Glénat, licences libres et crowdfunding : la technique de la boule de cristal

Résumé des faits : David Revoy est auteur. Il publie d’ailleurs sa très chouette BD Pepper & Carrot directement — et gratuitement — sur son site.  Non seulement David ne passe pas par la case éditeurs, mais il place également ses œuvres sous licence Creative Commons BY. Cela signifie que chacun peut faire ce qu’il veut du matériau — qu’il s’agisse des dessins, des personnages, de l’univers, etc — à la seule condition que l’auteur soit crédité. En parallèle, le bédéiste a mis en place un système de crowdfunding (via Patreon) afin de proposer à ceux et celles qui le souhaitent de pouvoir le rétribuer régulièrement pour chacune de ses parutions mensuelles. Il s’est bâti une communauté fidèle. Jusqu’ici tout va bien.

Arrive Glénat, un gros éditeur du genre à reprendre deux fois des frites à la cantine. Glénat a remarqué sa BD sur le net et propose de l’éditer. Et pas n’importe comment : il prévoit un tirage de 10.000 exemplaires, ce qui en BD est aujourd’hui plutôt considérable. Partant du principe que la CC-BY permet à n’importe qui de faire ce qu’il veut avec la bédé de David, Glénat pourrait télécharger les planches sans rien dire, les mettre en page et les imprimer à grande échelle sans prévenir personne. Mais Glénat contacte David (un minimum hin, la courtoisie ce n’est pas pour les chiens) et l’informe de sa volonté de publier un premier volume de Pepper & Carrot. David ne sera pas rémunéré pour cette publication, puisque la CC-BY l’autorise. C’est Glénat qui avance les frais, donc c’est Glénat qui empoche les bénéfices : l’entreprise, qui aime reprendre des frites, n’est pas une œuvre de charité. D’ailleurs, pas besoin de contrat, toujours pour cause de CC-BY. Mais Glénat participera au crowdfunding de David, pour la forme (et pour une durée forcément incertaine), à hauteur de 350$/mois.

Mais voilà, ça ne fait pas lourd la planche. Considérant le nombre de pages qu’une telle BD comporte, David aurait pu, si elle avait été achetée au prix du marché, en tirer trois ou quatre fois plus. À l’aise. Sauf que voilà, carte CC-BY oblige encore une fois, personne n’est obligé de donner quoi que ce soit à David pour utiliser ses créations. Libriste convaincu, l’auteur est animé par un idéal de partage (de ses œuvres) et d’entraide (de ses lecteurs, dont certains traduisent ses histoires en plusieurs langues).

C’est un article de Calimaq qui met le feu aux poudres (ce blog semble d’ailleurs posséder certaines propriétés physiques intéressantes, comme celle d’immédiatement entraîner la combustion spontanée du sang-froid chez certains). Ce qu’on lui reproche : avoir présenté la publication comme un bel exemple de « synergie » entre monde du libre et industrie culturelle, et d’avoir minimisé l’impact d’un tel évènement sur l’ensemble de l’écosystème (fragile) des auteurs de BD. Je me permets de constater, en premier lieu, qu’on ne peut pas dire de Calimaq qu’il est un fervent défenseur des industries culturelles : quiconque lit son blog régulièrement le sait. Le propos de son article était, je pense, de souligner le fait que pour une fois, ces éditeurs prompts d’habitude à ne pas s’essuyer les pieds avant d’entrer ont fait un effort : ils ont respecté les contraintes d’une licence libre et n’ont pas essayé de tordre la volonté de l’auteur à leur avantage. Alors vous allez me dire : « évidemment, puisque cette volonté est à leur avantage ! Pourquoi iraient-ils discuter des termes d’une licence qui leur permet de publier une BD sans payer l’auteur ? » Et je vous répondrai que vous avez raison. Cette licence permet à l’éditeur de tout faire, en substance. Il suffit d’indiquer le nom de l’auteur sur la couverture. Aucune autre obligation.

Bien. Maintenant que nous avons posé le décor, je vais pouvoir répondre à ces questions qui vous brûlent les lèvres et que vous avez eu la gentillesse de ne pas me poser (sans doute par pudeur, bien sûr, et sûrement pas par ton-avis-tu-peux-te-le-mettre-où-je-pensisme). Bref. Vous ne m’avez rien demandé, mais je l’ouvre quand même.

nuke

Qui a à y gagner dans cette affaire ?

Glénat, sans aucun doute. Comme je l’ai dit plus haut, l’éditeur n’est pas une œuvre de charité et, dans un logique économique, se passerait volontiers de payer un auteur quand il peut ne pas le faire : après tout, c’est une ligne en moins sur le budget prévisionnel.

Maintenant, est-ce que David Revoy a quelque chose à y gagner ? Les commentaires sous l’article de Calimaq n’ont pas manqué de lister tout ce qu’il avait à perdre :

  • de l’argent (il n’est pas payé par Glénat, du moins pas en droits d’auteur) ;
  • sa crédibilité (qui fournit son travail gratuitement ?) ;
  • sa couverture sociale (en l’absence de droits d’auteur, il ne cotise pas à la sécu) ;
  • ses hypothétiques (et rares) collègues et néanmoins amis (qui voient d’un mauvais œil qu’un tel modèle puisse se répandre par effet d’aubaine — bon, je plaisante sur celle-là… enfin à moitié).

Bien sûr, toutes les entrées de cette liste ont leur pendant « positif » :

  • oui, il n’est pas payé en droits d’auteur, mais Glénat contribue à son financement participatif (pour combien de temps, à quelle hauteur, etc, ok, mais il y participe quand même pour un temps donné) ;
  • avec tout ce barouf, tout le petit monde de la BD connaît désormais David Revoy. Ça ne renforce pas nécessairement sa crédibilité en tant qu’auteur, mais ça lui donne un avantage certain en matière de négociation d’hypothétiques futurs contrats, mais aussi et surtout pour alimenter son financement participatif ;
  • il ne cotise pas à l’Agessa, ok, mais comme la plupart des auteurs qui ne gagnent pas suffisamment d’argent pour y être affiliés : il n’est pas plus précaire que beaucoup d’autres de ses semblables, en somme.
  • La solidarité entre auteurs ? Really ? 

Un auteur a-t-il le droit de donner son travail ?

Bien sûr qu’il en a le droit. Et puis quoi encore, vous n’allez pas lui dire quoi faire, non plus. Sans rire. Je sais bien que ce n’est pas le problème de la gratuité qui pose problème — aujourd’hui la plupart des auteurs de BD publient « gratuitement » sur leurs blogs respectifs, parce que même si on peut le regretter en tant que travailleur du crayon, c’est un peu obligatoire aujourd’hui si on veut avoir une existence sur le net — mais la licence CC-BY en elle-même qui permet de reprendre à son compte tout le boulot d’un autre, y compris pour un usage commercial. David a choisi cette licence en toute connaissance de cause, même s’il se qualifie lui-même de « doux rêveur » (oh, David, que n’as-tu pas fait là en utilisant ces termes… c’est ce qu’on appelle tendre le bâton pour se faire battre… par ses détracteurs). Il savait ce que ça impliquait. Il savait qu’un éditeur pourrait se faire de l’argent avec son travail sans le rémunérer. Pourtant il a décidé de le faire, par conviction certes, mais aussi parce qu’il doit y voir un intérêt, ne serait-ce que moral.

Pour ma part, j’y vois certains intérêts quand même. Je sais qu’ils vont faire bondir, mais je me permets quand même de les écrire ici :

  • qu’on le veuille ou non, une présence en librairie, c’est important quand on est auteur sur le web. J’entends déjà les « Ouais mais t’as qu’à dire que tu acceptes les paiements en visibilité, t’as déjà essayé d’acheter ton camembert avec de la visibilité ? », etc etc. Je suis d’accord, on ne paie pas ses courses avec de la visibilité. C’est une monnaie assez peu valable dans le monde extérieur. Mais il ne faut pas non plus tomber dans le travers inverse qui consisterait à ne pas faire la différence entre la mauvaise visibilité (non, je ne ferai pas le logo de ta société de vente de saucisson sec par correspondance) et la « bonne » : celle qui donnerait, effectivement, de la visibilité au travail d’un auteur. Pour avoir bossé longtemps en librairie, je me permets néanmoins de nuancer mon propre argument : vu la rapidité du turn-over sur les tables et les podiums, si tu ne vends pas dans les premiers jours, tu risques vite de dégager du présentoir. L’argument « Glénat va forcément rentrer dans ses frais puisqu’ils ont prévu d’imprimer un max » ne tient pas : j’ai vu un nombre incalculable de BD et de livres tirés à des dizaines de milliers d’exemplaires retourner chez le distributeur par caisses entières, faute de trouver preneur. Des fois, on gonfle le tirage pour forcer le placement en librairie (« Coco, celui-là, Glénat le tire à 10.000, faut que tu m’en prennes au moins 20, ça va être un carton, je te jure, craché » — cf tous les représentants en librairie ever) Mais ça vaut le coup d’essayer quand même. Après tout, à part Glénat qui risque de ne pas publier de second tome si le premier fait un four, et le libraire qui peut y laisser quelques vertèbres, personne n’a grand-chose à y perdre. Et je suis sûr que Glénat sèchera vite les larmes de ses pertes financières dans les ventes du prochain Titeuf.
  • ladite visibilité, je suis désolé de le souligner, peut quand même avoir un intérêt à long terme (ça s’appelle jouer plusieurs coups à l’avance) si David Revoy ne considère cette publication que comme un moyen d’engraisser son financement participatif. Et je le comprends : je préfère avoir 2.000 petits patrons à 1€ qu’un seul à 2.000€. Parce que dans le premier cas, si je me fais virer par l’un d’entre eux, il me reste encore 1.999€ dans la poche.

Reste la volonté du créateur.

Doit-on empêcher un auteur de publier son travail en CC-BY au motif que le modèle proposé pourrait donner des idées à d’autres éditeurs et que c’est pas très sympa pour les autres ?

Ne nous voilons pas la face (surtout en ce moment) : les éditeurs n’ont pas attendu David Revoy pour chercher des moyens de gagner plus d’argent sur le dos des auteurs. D’abord la fin de la rémunération fixe, maintenant des avances qui se réduisent comme peau de chagrin, et les rémunérations au pourcentage généralisées (et de plus en plus rognées). Les CC-BY, j’ai envie de dire que c’est quand même marginal, comme menace pour les auteurs. Mais j’y reviendrai plus bas.

David Revoy a eu peut-être le tort (ou l’outrecuidance ?) d’envisager de faire « carrière dans la BD » autrement qu’en passant par le circuit classique. Attention, il a essayé, hein. Mais après s’être fait recaler à la porte comme tant d’autres avant lui, il a décidé de prendre le taureau par les cornes et de profiter des outils qui étaient à sa disposition. Et il a eu raison, sinon ses BD seraient toujours dans ses tiroirs et je n’en parlerais pas. Il n’était pas obligé de proposer son travail gratuitement : il aurait pu employer une clause NC (non-commerciale) qui aurait obligé Glénat à négocier un contrat et à convenir d’une rémunération avant publication. Mais il ne l’a pas fait. Par choix. L’Histoire dira s’il a ouvert ou non la boîte de Pandore.

Je pense que le créateur est le seul à pouvoir décider de ce qu’on peut faire de son œuvre. Les Creative Commons ne sont pas là pour interdire : ce serait méconnaître leur utilité. Elles sont là pour autoriser, sans demander au préalable. C’est un choix de société, un choix politique même. On peut le contester, on peut ne pas être d’accord, mais c’est un choix fort qui mérite d’être respecté, et de ne pas être considéré comme de l’inconséquence, de l’aveuglement ou de la folie.

Est-ce que ça contaminera l’édition ?

Honnêtement, je ne le crois pas. Je pense même que c’est hautement improbable. Il suffit de regarder les débats au Parlement européen pour comprendre que la guerre aux licences libres et aux usages non-marchands a été déclarée par l’industrie culturelle. Pourquoi c’est improbable ? Parce que les éditeurs (et par extension, les producteurs) aiment avoir l’exclusivité sur leurs artistes. Ils n’aiment pas l’idée qu’un concurrent puisse les leur chiper. David Revoy est « contraint » par sa CC-BY à laisser Glénat publier sa BD, mais Glénat est « contraint » par la CC-BY à envisager la possibilité que, si David Revoy devient la nouvelle star de la BD mondiale, il ne pourra pas empêcher des concurrents de le publier. Le pire, c’est qu’ils n’auront rien à débourser non plus.

Sérieusement, aucun éditeur n’est prêt à faire ce genre de concessions à long terme et à grande échelle.  Allons allons, calmez-vous. Le soufflé va retomber très vite et nous pourrons tous retourner à nos petites guéguerres autour du droit d’auteur « dépassé » et des rémunérations iniques contre lesquelles il faut se battre ? Enfin je crois qu’il faut se battre, non ? Bon, dans la pratique, peu d’auteurs ont les moyens financiers de se permettre de négocier/refuser un contrat, du coup quand la feuille est posée sur le bureau on ne lit pas vraiment les petites lignes et on accepte ce qu’on nous donne… mais là n’est pas la question, le vrai problème c’est les licences libres, pas vrai ? Pas vrai ?

La question de la gratuité est un peu plus sérieuse, et elle revient souvent (c’est dire si elle est sérieuse). Je vais résumer mon avis en quelques phrases, parce que je pourrais être plus long mais ce serait vite chiant. Et puis ce qui se conçoit bien s’énonce clairement. Attention ça pique.

La gratuité, c’est le vol ?

Non. Pire, ça va se généraliser. Désolé, c’est ma vision et elle n’engage que moi — je ne voudrais pas voler son travail de futurologue à Jacques Attali —, mais je crois qu’en se popularisant, certains savoir-faire perdent de leur valeur financière. Nous sommes de plus en plus plus nombreux à écrire, à faire des films, à dessiner, à composer de la musique, et les outils de création et de diffusion se perfectionnant, ça ne va pas aller en s’arrangeant. Il y aura de plus en plus de BD, de plus en plus de romans, de plus en plus de films (même si ces derniers restent encore un peu épargnés dans la mesure où ils demandent des investissements financiers très conséquents — mais on commence à voir les prémices de cette évolution sur YouTube). Et comme ce savoir-faire se popularise, il perd de sa valeur.

Vous faites encore appel à un professionnel pour traduire une phrase en anglais ? Il y a plus de chances que vous fassiez appel à des amis (avec l’essor des séries piratées sous-titrées, faut dire que notre niveau global d’anglais s’est quand même pas mal amélioré, même si ça reste pas top) ou que vous utilisiez Google Translate, Linguee, Reverso ou je ne sais quel autre service en ligne. Si c’est un peu plus long, vous utiliserez des sites un peu plus élaborés qui offrent le même service, mais morcelé entre différents traducteurs qui ne travailleront que sur des morceaux de paragraphes (jamais testé, pas convaincu, mais ça existe). Bref, la traduction se passe désormais en bonne partie des traducteurs (pour le meilleur et pour le pire, on peut s’en réjouir ou le regretter, hin). Pareil pour les photographes : avec l’apparition des appareils reflex grand public et la popularisation des tutoriels Photoshop, beaucoup d’entre nous se bombardent photographes amateurs et sont capables de prendre des photos pas trop dégueu (en tout cas mieux qu’avec les jetables de mamie). Les graphistes ? Tout le monde ou presque est capable d’apprendre comment fonctionne un Illustrator en quelques heures. Les dessinateurs ? Faut-il que je vous fasse un dessin ?

Je ne dis pas que la qualité augmente, hein, même si elle augmente au global de fait, parce que nous sommes des créatures d’apprentissage ET de narration et que nous baignons de plus en plus dans cette culture et que nous nous améliorons.

Je crois que nous finirons tous artistes, tous graphistes, tous traducteurs. Que ce savoir-faire en vaudra plus grand-chose. Bien sûr, on continuera d’en piocher quelques uns au milieu de cette masse pour faire tourner l’industrie — les « professionnels » — mais il sera bientôt difficile de faire la différence entre un amateur et un pro. Encore une fois, on peut le regretter amèrement, pleurer toutes les larmes de son corps, mais on ne pourra pas faire voter de lois qui interdiront aux gens de fabriquer de l’art. Jamais. Ça n’arrivera pas.

Enfin sauf si vous votez pour Marine Le Pen.

Ne votez pas Marine Le Pen.

Que des éditeurs se servent, on va dire que c’est une externalité négative (ou positive, en fonction du point de vue) : pardonnez-leur, ils ne savent pas ce qu’ils font — enfin si, ils savent ce qu’ils font, ils le savent très bien même, mais ils mourront pas sans se battre. Et ils n’hésiteront pas à vous entraîner dans leur chute, si chute il y a, soyez-en certains.

Bref, proposer son travail gratuitement, dans certains cas, c’est aussi reconnaître que ça n’a probablement pas assez de valeur pour être rémunéré en écus sonnants et trébuchants (attention, je ne parle pas de la BD de David, là… la BD est un travail long, chiant et ingrat, et dans certains cas de BD très chiadées, je la mets à côté des films en terme de moyens de production — bon, on parle pas de xkcd non plus). C’est aussi souscrire à l’idée, sans doute odieuse à bien des professionnels, que notre relation à la culture change progressivement, que nous la voyons moins comme une sphère qui nous est imposée que comme une matière mouvante que nous manipulons nous-mêmes et au quotidien. Les éditeurs pressentent ce changement — ce sont des professionnels, ils ne sont pas idiots — et ils sortent des plans de leur chapeau pour garder le contrôle du bateau. Je ne reprocherai pas à un auteur de vouloir essayer autre chose, juste pour voir si ça fonctionne ou non. À ce titre, l’expérimentation de David a au moins eu le mérite de nous faire parler de ce sujet. Et discuter, c’est aussi se préparer. Et oui, c’est triste, mais il faudra peut-être ne plus envisager ça comme un métier. À court terme. Très vite. Là. Mais rassurez-vous, les artistes ne sont pas les seuls. Les ouvriers, les avocats, les consultants… nous serons nombreux à rentrer dans le tiroir des métiers obsolètes. L’avantage que nous avons, artistes, sur ces métiers, c’est que même obsolètes, nous pourrons continuer de créer. Nous en aurons même le devoir. Les contours d’une nouvelle société se dessinent, et c’est à nous de décider si elle sera plus ou moins égalitaire que celle dans laquelle nous vivons.

Ça ne veut pas dire qu’il ne faut pas se battre pour conserver certains acquis. Et les auteurs qui ont la chance de gagner encore leur vie avec leur art ont raison de tout faire pour garder le peu qu’on consent à leur donner. Mais — et je parle à titre personnel — je me suis fait une raison. Et plutôt que de nager contre ce courant cruel (oui, je sais, c’est un scoop, mais j’aurais préféré avoir un éditeur sympa ET qui me paye très bien plutôt que de publier sur internet), je préfère tenter ma chance ailleurs. Tester. Prendre mes décisions au doigt mouillé, parce que je sais bien que quoi que je décide, il y a pas mal de chances pour que je me plante. Mais ça n’empêche pas d’essayer.

(et oui, moi aussi je fais une pub honteuse pour mon propre financement participatif en fin de chaque article, y a pas de raison qu’il n’y en ait que pour David)

Vous aimez Page 42 et vous voudriez me donner un coup de main ? Ça tombe bien, Tipeee est là : à partir de 1€/mois, vous pouvez devenir mon/ma mécène attitré.e et avoir accès à des contreparties exclusives, sans compter la satisfaction de continuer à lire mes textes en sachant que vous y êtes un peu pour quelque chose. C’est pas chouette, ça ?

28 réflexions sur « Glénat, licences libres et crowdfunding : la technique de la boule de cristal »

  1. Salut Neil,

    J’ai déjà poussé un coup de gueule sur Sil-machin, je vais le refaire ici mais je ne suis une nouvelle fois en complet désaccord avec ton article qui fait pourtant le point sur nombre de sujets capitales dans cette affaire. Néanmoins, il existe des apprentissages pour pratiquer un art - quelqu’il soit - et qu’un amateur ne pourra jamais, au grand jamais pratiquer correctement. Faire croire aux gens qu’ils peuvent être écrivain, graphiste ou dessinateur parce qu’il pratique un peu un logiciel est une hérésie. Majoritairement ce sont des compétences qui s’acquièrent par la pratique, la recherche et la concentration. En considérant de simples amateurs comme des pros, on créé un précédent catastrophique pour toutes les professions cités. Parce que oui ! Il faut le rappeler tout ceci constitue un réel travail qui mérite d’être rémunéré au même titre qu’un autre. Parce que les études coûtent un pont, le matériel également etc…

    Dans le contexte d’hyper-libéralisme actuel, David Revoy créé une ouverture inquiétante qui a terme pourrait (conditionnel) probablement aboutir à la fin d’une création de qualité.

    Voilà.

  2. « Ils n’aiment pas l’idée qu’un concurrent puisse les leur chiper. David Revoy est « contraint » par sa CC-BY à laisser Glénat publier sa BD, mais Glénat est « contraint » par la CC-BY à envisager la possibilité que, si David Revoy devient la nouvelle star de la BD mondiale, il ne pourra pas empêcher des concurrents de le publier. Le pire, c’est qu’ils n’auront rien à débourser non plus. »

    C’est là que se joue toute la chose et la raison pour laquelle je pense que le grand gagnant sur le long terme est l’auteur.

    Si cette publication papier se plante (et il y a un nombre incalculable de raisons pour lesquelles cela pourrait arriver), il aura effectivement gagné en visibilité et en lecteurs, sans avoir dû faire plus que ce qu’il avait déjà fait.

    Si la publication est un succès, Glénat va certes s’empiffrer sur le dos de l’auteur en lui laissant une petite obole dans son Patreon, mais comme tu le dis, ils ne sont toutefois pas propriétaires de la valeur intellectuelle de l’œuvre. Ils vont en vouloir plus, si un ouvrage marche bien un éditeur veut une suite, le public est déjà fidélisé, c’est particulièrement vrai en BD. Mais du coup ils se retrouvent en position de faiblesse car ils n’ont pas verrouillé la propriété intellectuelle. Je ne pense pas qu’un concurrent irait publier immédiatement le premier tome de front contre eux, le public est déjà pris. Par contre il pourrait jouer aux enchères sur le second volume.

    David Revoy pourrait continuer son projet mais passer ce qui suit en CC BY NC. De fait, il pourrait continuer à distribuer son œuvre à son public gratuitement, mais Glénat serait obliger de sortir la carte bancaire pour avoir la suite (et obtenir une autorisation pour usage commercial de l’auteur). Pire encore, n’importe quel concurrent pourrait enchérir pour obtenir cette suite, sachant bien qu’il peut rééditer le premier tome comme bon lui semble. C’est l’auteur qui gagne.

    Je pense franchement que Glénat a fait un pari du risque minimum, ils devaient vouloir un titre avec un risque réduit (nom déjà visible) pour occuper de la place en librairie. Ils ont dû y voir l’opportunité de réduire la marge de risque (pas d’à valoir à verser). L’avenir nous dira comment ça va tourner.

    Ce que je trouve dommage c’est que certains fassent pression sur l’auteur. C’est sur Glénat que les pressions doivent se porter, pas parcequ’ils se sont appropriés une œuvre en CC BY:, mais si la BD est un succès, j’espère que le public fera ce qu’il faut pour que l’auteur profite durablement des retombées. Glénat veut jouer au risque minimum sur le court terme, mais ce n’est pas dit que ce soient eux les grands gagnants sur la durée.

  3. Je suis tout à fait d’accord avec toi concernant l’apprentissage, et je ne pense pas avoir dit le contraire dans l’article (ou alors je n’ai pas été clair) : je ne dis pas que les amateurs sont des professionnels, mais qu’ils sont simplement des professionnels *en puissance*. Et bien sûr, ça ne se fait qu’au prix d’un long apprentissage et d’une pratique constante.
    Le métier, c’est une notion fluctuante. Télégraphe, maréchal-ferrand, allumeur de becs de gaz, vendeur de journaux à la criée, c’étaient aussi des métiers, dont certains requéraient une véritable compétence technique. Les choses avancent moins vite qu’à l’échelle de notre simple vie, mais elles avancent… et souvent sans nous. Ce n’est donc pas une hérésie de considérer que certains métiers puissent un jour, peut-être, et je dis bien peut-être, ne plus en être… puisqu’il y a des antécédents historiques.
    Quant à la question de l’hyper-libéralisme, comme je l’explique, je n’y crois pas dans le cas des licences libres pour des questions de contrôle de la production et de la diffusion. Regarde comme Marvel et DC conservent jalousement les licences de leurs super-héros, dont certains qui devraient pourtant être depuis longtemps dans le domaine public. On range un peu tout dans le tiroir du néo-libéralisme, tout ce qui fait peur. Et je pense sincèrement que ça n’a pas grand-chose à voir de manière directe. Peut-être seulement indirectement, et encore… Au contraire, les licences libres promeuvent des usages, elles ne les interdisent pas (comme le ferait le marchéisme). Après, si un éditeur est peu scrupuleux et qu’il veut se faire de l’argent sur le dos des auteurs, c’est une autre histoire. Mais ne blâmons pas ceux qui ont envie de créer une société du partage. Ça reviendrait à dire que le jardinier qui a ouvert son jardin à tous est un criminel.

  4. « Néanmoins, il existe des apprentissages pour pratiquer un art - quelqu’il soit - et qu’un amateur ne pourra jamais, au grand jamais pratiquer correctement. »

    Henri Rousseau vient de m’appeler. Il n’est pas tout à fait d’accord avec cette phrase.

  5. Bon, eh bien voilà une analyse déjà nettement plus mesurée et qui prend enfin un peu de hauteur.
    Finalement, l’auteur n’a fait, ni plus ni moins, qu’un investissement plus lourd que les autres auteurs avant lui. La visibilité n’a pas de prix… on sacrifie pour cela les droits d’auteurs… On ne sait pas où s’arrêtera le dumping… Je ne l’ai jamais critiqué en tant que tel, les gens font ce qu’ils peuvent. Glenat en revanche…

    Question: Glenat pourrait-il faire dessiner une suite au tome 1 avec un autre auteur? Je pense que oui, mais sachant qu’en France le droit moral est incessible, l’auteur pourrait-il s’y opposer en vertu de ce droit?

    Sur le fait que la valeur de la création artistique diminue inexorablement, je suis entièrement d’accord. Le nombre de gens capable de les réaliser augmente dans la population. Je vois aux Arts décos où j’enseigne quelques heures par semaine, le niveau de connaissances pré-acquises en matière de cadrage/mise en scène/niveau conceptuel/… monter de manière continue.

  6. Bonjour Neil

    Je me permet de rebondir sur l’idée qu’aujourd’hui tout le monde peut devenir producteur « d’Entertainment » (Musicien, illustrateur, Romancier, Cinéaste,…) c’est l’une des idée reçue générée par internet et les nouvelles technologies. Elle paraît logique et vraie, mais totalement inexacte au final.

    Que les outils de création soient démocratisés et utilisés aujourd’hui par « monsieur tout le monde » c’est vrai. C’est également vrai c’est que la connaissance nécessaire à l’apprentissage de ces outils et les méthodes pour les utiliser est largement répandue sur le réseau mondial (et je ne parle pas de la possibilité pour le romancier de faire des recherches pour ses histoires ou de s’abreuver de diverses méthodes d’écriture). C’est comme cela que certains sites se vantent de vous permettre d’écrire un livre de cuisine illustré avec des photos professionnelles simplement en le postant sur leur site internet.

    Tout le monde peut posséder un piano et apprendre le solfège. Mais seuls quelques personnes savent composer un succès musical et encore moins deviennent de véritables virtuoses.

    Oui, tout le monde peut potentiellement produire une oeuvre de qualité, mais en réalité peu d’élus pourront le faire. Car il ne suffit pas d’avoir les outils, il faut aussi les utiliser jusqu’à l’écœurement pour les maîtriser. Une fois passé cette étape les utiliser toujours et encore pour aller plus loin, voler plus haut, tutoyer les sphères célestes et ne pas s’arrêter pour faire un signe aux anges. Recommencer à travailler dur pour dépasser les limites de votre exigence, les limites de l’exigence de vos lecteurs/éditeurs/fans, les limites de l’exigence de tous ceux qui n’ont pas envie de reconnaître votre valeur artistique. Quand votre premier « best-seller » consacrera vos nombreux efforts, vous saurez que vous avez franchi que la première des nombreuses marches qui vous séparent du temple céleste de la renommée éternelle qui se dresse sur la montagne devant vous.

    Oui, tout le monde peut potentiellement faire un chef d’oeuvre. Mais peu sont prêt a fournir la somme monstrueuse de travail qu’il faut pour le produire. C’est cette somme (et je ne parle pas du talent) qui fera toujours la différence entre un amateur et un professionnel. Le reste n’est dû qu’a la chance, l’emballage marketing ou la rencontre entre un artiste et l’air du temps qui le porte.

    Concernant le sujet central de cet article : Je pense que l’auteur de « Pepper et Carrot » a choisi en toute conscience un type de licence auquel il crois. Comme il est est pour tous les choix il a du renoncer aux autres options possible. Choisir c’est renoncer. Ses détracteurs, qui de toute évidence n’auraient pas renoncés aux même options, ne sont en rien obligés de faire comme lui. Chacun vis comme il l’entend ^^)

  7. Oui, bien sûr, Glénat pourrait parfaitement reprendre trame, personnages, histoire, et demander à un autre auteur de dessiner la suite, sans problème. La licence le permet. J’ignore si David Revoy y serait opposé ou pas. En revanche, comme vous le soulignez, le droit d’auteur à la française inclue cette notion de droit moral : techniquement, l’auteur originel peut refuser l’exploitation au nom de ce droit — inaliénable et incessible.
    Ensuite, c’est un pari risqué, le droit moral : je crois que des héritiers de Hugo avaient tenté, sans succès, de faire interdire une comédie musicale « Les Misérables ». Ça doit passer devant un juge, qui doit estimer si oui ou non il y a préjudice moral.

  8. Difficile — et c’est un débat vieux comme le monde — la part que le travail, la pratique, etc, prend dans la création d’un « chef-d’œuvre ». Ne nous méprenons pas quand je dis que tout le monde est capable de créer : je ne parle pas de créer des choses extraordinaires, juste de fabriquer des choses potables ! Si je m’en fie aux manuscrits que je reçois pour Walrus, par exemple, on peut dire qu’il y a 90% de choses illisibles, 9% de choses potables et 1% de travail remarquable. Mais rien ne dit que ce 1% n’a pas écrit le livre sur un coin de table en quelques jours, sans avoir touché un clavier de sa vie avant ! C’est le mystère de la création. Ne lui collons pas non plus des recettes trop mathématiques. Mais je suis d’accord : si on veut maîtriser un art, cela demande une grande pratique. Mais on peut aussi juste avoir envie de gratter une chanson d’Oasis sur sa guitare à 50€ 😉

  9. David a mené et tenté une très jolie expérimentation. On y souscrit, ou on y souscrit pas, à chacun de voir son intérêt propre. Mais la société ne serait effectivement mise en péril que si la licence choisit par David pour *ce* projet était la norme, ou était généralisée.

    Ce n’est pas le cas. On est sur un épiphénomène. Vraiment pas de quoi établir une guerre des tranchées, sinon faudrait également interdire aux artistes de rue de jouer tant qu’un producteur ne l’aura pas avant signé. Dans le métro.

    La démarche de David tourne autour de la liberté et du partage, ce que ses détracteurs n’ont pas forcément compris. Mais puisque l’essentiel des reproches tournent autour de l’argent, allons-y: David a choisi cette voie pour percevoir une rémunération, directe, indirecte, durable ou pas (même les CDI sont précaires, de nos jours, je vous le rappelle) et il a eu raison de le faire. L’industrie ne s’est pas proposée pour partager avec lui les miettes de ses gâteaux? Qu’à cela ne tienne: David s’est cuisiné le sien propre, le distribue généreusement à tous ses convives, et n’est rétribué que par ceux qui lui sont reconnaissants ou choisissent de le faire. Comme les artistes de rue (j’ai pas vu Sting ou Madonna en train d’agresser des musiciens dans le métro parcequ’ils mettent en péril le système), en somme. De plus: Il paie ses cotisations, ses impôts? Il règle son loyer et remplit son frigo? Félicitations, certains salariés n’y parviennent pas, je ne vois donc pas quoi lui reprocher.

    Alors merci David pour ta générosité. Continue à nous émerveiller par ton talent, tes histoires, tes couleurs. On en manque cruellement.

    Tiens, je vais aller te Tipeeer, plutôt qu’attendre la prochaine occasion de boire une bière avec toi.

    La bise.

  10. Cette notion du « tout le monde » peut être un créateur me pose un réel problème car elle contribue justement à abaisser la valeur du travail des artistes mais en plus elle ancre dans l’esprit l’idée qu’il suffit de taper sur un clavier pour construire une œuvre. Hors c’est loin d’être le cas - et ce quelque-soit les domaines - et le talent inné est le plus souvent une vaste fumisterie qui colle aux métiers de la création comme un vieux chewing-gum sur une chaussure usée.

    Un synopsis écrit sur un coin de table restera un synopsis écrit sur un coin de table. Ce qui distingue l’amateur du « pro » c’est le temps qu’il consacre à sa création. Ce précieux temps qu’il peut user pour faire les recherches documentaires, retravailler la dramaturgie, le style, triturer l’idée de base pour la métamorphoser en autre-chose de moins facile, de plus signifiant. Combien de BD ai-je lu sur le net et qui se contente de n’être que de pâle copie d’une œuvre à la mode.

    Pour prendre un exemple caricatural, 2001 l’Odyssée de l’Espace de Stanley Kubrick dépasse les conventions de la SF parce que ses auteurs ont pu prendre le temps - ils n’étaient pas stressés par une quelconque précarité - pour bien cerner leurs sujets.

    Construire quelque-chose de pertinent prend du temps, on ne le répétera jamais assez et seul une pratique journalière peut faire éclore « le talent », ce qui n’est pas atteignable en tant qu’amateur.

  11. Je conçois que cette notion puisse gêner, notamment quand on a consacré sa vie à une pratique professionnelle. Mais c’est une réalité avec laquelle il va falloir composer.

  12. « David Revoy pourrait continuer son projet mais passer ce qui suit en CC BY NC. De fait, il pourrait continuer à distribuer son œuvre à son public gratuitement, mais Glénat serait obliger de sortir la carte bancaire pour avoir la suite (et obtenir une autorisation pour usage commercial de l’auteur). Pire encore, n’importe quel concurrent pourrait enchérir pour obtenir cette suite, sachant bien qu’il peut rééditer le premier tome comme bon lui semble. C’est l’auteur qui gagne.  »

    Je ne suis pas sûr que l’auteur ait pensé comme ça dès le début, par rapport aux éditeurs, mais c’est tout à fait la chose à faire ensuite ! Ça serait une nouvelle donne. Bon, ça ne rendrait pas le métier plus facile, il y aurait un flou sur le statut ou la manière de cotiser mais bon…

    Très bon article, en tout cas, qui a le mérite d’essayer de jauger le pour et le contre, de réfléchir au prochain paradigme.

  13. @Neil Jomunsi : En quoi est-ce une réalité ? Qu’est ce qui est une réalité ? la médiocrité crasse des idiots utiles du libéralisme qui croient qu’écrire ou parce qu’il maîtrise 20% d’un logiciel craqué genre Photoshop qu’ils font « de l’art » ? Sérieusement ? Putain ! Ras le cul de ces conneries, vous avez réussi à me faire sortir de mes gonds !

    Pour la petite histoire, j’ai taffé comme une dingue pendant 3 ans après des études audiovisuelles pour exercer comme monteuse (ou cameraman) et là encore, dans ce milieu, tout est nivelé par le bas par des abrutis qui acceptent des contrats de misères. J’ai abandonné la cause pour subvenir de manière plus prosaïque à mes besoins, je m’en sors mais merde ! J’ai perdu un pont et mon temps car je ne peux pas exercer parce que sinon je crèverai de faim. Et après tu vois des mecs à la téloche qui ne peuvent même pas faire une balance des blancs corrects, soit la base dans ce boulot…

    Et je ne parle même pas de mon compagnon qui en 20 ans n’a pas touché une bille pour ses multiples dossiers éditoriales. On a rangé tout ça maintenant et on assiste, impuissant, au carnage généralisé. Mais ça me donne envie de hurler de lire des inepties pareilles.

    Bonne soirée et adieu.

  14. Personne ne dit que la création ne demande pas de travail ou de savoir-faire. Mais jusqu’à preuve du contraire il n’existe pas de haute autorité à la création pour distinguer les professionnels et les amateurs. Faut-il une pointeuse pour prouver qu’on a passer assez de temps à travailler pour que l’oeuvre soit considérée comme de l’art et pas comme « je-sais-pas-trop-quoi » (mais pas de l’art parce que sinon on serait pro) ?
    J’aime jeter des pavés dans la mare, mais tout ce que je lis c’est de la condescendance, comme une sorte de classe sociale aristocratique, une classe fermée sur une distinction « pros »/ »amateurs » que je ne comprends pas trop, et qui refuse que les classes « inférieures » cherchent à se faire une place… Qui décide qui mérite et qui ne mérite pas ? Sur quels critères ?
    On parle diffusion alternative ici, pas du modèle actuel vérollé qui ne s’embête pas de notion de « pro » ou d‘« amateur » pour laisser la très grande majorité des créateurs dans la précarité… excusez certains d’essayer de vivre autrement que ce système qui, vous le dîtes vous-même, laisse les « pros » dans la précarité…

  15. Là c’est pas une alternative, c’est le Far-West ! Tendance sanglante…

    Déjà que dans les autres domaines de la vie le libéralisme ne se fait pas prier pour raboter les coups, alors si la com’ marche, tu penses bien que les éditeurs font se jeter sur cette aubaine. Faut vraiment ne pas réaliser la direction générale du monde dans lequel on vit pour comprendre que cette manière de faire est nocive pour tous et bénéfique pour un seul.

    Et puis comment notre auteur vit-il, quel boulot il fait ? Sérieusement, il a le temps de faire ça en plus de son taff ? Je serais son patron, je l’aurais viré à coup de pieds au cul depuis longtemps. Pour un clampin qui se démarque de cette démarche, combien dans le goulot d’étranglement.

    Et quid du signifiant de l’œuvre ? Je ne vois rien chez-lui qui ne soit pas d’une quelque manière que ce soit original dans la démarche. Est-ce que cette histoire mérite d’être racontée, pourquoi. Oui les lecteurs l’aiment, certes… Mais cela ne dit rien de l’époque, ne propose rien. Les plans et les mises en scènes sont sans saveur. Un simple démarquage de l’oeuvre de Hayao Miyazaki, l’intelligence en moins…

    Pro : Celui qui vit de son boulot et qui le fait bien. Celui qui se fait payer pour son talent et ne l’exerce pas gratuitement.

    A bon entendeur.

  16. Hello,

    Juste un petit témoignage car cet article et surtout les commentaires qui le suivent m’ont fait réagir.

    Je fais moi-même partie des amateurs dont on parle plus haut.
    Je fais des petits dessins sous licence libre pour qui cela intéresse mais j’ai un travail (bien loin du domaine artistique) qui me permet de faire vivre ma petite tribu gentiment sans chichi mais on est heureux.
    Je fais partie des gens qui ont vu en internet le moyen de pratiquer un art, de le publier et d’espérer modestement que d’autres s’y intéresserons, pas pour devenir le nouveau Franquin,non , juste pour partager, progresser, s’amuser!
    Je peux vous assurer que tous les jours devant ma feuille blanche j’ai une bonne idée de ce qui me sépare d’un professionnel, d’un vrai artiste. Il me manque les études, le temps, la pratique et le talent.
    Mais je ne gêne personne, je n’occupe aucune place dans les rayons, chez les éditeurs, où ailleurs.
    j’ai mon blog (rarement actualisé), diaspora, quelques forums, ah si, c’est vrai j’ai eu une exposition dans une librairie en campagne, et un article dans le journal local (mais vraiment local, j’ai pas trouvé de mot plus réducteur),mais à part ça, je ne vole donc le travail de personne. Donc pourquoi reprocher aux amateurs la situation actuelle des artistes pros?

    Je sais que les professionnels ont de grandes difficultés pour vivre de leur travail, mais ce n’est pas le fait de gens comme moi qui se créent leur propre quart d’heure de célébrité sur leur site dans un coin d’internet (avec un nom de domaine même pas à eux c’est dire), nous (je) n’éxistons(e) pas aux yeux de la profession et ça me va bien comme ça.

    Quant à David Revoy, c’est pour moi un professionnel et un grand artiste qui fait beaucoup pour le libre en général qui vit je crois de sa bd grâce aux patreons, aucun rapport donc avec un amateur.

    bonne soirée et merci pour cet article

    Péhä

  17. Réponses dans le désordre, désolé, je ne vois pas de bouton « Répondre » en dessous des commentaires.

    @Anne O’nyme

    > En considérant de simples amateurs comme des pros, on créé un précédent catastrophique pour toutes les professions cités.

    > Pro : Celui qui vit de son boulot et qui le fait bien. Celui qui se fait payer pour son talent et ne l’exerce pas gratuitement.

    De ce point de vue, Van Gogh n’était pas un pro. Et le nombre d’écrivains pro est dangereusement bas. Et d’après ce que je comprends de la situation des auteurs de BD, ils sont dans le même cas : seuls quelques heureux vivent pleinement et correctement de leur art.

    Et tout pro, selon ta définition, a été un amateur avant de passer pro. Si on ne le fait pas passer pro, quand un amateur peut-il devenir pro ?

    > Et puis comment notre auteur vit-il, quel boulot il fait ? Sérieusement, il a le temps de faire ça en plus de son taff ?

    Je ne sais pas ce que fait David à côté, mais ouais, faut croire qu’il a le temps de faire ça en plus de son boulot.

    > Déjà que dans les autres domaines de la vie le libéralisme ne se fait pas prier pour raboter les coups, alors si la com’ marche, tu penses bien que les éditeurs font se jeter sur cette aubaine. Faut vraiment ne pas réaliser la direction générale du monde dans lequel on vit pour comprendre que cette manière de faire est nocive pour tous et bénéfique pour un seul.

    C’est vrai que les licences libres sont un véritable fléau. La preuve ? Sans licences libres, Internet ne serait pas ce qu’il est : plus de 50% des sites webs les plus consultés au monde utilisent des serveurs webs libres, les plus grosses boîtes de l’Internet existent grâce au libre (Google, Apple, Facebook… même Microsoft avait piqué la pile réseau de BSD pour Windows). Est-ce que le non-libre a disparu ? Non.

    Le libre entraîne un changement de paradigme. On met dans le pot commun et chacun est libre de se servir dedans. Oui, il y en a qui font les gros rats et se goinfrent. Mais généralement, le passage au libre est bénéfique pour tous au final.

    > Et quid du signifiant de l’œuvre ? Je ne vois rien chez-lui qui ne soit pas d’une quelque manière que ce soit original dans la démarche. Est-ce que cette histoire mérite d’être racontée, pourquoi. Oui les lecteurs l’aiment, certes… Mais cela ne dit rien de l’époque, ne propose rien. Les plans et les mises en scènes sont sans saveur. Un simple démarquage de l’oeuvre de Hayao Miyazaki, l’intelligence en moins…

    Bah alors pourquoi tu t’en soucies ? Le livre fera un four et Glénat ne recommencera plus. À moins que ton jugement ne soit pas celui de la majorité et que le livre se vende bien.

    > la médiocrité crasse des idiots utiles du libéralisme qui croient qu’écrire ou parce qu’il maîtrise 20% d’un logiciel craqué genre Photoshop qu’ils font « de l’art » ?

    Bon, déjà David utilise des logiciels libres (Krita), donc le « logiciel craqué genre Photoshop »… Ensuite tu émets un jugement de valeur en disant que les amateurs ne font pas de l’art. Le grand-père qui fait son aquarelle des bords de la Moselle, ce n’est pas de l’art ? Ça a été fait 100 fois ? Il n’a même pas de talent ? Et alors ? Il fait ce qu’il aime, et son travail n’a pas à passer sous les fourches caudines d’un comité pour être qualifié d’art. Rappelons-nous que bon nombre de mouvements artistiques (au pif, le cubisme, l’art abstrait) n’ont pas été qualifié d’art tout de suite. « Picasso ? Mais mon gamin de 4 ans fait la même chose voyons, ce n’est pas de l’art. »

    > dans ce milieu, tout est nivelé par le bas par des abrutis qui acceptent des contrats de misères.

    Plutôt que de taper sur ces « abrutis », tape plutôt sur les gens qui les embauchent alors qu’ils sont moins bons. Certes, ceux qui acceptent ces contrats de misères participent au système, mais ce n’est pas eux qui l’ont mis en place.

  18. Tout d’abord, merci pour cet excellent article, qui résumé parfaitement mes pensées après la lecture de l’article de Calimaq et les intéressant (mais un peu répétitifs) commentaires associés.
    Et va au-delà, le tout avec un style vivant et marrant… 🙂

    Je suis comme Péhä, un amateur moyen / médiocre (enfin, je parle pour moi, hein !), qui aime dessiner, n’en a rien tiré pécuniairement, essaie vaguement de me faire connaître sur le Net, et connait parfaitement sa place (bien bas) par rapport aux maîtres (Franquin, Möbius, Watterson, Foster, etc.), voire aux bons professionnels (Boulet, présent dans les commentaires, Peynet, Weyland, etc. un peu en vrac).

    Tout ça pour dire que je suis d’accord avec l’analyse « de plus en plus d’amateurs se lancent, pour le meilleur et pour le pire ». Et, en effet, le niveau des amateurs croît régulièrement. Et, en effet, fort peu sont d’un niveau professionnel, digne d’être publié… Manque l’apprentissage (croquis modèle vivant, entre autres), la pratique, intense, longue, exigeante. Et une touche de talent, quoiqu’en disent certains.

    Un dernier mot sur la licence. Effectivement, je crois que peu seront assez passionnés pour choisir la licence CC-BY. CC-BY-NC est un poil plus vraisemblable, mais les auteurs, généralement, préfèrent garder leur « bébé » et laisser tout un chacun s’approprier leur œuvre peut en effrayer plus d’un.
    David utilise exclusivement des logiciels libres (source ouvert, et gratuits), et a voulu faire une œuvre dans cet esprit.
    Bon, il y a une différence fondamentale entre une librairie (composant logiciel) ou une application complète libre, et une œuvre artistique libre.
    Une telle librairie peut être utilisée librement dans un logiciel commercial. Photoshop, pour n’en citer qu’un, en utilise pas mal, dont les modules pour lire et écrire du Jpeg ou du PNG. Au mieux, ils contribuent des correctifs de bugs, mais n’ont guère d’autre obligation que de citer le logiciel quelque part…
    La différence, donc, c’est que ces logiciels sont souvent faits par des informaticiens passionnés, qui font ça le soir, ou, au mieux dans le cadre de leur travail. Bref, ils sont rémunérés, fort bien en général, et font ça pour le plaisir (ou la gloire, etc.). Les artistes, eux, sont à leur propre compte, sont précaires, et souvent sous le seuil de pauvreté. C’est donc pas le même contexte, et à part quelques amateurs, je vois peu qui utiliseront cette licence.

    J’ai hésité à répondre à Anne O’Nyme, limite troll… encore que je peux comprendre son amertume.
    Disons simplement que je ne vois pas ce que le patron de David a à voir avec son travail personnel : les gens ont le droit d’avoir des loisirs. De plus, j’ai cru comprendre que David, maintenant, vis (chichement) de ses souscripteurs.
    Je ne commenterai pas sur la critique, chose personnelle, mais « cela ne dit rien de l’époque » ne veut pas dire grand chose : on peut faire des œuvres de divertissement, légères et plaisantes. Elle préfère des œuvres plus profondes, c’est son droit, mais comme elle dit, de nombreux lecteurs apprécient son travail (et peuvent aussi apprécier des choses plus profondes !).

  19. Il me semble impossible de nier que l’on vit aujourd’hui un éparpillement (heureux à mon goût) des œuvres, des circuits et même des goûts. Continuer à ériger une barrière entre les « auteurs professionnels » et les autres c’est nier toutes les pratiques de partage et de remix. C’est aussi croire à un art ou une création faite par des élites (doués et spécialisés) pour le commun. C’est aussi sans doute aussi à un but ultime de la création : élever les âmes, éblouir ou que sais-je d’autre. Qui peut décider que telle création vaut mieux que telle autre ? Et doit-on s’alarmer que quelqu’un préfère lire et payer pour de la fan-fiction plutôt que pour du Balzac ? Qui peut estimer qu’un professionnel qui cherche à vivre de sa création fera toujours mieux qu’un amateur qui y consacre tout son temps libre à sa passion ? L’amateur peut consacrer autant de temps, de travail, de renoncement et de recommencement qu’un professionnel. Et trouver son public. Et en vivre. Et devenir un « amateur professionnel ». C’est une chance incroyable plutôt qu’un triste constat.

  20. Nooooooooooooon !! Le gars se ramène chez un éditeur avec une série qui cartonne, qui posssède déja un large public, assuré de bien se vendre (l’éditeur l’a bien compris en tirant à autant), ce qui lui donnait une force pour négocier un très bon contrat en droits d’auteurs classique chez Glénat, et qui lui rapporterait bien plus que ce petit contrat de merde payé en pourboire !! … Vous êtes pas de mon avis ?

  21. Merci beaucoup Neil pour cet article, fort bien écrit et surtout avec un réel recul.

    Amateur de BD, droit d’auteur et de Creative Commons, je suis resté circonspect devant cette événement presque cathartique sur le monde de la BD et de la création en général.
    Circonspect, aussi devant les réaction de Boulet et Calimaq voir Béhé, avec qui je suis d’accord pour son commentaire posté ici.
    Et finalement, tout le monde parle de la même chose : une exploitation servile est-elle justifiable ?

    Le libre permet juste de mettre en avant les failles d’un système.
    A coté de ça, le cinéma français connait le même problème sans le libre http://www.lefigaro.fr/cinema/2014/01/08/03002-20140108ARTFIG00429-90-des-films-francais-ne-sont-pas-rentables.php et les roturiers de l’Internet s’étaient trouvés bien embêté en découvrant Heartbleed, la faille d’OpenSSL, projet libre que beaucoup utilisés mais peu financés ou aidés.

    Je me permet aussi de dire que je souhaite faire un article sur ce sujet et que je citerai le tien, car constructif.

  22. « Certes, ceux qui acceptent ces contrats de misères participent au système, mais ce n’est pas eux qui l’ont mis en place. »
    Il est urgent de lire ou relire le discours sur la servitude volontaire de La Boetie. Ce qui m’étonne c’est que beaucoup de ceux qui se targuent de discours sur la liberté, actuellement, sont les premiers à accepter le système en se mettant dans une position de quasi esclave. La liberté à un coût. On peut faire ce choix et l’assumer. Mais on ne peut pas, dans ce cas céder les fruits de son travail à quelqu’un qui n’a pas la même logique (en l’occurrence l’éditeur). Nous avons ici un auteur qui est dans une logique que l’on peut qualifier de libertaire, tout à fait respectable, mais qui accepte de céder le fruit de son travail (peut importe qu’il soit génial ou nul, pro ou amateur) à un chantre de l’ultra libéralisme (qui par ailleurs est cité dans l’affaire des panama papers-peu importe que ce soit pour fraude fiscale ou simple optimisation légale , cela montre simplement sa vision politique du monde). Ce que je ne comprends pas, donc, c’est le choc de deux visions politiques totalement opposées avec quand même l’impression qu’il va y avoir un gros dindon de la farce. Où est la remise en cause du système? Je ne vois là à terme qu’une récupération par le système et un renforcement du pouvoir de celui-ci. Quelle liberté de création quand le lieu de pouvoir réel est celui de la diffusion qui, elle, reste aux mains de gens qui se foutent de nos débats sur l’art? Il me semble que si David était cohérent politiquement et philosophiquement, il aurait du rester dans un système de diffusion gratuit ou participatif. S’il choisit de passer par le circuit « industriel » classique, qu’il en accepte les règles, en essayant de les tirer vers le haut, quitte à reverser le trop plein de ses gains, s’il n’aime pas l’argent, à des œuvres qui lui conviennent. Si son bouquin marche, cela équivaudra à enrichir encore plus les riches. À la limite, en acceptant un éditeur officiel, il aurait mieux valu qu’il en choisisse un courageux et qui rame pour l’aider dans sa passion. Tout ceci ne me paraît donc pas résulter d’une réflexion globale et cohérente. Mais peut-être ne suis-je qu’un vieux con…

  23. Pratiquer « correctement » ? Je ne saisis pas très bien le concept. Surtout quand on parle d’Art.
    Professionnel - Amateur ? Dans l’Art. L’Art est à l’artiste puis au public, juge suprême.
    Ça se passe comment ? Une oeuvre est meilleure parce que l’auteur a fait un crédit pour étudier 5 ans, 10 ans et s’équiper ? Une bd est meilleure quand les auteurs sont diplômés et ont eu le pognon pour aller faire une école ? Y’a t’il un classement de valeur entre celui qui paye Photoshop et celui qui le pirate ? Un groupe de musique doit n’avoir que des membres issus de conservatoires. Meilleure musique car Conservatoire National ? Moins bonne quand Régional ?
    L’Art est une occupation, un travail, une passion. C’est une opinion, un délire futile, un poing levé, une insurrection, un gagne-pain. Il est partout et nulle part.
    Chacun en fait ce qu’il veut, et encore une fois, seul le public jugera, appréciera ou pas.

  24. Bonjour, Ben :
    C’est donc avec une grande impatience que nous attendons votre chef-d’œuvre qui changera le monde de l’art et bouleversera nos petits cœurs.
    Allez, tchao l’artiste.

  25. Bonsoir Anne O’ Nyme,
    Ah, ça y est… J’ai la pression. Pour quand dois-je le rendre ?

    Blague à part :
     » Chef-d’oeuvre « , c’est plutôt subjectif, n’est-ce pas ? Les goûts et les couleurs… Une bouse pour les uns, du génie pour les autres…

    Changer le monde ? Directement, sans échauffement ?
    Alors d’un revers, exit l’humilité ? L’élan passionné ? Le geste thérapeutique ? La manie partagée ?
    À vous lire, il n’y aurait qu’une seule manière, un seul objectif…Le résultat, flamboyant de surcroît.
    Ça manque de magie, ou de sel, non ?

  26. « Où est la remise en cause du système? »
    Qui a parlé de remettre en cause le système ? Ou d’y adhérer, d’ailleurs.

    « S’il choisit de passer par le circuit « industriel » classique »
    Il n’a pas fait ce choix. Il a juste choisi de permettre à ce circuit d’utiliser son œuvre.

    « il aurait mieux valu qu’il en choisisse un courageux »
    Là encore, il n’a pas choisi. Et rien n’empêchait un éditeur courageux de faire la même chose que Glénat, avant eux, voire encore maintenant (mais c’est dur de concurrencer, maintenant).

  27. N’avait pas lu le commentaire d’Anoure qui résume ma position. Au final peu importe la qualité du travail de David parce que soit :
    a/ David le fait avec une logique libertaire, des outils en Open Access et donc refuse l’utilisation abusive de son travail par quelqu’un qui représente l’autre bord.
    b/ Soit il accepte mais dans ce cas, il assume de passer la frontière commerciale.

    Soit :

    a/ Tu as une idéologie et tu luttes pour la rendre cohérent à travers tes actes. Tu essaies des solutions alternatives (encore bancales mais c’est un autre problème à la limite) sans manger dans la main des puissants (puisque tu es hors-piste).
    b/ Tu n’as pas d’idéologie, tu t’en bats les couilles royale de tout ça et le système actuel te correspond très bien.

    Mais tu ne peux pas être les deux en même temps.
    Le problème c’est qu’en mangeant dans la main de Glénat (un symbole, qu’on le veuille ou non) on envoie un message aux restes des artistes de toutes obédiences (et les plus lucides l’on compris).

    Le personnage est d’une exceptionnelle incohérence dans ses propos, son seul argument se résumant à se servir de son travail pour devenir « Famous » (d’où le fait qu’il le dissémine à droite et à gauche). En résumé, il ne révolutionne rien mais nous fait tous tourner en bourrique. Au mieux c’est un naïf, au pire un dangereux opportuniste… Mais rien de défendable.

Les commentaires sont fermés.