Fanfictions : votre passion est illégale

Vous adorez Harry Potter, Hunger Games, Twilight, Le Seigneur des Anneaux, Percy Jackson, Divergent et tant d’autres, jusqu’ici rien d’anormal. Sur votre temps libre, vous passez des heures à imaginer et à écrire de nouvelles aventures de vos personnages préférés, à inventer des relations amoureuses jamais évoquées par les auteurs originaux (quelquefois, au grand dam des fans), à réécrire un évènement canonique de l’univers du point de vue d’un autre protagoniste… bref, vous écrivez de la fanfiction et vous adorez ça (comme je vous comprends).  Nous sommes nombreux à regretter la fin d’une série, à déplorer le traitement de tel ou tel personnage ou simplement à vouloir prolonger le plaisir d’une immersion en terres fictionnelles qui a changé notre vie à tout jamais.

Malheureusement, j’ai une mauvaise nouvelle pour vous : votre passion est illégale. Vous avez bien lu. Selon le Code de la Propriété Intellectuelle, qui régit le cadre de l’application du droit d’auteur, publier une fanfiction n’est pas une pratique autorisée par la loi. C’est votre passion ? Je comprends votre désarroi. Sachez cependant que dans l’absolu, votre passe-temps favori pourrait vous coûter cher.

Quand un auteur ou une autrice écrit un livre, un film, une série, la société lui accorde des droits d’auteur sur son œuvre. En gros, cela signifie qu’il ou elle est le seul propriétaire de l’œuvre jusqu’à sa mort (et après lui ou elle, ses héritiers en auront les droits pendant 70 ans après la date de sa mort) et décide de ce qui se fait ou non autour de l’exploitation de cette œuvre. Si vous voulez écrire une fanfiction autour de Miss Peregrine et les enfants particuliers, vous devez d’abord demander l’autorisation (et éventuellement payer des droits) à Ransom Riggs. C’est la loi.

L’article L122-5 du Code de la Propriété Intellectuelle ne fait qu’une exception à cette règle impitoyable : la parodie, le pastiche et la caricature. En d’autres termes, vous avez le droit d’écrire une version comique de Star Wars. Mais il faut que ce soit clairement une parodie, et donc quelque chose de drôle. Une version érotique d’Harry Potter n’est donc pas une parodie. Il faut que ce soit rigolo. Et encore, ce sera au tribunal d’en décider. Car oui, l’auteur peut quand même vous attaquer en justice s’il estime que votre parodie n’est pas assez parodique. C’est ce qui est arrivé à Gordon Zola et à sa parodie de Tintin (heureusement le tribunal, après avoir donné raison aux ayant-droits de Tintin, a finalement revu son jugement en appel). Donc même avec la parodie, vous n’êtes pas à l’abri.

Vous allez me dire : « Alors comment ça se fait qu’il existe autant de sites qui publient de la fanfiction ? Ils sont tous illégaux ? » Et je vous répondrai que oui, ils sont tous illégaux, car ils exploitent des univers protégés par le droit d’auteur et qu’à ce titre et sauf mention contraire explicite, toute utilisation / exploitation d’un univers protégé par le droit d’auteur est soumise à autorisation (ce qui la plupart du temps équivaut à signer un gros chèque au détendeur des droits ou à se voir opposer un NON saignant et définitif). Des portails tels que fanfiction.net – pour ne citer que lui – sont simplement tolérés ou ignorés par les détendeurs de droits, qui disposent d’un droit de vie ou de mort sur eux. Dans la pratique, quand les œuvres sont diffusées gratuitement sur internet, c’est à dire quand aucune transaction commerciale n’est effectuée lors de la diffusion de l’œuvre, les ayants-droit tolèrent ou font semblant de regarder ailleurs. Mais attention, hors de question de vendre votre fanfiction ! Vous risqueriez très gros. D’ailleurs, l’usage commercial peut lui-même se discuter : si par exemple vous diffusez votre fanfiction sur votre blog et que ledit blog diffuse des publicités, les ayant-droits pourraient parfaitement vous dire qu’il s’agit d’une utilisation commerciale de leur œuvre ! Eh oui, de l’argent est généré via les pubs à chaque lecture de votre fanfiction…

Pour résumer, si J.K Rowling n’encourageait pas la fanfiction comme elle fait et qu’elle avait préféré dire que son univers devait rester sa seule propriété, elle aurait très bien pu faire envoyer un mail au site en question pour lui demander d’effacer la section Harry Potter. Certains auteurs, comme Anne Rice (Chronique des Vampires), Diana Gabaldon (Outlander) ou G.R.R. Martin (Game of Thrones), sont officiellement opposés à toute forme de fanfic. S’ils leur prenaient donc l’envie de supprimer vos œuvres, ils seraient parfaitement en droit de le faire au nom du respect de leur droit moral.

Le droit moral, c’est quoi ? C’est le droit pour le créateur original d’une œuvre de juger si une œuvre dérivée de la sienne (une fanfic est donc un bon exemple d’œuvre dérivée) porte atteinte à l’image de la sienne. Imaginons : vous trouvez qu’Edward Cullen et Jacob Black feraient un joli couple et vous décidez d’en faire une histoire. Si Stephenie Meyer tombe sur votre histoire sur internet et qu’elle estime que cette romance porte atteinte à son œuvre, elle peut demander sa suppression et, dans l’absolu, vous attaquer en justice pour demander réparation du préjudice.

Amazon, avec son service Kindle Worlds, a récemment tenté de créer une sorte de portail de fanfiction officiel : en résumé, Amazon négocie un pourcentage directement avec les détenteurs des droits des licences et autorise les auteurs à publier et vendre des fanfictions issus de ces univers, mais uniquement sur Amazon et dans des conditions tarifaires spéciales : la moitié de vos revenus d’auteur revient au détenteur des droits. En l’absence de grosses licences (les plus connues sont Veronica Mars, Gossip Girls, Vampire Diaries, Pretty Little Liars ou Silo), le succès n’est d’ailleurs pas vraiment au rendez-vous.

Vous ne pensiez faire aucun mal en publiant des fanfictions ? Désolé de vous décevoir : au regard de la législation en vigueur au sujet du droit d’auteur, vous êtes un malfaiteur, un bandit de grand chemin, voire même un voleur. Internet a pourtant bouleversé la manière dont nous appréhendons les univers de nos auteurs préférés : même illégales, fanarts et fanfictions sont désormais des pratiques très répandues sans lesquelles les fans se sentiraient exclus des univers qu’ils contribuent pourtant à enrichir. Le monde continue de tourner. Il est donc temps que tout cela change aussi.

Alors qu’est-ce qu’on peut faire ?

Si comme moi vous pensez qu’on devrait avoir le droit de publier des fanfictions, de s’emparer d’univers que l’on aime pour se les rendre encore plus personnels, de s’y amuser, d’y fantasmer, de les revivre autrement, alors il n’y a pas 36 solutions : il faut militer pour une modification du droit d’auteur et du Code de la Propriété Intellectuelle, pour par exemple faire inscrire dans la loi l’autorisation des usages non-commerciaux d’une œuvre, et le droit de la remixer. Eh oui, militer pour la refonte du droit d’auteur n’est pas toujours un truc de geek : nous sommes tous concernés ! Celles et ceux qui écrivent des fanfictions doivent s’emparer de ce sujet, en parler autour d’eux et militer pour que ça change. Sinon, cette pratique continuera de n’être que vaguement tolérée et risquerait de disparaître du jour au lendemain !

Pour ma part, je soutiens la Quadrature du Net, une association de défense des droits des citoyens sur internet, qui se bat justement pour avancer sur le sujet du droit d’auteur. J’ai aussi clairement pris parti pour la députée européenne Julia Reda lorsqu’elle a défendu auprès de la Commission européenne l’urgence de réformer le droit d’auteur, notamment pour ces raisons.

C’est un sujet sur lequel tous les auteurs de fanfictions doivent être informés, car nous avons besoin d’eux pour faire changer les choses.

Et vous, qu’en pensez-vous : les fanfictions devraient-elles être autorisées par la loi ? Ouvrons le débat ici.

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43 réflexions sur « Fanfictions : votre passion est illégale »

  1. Ça dépend du dictionnaire des juges. ^^ Le pastiche, c’est « imiter de façon burlesque ». Et « burlesque », c’est « tourner en ridicule ». On est quand même dans le registre de l’humour.

  2. Tant qu’il est mentionné explicitement qu’il s’agit d’une fanfiction, je suis tout à fait pour la légalisation, même à usage commercial.

  3. Je pense qu’il y a pas mal de confusions dans cet article. Ecrire une fan fiction pour soi ou ses amis est légale et personne ne vous le reprochera jamais ! La publier et gagner de l’argent avec, c’est autre chose. En publiant vous devenez un professionnel et vous devez vous comporter comme tel, en respectant les règles en usage. Gagner de l’argent avec le travail d’un autre auteur (c’est la définition d’un fan art commercial) c’est effectivement et heureusement interdit. C’est une sorte de vol, qui n’a rien à voir avec la passion (qui ne nécessite pas de vendre son fan art elle…). Il ne faut pas faire passer des voleurs de textes et d’idées pour de simples et gentils passionnés… Si vous voulez écrire et gagner de l’argent en continuant le travail d’un auteur vivant (qui n’a que ses livres pour gagner sa vie), il est tout a fait possible de se rapprocher de son éditeur, de l’auteur, etc. Bref il faut entreprendre des démarches professionnelles, etc. Le faire en douce relève avant tout de la lâcheté et de l’escroquerie. Que se passera t-il quand les voleurs seront eux même volés de leurs textes ? Auraient-ils la même tolérance ?

  4. Je suis en train de me dire que tu as du bol que les ayants-droits de Jésus et d’Hitler sont tous morts. 😛

    Pour répondre plus sérieusement : dans la mesure où JK Rowling encourage le fanfic, c’est d’une certaine manière comme si elle disait aux lecteurs que la loi les en empêche mais qu’elle leur donne un blanc-seing.

    D’un autre côté, dire que la loi l’autorise explicitement ouvrirait la porte à toutes sorties de copies qui dénatureraient l’œuvre (une pensée pour les t-shirts de Calvin et Hobbes malgré l’interdiction explicite par Bill Waterson de tout produit dérivé).

    Donc, proposition de voie moyenne (très française on en conviendra : tout ce qui n’est pas explicitement autorisé est interdit) :

    Les oeuvres dérivées sont interdites, sauf autorisation expresse par un auteur, révocable à une date ultérieure sans pour autant porter préjudice rétroactivement aux personnes qui les ont produites, sous réserve qu’elles n’en ont pas tiré profit dans le cadre d’une activité commerciale.

  5. @HenriBlum : Je ne vois pas bien où est la confusion, puisque vous expliquez exactement ce que je dis dans l’article, si ce n’est avec vos propres mots. Mais vous avez peut-être mal lu, ou trop rapidement, je vous pardonne votre étourderie. D’ailleurs, je parle surtout de celles et ceux qui publient *gratuitement* des fanfictions, et pas des personnes qui voudraient les vendre.
    Quant aux auteurs vivants, oui, ils ont cruellement besoin de mieux vivre et subissent la précarité : vous ne trouverez rien d’autre sur ce blog. Reconnaissez néanmoins que l’écrasante majorité des fanfictions produites le sont à partir de matériaux fictionnels ayant été plus que largement rentabilisés (je ne plains pas J.K. Rowling, qui d’ailleurs a explicitement autorisé les fanfictions non-commerciales) et touchent rarement (un mot poli pour ne pas dire jamais) les petits auteurs inconnus.
    Quant aux accusations de vol, de lâcheté et d’escroquerie, je les laisse à votre propre appréciation.

  6. « faire inscrire dans la loi l’autorisation des usages non-commerciaux d’une œuvre »
    Une des bêtises et méconnaissances de l’article… L’usage non commerciale d’une oeuvre est tout à fait possible (et c’est courant). Il faut juste un accord de l’auteur (et des personnes ayant un quelconque droit sur l’oeuvre). C’est à l’auteur de décider de ce qu’il veut faire ou autorise pour sa création. C’est la plus élémentaire évidence… La loi n’a rien à voir là dedans…

    Exemple (auquel je suis confronté actuellement) : une association utilise gratuitement des personnages de BD très connus dans sa communication, avec l’accord de leur créateur, qui veut soutenir cette association. Il y a des milliers d’exemples… Encore une fois rien n’est rigide, c’est au cas par cas et la loi finalement passe après l’avis de l’auteur… Bref l’usage non commerciale existe déjà…

  7. « Vous ne pensiez faire aucun mal en publiant des fanfictions ? »
    Il y a bien confusion entre écriture et publication (sur Internet ou ailleurs, la loi ne fait pas de différence). Ecrire est autoriser par la loi et relève d’une passion personnelle. La publication pour autrui (et vous parlez même de publier sur Amazon…) relève d’une pratique commerciale et est heureusement interdite. L’article entretient volontairement la confusion (ou son auteur n’est lui même pas assez informé). Les auteurs et créateurs professionnels passent leur temps à lutter contre le piratage (qui relève de la même logique). Les piller sans leur consentement va juste leur mettre un peu plus la tête sous l’eau… Apparemment cela n’interpele pas le désir égoiste et puéril de quelques amateurs…

  8. @HenriBlum : Vous avez raison, tout comme vous avez le droit de vous servir et de partir sans payer au supermarché si le directeur vous en a donné l’autorisation ! La loi suppose justement d’autoriser et d’interdire sans avoir besoin de demander au cas par cas, c’est ce qui fait qu’elle est bien pratique.

  9. Si vous écrivez des choses fausses, il faut s’attendre à ce qu’on vous le dise… Si vous ne l’acceptez pas, ne publier pas. Vous ne connaissez pas le droit et cela se voit. L’article pique les yeux de confusions. Si vous en êtes content, c’est le principal… Si vous voulez simplement dire que vous souhaitez écrire sans rien devoir à personne, écrivez le comme ça, tout le monde comprendra mieux.

  10. Tiens, d’ailleurs, j’aurais dû écrire dans l’article qu’à titre personnel, je n’écrivais pas de fan-fictions.
    Cher Henri Blum, j’attends toujours que vous me citiez l’endroit précis où vous avez lu une chose effectivement *fausse*. Jusqu’à présent, vous ne faites que vous prendre les pieds dans le tapis.

  11. Et bien moi, je suis CONTRE la légalisation de l’autorisation des fanfictions.

    Que ceux qui veulent écrire le fasse de A à Z. C’est sûr, c’est plus long, c’est plus de travail, mais c’est aussi plus stimulant et motivant.

    Ecrire des fanfictions doit rester dans le domaine du privé, d’un cercle restreint. : sur internet, ça devient public.

    Ce statut quo satisfait tout le monde, pourquoi vouloir le changer ?

    Et si il doit y avoir légalisation, je préfère à ce moment-là pencher pour L’INTERDICTION pure et simple.

    (Et puis, bon, la qualité des fanfictions, on repassera, n’est-ce pas, c’est rarement des écrits de qualité…)

  12. Je ne suis ni autrice ni lectrice de fanfics, mais je pense que dans ce domaine, le choix devrait revenir à l’auteur. L’idéal serait que l’auteur indique clairement s’il/elle choisit d’autoriser ou non les fanfics, et que ce choix soit respecté dans les deux sens, c’est-à-dire que :
    - Si l’auteur interdit les fanfics, les fans doivent accepter qu’ils le font « à leurs risques et périls » ;
    - Et inversement, si l’auteur autorise les fanfics, les agents/éditeurs/autres doivent laisser tranquilles les auteurs de ces fanfics et ne pas être plus royalistes que le roi.

  13. « Malheureusement, j’ai une mauvaise nouvelle pour vous : votre passion est illégale.  »
    bah c’est faux. Tu peux faire des fan fiction si ça t’éclate si tu ne publie pas
    Tu peux publier mais faut l’autorisation de l’auteur; ce qui est LOGIQUE.
    Je ne vois pas en quoi, remettre en cause ce principe, « L’auteur est le seul à décider si oui on non on peut exploiter/modifier son oeuvre » serait un plus pour la création,la culture, les auteurs et tutti quanti.
    cette libération sous forme d’exception pour les fan fiction serait un appel d’air à tout un parasitisme des oeuvres à grands succès. Et à ce jeu là, le moteur n’est ni la passion, ni l’amour de l’art mais l’appel du gain qui rime dans ce cas avec médiocrité.
    Donc oui Neil, Henri Blum a un peu raison quand il dit que ton article est rempli d’erreurs. Ta passion pour l’open te fait oublier l’essentiel, c’est ni toi ni moi ni Henri qui décide du sort d’une oeuvre. C’est l’auteur et l’auteur seul.

  14. Article très intéressant.

    Je lis très peu de fanfic mais cela m’arrive. J’en ai même écrit deux ou trois quand j’étais ado, avant de savoir que ça s’appelait comme ça et sans jamais les publier.

    Que je ne supporte pas ce mépris des fanfictions qu’on certains !!
    Certaines sont mal écrites ? Oui c’est sur, comme des tas de livres qui arrivent sur le marché en passant pas des maisons d’éditions et qui propose des univers soit disant « originaux » mais pour lesquels, parfois, on repassera pour l’originalité. J’ai lu des fanfic qui ferait rougir certains auteurs, devant la qualité de la plume, des idées, de la puissance évocatrice et de la réflexion qu’elles apportent !

    La fanfiction est importante pour plusieurs raisons.
    C’est un exercice de style qui est loin d’être aussi facile et évident que beaucoup de gens s’imaginent. Pour faire une bonne fanfiction, il faut vraiment très bien connaitre l’univers, l’œuvre dans laquelle on va écrire, connaitre les personnages intimement, comprendre comment ils fonctionnent, les caractéristiques qui les définissent, leur psychologie, leurs manie, leur histoire, bref s’impliquer à un degrés que beaucoup ne soupçonne pas !
    Prendre un personnage existant, et le faire évoluer de la manière dont on a envie, et sans trahir ce personnage demande beaucoup de travail, parfois plus que de partir de zéro !
    Il s’agit d’un terrain d’apprentissage fascinant qui permet de suivre des codes, s’en affranchir, les tordre, les déplacer dans des contextes parfois surprenant, bref s’amuser comme dans un bac à sable pour écrivains et apprendre énormément.

    L’autre intérêt c’est justement le partage ! Permettre à des centaines, des milliers, parfois plus, de fans de poursuivre leur voyage dans un univers qu’ils ont aimés, avec des personnages qu’ils ont adorés, leur offrir des contextes inatendues, des aventures parfois loufoques, parfois tragiques mais surtout infinies, c’est quelque chose de merveilleux.
    Cela permet des échanges passionnants, des rencontres, et aide des tas de gens à obtenir la représentativité que souvent ils n’ont pas dans les œuvres originales.
    Parce que l’on peut très bien ricaner devant les personnes qui écrivent les amours torrides d’Harry et Drago, mais l’une des forces de la fanfic c’est de pouvoir justement offrir aux « minorités » la place qu’ils voudraient et qu’ils n’ont pas.

    Alors oui, je peux comprendre la réticence de certains auteurs qui peuvent se sentir dépossédés de leur création, mais personne ne les obliges à s’y intéresser, personne ne remet en doute leur paternité de l’œuvre, et personne ne se permet de se faire de l’argent sur leur dos.

    Concernant le cadre légal et le statu quo, oui, il serait bien qu’il évolue pour autoriser ce qui n’est que tolérer.
    Cela me parait hallucinant qu’on puisse un jour interdire à des gens, qui discutent juste entre eux sans rien demander à personne, d’échanger leur vision de ce qu’ils aiment par dessus tout.

  15. A titre perso (sachant que je n’écris, ni ne lis de la fanfiction, mais que je trouve le procédé intéressant pour son côté créatif), je pense que c’est plutôt à l’auteur de l’autoriser ou pas.
    Une loi ne devrait pas se substituer à l’auteur concernant l’utilisation qui peut être faite du produit de son esprit ; cela me paraît trop rigide, voir inutile et castrateur.

  16. « cette libération sous forme d’exception pour les fan fiction serait un appel d’air à tout un parasitisme des oeuvres à grands succès. Et à ce jeu là, le moteur n’est ni la passion, ni l’amour de l’art mais l’appel du gain qui rime dans ce cas avec médiocrité. »
    Sauf si ce qui est autorisé ce sont des publications gratuites. Comme sur un site internet sans pub par exemple.
    Je ne vois pas en quoi publier une fan fiction gratuite avec Yoda dedans devrait être une atteinte au droit d’auteur. Ce dernier devrait permettre à l’auteur de vivre de son art, pas devenir une sorte de contrôle quasi divin sur ce que les gens peuvent en faire tant que c’est gratuit.

  17. Ou alors on peut en arriver à des extrémités délirantes. Si je dis: « Yoda alla s’asseoir sur sa chaise en sirotant un lait fraise » dans ce commentaire, je dois demander l’autorisation de l’auteur d’abord? Parce que c’est déjà une fan fiction en soi.

  18. Le problème est qu’ici on souligne principalement la question de fanfic tiré de la littérature, représenté comme un passe temps bonne enfant … Un changement de la loi sur les droits d’auteurs même pour un usage non lucratif, permettrait qu’on face ce que l’on veut de l’œuvre originelle. Le fait que les auteurs ont en tout état de cause les plein pouvoir sur leur œuvre est normal et doit rester ainsi. Libre ensuite à l’auteur lui même de tolérer l’usage ou non de son œuvre.

  19. « L’auteur a tout pouvoir sur son œuvre » : c’est malheureusement faux aussi, ou en tout cas partiellement vrai. La société lui concède seulement certains droits, auxquels elle adjoint des exceptions, et ce seulement pour une période donnée (en France, mort + 70 ans). Au regard de l’histoire, le domaine public est la règle et le droit d’auteur l’exception. Au bout d’un temps, une œuvre retourne au domaine public pour servir la création dont elle est issue.

  20. Alors dans l’argumentaire on a :

    - Argument d’autorité : C’EST LA LOOOOOOOOI. Ouais. Enfin la loi est appelée à changer en fonction des besoins de la société hein, parce que avec juste un « c’est la loi » l’émancipation des femmes elle aurait sûrement pas passé le pas de la porte : « on veut le droit de vote » « bah non » « pourquoi ? » « c’est la loi » (cassdédi le 8 mars).
    Et on est très clairement en plein dans le problème d’une loi conçu pour un autre support (le papier) qui peine à s’articuler sur le support numérique, entre autre parce que les médias n’ont pas les mêmes propriétés, et plutôt que de faire des vrais projets de loi en prenant ses spécificités en compte, on bricole la législation en place au risque d’ignorer certaines pratiques (ici la fan fic). Au demeurant, on s’intéresse au problème uniquement parce qu’il a gagné en visibilité sur le net, parce que c’est trèèèès vieux la fan-fiction : les auteurs à succès avaient déjà leur fans qui se réunissaient pour extrapoler sur l’univers, par exemple les clubs de lectures de Sherlock Holmes où les membres créaient leurs propres enquêtes.

    « Oui, mais c’était pas diffusé à grande échelle » bah oui, mais welcome on the internet, la diffusion est une des tenantes du média et plutôt que de tordre la loi dans des interdictions inapplicables il faudrait s’adapter pour contrôler au mieux.

    - « C’est mauvais » meh, jugement de valeur, rien à tirer.

    Pourquoi c’est gênant la fan fiction : parce que c’est une pratique ancienne qui a trouvé un nouveau souffle sur internet, car la création web à quelques caractéristiques, notamment le recyclage de matériaux déjà existant et le plaisir de la variation : les meme sont des images virales reprises encore et encore jusqu’à plus soif avec une variation de texte. Ce qui est très compatible avec la réappropriation d’un univers de fiction. Et surtout ça réunit des gens, un peu comme si tous les clubs éparses de fan de Sherlock se trouvaient une salle sur demande où se réunir et échanger leur passions.

    C’est gênant aussi parce que sa questionne notre rapport à la Littérature (oui oui avec une belle majuscule). Si tous le monde est auteur, qui l’est « vraiment » ? On passe d’un système vertical, façon 19eme où l’adoubement vient à la fois du système éditorial (publié = sortit d’un lot) et par une approbation de ses paires à un système horizontal où tout lecteur est un auteur potentiel. Que faire des univers étendus, à partir de combien d’éléments on créer et de combien on copie ? Combien de pierre pour faire un tas ? Y a des débats tellement mieux à portée de main.

  21. Le seul vrai problème (comme d’habitude) est celui du profit. Une fan-fiction qui rapporte quelque chose à celui qui l’écrit, c’est purement et simplement du vol. Autoriser la publication d’une fan-fiction à condition que cela soit gratuit suffirait-il à résoudre le souci ? Je ne pense pas, et je ne parle pas uniquement des diffusions sur des sites comportant de la publicité. Produire de la fan-fiction est par exemple un bon moyen pour un auteur inconnu de se mettre en lumière sur les sites spécialisés, de gagner de la visibilité, de se créer une notoriété auprès d’un socle de lecteurs, et d’amener vers des ouvrages plus personnels et payants. Certains ne s’en privent pas, or c’est tout autant un usage abusif d’une oeuvre pré-existante, même si le texte de fan-fiction lui-même n’a pas donné lieu à paiement (comme utiliser un personnage de BD connu sur la devanture d’un magasin : ça ne rapporte pas directement, mais il y a gain en termes d’image et d’attractivité). C’est comme pour beaucoup de choses : 90% des fan-fictions sont totalement innocentes et relèvent de l’hommage… mais à cause de ceux qui ne manqueront pas d’en abuser si on les y autorise, les rendre légales sans droit de regard de l’auteur ne me semble pas une bonne idée.

  22. En l’état actuel, je suis partagé et pense que le statu quo de c’est à l’auteur de décider ou pas s’il souhaite autoriser les fanfictions est un bon compromis.

    J’ai bien aimé la position de George R.R. Martin (du lien dans l’article) où il explique pourquoi, notamment avec l’exemple de Marion Zimmer Bradley, dont j’ignorais l’anecdote, au demeurant fort intéressante.

    D’un autre côté, je remercie J.K. Rowling de sa mansuétude (voir son soutien explicite) envers les fanfictions car sans ça on aurait pas eu les excellents romans (fanfictions stricto sensu) de G. Norman Lippert sur James Potter, fils du célèbre sorcier.
    Si vous ne connaissez pas et que vous aimez la saga Harry Potter, je vous conseille fortement d’aller y jeter un œil (et c’est gratuit évidemment). Les deux premiers tomes (sur 4) ont même été traduits en français.

    Bref, j’entends bien les deux points de vue opposés. Néanmoins, j’apprécie la volonté de réformer le droit d’auteur (qui en a besoin), notamment du rapport Reda et trouve intéressant d’échanger sur ces questions là.

  23. Alors, en vrac :
    - En soi, la fanfiction n’est pas illégale. C’est « publier » de la fanfiction basée sur une œuvre « protégée par le droit d’auteur » (il y a plein de cas où ce n’est pas le cas - œuvres entrées dans le domaine public, œuvres pour lesquelles leurs auteurs ont autorisé légalement l’exploitation de leur univers, cas Kindleword en effet, etc.)
    - G.R.R. Martin a indiqué son refus de voir publiées de fanfictions basées sur sa saga, mais a dit « faites ce que vous voulez » (en gros) sur les fanfictions basées sur la série adaptée de sa saga (étant donné que les créateurs de la série en question ont eux-mêmes encouragé la fanfiction). #positionàlacon Donc, de la fanfiction s’écrit sur cette saga (euh… pardon : sur la « série » tirée de cette saga). J’en ai moi-même écrit. Si les détracteurs de la fanfiction veulent bien lire à quel point c’est de la daube, d’ailleurs : https://www.fanfiction.net/s/7824447/1/Son-tr%C3%B4ne
    - Cette question de la légalité de la fanfiction (pourtant, dans sa très grande majorité, respectueuse de l’auteur : pas d’argent fait dessus, rappel de l’auteur à qui appartiennent les droits via disclaimer, etc.) est un sujet qui revient très souvent quand, du côté du fanart, c’est portes ouvertes, par contre. Je ne risque pas de compter le nombre d’artistes vendant (voire faisant payer des commissions) des œuvres graphiques basées sur des univers/personnages appartenant à d’autres, et tout le monde s’en tape. Je n’ai jamais compris cette différence de traitement.
    - J’applaudis la fin de cet article, sinon. Actuellement, il y a une tolérance qui fait que ça se passe bien, mais ce n’est qu’une tolérance. Une loi serait mieux. 🙂
    (Et je linkerais bien des articles que j’ai écrits sur le sujet pour le site [Espaces comprises] mais ils sont ils bloqués par un trojan, il faut que je regarde ça)

  24. Deux commentaires rapides :

    - L’évident : Il n’y a pas besoin que la parodie soit drôle, il suffit que ce soit l’intention de départ. Oui, je sais, je pinaille, mais une parodie pourrie et pas drôle du tout qualifiera parfaitement alors qu’une suite hillarante mais qui n’a pas l’intention de parodier l’œuvre originale ne qualifiera pas du tout.

    - Le plus complexe : Je ne suis pas convaincu par l’argument du droit moral pour contrôler les suites. Ce n’est vrai que si l’œuvre dérivée détruit réellement l’œuvre de départ ou lui donne prête un cadre qui détournerait quelque chose de grave (par exemple en faire un outil de prosélytisme politique ou religieux tel quel ça risquerait de déteindre l’œuvre originale). J’envisage peut-être une exception si l’auteur a été clair sur l’impossibilité d’une suite ou d’un complément (mais ça vaudrait pour tout le monde, lui compris), où peut-être l’héritier pourrait s’en targuer (mais on pourrait encore utiliser l’univers à condition de ne pas changer l’histoire des personnages).

    Bref, l’interdiction des suites ou œuvres sur le même univers me semble essentiellement contrôlée par le droit patrimonial. C’est d’ailleurs ce qui autorise à faire payer (dès qu’il y a demande d’argent, on sort du droit moral, qui n’est pas monnayable). Ca ne change pas grand chose à l’interdiction elle-même, ça la rend peut-être même plus facilement opposable. Ca permet d’ailleurs aussi à l’éditeur d’agir (vu qu’on lui a vendu les droits), ce qui n’aurait pas été le cas avec l’exercice du droit moral. Seul réconfort : ça veut dire que le droit à la suite en fan fiction serait libre 70 ans après la mort de l’auteur (oui, c’est long…).

    Après si on réutilise l’univers sans y coller complètement, qu’on ne réutilise pas les noms propres, on doit pouvoir passer assez bien au travers… mais je ne sais pas si ça a grand intérêt.

  25. jfbenoitauteur : Comme la série des « Beautiful… » (bastard, bitch…), comme celle de la Soumise (et suites), comme « Le divin enfer de Gabriel », comme « La cité des Ténèbres » (sorti depuis en film, ou ça ne saurait tarder - basé sur Harry Potter, cette fois-ci)… Je connais même une maison d’édition anglophone qui édite exclusivement d’anciennes fanfictions « Twilight » revues depuis pour devenir des « romans originaux », pour dire 🙂
    J’avais dressé une liste ici, pour donner une idée (non exhaustive) : elle dresse la liste des auteurs ayant commencé par la fanfiction avant de passer dans l’édition, donc ce n’est pas une liste parlant forcément de bouquins « transformés » ainsi, mais les auteurs de cette liste ayant écrit précédemment sur « Twilight » sont toutefois tous (ou quasi ?) des auteurs ayant transformé leurs fanfictions en romans originaux. http://www.baran-tiefenbrunner.com/2014/06/24/liste-des-auteurs-de-fanfiction-publies-dans-ledition-traditionnelle/

  26. Je vois 2 principaux arguments contre la légalisation des fan fiction gratuites:
    1/ l’argument légaliste: si vous autorisez les fan fictions, il ne faudra pas s’étonner que ça vous mette dans des problèmes de paternité et de reconnaissance de vos droits (et donc de rentrée de cash): voir les cas MZB et Lovecraft.
    2/ l’argument émotionnel: vos œuvres sont une partie de vous, les personnages un peu vos enfants et il est difficile voire malsain de laisser un autre s’en emparer et risquer de dénaturer ce qui fait leur  » âme « .

    Je comprend les 2 arguments.

    Pour moi l’argument légaliste est principalement un défaut de la législation actuelle qui oblige les auteurs à être agressifs si ils ne veulent pas risquer d’être dépossédés. Je pense qu’il est possible (mais pas facile) de trouver un équilibre entre les droits d’auteur et liberté du reste de la société. Dans tous les cas il n’est pas normal qu’aujourd’hui un auteur qui décide d’autoriser les fan fictions gratuites puisse s’en mordre les doigts financièrement/légalement. La loi et l’économie devraient favoriser les choix qui vont dans l’intérêt général, pas l’inverse!

    L’argument émotionnel est plus subjectif. Je pense qu’il est directement lié à la conception qu’on se fait du créateur: un démiurge qui fait apparaitre son œuvre du néant ou savant fou qui recombine des unités symboliques déjà existantes entre elles.
    Si on est plus dans la première conception, on a le sentiment que l’œuvre est un bout de nous même et donc qu’on a une responsabilité paternelle envers elle.
    Si on est plus dans la deuxième, on a plus le sentiment d’être un chainon d’une grand œuvre artistique humaine et donc on se sent moins directement viscéralement attaché à sa création.
    J’imagine que pour la plupart d’entre nous, on est entre les deux, c’est donc la proportion de chaque qui sera déterminante.

  27. Je parlerai vraiment que de mon cas personnel -; la loi ne prend pas en compte la dimension individuelle. La loi uniformise pour égaliser les citoyens.-
    Je n’avais pas la sensation de voler les auteurs quand je mettais en vente les fanfictions que j’ai écrites. -Je n’ai jamais rien vendu 😝- Cependant cet acte était illégal… Du coup même si ce que j’ai écrit reprend des personnages, des idées de l’auteur source, le texte est 100% moi et pourtant maintenant je préfère m’abstenir de publier.
    Dernièrement j’ai eu envie de reprendre une de mes novella. J’ai commencé à bosser dessus et puis je me suis dit quand en parler à l’auteur : avant de continuer mais tu prends le risque de devoir étouffer ton projet dans l’oeuf ou te sentir con parce-que tu n’arrives pas au bout ou quand c’est bouclé avec le risque qu’on mette un véto après tous tes efforts. Et puis en fait cette idée de vol que la loi a insinué en moi m’a cassé l’envie. J’aimais bien jouer à l’auteur en écrivant des fanfictions ; j’écrirai autre chose.
    Alors je ne sais pas s’il faut changer la loi parce-que le commerce risquerait de la pervertir mais elle n’est pas adaptée à mon cas.

  28. Je ne suis pas certain que la fanfiction ait un jour spolié qui que ce soit. Marion Zimmer Bradley est tombée sur une personne certes talentueuse mais qui a voulu profiter de la situation à son avantage, ce qu’elle a rapidement constaté et « déminé » en laissant tomber son roman. Ça arrive. Pour un roman publié, je suis prêt à parier que dix auteurs travaillaient en parallèle à des histoires similaires et n’ont pas eu la chance de trouver un éditeur. Quant au cas HPL, je ne pense pas non plus qu’il ait perdu quoi que ce soit en ouvrant ses créations aux autres, au contraire : c’est ce qui fait qu’aujourd’hui son œuvre est aussi vivace et perdure. Personne n’a jamais gagné un rond avec une histoire de Cthulhu du vivant de Lovecraft, ni lui ni ses amis. Et puisque le principe de la fanfiction est justement de rendre hommage à l’auteur original, en le créditant largement notamment, je ne vois pas non plus où pourrait se situer le problème de paternité.
    Ce que je vois, c’est surtout une peur maladive du « vol », surtout de la part des « petits » auteurs. Mais qu’ils se rassurent : personne ne voudra écrire de fanfiction autour de leur œuvre si celle-ci n’est pas déjà un succès planétaire. Il n’y aura pas de vol, pas de détournement d’argent, pas de problème de paternité, pour une bonne raison : *tout le monde s’en fout.* (et c’est peut-être ça qui est le plus difficile à avaler)
    J’ajoute que Marion Zimmer Bradley se moque un peu du monde en jugeant tout un pan de la création sur la base d’une seule mauvaise expérience (on appelle ça du « cherry picking », on prend un argument qui va dans notre sens en taisant tous ceux qui vont dans le sens contraire). Personnellement, je l’ai connue (et aimée en tant qu’autrice) en lisant le cycle des Dames du Lac, soit une sacrée foutue fanfiction du mythe d’Arthur. ^_^

  29. Worst Case Scenario / Writing Prompt : 2027, Berlin, un hacker code un bot pour écrire et publier des centaines de fanfics par jour basées sur tout nouvel univers créé.

  30. Bonjour, je viens de lire votre article et plusieurs commentaires ci-dessus.

    Je rejoins « henri blum » sur le constat : votre article opère effectivement plusieurs confusions sur le plan juridique.

    Je n’interviendrais normalement pas pour le signaler mais certaines de ces confusions me semblent présenter un réel risque pour vos lecteurs en cas d’interprétation littérale.

    Je n’ai hélas pas le temps de revenir sur l’intégralité des amalgames et approximations que j’ai identifié. Parmi les plus sensbles : « drôle » n’est pas un terme adapté pour décrire la notion de « parodie » telle que la conçoit la jurisprudence.
    La volonté de souligner, d’exagérer les défauts de l’œuvre originale initiale et de dénoncer ces travers par l’humour, l’ironie est importante. Même si votre intention est pédagogique, expliquer à vos lecteurs que la revue humoristique d’une œuvre originale valide les critères d’une exception légale risque de les envoyer dans le mur (contrefaçon etc.).

    Je vous le dis sans mépris et vous l’interprèterez comme bon vous semble mais dans votre propre intérêt, vous devriez laisser ce genre d’article détaillé à un juriste spécialisé ou bien aborder la question de manière moins profonde, ce qui vous laisserai l’excuse d’un traitement superficiel, (au sens de général).

    Je salue en tout cas votre intention initiale, vraiment inspirante qui consiste à défricher le droit pour le faire comprendre au grand public. Ne vous découragez pas !

  31. Vous faites clairement une confusion au niveau du droit d’auteur. Vous confondez le droit français avec le CPI, qui décompose le droit d’auteur entre le droit moral et le droit patrimonial, et le droit anglo-saxon qui évoque le droit du copyright. Je ne suis pas moi-même juriste, donc je ne peux pas vous en expliquer les spécificités. Je vous conseille de faire relire votre article par un juriste.

    Ensuite le CPI autorise la parodie qui est un sous-genre de la comédie, qui, comme exprimé ci-dessus, n’est pas forcément drôle. L’humour est quelque chose de très subjectif donc c’est assez difficile à statuer, même au niveau de la jurisprudence.

  32. @Steve : Merci pour vos encouragements. Je déplore que vous ayez le temps de poster ce commentaire visant à expliquer pourquoi j’ai tort, mais pas celui de m’expliquer exactement pourquoi. C’est bien dommage (et bizarrement ces contraintes d’emploi du temps reviennent très souvent dans les discussions, à croire que je suis le seul à avoir le temps de discuter).
    Je me permets néanmoins d’affiner, puisque comme vous l’avez noté, il s’agit d’un article de vulgarisation, si possible destiné à tous, mais notamment aux jeunes lecteurs et aux jeunes auteurs de fanfiction. Selon la Cour de Justice de l’Union européenne (la CJUE), la parodie se définit ainsi :
    « La parodie a pour caractéristique habituelle, d’une part, d’évoquer une oeuvre existante, tout en présentant des différences perceptibles par rapport à celle-ci, et, d’autre part, de constituer une manifestation d’humour ou de raillerie. » La parodie a donc vocation à être humoristique. C’est à dire d’utiliser le biais de l’humour.
    Je vous renvoie donc à la définition d’humour.
    Et aussi à la définition de « mépris », tant qu’on y est, et pourquoi s’arrêter en si bon chemin, de « condescendant ».
    Mais ne vous découragez pas ! 😀

  33. Hello,

    Article intéressant, même s’il commence par une ellipse : on est bien d’accord que c’est la *publication* d’une fanfic dérivée d’une œuvre protégée par le droit d’auteur dans l’acception la plus commune du terme (du coup, ça met de côté des œuvres en CC) qui est considérée comme illégale.

    Publication qui signifie donc rendre public (avec ou sans contrepartie financière, on s’en fout un peu). Du coup, tous les tenanciers de blogs qui font des gif animés (ou pas) avec du matériel protégé sont susceptibles d’être poursuivis, non ? (mais don’t feed the troll, on est bien d’accord)

    Et poursuivis pour contrefaçon (et non vol, terme qui revient assez souvent dans les commentaires mais que la loi ne reconnaît pas pour les œuvres de l’esprit, ou plus généralement artistiques et assimilées, et pour cause !).

    Pour revenir au fond, oui, dans l’idéal, seul l’auteur avant que de céder (ou pas) ses droits d’exploitation à un dénommé ayant-droit, devrait, au titre de son droit moral indiquer s’il autorise les fanfic et œuvres dérivées et dans quelles conditions. A minima. Voire toute utilisation non marchande (du coup, même si ça froisse certains puristes, la mention NC des CC a bien son importance, en tout cas pour moi).

    Bref, un peu de tolérance…

  34. Je lie des fanfictions et j’ai commencé à en écrire avec un groupe sur Facebook sur un sujet qui nous passionne. On en as le droit puisque l’auteur de ce sujet a laissé une rubrique exprès sur son site web officiel.

    En principe oui c’est illégal si l’oeuvre est vendu ou diffusée en livres.

    Mais tant que cette oeuvre est sur des sites webs spécifiques ou sur des blogs ou sur Facebook que sa consultation est gratuite et que sa diffusion est gratuite cela est légal.

    Bon il est vrai le disclaimer est obligatoire en principe pour montrer à l’auteur qu’on ne tire rien de son univers et de ses personnages à vocation commerciale. Cela lui appartient toujours, les auteurs de fanfics sont là pour prolonger l’oeuvre, l’échanger avec d’autres passionnés et en tirer des conseils ou des compliments, ou rendre hommage à l’auteur ou répondre à un sentiment de frustration.

    Il n’est pas interdit que l’auteur de l’oeuvre originale s’en servent pour ses oeuvres. Elles sont là pour lui. Le but pour les fans est de faire plaisir à l’auteur en lui montrant que les oeuvres qu’il a écrite continuent à vivre. La seule règle est que l’univers et les personnages originaux soient respectés.

    Seulement, sur les blogs le disclaimer est souvent absent, peut être parce que l’auteur du blog ignore ce code.

    Car la fanfiction c’est tout un lexique.

    Ils existent de vrais règles dessus.

    J’ai utilisé cette pratique dans le cadre d’un mémoire.

    La fanfiction est effectivement interdite en France.

    Mais aux Etats-Unis elle est légale, il faut juste que l’auteur précise que c’est dérivée d’une fanfiction.

    Il existe sur wikipédia la liste des auteurs ayant refusé la fanfiction et ceux qui acceptent avec des contraintes.

    En principe il faut en tenir compte.

    La fanfiction n’est pas un vol pourtant, c’est une inspiration qui peut servir à de nombreuses choses : améliorer l’orthographe des lecteurs, se forger un style, produire plus tard ses propres livres, se rencontrer et partager des avis sur les sites dédiés à ces pratiques lors des lectures et écritures des fans et permettre à des jeunes qui ne lisent pas de livres papiers de lire sur Internet et s’ils le veulent de lire le livre original dont est issu le texte qu’ils lisent ce qui représente un avantage pour les bibliothèques, les libraires et les auteurs.

    La fanfiction est aujourd’hui omniprésente et qu’on le veuille ou non ce serait dommage de l’interdire elle nous as déjà envahi.

    « Au cinéma le film orgueil , préjugés et zombies » est une fanfiction du livre Orgueil et Préjugés ».

  35. @Anne « Au cinéma le film orgueil , préjugés et zombies » est une fanfiction du livre Orgueil et Préjugés ». Je dirais que c’est plus une parodie et un exercice de style.

    Pour les zombies, je ne sais pas si on peut parler de fanfiction parce que le premier film de zombie (la nuit des morts vivants de 1968) a été versé au domaine public dès sa sortie en salle pour un problème technique. En effet, le producteur a fait changer le titre du flim à la dernière minute et celui qui a fait le nouveau titrages a oublié de mettre le © qui était obligatoire à l’époque pour faire valoir les droits d’auteur. Bon Romero a quand même pas mal touché d’argent dessus parce que le film était un succès mais il n’a jamais pu arrêter les autres films qui sont sortis par la suite avec des zombies.

    Finalement quand les auteurs ne mettent pas leur nez dans les affaires des fanfictions c’est pas si mal non plus…

  36. Le statu quo me semble très bien - et au final, la fanfiction ne correspond-elle pas à notre monde actuel ? Côté artistique, on « remixe » plus qu’on innove/invente réellement.
    Sinon, cette tolérance me paraît suffisante pour une raison, la liberté de l’auteur. Exemple avec Harry Potter et la pièce de théâtre The Cursed Child : Hermione est noire, Rowling a eu beau expliquer qu’elle n’avait jamais écrit la couleur de peau de ce personnage, qu’elle avait les cheveux frisés, etc., ça n’a pas empêché des lecteurs et des lectrices de se plaindre parce qu’au fond, ils s’étaient imaginés un personnage blanc par défaut (et que les films ne les ont clairement pas aidés à penser autrement). Mais au final, il y avait clairement une différence entre la vision de Rowling et d’une partie de son lectorat - ce qui sous-entend au passage qu’on peut très bien se planter dans l’interprétation des personnages.
    Est-ce que légaliser les fanfictions ne donnerait pas aussi au passage plus de poids à leur vision des personnages ? Parce que s’il y a des milliers de fanfictions qui dépeignent un personnage d’une seule façon, ça tend à imposer une seule possibilité. Je pense pas qu’un auteur devrait avoir à batailler ou à se justifier pour dire que son personnage peut être de telle ethnie ou avoir telle orientation - par exemple.

  37. Aïe, je craignais effectivement que mon précédent post provoque votre réaction.

    Pour clarifier et vous présenter mes arguments juridiques dans le détail, je viens de terminer la rédaction d’une réponse argumentée (juridiquement) sur le fond.

    Si vous le souhaitez, je vous propose de vous la transmettre en privé, histoire de ne pas en rajouter et vous laisser toute latitude sur ce que vous en ferez ensuite.

    Avez-vous un compte de réseau social où je pourrai vous joindre ? une adresse ?

    Sur la question de l’emploi du temps : entre deux weekend, j’ai effectivement un travail à plein temps, vos sous-entendus sur le caractère étrange de cet argument ne sont pas très aimables, vous les assumez seuls.

  38. Je trouve que cette article est intéressant. Cela dépends au sujet de la Fanfiction. Je donne un coup d’oeil sur le site Fanfiction.net bien souvent et je dois bien admettre que je suis tombé sur des bonnes Fanfics ; D’autres, moins.

    Je comprends d’en parler le fait qu’elle soit légale ou non. Tant qu’on respecte les droits d’auteur et le disclaimer. C’est déjà pas mal.

    J’en ai déjà écrire des Fanfictions par le passé, mais je me suis posé beaucoup de questions. Est-ce que c’est légal ? Est-ce que j’ai le droit de les publier sur internet ? Vont-t-ils aimer mes fics ? Plusieurs questions me sont poser dans ma tête. Je les ai tout supprimer. Je me sentais pas à ma place dans ce domaine.

    La Fanfiction peut laisser libre à de l’imagination, de fantasmer : ( Il m’arrive même d’imaginer les scènes très hot sur Oliver Queen et Barry Allen des séries Arrow et Flash ).

    On peut écrire de la Fanfiction. De la faire partager sur Internet, mais à une simple condition.

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