce qu’on ne protège pas des idées, mais une variation autour de l’idée. C’est limite plus vicieux. Certes, la manière dont vous agencez des mots les uns à la suite des autres ne dépend que de vous, et en cela vous disposez de la « propriété » de cet agencement spécifique, ou plutôt vous bénéficiez de droit de paternité (qui irait dire de son enfant qu’il est sa propriété ?) Je ne conteste évidemment pas le droit de paternité, il est inaliénable et c’est plutôt bien comme ça, mais l’usage dévoyé du mot propriété, qui finit par faire croire aux auteurs qu’on peut leur voler quelque chose, leur « soustraire une possession ». En matière de vol et de plagiat, je ne parle évidemment pas de l’éditeur (ou plutôt de cette mauvaise légende urbaine qui voudrait se faire passer pour un éditeur ayant pignon sur rue) qui prend un manuscrit envoyé par un jeune auteur avec des étoiles plein les yeux, qui efface son nom et le remplace par celui d’un auteur maison. Non seulement aucun éditeur digne de ce nom n’oserait faire une chose pareille, mais aucun romancier digne de ce nom n’accepterait aussi de voir son nom associé à une telle arnaque. Le plagiat ou le vol en matière de roman, selon moi, n’existe presque jamais. Il peut en revanche exister dans d’autres branches plus spécifiques comme par exemple l’illustration, où la facilité à trouver des images et à se les approprier en un clin d’œil n’est malheureusement pas une légende, contribuant à la précarité de la profession.

Mais concernant la plupart des cas de redites, de répétions, il ne s’agit que d’idées banales, pour ne pas dire souvent mauvaises, qui se retrouvent dans des histoires différentes au même moment. Encore une fois, on ne peut pas être « propriétaire » du fruit d’une probabilité intellectuelle. Pas parce que nous nous copions les uns les autres, mais parce que nous regardons les mêmes films, lisons les mêmes livres et regardons les mêmes bulletins d’information. Nos travaux sont le fruit d’un travail de digestion. Et oui, comme tout travail de digestion, ça produit quelquefois des trucs moisis et puants.

Je pense aussi à la fan-fiction et aux auteurs peu enthousiastes à l’idée de voir leurs personnages repris par d’autres « parce qu’ils leur appartiennent » : de mon point de vue, un travail que d’autres ont envie de s’approprier est plutôt un travail auquel on fait un compliment, peut-être le plus grand compliment qui soit pour un artiste. D’ailleurs, s’il y a fan-fiction, s’il y a appropriation, remix, c’est bien qu’il y a eu lecture, visionnage, écoute, à la base. Les histoires que personne n’a envie de reprendre, de compléter, de partager, de prolonger, sont — en tout cas aujourd’hui — celles qui marquent le moins l’imaginaire collectif. Et rassurez-vous : le créateur original sera toujours le détenteur du savoir canonique, et reconnu comme tel. Si ça peut vous consoler, c’est peut-être même en étant reprise mille fois que votre idée, votre histoire, votre création, a aujourd’hui des chances d’accéder à la postérité.

Alors non, c’est triste mais c’est comme ça : votre idée — voire même votre roman, votre film, votre album tout entier — n’est pas originale. Elle n’est que la somme des points que vous êtes parvenus à relier, et accepter ce constat ne relève pas tant de l’humilité que de l’objectivité la plus stricte. Certes, vous en avez la paternité, bravo. Mais, en tout cas selon moi, vous n’en êtes pas propriétaire pour autant au sens strict, puisque personne ne vous enlève quoi que ce soit en ayant la même idée que vous au même moment. Si l’on ne peut pas vous en déposséder, alors vous n’en êtes pas « propriétaire ».

Éventuellement, vous en êtes le dépositaire temporaire. Et encore, dans cette logique de propriété, il faudrait gentiment remercier, voire créditer, tous ceux qui vous l’ont inspiré. Il va y avoir du monde sur la page des crédits.

Pas la peine de distribuer votre prochain roman gratuitement et anonymement : personne ne vous demande cela. En revanche, un peu de sérénité et de compréhension — peut-être d’humilité ? — face au mystère de la création n’a sans doute jamais fait de mal à personne. Comme le disait Tyler Durden dans le Fight Club de Chuck Palahniuk :

« Vous n’êtes pas un beau flocon de neige merveilleux et unique. Vous êtes la même matière organique en train de pourrir que n’importe qui d’autre, et on appartient tous au même tas de compost. »

Dur, mais vrai.

Pour poursuivre la réflexion, quatre excellentes vidéos sur le sujet (en anglais) dont je vous conseille le visionnage de toute urgence.

10 pensées sur “La propriété intellectuelle contre le monde”

  1. Touché.

    Encore une fois, merci de mettre en mots ces idées que j’espère, nous serons de plus en plus à partager.

    Et puis, j’adore le _disclaimer_ (« appeau à trolls » ? Mouarf!)

  2. L’idée que le droit d’auteur est garant de la création est une idée fausse mais néanmoins souvent répétée et propagée. Le droit d’auteur est d’abord garant de bénéfices pour les éditeurs.
    Bien sûr on parle ici d’un sujet dont l’enjeu se situe avant tout au plan industriel et de la lutte sans merci que se livrent les Etats pour le leadership économique et militaire.

  3. Beaucoup de vrai dans tout ça, notamment sur le fait que le processus de création n’est, in fine, qu’un amalgame de nos expériences et de nos apprentissages.
    Sauf erreur de ma part, il n’est pas possible de protéger une « idée » en tant que telle en France, car une idée n’est qu’un projet en devenir et que d’une même idée, peut éclore des réalisations très différentes ^^
    Pour revenir sur la notion de « propriété » au sens « juridico-stricto-sensu ». Il y a point que tu n’abordes pas, mais c’est normal puisqu’il ne relève pas de l’aspect « intellectuel » et qui pourtant est tout aussi représentatif de la dérive du « tout protéger/tout s’approprier ». Il s’agit de la « brevetisation » du vivant.
    Le fait de breveter des plantes, ou des molécules, que personne n’a inventé, me hérisse autant le poil que s’approprier des « idées » qui sont potentiellement « découvrables » par tous, car pré-existantes dans notre culture.
    Bien sur, on pourrait ergoter sur les notions d’hybridation ou d’extraction, aussi bien pour le vivant que pour les idées, mais cela n’enlèverait rien au fait que personne ne peut s’arroger la possession inaliénable de l’un ou des autres.
    C’est pourtant ce que d’aucuns tentent de faire, avec un certain succès hélas…

  4. Bonjour,
    Ce sera donc moi le troll.

    J’ai trouvé ceci dans votre site :

    « À cette occasion (enfin, c’est juste l’occasion de le clamer, parce que cette idée me trottait dans la tête depuis un petit moment déjà), j’ai la joie de vous annoncer que les 4 intégrales de mon Projet Bradbury subissent une baisse de prix drastique : de 9.99€, elles passent désormais à 4.99€ l’unité. Oui oui, moitié moins cher, c’est bien ça. Et vous qui disiez vouloir lire plus de nouvelles, vous allez être servis : c’est une bonne occasion de remplir votre liseuse, votre tablette ou le disque dur de votre ordinateur à moindre frais, d’autant que ces ebooks sont en Creative Commons et que vous pourrez en faire quelques copies pour vos familles et amis. C’est aussi la possibilité de soutenir financièrement un auteur indépendant.
    Les intégrales du Projet Bradbury sont trouvables sur :
    • Smashwords
    • Amazon
    • iBookstore (Apple)
    • Kobo
    • Youscribe »

    Et puis il y a ceci :

    « Le but pour 2014-2015 va donc être de VENDRE. J’ai de nombreux textes à faire publier, des romans inédits à soumettre aux éditeurs, et je compte bien essayer de générer des revenus d’écriture plus conséquents à partir de maintenant. Le Projet Bradbury était en quelque sorte mon starting-block. Maintenant que je me suis bien échauffé, je vais passer à la vitesse supérieure. »

    Réexpliquez-moi maintenant s’il vous plait en quoi la propriété intellectuelle pour le roman, c’est MAL. En quoi aussi vous avez le droit de vendre quelque chose qui relève de Bradbury, car si je vous suis :

    « Alors non, c’est triste mais c’est comme ça : votre idée — voire même votre roman, votre film, votre album tout entier — n’est pas originale. Elle n’est que la somme des points que vous êtes parvenus à relier, et accepter ce constat ne relève pas tant de l’humilité que de l’objectivité la plus stricte. Certes, vous en avez la paternité, bravo. Mais, en tout cas selon moi, vous n’en êtes pas propriétaire pour autant au sens strict, puisque personne ne vous enlève quoi que ce soit en ayant la même idée que vous au même moment. Si l’on ne peut pas vous en déposséder, alors vous n’en êtes pas « propriétaire » »

    J’imagine que vous ne reversez rien à toutes vos influences, qui ont constitué votre écriture, ni aux ayants droits de Bradbury, mais alors pourquoi vendez-vous votre travail ? Pourquoi la propriété d’un roman c’est mal ? Pourquoi voulez-vous vendre des choses dont vous ne seriez donc pas propriétaire, si je vous ai bien suivi ?

    Je suis un auteur, qui a essayé depuis des décennies, a réussi, a échoué, et en vit plus ou moins, de l’écriture. Je me considère comme un artisan, un plombier mais à qui on dénie la possibilité de vivre de l’écriture : 1- parce que les éditeurs dévoient le principe, certes, et que les auteurs sont très maltraités et exploités. 2- Maintenant parce que des zozos confondent liberté de brevets en médecine ou informatique avec liberté sur la création artistique. C’est n’importe quoi. On ne me paie pas pour mes recherches en labo, moi. Si on le faisait, peut-être que je considérerais le droit d’auteur comme inutile. 3- Souvent, mais pas vous visiblement, ces chantres de la liberté qui en deviennent libéraux sont des profs ou je ne sais quoi en -ogue qui ont beau jeu de vouloir l’abandon du droit d’auteur quand ils sont salariés par la communauté (et ramassent à chaque colloque ou conférence, cela étant).

    C’est TRES fatiguant, ce genre de propos ressassés depuis des années sur l’air de « la propriété c’est le vol », quand on est pas Proudhon.

    Expliquez à un menuisier, un charpentier de marine, un maçon qu’il ne devrait pas être propriétaire de son travail car il bénéficie de l’apport de ses prédécesseurs depuis des siècles. Et expliquez-lui pourquoi vous, vous voulez vendre vos propres travaux.

    Attention : il y a deux chaises, et vous êtes assis au milieu.

    Cordialement (et bonne chance dans vos projets d’écriture et de vente, cela étant).
    FM

  5. @francis : Effectivement, je ne suis pas professeur. A vrai dire, je n’exerce même aucune autre activité rémunératrice que celle d’auteur. Je conçois que mon propos soit difficile à comprendre, pourtant je ne me place pas en dehors de la communauté des auteurs quand je le tiens. On cherche souvent à m’en évincer durant les débats, en me plaçant à l’extérieur des problèmes, mais j’y suis pourtant aussi directement confronté que n’importe lequel de mes « collègues ». Et pourtant, malgré mon statut de prolétaire de l’écrit, je ne suis pas d’accord.
    En passant, le projet s’appelle certes Projet Bradbury, mais c’est un hommage qui s’arrête là. Je n’ai rien copié, emprunté, réécrit à mon cher vieux Ray et je ne dois donc rien à ses ayants-droit. C’est comme si on demandait à un auteur qui aurait écrit un livre appelé « Les années Chirac » de payer une dîme à la famille Chirac, en somme. Quant à la propriété du roman, vous m’aurez sans doute mal compris : je parlais des idées qui donnent naissance à des romans, pas des romans en eux-mêmes dont je ne veux priver personne. Et il n’est pas question de rétribution, mais de reconnaissance et d’humilité face à ces emprunts permanents. Si vous comprenez l’anglais, je vous invite vraiment à jeter un oeil à la vidéo à la fin de l’article, elle est vraiment intéressante.
    Dans cette histoire, nous ne sommes pas ennemis. Au contraire. Nous sommes ensemble dans ce bateau. Mais à force de chercher les ennemis parmi ceux qui veulent du bien aux auteurs, en soutenant leur démarche de création, en respectant leur volonté de gagner décemment leur vie, etc, on finit par ne plus voir les véritables obstacles. La peur est un sentiment aveuglant et c’est un problème que nous devons prendre à bras le corps si nous ne voulons pas voir des « ayants-intérêt » imposer leurs solutions.
    De la même manière, et toujours pour vous répondre sur le terrain des métaphores, un maçon ne possède pas la maison qu’il a construit pour un autre, pas plus qu’un charpentier de marine ne possède le bateau. Ni l’un ni l’autre ne possède d’ailleurs « l’idée » de bateau ou de maison, au sens platonicien du terme. En revanche, oui, il est en droit de demander une juste rétribution pour son travail. C’est le combat que je mène (regardez mes autres articles sur ce sujet). Je pense qu’une ouverture des droits n’est pas privative mais qu’au contraire elle ira dans le sens d’une meilleure reconnaissance et d’une meilleure rétribution. Offrir un texte gratuitement d’un côté n’est pas incompatible avec l’idée de le vendre de l’autre, que ce soit sur le même support ou sur un autre support (papier/numérique) : en somme, laisser le choix au lecteur plutôt que de généraliser le piratage.
    Le problème est sémantique : on confond, à tort, propriété d’une maison et propriété intellectuelle. Or, les deux n’ont strictement rien à voir, si ce n’est par leur nom.
    Pour résumer, je ne suis pas assis entre deux chaises : j’en ai apporté une troisième. Merci en tout cas pour ce commentaire.

  6.  » »« Expliquez à un menuisier, un charpentier de marine, un maçon qu’il ne devrait pas être propriétaire de son travail car il bénéficie de l’apport de ses prédécesseurs depuis des siècles. Et expliquez-lui pourquoi vous, vous voulez vendre vos propres travaux. «  »«  »

    Mais il vend son travail, pas une exclusivité d’accès à son travail. Bref, rien à voir.

    Et il y a plein de gens qui font du travail rémunéré sans être propriétaire de rien. Particulièrement ceux qui vendent du service, c’est à dire une grande majorité des gens.

    Damned, il y a même des gens qui vendent des livres du domaine public, donc sans propriété aucune.

    Pourquoi vouloir forcément lier les deux ? On peut reconnaitre la paternité du travail, son origine, et rémunérer ce travail ou son résultat, sans forcément parler de propriété créée à partir de rien et qui ne doit rien à personne. Au contraire, reconnaitre la paternité c’est justement aussi reconnaitre celle des autres, et que tout ce qu’on créé dépend de ce qu’on a vu, lu et entendu auparavant.

  7. @Eric : il y a une phrase répétée dans la vidéo qui m’a marquée : à partir du moment où intervient la notion de propriété, ceux qui se réclament de cette propriété deviennent territoriaux. C’est exactement ce qui se passe.

  8. Trollons. Gentiment, car ce billet enfonce tellement de portes ouvertes qu’il n’y a guère matière à polémiquer (l’œuvre n’est pas l’idée, les arguments juridiques concernant le droit de propriété intellectuelle tiennent sur un timbre poste, même le raisonnement qui confusionne allégrement et - volontairement j’espère - œuvres artistiques et brevets ne tient pas debout.)
    Le fond du message reste toujours le même sur ce blog : honnis soient les éditeurs, vils, avares, malhonnêtes, blabla.
    Je me méfie des Spartacus qui agitent leurs drapeaux libérateurs sans qu’on leur ait rien demandé. Chafouin, je me dis que si les éditeurs n’avaient point recalé notre samaritain, sans doute ne songerait-il point à gesticuler sur la barricade.
    Je comprends très bien que chaque auteur veuille défendre son travail. Mais qu’il le fasse en jouant les prosélytes désinformants, ça n’est ni très honnête, ni très glorieux, personne n’en sort grandi.
    Pour le reste (« Sans rire, ce que l’on appelle propriété intellectuelle est selon moi l’un des plus grands fléaux de notre temps ») : soyons sérieux, prenons l’air, allons au bistrot, ça ira mieux après.
    Bref. On rigole toujours autant ici.

  9. @Falstaf : tu as mangé quelque chose de trop acide qui t’est resté sur l’estomac ?

    « Chafouin, je me dis que si les éditeurs n’avaient point recalé notre samaritain, sans doute ne songerait-il point à gesticuler sur la barricade. »

    « Le fond du message reste toujours le même sur ce blog : honnis soient les éditeurs, vils, avares, malhonnêtes, blabla. »

    Je ne sais même pas quoi répondre tellement les bras m’en tombent, à part peut-être que… je suis percé à jour ? Tu as tapé dans le mille, je ne suis qu’un minable auteur frustré incapable de publier quoi que ce soit chez un éditeur digne de ce nom, un fâché de première, un pisse-vinaigre qui frappe à l’aveugle, un révolutionnaire sans souffle qui ne cherche que la publicité personnelle. Bravo, inspecteur.

    De façon moins humoristique, j’espère que tu n’es pas sérieux en écrivant de pareilles inanités, à commencer par ce que tu me fais dire des éditeurs qui est mille lieues de ce que je pense, et que je m’échine d’ailleurs à répéter sur ce blog (que tu lis pourtant malgré son épouvantable stupidité).

    Je mets ces saillies fâcheuses et inusuelles sur le compte d’une mauvaise digestion.

  10. Ahah… Neil c’est le schizophrène à la fois auteur qui déteste les éditeurs et éditeur qui déteste les auteurs…
    Comme quoi avec le même contenu sous les yeux on peut ne pas lire le même texte, parce que j’ai pas lu l’article qu’à lu Falstaf mais je suis sûr que l’auteur est un con (contrairement à celui de l’article que j’ai lu ci-dessus)

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