#28 | Hacker

 

Cette semaine, au programme du Projet Bradbury, machines microscopiques et modifications corporelles sont à l’honneur. Le transhumanisme est un sujet d’actualité, que j’ai voulu aborder au travers d’un texte non pas centré sur la technologie (à ce titre, je suis comme Bradbury, je n’ai pas besoin de savoir comment la fusée fonctionne pour la faire s’envoler), mais sur l’humain en toile de fond.

Je vous présente Hacker, la 28ème nouvelle du Projet Bradbury (dont la couverture, toujours signée par Roxane Lecomte, figure parmi mes préférées) :

cover

Quelques mots pour découvrir le texte :

Jodie est aux anges : son vieux rabat-joie de père a enfin accepté qu’elle bénéficie de la greffe d’implant dont elle meure d’envie depuis si longtemps, et dont toutes ses camarades de lycée sont déjà équipées. Une fois connectée au réseau, elle pourra à loisir visionner des films, écouter de la musique, jouer aux jeux vidéo, communiquer avec ses contacts sans l’entremise d’un appareil tiers. Mais lorsqu’un petit diablotin s’invite dans la machine, le cauchemar ne fait que commencer.

Je ne suis pas particulièrement enthousiaste à l’idée de confier mon corps aux machines. Il y a quelque chose d’assez dérangeant dans l’idée d’accélérer à ce point l’évolution. Pourtant, j’ai conscience de me trouver en plein flagrant délit de contradiction : je suis convaincu que le smartphone est au XXIème siècle ce que le fusil fut au XXème, une arme qui balaiera tout sur son passage et qui l’a déjà fait. En ce sens, il paraît tout à fait normal d’imaginer que nos appareils de communication (qui sont désormais davantage que cela, puisque nous y avons délocalisé nos loisirs, notre mémoire, notre compte en banque, etc) évoluent rapidement d’un point de vue hardware et aillent en se miniaturisant. Lorsqu’ils seront devenus trop petits pour que nous puissions les tenir entre nos doigts, nous devrons trouver d’autres manières de les utiliser : dans Hacker, l’héroïne subit une implantation sur la cornée et dans l’oreille, qui lui permet de voir les images directement superposée à son environnement et les sons diffusés dans son oreille. Les Google Glass sont un pas dans cette direction, qui vise à améliorer l’être humain, ou plutôt à l’adapter à son nouvel environnement numérique : plus le temps avancera, plus nous vivrons dans une perpétuelle bilocalisation, entre espace physique et jardin numérique.

Le transhumanisme est un courant de pensée qui prône l’amélioration de l’humain par la machine. C’est une idée à la fois séduisante et effrayante : séduisante lorsqu’il s’agit de redonner la vue à un aveugle ou des jambes à un mutilé, mais effrayante lorsque la technologie se substitue à notre humanité, sans compter les risques d’eugénisme que cela implique : qui aurait les moyens, par exemple, d’accéder à la vie éternelle ? Je n’ai pas abordé ce thème dans ma nouvelle : comme d’habitude, j’ai préféré confronter deux personnages très humains à ces problématiques, et faire de l’implant un support de jeu plutôt qu’une interface évolutive. En ce sens, mon histoire se situe dans un futur proche. Mais pour les amateurs de transhumanisme cyberpunk bien déjanté, je recommande la lecture de la série de Jeff Balek Le Rêve Omégadont j’ai beaucoup apprécié la lecture du premier épisode.

Hacker est, comme d’habitude, disponible au prix de 0,99€ chez KoboSmashwords, Apple, Amazon et Youscribe. Vous pouvez aussi (et surtout) vous abonner à l’intégralité des nouvelles pour 40€ en devenant mécène du Projet Bradbury et soutenir le jeune écrivain que je suis. Vous pouvez également utiliser Flattr juste après cet article, dans l’encart “Soutenir le Projet Bradbury”.

Excellentes lectures à vous tous !