Kindergarten : Projet Bradbury #09

 

La semaine est passée à une vitesse folle, si bien qu’il me semble qu’hier encore, je vous proposais de télécharger gratuitement Face à l’étoile, la 8ème nouvelle du Projet Bradbury… et nous voilà déjà vendredi, jour de sortie. Et bien soit, puisqu’il en est ainsi, vous l’aurez voulu : je vous présente Kindergarten, la 9ème nouvelle du Projet Bradbury, dont la couverture est une fois de plus signée Roxane Lecomte (on ne s’en lassera jamais).

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De quoi ça cause ? Le résumé en quelques mots.

Dieter est un adulte que les enfants adorent. Chaque jour, les pensionnaires du jardin d’enfants se pressent autour de l’éducateur pour recevoir consolation et encouragement. Mais Dieter est aussi un adulte un peu spécial qui voit des choses que les autres n’imaginent pas. De plus, l’endroit sur lequel la garderie a été construite est rempli de mauvais souvenirs et de fantômes. Pas étonnant donc que les autres employés le prennent pour un dangereux fou.

Cela fait presque deux ans jour pour jour que j’ai quitté Paris pour venir habiter à Berlin. Ma chère et tendre ayant eu la bonne idée de trouver un emploi ici et mon activité pouvant être indifféremment exercée d’un côté ou de l’autre de la frontière (dans le monde entier en gros, et même sans électricité si j’ai un bon carnet et un stock de stylos), nous avons décidé de laisser nos habitudes de côté et de commencer, à l’aube de nos trente ans, une nouvelle vie dans une nouvelle ville. Comme je n’avais encore pas situé de texte dans mon nouveau chez-moi (sauf un roman en cours de correction, mais dont je parle ici pour la première fois et qui ne verra pas le jour avant quelques mois), j’ai pensé qu’il fallait remédier à cette lacune. Ainsi, l’action de Kindergarten (“jardin d’enfants” en allemand) se déroule dans la capitale allemande.

Berlin est une ville fascinante. Je ne dis pas ça parce que j’y habite. Mais quand même. Elle est fascinante dans le sens qu’elle ne se laisse pas découvrir comme peut le faire Paris, où j’ai habité durant dix ans. J’ai coutume d’expliquer, quand on me demande ce que ça fait de vivre ici, que Paris dévoile ses charmes au tout venant. Il suffit de se poser quelques instants sur le Pont des Arts et d’effectuer un tour sur soi-même pour en prendre plein les mirettes : le Louvre, Notre-Dame, le Grand-Palais, la Tour Eiffel, la Seine et ses bateaux-mouches, j’en passe. La première chose qui frappe quand on débarque à Berlin, c’est à quel point la ville paraît antipathique de prime abord. Les bâtiments, rectangulaires et gris, étalent leur masse entre les grues des chantiers et les avenues gigantesques où roulent à toute vitesse les berlines enfiévrées. Contrairement à Paris, je ne crois pas avoir vu plus de dix scooters en deux ans : c’est beaucoup trop dangereux pour les deux roues (en revanche, cette ville est très “vélo-friendly” et les pistes cyclables sont légion). Sous le ciel lourd et venteux (je suis arrivé au mois de novembre, quelques semaines avant les premières neiges, en été c’est vraiment très chouette), il n’a pas été tout de suite facile de se faire à l’idée que Berlin était l’eldorado promis par les hipsters, artistes et autres startupeurs du monde entier.

À l’inverse de Paris, Berlin est une ville qu’il faut découvrir. Il faut bien dire qu’entre la seconde guerre mondiale, l’occupation russe et la réunification, Berlin n’a pas eu le temps de beaucoup s’installer : la moitié de la ville a été rasée en 1945. Il a fallu reconstruire, ou quelquefois laisser tel quel (les vestiges de l’Église du souvenir et de l’ancienne gare Anhalter témoignent de la violence des bombardements… oui, Berlin est une ville idéale pour les amateurs d’architecture abandonnée), et ensuite re-raser pour construire le Mur. Puis, lorsque le rideau de fer est tombé et que l’Allemagne fut réunifiée, il a fallu re-reconstruire. De fait, quand on se balade en ville, le nombre de chantiers ouverts est assez impressionnant : la ville se construit sans cesse. Et quand je dis sans cesse, je ne plaisante pas. Cette ville est en travaux perpétuellement. Avouez, ça fait envie, hein ? Rassurez-vous, ce n’est pas fini.

Berlin est une ville fascinante pour la bonne et simple raison qu’elle ne se laisse pas découvrir facilement : il faut se promener dans les rues, entrer dans les arrière-cours, lire les plaques témoignant d’un évènement historique, se renseigner sur l’histoire d’une place en apparence banale. Ici, l’histoire est cachée. Mieux, elle est quelquefois en négatif (un large terrain laissé vide, couvert de cailloux sur lesquels rien ne pousse, pour témoigner de l’emplacement de l’ancien siège de la Gestapo, par exemple, même chose pour certaines portions du Mur). Il faut s’intéresser aux lieux, les écouter chuchoter. La ville cache des monstres, bien sûr, et elle est hantée de mauvais souvenirs. Mais elle est gonflée d’une énergie débordante, celle qui la pousse à se reconstruire sans cesse.

C’est justement cet aspect caché que j’ai voulu mettre en exergue dans Kindergarten. Vous le découvrirez assez vite, l’endroit sur lequel est bâti le jardin d’enfants peut paraître extrêmement banal de prime abord mais recèle un secret absolument dingue. Il fait partie de ces endroits où l’Histoire, la grande, ne s’offre pas au premier regard : elle se découvre dans un livre (aucune plaque n’indique ce dont il s’agit) ou au détour d’une visite guidée. Au fait, ce jardin d’enfants existe bel et bien. En voici la photo, prise par votre serviteur :

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Intrigant, n’est-ce pas ? Voilà typiquement un endroit d’apparence parfaitement quelconque, où pourtant s’est déroulé un évènement historique capital et mondialement connu. Je ne serais pas rassuré de devoir laisser jouer mes enfants ici, considérant ma capacité à imaginer des évènements paranormaux un peu partout. Je déconseille d’ailleurs la visite aux médiums et autres amateurs de fantômes : ils pourraient y laisser des plumes. Rassurez-vous, je révèle le fin mot de l’histoire dans la nouvelle. Et non, ça ne fait même pas peur (enfin pas trop).

Kindergarten est disponible à la vente chez AmazonSmashwordsKobo, et dans quelques heures/jours sur l’iBookstore d’Apple, au prix de 0,99€.

Vous pouvez vous abonner à l’intégralité des nouvelles du Projet Bradbury. Vous aurez ainsi accès à toutes les textes écrits et à venir, à des nouvelles bonus et à quelque surprises que je réserve aux abonnés. Bien sûr, c’est aussi une occasion de soutenir l’initiative et de soutenir et d’encourager le jeune écrivain que je suis.

Je vous souhaite une excellente lecture !