Destin de l’original à l’heure de l’ebook

 

C’est une machine à écrire que j’avais achetée sur une brocante parisienne pour une vingtaine d’euros et que nous avions prévu d’utiliser pendant notre mariage afin que les invités puissent laisser de petits mots de façon originale. Depuis, elle dormait au fond de la cave. Je l’ai remontée de son Enfer hier, pour voir si elle fonctionnait toujours. À 18 ans, j’écrivais mes premiers scénarios sur une machine un peu plus évoluée, électrique, qui revenait automatiquement à la ligne, mais celle-ci (une Olivetti Lettera 32) est entièrement mécanique : peu de chances que ses circuits imprimés se grippent donc. J’avais il y a trois ans acheté un ruban neuf sur internet qui n’a pas séché, ouf, le temps que je glisse la feuille sous le cylindre et clac, je frappe sur les touches et les lettres s’impriment sur le papier comme si de rien n’était. Je suis déstabilisé : ça fait bizarre d’utiliser une machine qui n’a pas besoin qu’on l’allume avec un bouton ON. Pareil quand je me lève de la chaise, j’ai l’impression d’oublier quelque chose : mais non, pas besoin de mettre la machine en veille, elle veille en permanence.

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J’aime bien le côté très organique de la feuille tapée à la machine. Même si un rédacteur particulièrement zélé s’appliquait à vouloir la reproduire, elle serait forcément différente de l’originale : pression différente sur les touches, ratures, poussières, défaut du ruban, les lettres s’impriment forcément différemment d’une feuille à l’autre. Bien sûr, c’est la même chose avec les imprimantes, mais nous n’avons pas des yeux assez performants pour remarquer les altérations d’une copie à l’autre. La feuille tapée à la machine est une oeuvre unique, qu’il s’agisse d’un courrier administratif ou d’un roman, peu importe : c’est la notion d’original qui entre en jeu.

Aujourd’hui, l’original n’a plus beaucoup de sens : si les logiciels de traitement de texte gardent trace de nos modifications, nous écrasons le plus souvent nos fichiers, sauf exception. Je garde la plupart de mes versions dans un dossier cloud, version 1, version 2, etc, je n’écrase pas, je copie et stocke, peut-être par superstition, ou parce que je me dis que ça peut être intéressant de voir les différences se creuser entre les versions, que ce soit pour moi ou pour les autres. Néanmoins, même s’il existe une version 1, on ne peut pas vraiment la qualifier d’originale : le fichier informatique est parfait par essence et se duplique à l’identique si on le lui ordonne, donc quel est l’original si la copie est identique en tous points ? La solution est qu’il n’y a pas d’original en numérique, c’est une notion qui n’existe plus, que l’informatique a oblitéré de facto. La copie de sauvegarde dans le cloud ou sur la clef USB est identique à celle sur le disque dur ou la mémoire flash de l’ordinateur, en tout cas d’un point de vue humain.

L’aspect humain dans les technologies me fascine (je viens de découvrir Qleek et ça me plait beaucoup, par exemple). C’est sûrement pour ça que j’ai autant apprécié le film Her de Spike Jonze, parce qu’il met l’humain au centre d’un monde bourré de techno où l’un n’est pas incompatible avec l’autre. Quand je dis humain, je ne parle pas de paix dans le monde, d’harmonie ou de sérénité, mais bel et bien de chair et d’os, ce qui fait nous ne sommes pas des robots. Parce qu’il ne faut pas l’oublier : nous ne serons jamais des robots malgré toutes nos tentatives de transhumanisme, tout au mieux serons-nous des robots handicapés, ça ne m’intéresse pas beaucoup. Le livre est un sujet où l’aspect humain est souvent mis en avant, que ce soit l’odeur du papier, la texture d’une reliure, la géographie d’un paragraphe sur la page, le poids d’un volume dans son espace, etc etc, et je ne suis pas là pour discuter de la pertinence de ces arguments, puisqu’ils sont autant valides que ceux qui tentent de les contrecarrer, aussi justes, aussi pertinents, tout simplement parce que nous ne sommes pas des robots et que nous raisonnons avec un organe appelé cerveau qui n’a rien à voir avec une machine, qui est tout autre chose. Les machines d’un côté, les humains de l’autre, collaborant ensemble de façon harmonieuse sans empiéter sur l’identité de l’autre, voilà un futur qui m’intéresse.

Tout ça pour revenir à cette histoire de machine à écrire qui me travaille. En numérique, l’original n’est plus. Mon dernier roman, je l’ai griffonné à la main dans des cahiers mais c’est un processus pénible, sans doute davantage à la recopie qu’à l’écriture d’ailleurs, et je conçois parfaitement que ça fasse suer la plupart des auteurs de se priver du clavier pour le premier jet (même si ça incite à une certaine retenue, mais c’est un autre sujet). Pourtant, il y a quand même ce côté humain qui nous gratouille : l’une des choses qu’on reproche le plus au livre numérique (outre le fait qu’il détruit la littérature et qu’il est l’Antéchrist incarné, mais ça on est habitués), c’est de ne plus permettre la dédicace. Alors oui, on peut insérer une image scannée dans l’ebook, mais il n’y a plus d’original en numérique et il y aura au moins une copie effectuée pour être transmise au lecteur, donc le fichier n’est pas à proprement parler quelque chose d’unique. Alors oui, est-ce qu’on a besoin d’unique à l’heure du numérique, je n’en sais rien et je n’ai pas la prétention d’apporter à cette question une réponse cinglante, c’est un problème trop compliqué. Par contre, mon côté humain a des intuitions (un truc qui nous différencie pas mal des machines).

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Pour pallier ce manque, la perspective de proposer au lecteur numérique des reproductions uniques me séduit assez. Le net permet une vaste diffusion des oeuvres, et quand ce n’est pas contrarié par les aléas du copyright, c’est encore mieux : je poste un texte sur le blog, il est aussitôt copié dans la mémoire cache de votre ordinateur, je le diffuse en ebook, aussitôt copié à des centaines d’exemplaires à mesure que vous le téléchargez et c’est formidable, cette faculté de propagation. Les photographes qui postent sur le net savent à quel point leurs oeuvres peuvent devenir virales, mais ça ne les empêche pas de réaliser des tirages limités de leurs images et, par exemple, de les vendre en galerie. Une photo, 20 tirages et pas un de plus, signés et encadrés, et voilà comment on crée un original de façon artificielle à partir d’un fichier numérique.

Parce que dans ce cas, l’original — au sens d’origine — n’a plus de sens puisqu’on le crée a posteriori. Il faudrait inventer un nouveau mot pour décrire ce phénomène de création postérieure, qui cristalliserait la manière dont nous, humains, traçons des chemins pour nous reconnaitre les uns les autres dans l’écosystème des machines, sans antagonisme aucun. On pourrait faire la même chose que pour les photos avec les textes : créer dans un second temps des reproductions one-shot pour satisfaire notre besoin intrinsèque d’unique — un besoin qui est inhérent à la nature humaine, on peut s’en moquer mais c’est comme ça — et les proposer soit à la vente, soit pour donner, tout bêtement, en séance de dédicace par exemple. On concilierait le meilleur des deux mondes plutôt que de les opposer bêtement en permanence. Parce que contrairement à ce que certains voudraient nous faire croire, nous ne raisonnons pas en binaire : nous sommes incapables, tous autant que nous sommes, de prendre des décisions 100% rationnelles, parce que nous ne sommes pas des machines et nous suons des sentiments par tous les pores de notre peau, peau qui sent, qui fait mal, dont nous ne parviendrons jamais à nous débarrasser.

Alors voilà, j’ai écrit ce petit texte. C’est une micro-nouvelle toute bête, improvisée dans les dix minutes, que je publie sur le blog et qui au même titre que le reste du contenu est reproductible à l’infini (cf la licence Creative Commons). Vous êtes libres de la partager, de la recopier, d’en faire ce que vous voulez. Ça vaut ce que ça vaut.

J’ai attrapé un souvenir comme on chope une mauvaise grippe, c’était hier et un vent froid maraudait dans le grenier. Il n’aura fallu qu’une seconde pour qu’il se glisse dans ma tête — quel orifice empruntent les souvenirs quand ils tentent de nous posséder ? — et qu’il y tasse son nid bien chaud. Comme une chauve-souris prisonnière d’une soupente qui ne retrouve pas la sortie, ça devait faire un moment qu’il tournait en rond, à se cogner contre la chaux en essayant d’éviter les meubles qui dorment sous les draps. Il n’a pas hésité une seconde : sitôt qu’il a entendu le verrou tourner, il s’est précipité. J’ai encore de la place, ce n’est pas ça qui me gêne, et puis la sensation n’est pas franchement désagréable, juste un peu inconfortable. Je ne l’ai même pas senti entrer. Cette miette de mémoire devait appartenir à mon grand-père — ou peut-être à son père, pas beaucoup plus avant car alors la maison n’existait pas —, il l’a sans doute perdue en route, la vie c’est long et on égare plein de choses. Mais il s’est imprimé sous mes paupières et ne veut plus me quitter depuis :

Il fait chaud dans le grenier, un enfant se cache derrière des sacs de toile. Il se retient de rire. Dans la lumière de la porte se découpe la silhouette de sa mère.

Les murs des vieux greniers sont des maladies contagieuses.

Juste après en avoir posé le point final, j’en ai réalisé une copie sur ma vieille Olivetti. Il n’en existe qu’une et je n’en ferai jamais d’autre. C’est un exemplaire unique de ma première tentative d’extension du domaine de l’humain in machina.  Je l’ai scanné aussi, histoire de lui donner une empreinte numérique.

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Mais si ça intéresse quelqu’un de recevoir la version dactylographiée, signalez-le dans les commentaires : on tirera au sort pour désigner la personne à qui je l’enverrai. Ce n’est sans doute pas parfait — mon côté wabi-sabi — mais c’est ma manière à moi de fabriquer de l’humain dans mon écosystème techno-perso.

 

 

15 réflexions sur « Destin de l’original à l’heure de l’ebook »

  1. Ta réflexion est pertinente. C’est une question essentielle que celle de la perte de la notion d’original et de la notion d’objet unique. À quoi ressemblera l’étude des textes intégralement rédigés via l’ordinateur ? Comment remplacerons-nous l’absence des fameux manuscrits originaux ? Et peut-être plus important à mes yeux : que deviendra la redécouverte d’un auteur par les générations futures, sur quoi s’appuiera-t-on lorsqu’on essaiera de le cerner, alors que, par exemple, il ne sera plus possible d’étudier son écriture manuscrite pour faire des suppositions sur son caractère ?

    Ça laisse une impression étrange quand j’y pense…

    J’aime beaucoup l’effet miroir par lequel tu conclus avec cette version unique du texte. 🙂

  2. @TheSFReader : c’est mon intention de proposer des « originaux » à la vente, surtout à l’heure où on tanne les auteurs pour essayer de trouver des moyens de subsistance alternatifs. Ça me semble être une bonne piste de compenser l’abondance intrinsèque du numérique par la manufacture d’items uniques. Mais celui-là, je le donne ^^

  3. Très belle idée, vraiment. C’est quelque chose qui me parle profondément, cette histoire de créer de l’unique dans un univers reproductible à l’infini. Ça rejoint certaines idées développées par William Gibson dans ses derniers livres.
    Et puis merci de m’avoir fait découvrir le wabi-sabi 🙂

  4. C’est sur que ce doit être pénible d’écrire de cette manière… Mais la pénibilité doit permettre à tes mots de mûrir dans ton esprit comme un bon vin. Mais mon petit doigt me dit que tu as ordonné à ton t1000 domestique d’écrire à ta place, hein, AVOUE !

  5. Guyotat a vécu de ça longtemps, en rajoutant du sperme sur ses feuilles vendues (tu peux aussi, avec la technique que tu décris)

    pas mal de poètes le font, et bien sûr en art contemporain on trouve pas mal d’équivalents (Iroshi Sugimoto qui envoyait à ses acheteurs de longs fax avec toutes les conditions et le journal de la prise de vue)

    après, c’est toujours l’obsession du merchandising qui peut vite devenir trompeuse : pas envie d’être un marchand de fleurs dans un cimetière

    à noter qu’il faudrait revenir en amont sur l’idée de l’original par rapport aux exemplaires : la notion vient du livre relié par une chaîne sur le pupitre horizontal du monastère, à parti duquel on a fait une et une seule copie en plusieurs cahiers, ce qui permet à plusieurs copistes de venir travailler simultanément, mais toujours d’après copie directe de l’original et non pas copie de copie – en ce sens, l’original c’est plutôt notre « fichier maître », le dernier réactualisé et d’où procèdent les différentes conversions (epub, pdf etc) – avec l’avantage au numérique que nous ne sommes plus forcés de fixer notre original, mais toujours possible le considérer comme work in progress…

  6. Je ressens le besoin de mettre un peu de corps dans les octets. Note que c’est un choix personnel et que je n’oblige personne à me suivre sur ce chemin. D’ailleurs, j’ai pas une tête de gourou. 😉

  7. I’m in ! J’aimerais, maybe, recevoir cet original original 😉

    …Et question, par là : comment vieilliront les documents numériques, comment vieilliront les supports ?

  8. C’est marrant, cette histoire de fichier « parfait » à partir duquel on peut faire exister des tas de petits objets « imparfaits », ça me rappelle de façon troublante les Idées de Platon.

    Au départ, il y a par exemple l’Idée de l’homme, c’est à dire l’homme « parfait », le modèle ou la recette, avec les bonnes proportions, les bons rapports, la perfection harmonieuse (tout comme il y a l’Idée du texte, qui n’existe nulle part en tant que telle ; le fichier numérique, les bits et les zones magnétiques du disque dur ne sont pas vraiment le texte ; le texte lui-même, l’Idée du texte, flotte dans un espace qui n’existe pas, attendant d’être lu, comme un morceau de musique gravé sur un cd n’existe qu’en germe dans les sillons tant qu’il n’est pas joué et entendu) et donc, il y a l’homme réel, celui qui est forcément « particulier », donc imparfait, celui qui est palpable et qui n’a jamais les traits parfaitement symétriques, dont le nez à telle forme plutôt qu’une autre, dont la couleur de peau varie (comme il y a les livres, dont la coupe des pages n’est jamais parfaitement la même, dont l’impression varie à d’infimes degrés, et comme il y a le morceau de musique dont l’existence est chaque fois différente en fonction des hauts-parleurs et des conditions d’écoute).

    Et curieusement, c’est le texte imparfait, la musique imparfaite, c’est à dire le pendant « réel » des idées séminales qui a de la valeur. L’idée en elle-même nous est insaisissable : l‘« histoire en soi » n’a aucun sens, elle flotte dans l’éther. Elle ne commence à exister qu’à partir de l’instant où on lui donne une forme, qu’elle soit lue ou écrite dans une langue ou une autre, à la main ou à la machine.

    C’est peut-être pourquoi je me suis toujours senti mal à l’aise avec cette affirmation que « ce qui compte ce n’est pas le support, c’est l’histoire elle-même » (avec, derrière, cette suggestion que peu importe le support, car finalement l’histoire est toujours la même, et donc l’expérience est toujours la même, car l’expérience c’est l’histoire).

    Mais à bien y regarder, c’est faux. Nous sommes toujours en contact avec des supports, des incarnations (des « objectivations », pour faire le cake avec un langage philosophique). L’Idée « en elle-même » n’est rien pour nous : ce qui compte c’est toujours une mise en forme de l’Idée : un livre papier, un manuscrit, une tablette numérique, une lecture. Mais, exactement de la même façon qu’un petit japonais ne ressemble pas à un grand suédois, et qu’on ne peut pas dire (sauf abstraction n’ayant qu’un sens théorique) « peu importent leurs spécificités, ce qui compte c’est que les deux sont la même chose, c’est à dire un homme », on ne peut pas dire non plus que peu importe le support, ce qui compte c’est l’idée. Le Japonais et le Suédois sont des hommes, c’est vrai, mais il est vrai aussi que je n’aurai pas la même conversation avec chacun des deux, dans le même langage, sur les mêmes thèmes et sous le même angle.

    Ce qui compte ce sont leurs spécificités, c’est à dire ce qui fait qu’ils sont « eux » et pas des autres. Le livre sur tablette numérique et sur codex reste une histoire, c’est vrai, mais il vrai aussi que je n’aurai pas le même rapport avec ces deux « objectivations » de la même histoire, tout comme je n’aurai pas le même rapport entre un morceau de musique enregistré sur cd et le même morceau joué devant moi par le groupe original.

    Ca ne fait pas avancer la cause, mais j’y vois un peu plus clair.

  9. Euh, moi ?

    C’est sûrement cavalier de citer ses références sur le blog d’un autre, mais je suis sûr que je peux aller vite. J’ai un blog mais il est relativement naze (negligeable.blogspot.com) et sur Twitter je suis @Halv_

  10. @fbon : tu le trouveras sous le pseudo @Halv_ sur Twitter. Un garçon passionnant 🙂

    Question passionnante en effet. J’ai toujours eu la sensation d’éprouver un paysage de façon presque géographique en lisant sur un support fixe type papier. On retrouve des reliefs familiers en relisant. Le numérique, par essence, bouleverse l’organisation des paragraphes sitôt qu’on modifie la typo ou la taille des caractères. Donc oui, expérience différente, il ne faut pas renier la part d’insaisissable qui fait de nous des « anti-machines » .

  11. Pas mal d’émotions à la lecture de cet article :

    — « Je ressens le besoin de mettre un peu de corps dans les octets. » : en 1996, quand je traînais encore sur usenet, alors que j’échangeais de plus en plus fréquemment avec les mêmes personnes, le besoin de les rencontrer en chair, en os et en voix devint prégnant. « Et pour quelle raison ? » demandé-je de vive-voix à un de ces interlocuteurs habituels. « Pour humaniser le média ! » m’a-t-il répondu ;

    — ta micronouvelle est exactement le type de texte qu’écrit un de mes amis plus que cher : ça m’a profondément remuée :’-) Je la retranscrirai à la main : certes, ce ne sera pas un originel, seulement un original (et donc un exemplaire unique, de lectrice !) ;

    — je ne connaissais pas le wabi-sabi et j’ai bien du mal à trouver les mots pour exprimer la sérénité qu’il peut apporter. J’en retiens, pour l’instant, que c’est l’imperfection qui fait la beauté unique 😉

    Merci.

  12. Ce serait un honneur que de participer au tirage au sort 😉

    C’est vrai que de temps en temps, on a envie d’un peu plus d’humain. En ce qui me concerne, je boycotte systématiquement les caisses automatiques et autres bornes électroniques, à chacun son Jihad Butlérien… Je ne suis pas conservateur pour un sou, mais je pense vraiment que notre société n’évolue pas dans le bon sens, et je ne pense pas que le numérique à tout prix soit la solution. Une raison simple : il suffirait d’une éruption solaire comme il s’en produit tous les 150 ans pour griller notre électronique, et donc toutes nos bibliothèques numériques (ça a failli arriver il y a quelques années, le Canada s’en souvient encore). Le bon sens imposerait de produire à la fois des livres physiques et des ebooks, mais cela est-il possible dans un monde dicté par des impératifs économiques ? J’espère que oui.

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