Internet, il faut qu’on parle. Je crois que tu as un problème.

Internet, il faut qu’on parle. Je crois que tu as un problème. Un problème de colère.

Je ne suis pas contre la colère en soi. Ce serait un peu idiot d’être contre la colère, ce serait un peu comme être contre les vagues dans la mer, contre les tempêtes, contre la mort. La colère est un sentiment inévitable et l’éprouver est naturel. On parle même parfois de « saine colère », prenant pour postulat que la colère est un sentiment qu’on ne peut pas encourager, mais qu’il est parfois impossible de l’éviter quand on veut atteindre certains résultats. C’est de la colère effective, efficace. Blake lui-même, dans ses Proverbes du Ciel et de l’Enfer, dit que : « Les tigres de la colère sont plus sages que les chevaux de l’instruction. » Comme j’aime beaucoup Blake, j’ai tendance à lui faire confiance. Mais Blake n’avait pas entendu parler de Twitter, de Facebook ou de Tumblr — pour cause, le type en mort en 1827 (hou, le has been) —, et il se contentait de peindre, de graver et d’écrire des poèmes beaux à en mourir. Mais ce n’est pas le sujet.

Ressentir de la colère, c’est faire preuve d’humanité dans tout ce que ce terme recouvre de faillibilité, de faiblesse, de force aussi parce qu’il en faut un peu pour être en colère, quand même. Mais la colère est une arme à double tranchant, qui peut se révéler parfois sans effet, voire contre-productive. Déjà, c’est une arme tout court. C’est quelque chose qu’on emploie, comme la violence, en tout dernier ressort, quand le reste a échoué, que les mots de conciliation se sont heurtés à un mur. La colère, c’est quelque chose qui s’additionne. Ce n’est pas — ce ne devrait pas être — une position par défaut, l’attitude de base à adopter, le point zéro de notre caractère, notre réglage d’usine. Pourtant…

Où que je regarde, quoi que je lise sur internet, la colère est là : sur les murs Facebook, dans les flux Twitter, bien sûr, mais aussi dans les sections de commentaires des articles de presse, sur les forums et sur les blogs… Note bien, internet, que je ne désigne personne d’un index qui serait aussi grossier qu’inquisiteur. Je ne désigne personne parce que, de fait, personne n’est épargné par la colère : les végans sont autant en colère que les carnistes, les pro-techno autant en colère que les luddites, les féministes autant en colère que les misogynes, les anarchistes autant en colère que les conservateurs. Il n’y a pas vraiment de hiérarchie : tout le monde est en colère. C’est devenu la posture de base, le niveau zéro de la discussion — discussion qui commence bien souvent par un post du style : « Hé, regardez ce que l’autre abruti a encore posté » — histoire de s’échauffer. Et je ne me place pas au-dessus de la mêlée. Je l’ai fait, et je le fais toujours. J’ai juste fini par le conscientiser. Et ce que j’ai vu ne m’a pas plu. Pire, ça m’a fait peur.

Je ne parlerai pas du bien-fondé de la colère de telle ou telle personne. Ça ne m’intéresse pas vraiment et c’est précisément quand on essaie d’établir des hiérarchies dans les colères que le débat s’envenime. Ce que je sais, c’est seulement que tout le monde est en colère. Et qu’à force, internet, tu vas non seulement en faire un ulcère, mais tu vas dévaluer le sentiment de colère : puisque tout génère de manière égale ce sentiment si rare et puissant en temps normal, puisque tout met en colère, alors rien n’est vraiment important, ou alors rien n’est suffisamment important pour qu’il sorte de la mêlée. Il y a des exceptions. La photo tragique d’un enfant suffit parfois à enflammer les cœurs — de colère, oui, il y en aura toujours, mais surtout de compassion : quand je vois les élans concrets de solidarité se multiplier ici, à Berlin, je sais que j’ai raison de croire dans la bonté intrinsèque de l’être humain. Mais ces pics d’empathie demeurent des exceptions. La plupart du temps, nous baignons dans une mare de colère stagnante.

Et c’est à dessein que je fais le parallèle avec une mare d’eau croupie. Parce que la colère, quand on s’y baigne trop longtemps, finit par vous coller à la peau. Elle devient partie intégrante de soi, elle fait corps avec le caractère. On devient « en colère », peu importe contre quoi, contre qui, c’est un état de fait qu’on retrouve parfois même dans les biographies des internautes sur twitter, comme si un sentiment aussi violent et aussi rare pouvait soudain ne faire qu’un avec une personnalité entière. Ça me semble incroyable.

Ce que je crois, en revanche, c’est que les réseaux sociaux sont des leviers d’addiction puissants pour notre système nerveux et endocrinien. La colère, le stress, libèrent des substances dans notre colère — l’adrénaline par exemple — qui font qu’à lire le dernier statut Facebook de quelqu’un dont on ne partage pas l’opinion, on sent son souffle s’empeser, se raccourcir, un poids appuyer sur sa poitrine, des fourmillements dans les doigts. Si on pouvait se voir au même moment, on verrait sans doute que nos pupilles se dilatent, que notre température corporelle augmente légèrement. C’est une réaction parfaitement naturelle, que nous finissons par éprouver à répétition si l’on passe trop longtemps à lire des avis contraires aux siens. Pour lutter contre ces emballements, notre corps compense en libérant des hormones vouées à nous calmer, à nous bercer. Vous avez compris l’idée. Tout comme on sait aujourd’hui que pour les mêmes raisons le porno rend addict, nous sommes devenus dépendants de la colère. La colère nous fait nous sentir vivants. Nous éprouvons soudain des sensations. Dans un monde endormi, anesthésié, c’est la seule manière de nous rappeler que nous sommes encore en vie.

Le problème, c’est que cette colère reste à l’état de colère. Elle ne s’extériorise, ne se concrétise en action, presque jamais. La plupart d’entre nous se contente de passer d’un sujet de colère à l’autre, sans que l’objet ait réellement une quelconque forme d’importance. C’est le sentiment qui compte, c’est aussi par lui que nous nous définissons, que nous révélons aux autres notre identité numérique. Plutôt que par nos joies, c’est désormais par nos colères que nous peignons notre portrait.

Si ces colères changeaient les choses, je serais sans doute arrivé à une autre conclusion. Mais en l’état, je vois surtout des opinions confortées, des étiquettes confortablement collées sur telle ou telle frange de la population et des fossés qui se creusent. On construit des camps, on labellise l’individu — parce que c’est plus pratique d’avoir des camps quand on veut faire la guerre, bien sûr. Plutôt que d’ériger l’empathie en règle de vie, d’essayer de comprendre l’autre, on préfère l’affronter en s’imaginant renforcer notre camp. En réalité, dans l’affrontement, les deux camps se renforcent de manière égale. Seule la distance entre eux grandit de façon exponentielle.

Je ne dis pas qu’il faut éradiquer la colère des réseaux. On le voudrait qu’on ne le pourrait pas. Je pense de plus en plus que la colère n’est pas engendrée par les réseaux — l’infrastructure en somme. Je pense que la colère est un caractère intrinsèque, idiosyncratique, des réseaux : c’est au contact des réseaux que l’individu contracte la colère comme une maladie contagieuse. J’ai vu dans mon cercle des personnes auparavant épargnées par ce fléau être gagnées par la colère, comme un feu dévorant qui s’étendrait à tout le quartier. Je dis seulement que cette colère est une arme, et qu’à l’instar des autres armes elle doit être utilisée en dernier recours, comme une solution aussi radicale que définitive. Elle doit être utilisée comme voie vers l’action. Pas comme une dose de drogue qu’on s’injecte uniquement pour planer l’espace de quelques minutes — sans comprendre qu’on ne fait qu’aggraver le problème global.

J’ai décidé de supprimer les applications de réseaux sociaux de mon smartphone. Je fais de mon mieux pour m’attarder sur la beauté, sur l’éphémère, sur l’instantané qui fuit quand on ne le regarde pas. C’est difficile, parce que ça fait appel à autre chose qu’aux tripes. Mais c’est aussi le seul moyen que j’ai trouvé pour ne pas définitivement perdre la raison.

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10 pensées sur “Internet, il faut qu’on parle. Je crois que tu as un problème.”

  1. Bonjour !

    J’ai lu cet article dès que je l’ai vu passer, parce que j’étais mitigée sur vos/tes tweets de ces derniers jours. L’introduction m’indique que nous sommes presque exactement du même avis sur la nature de la colère.

    Mais elle n’est pas une arme.
    Elle est juste une émotion. Un tas de produits chimiques libérés par une partie spécifique du cerveau. Je ne suis même pas certaine qu’extraire ces produits chimiques et les jeter sur aux yeux de quelqu’un puisse le blesser (il faudrait que j’étudie ça.)
    Un poing est une arme. Une voix est une arme. Un tweet est une arme. Un statut Facebook est une arme.
    Mettre son poing dans la figure de quelqu’un est une violence. Crier sur quelqu’un est une violence. Poster un tweet incitant à harceler quelqu’un est une violence. Poster un statut expliquant pourquoi telle catégorie d’individus doit mourir est une violence.
    Et oui, le point de départ de tout ça, c’est la colère, mais si « être en colère » induit ces comportements, facilite le recours à la violence, « être en colère » n’est pas, en soi, une violence.

    La colère est le signal que nous sommes confrontés à quelque chose qui ne nous convient pas, qui n’est pas ce que nous avons appris à considérer comme juste. Ce qui les réseaux font, c’est mettre en lumière l’injuste, diffuser l’injuste, foisonner l’injuste, et même générer une petite couche d’injuste en plus sur l’injuste. Je ne peux pas mettre quelqu’un en colère en lui disant « je suis en colère ! » ; au contraire, je vais l’inciter à me calmer, ou à ne pas m’écouter. Je peux le mettre en colère en lui montrant de l’injuste qui lui parle, et le réseau est un formidable outil pour ça.

    Le réseau social, quel qu’il soit, met en lumière l’injustice, mais il est strictement incapable d’offrir des solutions. On ne répare pas une injustice en continuant d’en parler. (Sauf si l’injustice était le fait qu’on ne parle pas de quelque chose, mais ça s’arrête rarement là, avouons-le.) Et pour ce qui est des actions envisageables au travers du réseau… Disons que « signer une pétition pas trop stupide » est la moins pire de toutes. Je précise pas trop stupide parce que bon, les pétitions type « signez pour que telle personne s’excuse d’être au centre d’une tempête de merde socialréseautique pour des raisons parfaitement insignifiantes qui ont pour racine la culture à laquelle elle appartient plutôt que des choix de vie personnels » me laissent triste.

    Hélas. Hélas ! Signer une pétition pas trop stupide est devenu si facile. L’action facile et histrionique du réseau social a effacé presque complètement le soulèvement réel. Et, alors que participer au réseau est bien plus facile, on dirait que les responsables le prennent autant au sérieux que l’action réelle.
    Je ne sais plus à qui j’avais sorti ma comparaison avec « manifester devant la mairie ». Une manifestation de cent personnes devant une mairie est le signe d’un problème particulièrement pris à cœur, parce qu’il a fallu se lever, s’habiller, peindre des pancartes et s’organiser pour se retrouver là. Cent retweets ne sont pas *rien* mais sont moins significatifs que ces cent personnes devant la mairie parce qu’ils ont demandé moins d’efforts (qui se pose encore la question de la gêne occasionnée pour ses followers avant de retweeter ?).
    N’était-ce pas vous/toi qui aviez/ais indiqué dans un article, suite à une audition au parlement européen (?) que les politiques étaient effrayés par les manifestations du réseau ? Je me demandais à l’époque s’ils et elles se rendaient compte que cent personnes sur une page, ce n’est pas cent personnes devant leur bureau, et que ce ne sera jamais cent personnes devant leur bureau.
    Je dérive totalement, je suis désolée, je vais continuer de dériver.
    Je crois que c’est un marronnier dans votre/ta réflexion, le problème de l’injustice et de l’action ? Je me souviens d’un tweet demandant comment faire pour transposer l’action hors du réseau ? Je ne me souviens pas très bien, pardon.
    (Oh, je suis désolée de citer des vieux tweets/articles. A la relecture, ça parait peu sympathique, comme si j’attaquais des vieux propos pour servir le mien. Ce n’est pas mon but, j’essaie simplement de rebondir dans un sens qui a des chances de faire écho).

    Bref. En fait, je suis d’accord sur la plupart des points. Notamment, que le réseau, qui partage de l’injuste et propage ainsi la colère entre ses participants, qui n’offre en réponse à l’injustice, en soulagement à la colère, quasiment que des moyens d’action revenant au harcèlement et à l’incitation à la haine, est devenu en grande partie un outil malsain pour l’action militante.
    Si vous/tu le permettez/ets, je m’en vais faire un peu de 3615MAVIE dans le but d’expliquer d’autres trucs. Désolée.
    [3615MAVIE]J’ai cru remarquer que beaucoup de gens gèrent très mal leur colère. Je me souviens d’avoir été, enfant et adolescente, découragée d’exprimer ma colère, au prétexte qu’elle n’intéressait pas mes parents. Je me suis retrouvée à quitter volontairement le foyer pour marcher, mettre des coups de pieds dans des mottes de terre (la campagne, ça vous gagne) et la laisser s’évaporer, comme si le problème était d’éprouver la colère et non la raison pour laquelle la colère était apparue en premier lieu.
    C’est la raison pour laquelle je haussais le sourcil sur les tweets ayant amené à cet article, sans oser répondre, parce que je sentais leur réflexion tronquée et que j’attendais mieux d’un Neil Jomunsi (l’article me prouve que j’avais raison d’attendre au lieu de sauter directement sur l’un de ces tweets pour tenter de défendre mon point de vue en 140 caractères. Ce commentaire interminable prouvant lui-même que la forme courte n’est pas mon fort) : je suis sensible à l’idée de suppression des émotions, parce que supprimer les miennes ne m’a mené qu’à l’absence de contrôle. J’ai largué la suppression pour le contrôle, et je m’en sens beaucoup mieux. J’ai gardé la capacité d’éprouver de la colère. Mais, dans la mesure du possible, je tente de l’utiliser comme un aiguillon pour m’encourager à faire ce qui est juste, raisonnable, et faisable. Je ne réussis pas toujours.
    J’ai fait face à un directeur de lycée qui me disait qu’il ne signalait pas les cas d’enfants régulièrement frappés, régulièrement marqués, parce que frapper ses enfants était culturel pour les parents d’élèves. J’ai tenté de lui expliquer que ce point de vue me semblait dangereux, raciste, et lâche (pas dans ces termes). Ça n’a pas fonctionné. Mes élèves concernés se sont braqués, le directeur s’est braqué, je me suis retrouvée avec trop peu d’éléments pour pouvoir mettre en marche l’assistance sociale.
    J’ai vu passer une pétition qui demandait à un site web de cesser de promouvoir le viol par surprise, et des retweets dégoûtés. J’ai attrapé mon Legifrance, j’ai trouvé deux articles qui indiquaient qu’éventuellement, en faisant la promotion d’un crime sexuel, les éditeurs du site s’exposaient à des sanctions, j’ai rédigé un mail dans mon plus beau français leur indiquant qu’ils avaient tout à gagner et rien à perdre en rectifiant leur publication. C

  2. Non ! Je… Je suis dégoûtée. Je n’ai aucune idée de la touche de mon clavier que j’ai frappée par erreur pour que le commentaire s’affiche avant que j’aie eu fini de le rédiger. Je. J’ai honte. Beaucoup. Rhâ. J’écrivais au fil de la plume et j’aurais probablement effacé et corrigé des choses. Je suis navrée du torchon.

    Conclusion rapide de l’affreux commentaire du dessus : déchaîner sa colère, c’est certes pas bien, mais reconnaître que sa colère est un signal, ce n’est pas une mauvaise idée ; réfléchir avant d’agir, colère ou pas, c’est un dicton populaire qui a toujours du sens sympa.

    Je vais à présent préparer une tarte à l’oignon pour pallier à l’humiliation d’avoir posté un commentaire complètement brouillon par erreur.

    Et je tiens à repréciser que je suis globalement d’accord avec l’article.

  3. @now@n : Je n’ai pas trouvé ce long commentaire brouillon, je l’ai trouvé très intéressant. Je crois l’avoir dit dans l’article, mais je partage ton point de vue sur la colère comme point de départ de l’action (c’est même le principal intérêt de la colère). Ce qui me gêne, c’est la colère comme alpha et omega, comme réglage par défaut, qui saute d’un sujet à l’autre — c’est de l’onanisme. Je suis, comme souvent, d’accord avec Blake : la « juste colère » qui tire « la charrue » de l’action. La colère est une énergie, mais comme toute énergie, elle est stérile si on ne l’emploie pas à quelque chose.

  4. Et du même coup j’ai oublié de répondre à tout l’aspect « addiction à la colère » de l’article.
    Je retourne préparer ma tarte.
    Vite.

  5. J’allais commenter sur la page FaceBook de Neil mais j’apprends en fin d’article qu’il va moins la consulter, voire plus du tout (?) alors je réponds ici.

    Internet (en particulier, les réseaux sociaux et les forums) nous noie dans la masse d’une flopée de gens qu’on croise et qu’on ne verra plus. Il nous rend anonyme, libre et pour certains, ça nous permet de se lâcher afin de faire retomber la pression de leur quotidien.

    Sans compter qu’Internet permet à certains de s’adonner à leur grande passion : le troll.

    Et sans compter ceux qui, sur FaceBook (je prend un exemple), crachent sur la page d’une marque par exemple alors qu’ils n’en consomment aucun produit. Cracher sur la page où on est obligé de cliquer sur « j’aime », je trouve ça quelque peu débile…

    Je trouve ça déplorable comme comportement, mais ça reflète assez bien l’idée que je me fais de nos sociétés modernes.

    A ceux qui pratiquent ce genre de « sport » sur le web, j’ai juste envie de dire ceci : vous perdez votre temps à chercher à vouloir vous illustrer. Ce que vous dites sera oublié le lendemain ou le jour même parce qu’Internet va vite et les réseaux sociaux qui gravitent autour encore plus vite. Pétez un coup, rigolez, LISEZ au lieu de taper vos textes illisibles en langage SMS bourrés de fôtes dor taugraffes.

    Vous voulez de la lecture pour rigoler un bon coup ?

    Prenez-vous l’intégrale de Jésus contre Hitler et ECLATEZ-VOUS !!!

  6. Article et commentaires fort intéressants ! Si, si !
    Il me semble que c’est Stéphane Hessel qui demander à la nouvelle génération de s’indigner. La colère doit mener à l’indignation, et à l’engagement, pas à la résignation.
    La colère trollesque ou anti-truc/machin, ça n’est pas nouveau. Il faut pouvoir savoir canaliser la colère, pourquoi on s’indigne et comment peut on s’engager, signer de spétitions bidons, aimer, partager et retweeter des messages coléreux et ravageurs est certes une façon d’approuver le discours mais est-ce suffisant ?
    Et c’est pas compliqué de s’engager, c’est pas une honte d’être militant, de défendre des idées.

  7. Votre article est juste et pertinent.

    Un court poème de circonstance :

    COLÈRE

    En moi tu croîs
    Petite pousse de colère
    Sur ton limon d’amertumes.

    Et plus je te couve, plus tu me consumes !

    Guillaume Riou

  8. J’ai partagé cet article sur ma page Facebook perso et il a eu grand succès.
    Il m’a permis d’échanger à ce propos avec certains de mes amis et il m’est venue une réflexion en lien avec tout ça.

    Internet et surtout les réseaux sociaux, comme dans la vie, c’est surtout ce que vous en faites. Les contacts réagissent à ce que vous leur donnez.
    Il y a quelques mois j’ai fait un bilan de mon rapport aux autres (aussi bien dans le réel que dans le virtuel) duquel j’étais au final assez insatisfaite. La conclusion c’est que les autres me rende ce que je leur donne. Si je donne peu, je reçois peu. Si je n’offre que ma colère, je reçois de la colère en retour.

    C’est là que je rejoins ta réflexion sur le fait que la colère naît au contact des réseaux sociaux. Car une personne en colère la transmet à ses contacts qui la transmettent à leur tour.

    Mais depuis que j’essaie de faire taire ma colère et de transmettre au maximum de bonnes choses, j’ai remarqué que je reçois en conséquence. Et c’est quelque chose qu’on ressent immédiatement. Je pense que comme la colère, les autres sentiments peuvent se propager de la même façon.

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