Écrire (et vivre), à quoi ça sert ?

Nous vivons dans une époque où la moindre de nos actions doit être rentable : pas forcément uniquement en terme d’argent, mais aussi de temps. Nous virevoltons de boulots en loisirs, nous prenons à peine le temps de respirer entre deux activités et la façon dont nous employons notre propre chronologie personnelle nous apparaît comme précieuse : la vie est courte — ou ressentie comme telle — et à ce titre doit être bien employée.

Nous vivons dans une époque où la moindre de nos actions doit être rentable : pas forcément uniquement en terme d’argent, mais aussi de temps. Nous virevoltons de boulots en loisirs, nous prenons à peine le temps de respirer entre deux activités et la façon dont nous employons notre propre chronologie personnelle nous apparaît comme précieuse : la vie est courte — ou ressentie comme telle — et à ce titre doit être bien employée.

Il s’agit — j’imagine — d’un sentiment « humain », propre à notre espèce : chez les autres animaux (je me considère comme un animal humain), cette inquiétude n’a sans doute pas cours, quoique nous pouvons toujours être surpris. Seul l’homme ressent le besoin intrinsèque de remplir sa vie d’autre chose que de la vie en elle-même : naître, se nourrir, se reproduire et mourir. Nous avons besoin d’un sens. « Pourquoi tout cela ? Si je suis arrivé ici, c’est qu’il doit exister une raison. » C’est un vide qui nous ronge, un gouffre qui nous creuse, une malédiction spécialement écrite pour nous. Contents que nous sommes.

Le vingtième siècle — et avec lui sa volonté de marketer la moindre de nos angoisses — n’a rien arrangé à l’affaire. Profitant de ce trou à combler en nous, la société marchande s’est mise à nous faire miroiter des moyens de boucher les vides comme on cimente une fissure. Certaines agences proposent des voyages au bout du monde en sous-entendant qu’on n’a pas correctement vécu tant qu’on n’a pas vu de ses yeux les temples d’Angkor ou les statues de l’île de Pacques. Les sociétés de produits technologiques nous vendent des téléphones comme des extensions corporelles qui vont nous libérer du temps pour les choses qui comptent vraiment, tout en détruisant peu à peu ces choses qui comptent vraiment. Les archétypes légendaires fleurissent à la télévision et sur Youtube, et les adolescents se voient mieux devenir pop star que militant des droits de l’homme. Qui pourrait leur en vouloir ? Il faut remplir sa vie, en faire une oeuvre d’art, devenir sa propre légende et laisser une empreinte.

Cette angoisse ne m’est pas étrangère. Je la ressens chaque jour. Pourtant, j’essaye de la combattre. C’est parce que nous ne considérons plus que la vie se suffit à elle-même que nous la maltraitons autant. C’est parce que nous, en tant qu’humains, nous sentons détachés de cette pourtant élémentaire vérité que nous rasons les forêts, que nous ingérons de la nourriture qui nous tue à petit feu et que nous créons de la tristesse et de la frustration à échelle industrielle, notamment au travail. Une société basée sur la croissance infinie sur une planète aux ressources limitées est vouée à rencontrer un mur à un moment ou à un autre.

Écrire procède quelquefois de ce sentiment de vide. En écrivant, on laisse une trace, au sens propre du terme comme — on l’espère souvent — au figuré. C’est un lancer désespéré, un caillou qui fend le ciel en espérant s’y figer en astre sur la toile de la nuit. La plupart du temps, il retombe un peu plus loin et on l’oublie : il y a tant d’autres pierres à lancer. Pour ma part, j’ai regagné un peu de sérénité depuis que, dans les moments d’angoisse, je m’applique à considérer le monde du point de vue du cosmos — de façon globale. Nous naissons et mourrons sans que l’univers s’en réjouisse ou s’en émeuve, et c’est très bien comme ça : toutes nos gesticulations, toutes nos peurs, tous nos éclats de rire, n’auront sans doute servi à rien. Nous serons vite oubliés, du plus célèbre au plus misérable. Les montagnes, les océans, les soleils et les comètes n’ont pas besoin de nous. Nous ne faisons que passer. Loin de me déprimer, cette pensée me réjouit. Écrire, pourquoi… ou pourquoi pas ?

Nous faisons peu de cas — au mieux — de ceux qui vivent sans ambition, gratuitement pourrait-on dire. Quand quelqu’un affirme ne pas avoir de but dans la vie, nous le suspectons de nous cacher l’inavouable vérité. Il n’y a qu’à voir le peu d’intérêt que l’on porte aux peuples indigènes : nous les expulsons de leurs terres pour planter des champs de soja ou de maïs, nous détruisons leur culture, nous écrasons leur diversité… parce qu’ils ne veulent pas entrer dans notre danse macabre. Et s’ils avaient raison, de ne pas vouloir de nos pollutions métaphysiques ? Bien sûr, qu’ils ont raison… (à ce sujet, Survival International est une excellente ONG qui traite de ces problématiques).

Je ne suis pas certain qu’écrire serve à quelque chose. Au mieux, mes histoires influenceront de façon inconsciente certaines personnes, qui à leur tour en influenceront d’autres, pour au final aboutir à une tendance qui survivra ou s’éteindra dans l’indifférence. L’humanité possède sa propre intelligence. Quelquefois, nous marchons en sens inverse : nous renions ce pour quoi nous sommes réellement faits, à savoir juste vivre. Mais c’est déjà beaucoup.

Pour ce que j’en pense, poser un regard réaliste sur notre condition est un pas essentiel à faire en direction du bonheur : pas un bonheur expansionniste, conquérant, dévorateur et chronophage, mais un bonheur modeste et simple, dégagé de la compétition qui nous accapare tant, et qui nous renvoie à ce que nous sommes. Ça va sans doute faire grincer quelques dents, mais mon credo a longtemps été : « Rien n’est important.«  Je le pense encore. Mais ce n’est pas parce que rien n’a vraiment d’importance en soi qu’il ne faut pas le respecter et en prendre soin.

Vivre ne doit servir à rien. Vivre, c’est vivre.

 

6 pensées sur “Écrire (et vivre), à quoi ça sert ?”

  1. Ta vision du monde est presque bouddhiste 😉 Je partage aussi l’idée qu’on ne réalise pas assez combien tout est « vacuité ». Loin de m’effrayer, ce constat me réconforte également, car trop souvent nous perdons de vue l’essentiel…

  2. Dommage que tu retombes sur un dogme à la fin…

    La grande conquête de notre époque est de s’être débarrassée des superstitions, des dogmes religieux, et d’avoir fait tomber tous les déterminismes familiaux, sociaux, nationaux, communautaires, pour libérer totalement les individus et leur permettre de se trouver.

    On est en train de se rendre compte que ce n’est pas si évident. Paradoxalement, dans la majorité des cas, être libre de tout déterminisme conduit les gens à se perdre dans un univers redevenu absurde (alors que la religion, l’amour de la nation ou le travail au rythme des saisons lui donnaient auparavant un sens), sans tuteur sur lequel s’appuyer, et donc à s’effrayer, à éparpiller leurs forces et à s’épuiser dans la dépression, le doute et l’oisiveté. Cet univers absurde, que nous avons redécouvert derrière les traditions et les anciens déterminismes, c’est ce qui a créé l’esprit nihiliste de notre époque, le « rien ne sert à rien », le « de toutes façons rien n’a de valeur », ainsi que la violence qui va avec, le manque de considération pour la vie et tout ce qui est beau, alors que nous avions les moyens de toucher les étoiles. Nous avons sans doute présumé de nos forces. Nietzsche avait vu venir tout ça.

    Mais d’un autre côté, nous sommes plus libres qu’à aucune autre époque. Pour celui qui comprend que cette liberté ne peut donner de fruits comestibles qu’à condition de la dépasser, c’est à dire à condition de s’imposer à soi-même une discipline féroce, de planter ses tuteurs soi-même, à condition de devenir soi-même le tyran intraitable qu’étaient auparavant les autorités religieuses, familiales ou politiques, c’est une opportunité fantastique de devenir un géant, de s’accomplir pleinement. C’est bien plus difficile que de suivre les anciens déterminismes, qui avaient l’avantage de t’imposer une structure malgré ta tendance au laisser-aller, mais ça permet aussi d’aller bien plus loin.

    Seulement il ne faut pas se tromper : quand tu proposes un modèle de bonheur pour l’humanité (« pas un bonheur expansionniste, conquérant, dévorateur et chronophage, mais un bonheur modeste et simple, dégagé de la compétition qui nous accapare tant’), tu retombes dans les anciens travers. Tu recrées un idéal, qui te convient sans doute, mais qui, si tu l’appliques à l’humanité, va de nouveau entraîner son cortège de traditions, de lois, et comme avant, empêcher les gens de se trouver par eux-mêmes. Tu vas leur rendre leurs chaînes, et certains te diront merci car ils avaient peur sans elles. Mais pour ceux qui avaient compris la valeur de la liberté, ceux qui savaient comment la saisir, c’est une fin de non recevoir. Terminé, nous revenons aux anciennes idoles.

    Il y a des gens dont toute la personne est tournée vers la conquête. Il y a des conquérants, des découvreurs, des risque-tout, il y a des curieux, des enthousiastes, que ton modèle de bonheur n’intéressera pas du tout. Ils voudront peut-être bien reconnaître qu’il est joli et bien tourné, mais il s’agit de leur vie. Nous nous sommes débarrassés des anciennes superstitions, et nous avons dit : « individu, c’est à toi maintenant que revient la lourde charge de créer ton chemin ». Beaucoup refusent déjà cette perspective en retournant vers la religion et les utopies politiques, vers les anciennes philosophies constructivistes (le stoïcisme est relativement à la mode). Mais pourquoi décider pour les autres, ceux qui bondissent vers l’avant, heureux de ne plus sentir de chaînes à leurs chevilles, les artistes, les scientifiques, les entrepreneurs, pourquoi décider pour eux de ce que devrait être le bonheur ?

    Honnêtement, la perspective libérale me semble être la seule logique, après ce très long travail accompli par l’humanité. Mais c’est une perspective tellement effrayante qu’on la sent déjà vaciller, avec le retour des religions dans ce qu’elles ont de plus primaire (les dogmes aliénants) et les tentatives de totalitarisme mou des Etats occidentaux.

  3. Je comprends tes réticences. Je ne suis pas libéral, mais j’entends qu’on puisse l’être. Pour moi, nous nous construisons dans les contraintes. Disons que la fin de mon article renvoie davantage à des préceptes d’ordre spirituel. Le shintoïsme me parle beaucoup, par exemple, dans le respect qu’il conditionne vis-à-vis des forces naturelles. Je pense qu’il faut certaines limites. La libération de l’homme ne se fait pas que dans ses gouffres intérieurs, mais aussi au sein d’un écosystème : comprendre la bulle dans laquelle nous vivons et l’intégrer à nos démarches plutôt que d’essayer, en vain, de la maîtriser.

  4. Tout est dit dans ton commentaire, mais en fonction de la lecture qu’on en fait on peut aussi bien y voir une apologie qu’un procès de la perspective libérale.

    Tu le dis toi-même, à raison : débarrasser les individus des « dogmes » et « déterminismes » traditionnels (que moi, j’appelle simplement « structures ») a contribué à créer des hommes hors-sol, libérés de toute contrainte mais aussi livrés à eux-mêmes dans un monde dont le sens n’est plus donné a priori. C’est à chacun de trouver son chemin, désormais.

    Il est clair que notre époque voit (du moins en Occident) la déconstruction de ces structures anciennes : la religion, l’État, la nation, le mariage ont été ringardisés les uns après les autres. Mais comme tu l’écris, cette évolution crée aussi de la souffrance, dont le nihilisme est un des symptômes. J’ai beaucoup de mal avec ce discours un brin naïf de « la marche linéaire de l’humanité vers la liberté », humanité enfin libérée des méchantes structures de jadis.

    Sauf que l’homme, à mon sens, a besoin de structures. La plupart des individus ne sont pas armés pour trouver eux-mêmes l’idéal / le sens de la vie, et c’est pour ça, justement, que ces structures ont existé et ont perduré. Tu parles des religions comme d’un mal archaïque, mais les religions ne sont pas instaurées par des puissances souterraines aux visées totalitaires : ce sont les hommes qui s’inventent des religions, des structures en somme, pour mieux appréhender la vie, ses questions et ses épreuves. Tu termines toi-même ton post en soulignant l’importance, pour chaque homme, de s’inventer ses structures propres, tuteurs de son cheminement à travers la vie. La pensée libérale n’est selon moi qu’une énième structure, qui s’impose au détriment des anciennes. Je ne vois pas de progrès dans cette évolution.

    D’ailleurs, quand tu parles de « retour aux religions », à quoi penses-tu exactement ? C’est le terme de « retour » qui me dérange, et cette idée d’histoire linéaire (encore) qui est sous-entendue par cet emploi.

  5. En tout cas ce n’est pas simple. Cette histoire de contraintes, pour utiliser une expression à la mode, je pense que c’est le « plus grand défi » de la modernité. Parce qu’on est bien d’accord que l’homme a besoin de structures, et même les plus grands, même ceux qui réussissent à se porter tous seuls ont commencé par être pris dans des structures, qui ont formé leur esprit. Beethoven ne serait jamais devenu Beethoven si on ne lui avait pas inculqué la théorie musicale, les règles fixes et rigides du contrepoint et de l’harmonie occidentale, la crainte et l’admiration des anciens maîtres, etc. Il a tout fait exploser, mais après.

    Le problème c’est qu’une fois que les règles ont été démolies, il n’est plus possible de revenir en arrière. On ne peut pas remettre en place des obligations qui ont été dissoutes, parce que plus personne ne peut croire en leurs fondements. On ne croit plus en Dieu en Occident, parce que, de manière plus large, il nous est devenu impossible de croire au surnaturel. La conception matérialiste, purement physique du monde, a montré une telle supériorité pratique sur les anciennes conceptions superstitieuses et magiques, que les gens se sont détournés des dieux. Si certains y retournent (je pense notamment à l’Islam et aux nouvelles spiritualités d’inspiration new-age, basées sur des mélanges de croyances antiques, les esprits de la nature, l’âme du monde, etc.) c’est moins par véritable croyance que pour retrouver une structure, un sens, que le matérialisme n’offre plus.

    D’autre part, on ne peut pas non plus réétablir d’anciennes obligations sous prétexte que les gens ont besoin de structures. Les traditions, les religions se sont créées et développées de façon totalement inconsciente au cours du temps, parce que les gens vivaient comme ça. En nous croyant très malins, dans cette époque de « déconstruction », on a remarqué que toutes ces règles étaient en quelque sorte arbitraires, qu’elles n’avaient jamais été fondées en raison, et qu’on pouvait donc les démolir, en libérer les gens. Aujourd’hui que nous l’avons fait, nous nous rendons compte de ce que ces anciennes règles avaient d’important. Mais c’est trop tard : les remonter serait cette fois vraiment arbitraire, puisque désormais elle ont même perdu leur fondement historique.

    Je ne suis pas naïf sur la perspective de la liberté pour tous. La liberté est un bien atrocement difficile et douloureux à gérer. Honnêtement, moi-même je ne m’en sors pas, je suis passé par angoisses, dépressions, consommation outrée, relativisme culturel, etc. Il faut absolument retrouver des structures. Mais d’un autre côté, si retrouver des structures signifie retourner à des ordres anciens (retourner au nationalisme débile alors que la modernité a libéré les gens de leurs attaches territoriales, retourner aux impératifs familiaux ou culturels, alors que les gens sont libres d’aimer et de faire ce qu’ils veulent avec qui ils veulent sans être trop regardés de travers…), ça ne fonctionnera jamais et ce sera révoltant.

    Que nous stoppions ce mouvement de déconstruction forcé dont nous sommes apparemment très fiers et très épris en France, c’est une chose. Que nous n’obligions pas celui qui aime son pays passionnément à préférer celui des autres, ou celui qui adore sa culture à préférer celle des autres, ce serait déjà pas mal. Mais nous ne pouvons pas faire mieux.

    Pour le résumer : nous sommes libres, et contrairement à ce que nous croyions, la majorité d’entre nous ne le supporte pas. Mais nous ne pouvons pas remettre nos chaînes, ce serait une violence arbitraire et injustifiable. Nous ne pouvons pas non plus imposer de nouveaux idéaux à tout le monde, ce serait exactement comme de revenir aux anciens ordres. Il faut je crois, se concentrer sur deux axes :

    Le premier, c’est de redonner un socle moral commun aux gens, à condition d’évacuer le piège de la fin à atteindre. Il ne doit pas y avoir de but à la morale, on ne doit pas s’imaginer qu’elle conduira au bonheur, ou à une société dégagée de la compétition. En fait on ne doit surtout pas décréter ce qu’est le Bien (du genre ne pas croître, ne pas consommer, etc.) A mon sens, le concept de « common decency » de George Orwell conviendrait parfaitement : « il y a des choses qui ne se font pas ». Et puis on s’asseoit autour d’une table et on décide lesquelles, en les resserrant à une base la plus étroite possible. Pour le reste, on laisse les gens juger de ce qui est bon pour eux.

    Le second c’est de cesser de faire croire que la science vaut mieux que l’art, ou l’art mieux que la science. Ca rend les gens stériles, boiteux et desséchés. Il faut inciter à ouvrir son esprit à ces deux aspects de l’existence, en expliquant ce qu’ils sont, et de quoi ils parlent. Il faut absolument cesser de se moquer des spiritualités, quelles qu’elles soient, religieuses ou pas, il faut cesser de considérer la poésie et la contemplation comme des amusements pour les naïfs, et la science comme le domaine des sérieux. Et à l’inverse, il faut absolument cesser de décrédibiliser les résultats de la recherche scientifique ou les progrès technologiques en prétendant qu’ils sont castrateurs et qu’il vaut mieux se consacrer à la contemplation, qu’ils ne servent à rien, qu’on « n’a pas besoin de tout ça », et que la vérité est dans le culte des esprits de la forêt.

    Autant dire qu’avec le raidissement des communautés autour de leurs prérogatives morales (les catholiques, les musulmans, les athées militants, les végétariens, les décroissants, les nationalistes, les universalistes…) et les prises de bec entre les tenants bornés d’un progrès qui rendrait toute spiritualité superflue voire débile, et ceux qui ne parlent que d’autodestruction de l’humanité par « soif de conquête » et voudraient pratiquement en revenir aux pratiques druidiques, il ne me semble pas que nous partions dans une direction très positive.

  6. Une réponse et une pensée limpides, merci d’avoir développé aussi intelligemment ta pensée.

    Je m’arrête sur un point fondamental que tu éclaircis ici : le fameux « retour » aux religions, avec la force actuelle des courants bouddhistes, spiritualistes, musulmans (à l’échelle de la planète, j’entends)… On entend parfois que l’Islam sera, au XXIe siècle, la nouvelle « religion des peuples », en ce qu’elle parle peut-être plus que les autres aux masses. Je pense, exactement comme toi, que la raison de ce succès est dans l’opposition forte de ces spiritualités au matérialisme de notre temps ; mieux que les autres, elles répondent au doute par l’espoir, à l’individualisme par la communauté, au vide par la structure. En ce sens, elles triomphent sur l’échec de l’après-dogmes, de l’après-déterminismes.

    Pour autant, la liberté conquise récemment par l’humanité n’est-elle pas aussi la liberté d’avoir chacun son dogme, chacun sa croyance (druidisme, libéralisme, nationalisme, que sais-je encore…). N’est-ce pas la liberté de tous se foutre sur la gueule ? 🙂

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