Joyeux Noël : le Projet Bradbury est à moitié prix

Vous la sentez, cette odeur de conifère coupé, de bougies allumées, de papier cadeau tout neuf — le pauvre ne sait pas encore le sort qui l’attend au matin du 25 décembre, laissez-lui donc ses illusions —,  de vin chaud, de bûche glacée et de grands magasins surpeuplés ? Je ne vous apprendrai rien, Noël arrive et avec lui son cortège de cadeaux, de célébrations, de solitudes exacerbées et de repas arrosés.

À cette occasion (enfin, c’est juste l’occasion de le clamer, parce que cette idée me trottait dans la tête depuis un petit moment déjà), j’ai la joie de vous annoncer que les 4 intégrales de mon Projet Bradbury subissent une baisse de prix drastique : de 9.99€, elles passent désormais à 4.99€ l’unité. Oui oui, moitié moins cher, c’est bien ça. Et vous qui disiez vouloir lire plus de nouvelles, vous allez être servis : c’est une bonne occasion de remplir votre liseuse, votre tablette ou le disque dur de votre ordinateur à moindre frais, d’autant que ces ebooks sont en Creative Commons et que vous pourrez en faire quelques copies pour vos familles et amis. C’est aussi la possibilité de soutenir financièrement un auteur indépendant.

Les intégrales du Projet Bradbury sont trouvables sur :

integrales

Alors bien sûr, j’aurais pu vous la jouer « baisse de prix exceptionnelle ». Branle-bas de combat, faites sonner les cornes de brume, brandissez les mégaphones, la promotion du siècle est arrivée, et vous savez quoi : « elle n’est bien entendu que TEMPORAIRE ». Je ne vous ferai pas cet affront. J’entends les sirènes du marketing : elles répètent à longueur de journée que les lecteurs sont avides de promotions, qu’elles engendrent des ventes supplémentaires, et c’est évident puisque nous aimons tous faire des économies : regardez le succès des opérations 50K ou 100K de Bragelonne, et de tant d’autres éditeurs et auteurs indépendants. Notre nature d’homo consommatus nous incite à guetter ces affaires, et à nous jeter dessus quand elles arrivent telles des bêtes affamées.

Je ne suis pas forcément fan de ce genre de procédés.

D’une part, ces promotions temporaires nous paraissent quelquefois agréables pour de mauvaises raisons, à savoir des raisons de consommation pure : acheter moins cher quelque chose qu’on aurait eu plus cher en temps normal… quel que ce soit ce quelque chose. Traduction : j’achète des choses que je ne lirai peut-être jamais (ce qui me fait penser que je n’ai jamais lu les deux romans achetés chez Bragelonne il y a fort longtemps lors d’une de leurs premières opérations). C’est moins la littérature qui compte que l’économie de la littérature — et ce n’est pas une mauvaise chose en soi, puisque certains livres peuvent ainsi être découverts et peuvent créer de bonnes surprises… Ce n’est juste pas mon truc, j’ai l’impression d’être une oie qui attend le bec ouvert qu’on la gave jusqu’à la mort.

D’autre part, je n’aime pas qu’on s’adresse à mes pulsions (en l’occurrence, mes pulsions de consommateur) plutôt qu’à mon intelligence. Aujourd’hui, tout ou presque nous parle en termes pulsionnels. On s’adresse au ventre plutôt qu’à la tête : achetez avant qu’il soit trop tard, achetez si vous voulez être beau, achetez si vous voulez mourir moins vite, achetez si vous voulez être heureux, etc. Visionnez n’importe quelle pub : ce n’est pas à l’intelligence qu’on parle, mais à la peur, à la faim, à l’avidité. La politique utilise désormais les mêmes ressorts dramatiques. En mettant une date de fin à ma petite promotion, je participerais à ce système, à ma petite échelle certes, et puis quoi, tout le monde s’en fout, non, tout le monde le fait, pourquoi tu t’embêtes… mais non, justement, ce n’est pas envisageable.

Cette promotion n’a pas de limite dans le temps. Vous êtes libre d’en profiter aujourd’hui, dans six mois, dans un an. Pas de stress. Elle sera toujours là. Peut-être même que si vous attendez encore un an, les prix baisseront encore, qu’en sais-je ? Maintenant que les primo-abonnés ont eu la possibilité de découvrir le Projet Bradbury dans son entièreté, il est temps de l’ouvrir à un plus grand nombre de lecteurs — au plus grand nombre, si possible. Mais je n’utiliserai pas les sirènes du marketing pulsionnel pour vous faire avaler mes couleuvres — qui existent bel et bien, au demeurant, car nous en créons tous.

Quoi, je sur-intellectualise ? Holala, comme vous y allez. Je sais bien, mais c’est aussi pour ça que vous aimez lire mon blog, non, petits coquins que vous êtes ?

Allez, bonne lecture.