La Littérature sur le Ring

« La littérature est un sport de combat autant qu’un des grands plaisirs de l’existence », dit la quatrième de couverture du beau Manuel d’écriture et de survie de Martin Page. Nous vivons une époque où les auteurs luttent littéralement pour leur subsistance — une époque importante, car elle vient avec son lot de mutations — et où nous devons nous réinventer pour mieux toucher ceux qui nous lisent. Rarement la notion de combat n’aura été si prégnante, pourtant je refuse d’employer le mot guerre, car ce serait désigner un ennemi. L’ennemi dort aussi (pas seulement) en nous. C’est notre faculté, ou non, à mettre pour un temps de côté la création telle que l’avaient connue Proust, Flaubert, Rabelais et Homère — et que nous ne connaîtrons plus jamais —, et à nous tourner vers les défis du XXIe siècle. Le combat est aussi un sport littéraire et nous avons du pain sur la planche. Heureusement qu’internet est un beau plongeoir, et le berceau de toutes les expérimentations contemporaines.

Ce week-end, en compagnie de plusieurs confrères aussi talentueux qu’inconscients — Nicolas Ancion, Robert Klages, Nicoletta GrilloNikita AfanasjewPatrick WEH Weiland et Amélie Vrla pour ne citer qu’eux — et à l’initiative de l’association berlinoise Un Zèbre sur la Langue, je monterai dans la Ring-Bahn (un train roulant à ciel ouvert et qui fait le tour de Berlin en une heure) pour le défi La Littérature sur le Ring. Ce marathon littéraire consiste à produire un texte en direct, accessible en temps réel sur internet pour les lecteurs du monde entier, le tout en 24 heures non-stop et en mouvement dans un wagon.

Bien sûr, il y aura des pauses — ne serait-ce que pour satisfaire aux exigences de Mère Nature —, quelques arrêts et sans doute des réconforts gastronomiques sur le chemin, mais vous avez l’idée. Hier, je me suis rendu dans la boutique de mon opérateur local et j’ai fait l’achat d’une carte SIM prépayée me permettant, normalement, de rester connecté pendant 4 jours via la 3G, que je couplerai à une petite brique wifi Huawei sur batterie que je garderai dans mon sac à dos. Ainsi, vous pourrez en temps réel suivre l’histoire que j’écrirai, ainsi bien sûr que celles de mes compagnons de voyage (vous trouverez les informations sur le site du défi).

Pour ma part et après quelques tests, j’utiliserai le service Google Docs (sous le navigateur Chrome) pour pourvoir éditer le texte tout en permettant aux internautes d’en suivre l’élaboration online. L’intérêt est que même en cas de déconnexion, de perte de signal ou de panne de wifi, je pourrai continuer de compléter le texte hors-ligne le temps de retrouver une connexion.

Pour ce qui est de l’aspect participatif — celui où vous, lecteurs, intervenez —, je vous invite bien sûr à me suivre sur Twitter où je resterai à l’écoute de vos remarques, suggestions sur le texte, petites blagues et mots d’encouragement. Je ne pense pas y rester connecté toute la journée, seulement par visites de temps en temps parce que j’ai besoin de consacrer l’essentiel de ma 3G au texte et que j’ai peur que le flux Twitter, avec son lot d’images, ne pèse trop sur le décompte global de datas, mais j’ai pensé à une autre solution beaucoup moins gourmande : le service de tchat Ninjacat.im. C’est un petite site très basique, ambiance IRC old school, qui permet aux participants anonymes de converser dans une salle dédiée : il suffit de se choisir un pseudo, puis d’entrer le nom de la salle de discussion : ringbahn. J’y resterai connecté, je l’espère, toute la journée, peut-être avec d’autres auteurs. N’hésitez pas à nous rejoindre.

En résumé :

  • Le défi commence samedi 7 février 2015 à 12h et se termine le dimanche 8 février à 12h.
  • Vous pourrez lire le texte au fil de l’eau à cette adresse.
  • Si vous avez envie de discuter avec moi pendant le défi, utilisez Twitter ou mieux, Ninjacat (salle de discussion : « ringbahn »). Les Hangouts de Google Docs devraient aussi fonctionner, mais ils nécessitent d’avoir un compte Google.
  • Nous ferons peut-être quelques apparitions sur Youtube, mais rien n’est encore sûr : nous vous tiendrons au courant.

Quant au texte que j’écrirai… il s’agira de science-fiction robotique. J’ai déjà écrit quelques lignes pour me lancer et je viens d’avoir une inspiration soudaine quant au thème, ce qui fait que je me lance dans le défi un peu plus confiant que les jours précédents. J’espère que vous viendrez nous faire coucou, en vrai ou virtuellement 🙂

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