#29 | Wonderland

 

Révolutions, dictatures et absurde, des thèmes chers à Kafka, à Orwell, à Bradbury et, dans une mesure bien plus modeste, qui m’intriguent beaucoup aussi. Il y eut un temps où ces histoires de pouvoir politique et de résistance m’obsédaient, et même si aujourd’hui, j’aimerais beaucoup aller visiter la Corée de Nord, j’ai trouvé depuis d’autres terrains de jeux. Mais comme je vais vous l’expliquer juste après, cette nouvelle a une histoire spéciale.

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Couverture : Roxane Lecomte

Je vous présente Wonderland, la 29ème nouvelle du Projet Bradbury. Quelques mots pour vous la présenter :

La colère gronde au sein de la petite République démocratique du Gradistan : une fièvre révolutionnaire s’est emparée des masses, et c’est une foule furieuse qui se presse contre les grilles du palais présidentiel pour mettre à la porte le vieux dictateur, qui règne d’une main de fer sur le pays depuis trop longtemps. À l’intérieur, les dignitaires du régime cherchent une solution pour échapper à la vindicte. Mais les plus prévoyants ne sont pas toujours ceux que l’on imagine.

 Wonderland est l’exemple typique du texte dont l’idée me trotte en tête depuis des années ; pour être exact, depuis environ douze ans, date à laquelle je suis sorti de l’école de cinéma avec la ferme intention de devenir scénariste professionnel.

Ainsi, la nouvelle que je vous présente aujourd’hui avait à la base été rédigée sous forme de scénario, qui avait été confié à un ami réalisateur pour être tourné en un court-métrage. Les aléas de l’audiovisuel étant ce qu’ils sont, le projet ne s’est pas fait (sans doute un peu trop ambitieux question figuration) et le scénario est resté au fond d’un tiroir si longtemps que malgré mes efforts, je n’ai pas réussi à mettre la main dessus. Néanmoins, la trame est assez simple : volonté de court-métrage oblige, le décor est presque unique dans le texte (il l’était dans le script, afin d’en diminuer les coûts), raconté en une unité de temps et les personnages peu nombreux. Je me suis autorisé quelques digressions entre cette version et la première mouture, avec une certaine jouissance dois-je dire, puisqu’il n’est pas question de budget décoration en littérature.

Je suis au final assez content de m’être libéré de cette idée, de l’avoir expulsée de ma tête. Des mondes vivent en nous sans que nous puissions leur montrer la porte de sortie, et le Projet Bradbury est aussi pour moi l’occasion de régler des affaires laissées longtemps en suspens, de faire exister les projets qui n’ont pas eu la chance de voir le jour sous une autre forme. En cela, c’est une liberté extrême, incomparable : le cinéma est si contraignant. Mais qui sait ? Un jour, un réalisateur de court-métrages tombera peut-être sur ce texte, aura envie de l’adapter… et la boucle sera bouclée. Si jamais je remets un jour la main sur le script, je vous le ferai partager. Il n’y a sans doute pas beaucoup de fierté à en tirer, j’étais âgé d’une vingtaine d’années et j’écrivais pas mal de théâtre à l’époque, mais j’imagine qu’on pourra se payer une bonne tranche de rigolade.

Wonderland est, comme d’habitude, disponible au prix de 0,99€ chez KoboSmashwords, Apple, Amazon et Youscribe. Vous pouvez aussi (et surtout) vous abonner à l’intégralité des nouvelles pour 40€ en devenant mécène du Projet Bradbury et soutenir le jeune écrivain que je suis. Vous pouvez également utiliser Flattr juste après cet article, dans l’encart “Soutenir le Projet Bradbury”.

Excellentes lectures à vous tous !