Gobbledygook, ép.1 : Le monde est un endroit froid (version texte)

J’ai trouvé un livre. Enfin, c’est plutôt lui qui m’a trouvé. Je ne sais pas si je peux vous en parler.

Il y a cet appartement qui s’est libéré dans mon immeuble le mois dernier. Tous les locataires ont reçu un courrier copié/collé de l’agence : on donne les clefs au premier intéressé. Vu l’état du taudis qui me sert de logement, j’ai sauté sur l’occasion. Ça ne pouvait pas être pire.

Il faut dire, ça faisait un moment que personne n’avait entendu le cinglé du 4ème. Claude pensait qu’il s’était mis au vert chez son neveu qui habite en proche banlieue. Claude, c’est le concierge de l’immeuble, notre réseau social, un mass-media à lui tout seul. C’est par lui que circulent les infos dans la copropriété. Personnellement, j’imaginais plutôt que le vieux s’était fait ramasser par la police lors d’une de ses crises de démence — le genre où il causait aux poubelles et crachait sur les passants. Des vacances, oui, mais forcées, en internement d’urgence dans un asile psychiatrique.

Pour le coup, nous avions tous tort : le cinglé, dont j’imagine que seul Claude connaissait le nom, a fait une mauvaise chute dans sa baignoire et s’est cassé quelque chose qu’il n’aurait pas dû se casser. Le type est mort sur le coup, sans un bruit, et le mieux, c’est que le corps est resté là pendant six semaines. Il s’est décomposé lentement, tout seul, comme dans les films, et personne ne s’est plaint. Il faut dire qu’il n’y a eu aucune odeur dans la cage d’escalier. Même les chiens de la serveuse qui habite sous les combles, ils n’ont rien dit, ni gémi, ni grogné. Je prends ça comme une bonne nouvelle : ça veut dire que l’appartement est bien isolé.

Et puis il y a une cave. On peut tout planquer dans une cave, surtout les choses qu’on veut oublier : j’ai un carton entier de relances d’huissiers que j’aimerais bien ne plus avoir sous le nez. Je ne vous ai pas dit : je suis écrivain. Enfin je crois. C’est ce que je serais si quelqu’un voulait publier mes livres. Ce n’est pas faute de les envoyer à tous les éditeurs possibles et imaginables, mais il faut croire que mon destin est de rester un génie incompris.

Pour en revenir à l’appartement. L’avantage, c’est que vu ce qui s’y est passé, le loyer est vraiment bon marché. L’inconvénient, c’est que les ouvriers n’installeront la nouvelle baignoire que dans un mois. Pas grave : je me débrouillerai avec le lavabo. Il y a juste un problème. Un problème assez massif pour tout dire, même s’il n’a pas eu l’air de préoccuper Claude pendant la visite. Les concierges ont rarement l’air préoccupé. Il faut vraiment une invasion de cafards ou un plancher sur le point de s’effondrer pour leur faire hausser un sourcil.

— Heu… c’est quoi ce truc énorme, là, au milieu du salon ?

— Aucune idée, c’est sûrement là depuis toujours. Te fatigue pas, j’ai essayé : impossible de le bouger. Ça doit être collé au plancher. Mais tu peux peut-être mettre une nappe par-dessus ? En faire une tablette basse ?

Je me suis approché. La pièce principale était vide, à l’exception de ce monstrueux coffre posé juste au milieu. Un coffre qui avait l’air d’avoir traversé les siècles, vous voyez, un coffre de pirate, comme dans les dessins animés ou un film d’Indiana Jones. Il trônait ici comme si les murs avaient été dressés autour de lui. D’instinct, j’ai essayé de l’ouvrir. Il aurait pu y avoir quelque chose de dangereux ou de pourri dedans. Mais évidemment, le coffre était fermé à double tour.

— J’imagine qu’il n’y a pas de clef…

— S’il y en avait une, elle a dû partir à la décharge avec le reste quand ils ont vidé l’appartement. C’était un sacré bordel, une vraie décharge. Et l’odeur… T’as de la chance, mon gars, les types de l’hygiène pensaient qu’elle s’était incrustée dans les murs et qu’elle partirait jamais.

J’ai poussé le coffre de toutes mes forces, mais Claude n’avait pas menti : le truc n’a pas voulu bouger d’un pouce. Tant pis, j’ai dit, je prends le tout.

J’ai transféré mes affaires, signé le bail, donné un double au concierge. Pas besoin de déménageurs, l’affaire était pliée en moins d’une journée. Rongé par la curiosité, je n’avais qu’une hâte : me pencher sur le coffre et percer son secret, qu’importent les moyens employés. Le soir venu, j’ai donc réglé le problème à ma manière : à grands coups de marteau.

Dans le coffre… il y avait un livre. Un vieux livre. Encore plus vieux que le coffre je crois. Plus vieux aussi que ces grosses chaînes rouillées qui le clouaient au fond de sa boîte. Parce qu’il y avait des chaînes autour du livre, comme si quelqu’un avait voulu l’emprisonner, ou comme si on craignait que quelqu’un veuille le lire. Heureusement que j’ai une scie à métaux. Ne posez pas de question : les écrivains ont besoin de certains accessoires pour exercer leur talent.

Il faut que je vous dise : maintenant que je l’ai feuilleté, ce bouquin est curieux. Rien que le titre… Gobbledygook. Non, je n’ai pas bégayé, c’est ce qu’on peut lire sur la couverture, gravé en lettres d’or sous un symbole étrange. Un seul mot, c’est tout. Il n’est fait mention d’aucun auteur. Juste Gobbledygook. J’ai cherché sur Wikipédia : en anglais, ça veut dire charabia, quelque chose qu’on ne peut pas comprendre, qui n’a pas de sens. Quant au symbole, mystère et boule de gomme : Google Images n’en sait pas plus que moi. Ça ressemble à un œil, ou à un nœud marin, peut-être un mélange des deux. Le bouquin en lui-même dégage une odeur particulière : ça sent l’automne, la pluie et les feuilles mortes. C’est un livre du genre pavé, il pèse une tonne, et les pages sont numérotées de 1 à 1608. 1608 pages d’un foutu casse-tête.

Ça n’a pas l’air d’être un roman ou un recueil de poèmes. Ce n’est pas non plus un traité philosophique ou un ouvrage religieux… Ça ressemble davantage à une compilation, un genre d’encyclopédie. Chaque page est un collage de pièces de puzzle. Des textes qui semblent n’avoir rien en commun forment des mosaïques où la prose côtoie l’essai, le reportage, la publicité ou les alexandrins. Quel esprit tordu a bien pu imaginer ce recueil ?

Sur la première page, un avertissement : « À ceux qui trouveront ce livre, je demande pardon ».

Le mieux, c’est que je vous en lise quelques extraits.

***

À la page 1054, une superstition.
Les astronomes pensent qu’il existe de nombreux mondes habités. Notre galaxie, la Voie Lactée, compte quelques 200 milliards d’étoiles et on estime 55 milliards d’entre elles susceptibles d’abriter des planètes comparables à la nôtre. L’équation de Drake suggère que nous habitons dans le voisinage d’au moins dix civilisations.
Mais la nouvelle est tombée ce soir. Nous sommes seuls. Pas seulement dans la galaxie, non — dans l’univers tout entier. Nous sommes une exception, un cas isolé. Notre planète, qui fonce dans le vide à 30 kilomètres par seconde, est un îlot de solitude perdu dans un océan d’indifférence. Quand notre espèce affrontera son extinction, il n’y aura personne pour la pleurer. Notre existence est une perturbation de l’état naturel des choses, une anomalie, une exception au minéral dont l’univers se guérira seul.

À la page 278, un témoignage animalier.
Un rat très intelligent me rend parfois visite. Je ne partage pas ses opinions concernant la mécanique des fluides et l’approximation des milieux continus, mais sa théorie sur l’existence d’une supercouleur, même si elle est fantaisiste, est intéressante. J’imagine que même si elle connait des fulgurances, l’intelligence des rats demeure limitée. Elle les cantonne à des raisonnements simplistes.

***

Plus je feuilletais le Gobbledygook, moins je comprenais ce qui avait bien pu se passer dans la tête de l’auteur. Pour produire un tel désordre, il faut avoir le cerveau malade. Pour le lire… peut-être aussi.

***

À la page 135, une tentative désespérée.
Un homme reçoit une lettre. À l’intérieur, une feuille de papier pliée en quatre sur laquelle on déchiffre une écriture tremblante. Le message est le suivant :
« Vous êtes dans le coma depuis presque vingt ans. La médecine semblait avoir atteint ses limites avec vous, mais nous avons mis au point cette nouvelle technique pour vous contacter. Impossible de savoir si notre message vous parviendra, mais si vous lisez ces mots, c’est que nous avons réussi à entrer dans votre rêve. S’il vous plait. Réveillez-vous, maintenant. »
L’homme repose la lettre, perplexe. Le message ne lui évoque rien, comme s’il n’avait pas été envoyé à la bonne personne. Comme s’il n’était lui-même qu’un intermédiaire. Peut-être parce que c’est à vous qu’il est destiné. Oui, à vous.

À la page 704, une publicité.
On y voit le schéma d’un appareil complexe, à moins qu’il ne soit très simple. Des flèches indiquent l’embout dans lequel l’utilisateur doit souffler. Des tubes transparents sont branchés au corps de la machine, de laquelle émane une fumée grise. À gauche, dessiné à la manière des vieilles affiches des années 50, un homme sur son lit d’hôpital, son bras relié à une perfusion. À droite, une femme fume une cigarette. Son visage est paisible. « Ne cherchez plus un sens à votre vie », proclame la publicité, et en lettres minuscules juste en-dessous, « nous le trouverons pour vous ». Sur le flanc de l’appareil, une étiquette « ne pas utiliser, surtout, à aucun prix, sans avoir lu le mode d’emploi : danger de mort ». Au bas de la page, les six chiffres d’un numéro de téléphone. À aucun moment n’est précisé à quoi sert la machine, ni comment on doit l’utiliser.

***

Aucune cohérence ne se dégageait, et pourtant mes yeux restaient cloués à la page. Ça ressemblait à de l’ivresse : mon cœur battait dans ma gorge de plus en plus fort à mesure que j’avançais dans la lecture. Question ivresse, je suis un expert, mais c’est un autre sujet.

***

À la page 42, un avertissement.
Nous connaissons cet homme qui écoute la radio sur son balcon. Nous savons que pour cela, il n’utilise ni radio, ni téléphone, ni ordinateur. Il n’en a pas besoin. La technologie lui fait horreur. Sa méthode est simple : les plombages de ses dents creuses captent les ondes radio. Quand nous lui demandons quelle station il préfère, il répond qu’il y a peu de chance que nous la connaissions : il ne capte aucune émission dans cette dimension. Les messages qu’il entend le plongent d’ailleurs dans une certaine fébrilité. « Ceux qui parlent dans l’air », nous a-t-il confié, « ils préparent quelque chose. Quelque chose contre nous. »

À la page 491, une liste.
Six choses à faire obligatoirement avant de mourir.
- Naître.
- Hurler.
- Survivre.
- Survivre.
- Survivre.
- Hurler.

***

Sur les coups d’une heure du matin, j’ai réalisé que mon dos était trempé de sueur et que je frissonnais. La fièvre, ou peut-être autre chose. J’aurais voulu me lever, enfiler ma veste et sortir prendre l’air, mais j’étais incapable de lâcher ce foutu livre. C’était comme si j’avais trempé mes mains dans la colle avant de commencer.

***

À la page 108, une histoire un peu plus longue.
La première fois, Louise ne disparait qu’une heure. Ce n’est pas long, une heure, on n’a pas le temps de faire grand-chose. Son absence passe inaperçue. Pendant une heure et avec la lune pour seul témoin, sa chambre demeure silencieuse. Aucun mouvement, aucun soupir, aucune respiration. Alors le silence se brise dans un froissement de tissu. La chambre reprend son souffle. Louise est revenue. Terrorisée, épuisée, trempée de sueur, mais saine et sauve. Ça n’a duré qu’une heure. De la terre sous les ongles. Une griffure au visage. Une douleur dans l’épaule. Mais elle est en vie.
Au petit matin, Louise descend les escaliers.
— Tu as bien dormi ? lui demande son père.
Louise répond que oui. C’est un mensonge, bien sûr, mais que pourrait-elle dire d’autre ? Le monde est un endroit froid dont il faut se prémunir, c’est ce que dit son père. Même avec ses défauts, il est sa muraille, sa barrière, son rempart contre le froid du monde.
La nuit suivante, Louise sent remuer la peur qui se tapit au creux de son estomac. À travers la fenêtre entrouverte, les étoiles la supplient de mettre un terme à ses projets. Louise enfouit sa tête sous les draps pour les faire taire, puis elle recommence. Son absence dure deux heures. Quand elle revient, les bras striés de griffures, les joues en feu et le cœur battant, elle colle son oreille contre le mur. Jamais les ronflements de son père ne l’ont rendue si heureuse. Ça veut dire que quelque part dans le monde, quelqu’un dort paisiblement. Ce quelqu’un est son père. Il ne s’imagine pas. Personne ne peut imaginer.
— Tu as bien dormi ? demande-t-il le lendemain matin.
De retour à la maison après une journée grise, Louise prétexte des crampes menstruelles pour pouvoir monter dans sa chambre sans dîner. Mais une fois les lumières éteintes et la porte fermée, la jeune fille se prépare. Face au miroir qui appartenait à sa mère, elle étudie ses blessures, fait le compte de ses bleus. Louise n’aime pas les miroirs. Ils lui renvoient l’image de quelqu’un dont elle n’a jamais aimé occuper le corps. Mais ce corps est à elle, elle est ce corps, qui est son monde, son territoire, et elle n’en a qu’un seul. Faut-elle qu’elle parte ce soir encore ? La peur lui hurle de rester, mais le monde est un endroit froid qui ne lui manquera pas. Louise enfile une veste, des bottes de pluie et une parka. Dans un sac, elle range deux carnets, des stylos feutres et une poignée de tampons, puis elle attend.
Deux heures plus tard, trois coups contre la porte.
— Louise ?
Trois coups à nouveau, plus forts cette fois.
— Louise ? Je peux entrer ?
La porte s’ouvre sur une chambre vide. La fenêtre est ouverte. Les rideaux dansent sous la brise. Dehors, dans ce monde qui est un endroit froid, tout est calme, tout semble calme, tout donne l’apparence du calme, mais la nuit s’est refermée sur Louise. L’adolescente a disparu.

Le journal télévisé évoque la disparition. Les quotidiens diffusent des portraits. Des militaires ratissent la forêt avec l’aide des voisins. Le père est entendu par la police avant d’être relâché. Comme l’innocence est rare, elle doit être prouvée. Au lycée, personne ne trouve rien à dire. Davantage que l’absence de la jeune fille, c’est la possibilité même de la disparition qui agite les esprits. Comment disparaît-on dans un monde surconnecté ?

Quand la tempête se calme, le père de Louise se retrouve seul. C’est la deuxième fois de sa vie. On dit qu’on s’habitue à tout. L’expérience prouve le contraire.

Deux mois s’écoulent, et les mêmes questions toujours. Pourquoi ? bien sûr, mais surtout Comment ? Louise n’aurait jamais sauté du premier étage. Un enlèvement alors ? Aucune empreinte n’a été relevée. S’est-elle glissée dans son dos pendant qu’il regardait la télévision ? Comment le saurait-il un jour ?

Ce soir, le père de Louise entre dans la chambre. Rien n’a bougé, rien n’a changé. Une fine couche de poussière recouvre les portraits de famille. L’homme ravale un sanglot, se traîne jusqu’au lit, retire ses pantoufles et se couche. L’oreiller porte encore l’odeur de son shampoing, amande et lilas. Il enfouit son visage dans le matelas pour y crier sa colère. Quand le plomb qui le colle au ventre finit par s’effriter, il s’autorise à pleurer. Le monde est un endroit froid.

Du silence de la nuit, sous les étoiles glacées, monte un cri. il ne s’agit pas d’un cri de douleur ou de désespoir, mais d’un lointain appel à l’aide, étouffé par la distance. Le père de Louise cesse de sangloter. Il tend l’oreille, mais son cœur qui bat  à tout rompre l’empêche de distinguer les cris.
— Louise ? C’est toi ?
Il fait soudain très chaud, tellement chaud qu’il en sue à grosses gouttes. Déjà le cri se fond dans le lointain, à peine discernable du grésillement des réverbères et du ronronnement du frigo. Dressé à l’équerre dans le petit lit, il appelle :
— Louise !
Sous ses pieds couve un feu inexplicable. Il soulève les draps. Un cri d’effroi franchit le seuil de ses lèvres. Là où devrait se trouver le matelas s’ouvre un gouffre brûlant inondé de lumière. On entend monter des cris. Certains sont humains, d’autres non. Des roulements de tonnerre, le fracas des épées, le grondement d’un océan lui parviennent à travers ce passage entre les mondes, et sans qu’il parvienne à mettre des mots clairs sur ce qu’il voit, le passage réveille en lui un sentiment de tristesse, de mélancolie et d’espoir. Il l’entend qu’on l’appelle, distinctement cette fois. C’est la voix de sa fille.
Le père de Louise plonge aussitôt tête la première et laisse le trou dans le lit l’avaler. Le gouffre se refermé sur lui et la pièce fait silence. Le monde est un endroit froid. Mieux vaut s’en faire oublier.

Le conte se termine ici, mais l’histoire continue dans la marge. À cet endroit, quelqu’un a écrit dans la marge : « La fiction est un cancer qui ronge les esprits faibles.  Apprenez la réalité à vos enfants. Apprenez-leur ce que c’est vraiment, sans quoi la fiction mènera le monde à sa perte. Nous ne plaisantons pas. Faites. Le. Maintenant ! »

§§§

J’ai bu un café, mangé ce qui restait de comestible dans le frigo débranché avant de constater que le soleil se levait derrière les toits des immeubles. J’étais resté debout toute la nuit. Ce livre… comment dire… Ce livre a un pouvoir. Il n’est pas comme les autres.

Ce matin, j’ai rouvert le Gobbledygook à la première page. Vous vous souvenez de cet avertissement : « À ceux qui trouveront ce livre, je demande pardon. » Eh bien l’avertissement avait disparu. Je veux dire, le texte… il s’était volatilisé. À sa place, dans une écriture tout en boucles et rondeurs, le message suivant :  « Maintenant, une petite démonstration. Trois… deux… un… »

TOC-TOC-TOC

On a frappé à la porte. Un hasard sûrement. C’était le facteur.

— Un recommandé pour vous, m’sieur. Signez là.

Il m’a tendu une lettre qu’à force d’attendre je n’imaginais plus jamais recevoir. Elle était signée de la main d’un éditeur aussi célèbre que courtisé : « Nous avons adoré votre manuscrit. Nous aimerions l’éditer. »

J’ai voulu respirer, je crois, ce n’est plus très clair dans ma tête. Sur la première page du Gobbledygook, on pouvait lire désormais : « J’en connais un qui est content de m’avoir délivré. »

J’ai refermé le livre comme on claque une porte, un cri coincé en travers de la gorge.