La culte du blockbuster et la mort programmée de l’attention

Cette tribune de Will Self dans le Guardian m’a fichu un véritable électrochoc. Intitulé Le Roman est Mort, l’article est en soi une épreuve à lire, tant Self — un auteur que je respecte décidément beaucoup et donc j’avais adoré la Théorie Quantitative de la Démence — use d’une langue riche et d’un vocabulaire toujours circonstancié pour déployer son argumentation.

 

C’est pas vrai, je vous aime bien… et c’est ça qui me/nous tue.

Cette tribune de Will Self dans le Guardian m’a fichu un véritable électrochoc. Intitulé Le Roman est Mort, l’article est en soi une épreuve à lire, tant Self — un auteur que je respecte décidément beaucoup et dont j’avais adoré la Théorie Quantitative de la Démence — use d’une langue riche et d’un vocabulaire toujours circonstancié pour déployer son argumentation.  Il serait illusoire de ma part de vouloir vous le résumer en quelques lignes : il y a des dizaines de sujets dedans que je voudrais développer. Pour bien faire, il faudrait que je le traduise, mais je n’ai pas très envie de risquer les poursuites judiciaires pour non-respect du droit d’auteur, dieu que je déteste cette épée de Damoclès. Il faudra donc vous y coller, et dans la langue de Shakespeare s’il vous plait (accessoirement aussi celle de Mister Bean et des Spice Girls). Pour ma part, je pense carrément à écrire une série d’articles uniquement pour commenter cette seule tribune.

Le thème des blockbusters n’y apparaît que le temps de quelques lignes, mais il est sous-jacent dans l’intégralité du texte, et il recoupe cet article plutôt chouette de Michel Onfray au titre éminemment putassier (O perversité des journalistes avides de googlitude), mais dont la lecture m’avait également retourné. Self et Onfray racontent la même histoire : celle d’une pente dont la déclivité augmente à mesure que le temps passe, rendant le terrain des idées aussi glissant que ras. Pour résumer — et pourtant ceux qui lisent ce blog savent à quel point je hais le passéisme —, l’époque sert de terreau à la mort du roman tel que nous le connaissions.

D’une part, Self souligne notre perte d’attention croissante, qui empêchera la plupart d’entre nous d’arriver à la fin de cet article, attirés que nous sommes par les sirènes d’une alerte Facebook ou une soudaine envie de regarder le prix d’une paire de baskets sur Amazon. Qui peut encore contester ce phénomène ? Notre capacité de concentration n’est plus à la hauteur des oeuvres du passé : Joyce, Proust et Cervantes paraissent autant d’épreuves insurmontables au lecteur d’aujourd’hui, tant leurs oeuvres sont exigeantes en termes de concentration et de temps. Et il n’y a pas qu’eux : la plupart d’entre nous peine à terminer un livre qui n’a pas été écrit selon les codes de la narration tels que nous les imposent les blockbusters, qu’ils soient littéraires ou cinématographiques. La bataille est celle de l’attention : il faut du climax, du cliffhanger, du retournement de situation à tout va, une histoire puissante répondant à des mécanismes bien huilés, à des archétypes forts, et dans tous les cas une narration qui parle à nos tripes plutôt qu’à notre tête. Je le confesse volontiers, j’écris aussi en ce sens. Nous le faisons tous ou presque.

La blockbusterisation des histoires nivelle nos narrations : elle use des mêmes ficelles, se contentant de remplacer les personnages et les situations pour les placer sur la même partition, suffisamment huilée pour plaire à une majorité de lecteurs et de spectateurs. Les lecteurs sont déjà si peu, il ne faudrait pas les brusquer. D’une certaine manière, nous sommes tous coupables — éditeurs, auteurs et lecteurs — de laisser cette situation s’installer, mieux, de la célébrer. Le culte du blockbuster est tel aujourd’hui qu’un livre n’est considéré comme valable que s’il a rencontré le succès. Les catalogues s’harmonisent, proposent les mêmes soupes servies mille fois, brossent le lecteur dans le sens du poil par peur de le voir partir ailleurs. Nous mangeons de la bit-lit au petit déjeuner, de l’essai jetable à midi et dinons d’autofiction rive gauche, et en flattons nos ego tout en occultant le fait que nous sommes incapable de focaliser notre attention suffisamment longtemps pour nous plonger dans Rabelais ou Zola.

Bien sûr, je noircis le tableau à dessein. Après tout, pourquoi cette « mutation » serait-elle mauvaise en soi ? Les nouvelles technologies d’information et de communication nous apportent peut-être davantage qu’elles ne suppriment. Le premier argument entendu lorsqu’on évoque une « décadence » de la littérature est que d’une part, c’est ce que veut le public, et que d’autre part, de nouvelles formes plus adaptées au net émergeront. Malheureusement, je ne peux pas m’empêcher de penser que nous n’inventons rien : nous adaptons, et souvent pour le pire. Nous avons bâti des châteaux, des cathédrales, mais avons perdu au fil du temps le goût de l’architecture et préféré les préfabriqués, moins gourmands en temps et en énergie. Oui, c’est une évolution… mais c’est aussi, factuellement, une forme de décadence. Quand je vois ce que nos grands-parents lisaient et écrivaient lorsqu’ils étaient adolescents, je suis estomaqué. On ne pourrait plus exiger un tel niveau de nos jeunes générations. Oui, on s’adapte… mais on faiblit aussi.

The Fifties in 3D

Alors la solution, c’est quoi ? Ecrire des livres compliqués que personne ne lira ? Ecrire des tas d’histoires calquées sur le même modèle, calibrées, en espérant que l’une d’entre elles passera les mailles du filet et deviendra un blockbuster ? Publier tout ce que nous écrivons, quitte à nourrir un océan toujours plus vaste dont les eaux stagnantes ne servent qu’à mettre en valeur les succès commerciaux ? Car c’est ce qui se passe actuellement : les best-sellers se vendent de mieux en mieux, quitte à cannibaliser le reste de la production. Est-ce que les choses seraient différentes si nous regagnions notre faculté d’attention et étions capable de lire autre chose ? Sans doute, oui, mais le monde ne va pas dans ce sens. Les tendances indiquent que nous nous dirigeons vers un monde où les ventes — et donc l’attention — seront polarisées autour des blockbusters, de plus en plus, jusqu’à l’étouffement. La longue traîne n’a pas fonctionné, ou plutôt elle n’est pas aussi large que nous l’avions espéré. Cette tendance n’a qu’une explication : notre paresse intellectuelle. Nous vivons dans un monde où les informations sont à portée de main, aussi nos sens s’émoussent : si l’information n’est pas accessible rapidement, facilement, si l’article est trop long (comme celui-ci), si le livre est trop dense, trop vieux, trop épais, si le film ne comporte pas assez d’explosions ou de super-héros, notre jauge d’endorphine plonge en piqué. Notre culture de l’attention nous a transformés en petits chatons hypnotisés par la baballe lancée. Essoufflés, nous voulons pourtant toujours plus, et toujours plus facilement. Pourquoi ? Parce que nous pouvons le faire.  Regardez autour de vous, sur le net, le nombre d’articles au titre aussi racoleur que le contenu. Nous nous remplissons avec du vide.

Nous sommes à la fois la main d’oeuvre bon marché et le produit de la fabrique du rien.

Je ne veux pas non plus faire hurler les sirènes : après tout, j’aurai beau agiter les bras, ça n’empêchera pas la marée de monter. L’idée du changement me plait bien sûr : elle est réconfortante. Mais j’ai peur que ce ne soit qu’un mot, comme le changement climatique : techniquement, c’est davantage une destruction qu’un changement, non ? Le mot permet à lui seul quelquefois de faire passer la pilule.

En attendant, Self et Onfray m’ont donné envie de cesser de repousser la lecture de certains classiques qui prenaient la poussière sur ma pile à lire depuis trop longtemps : j’ai bien avancé dans Ulysse de Joyce, et je commence Don Quichotte.

Et vous savez quoi ? Ce n’est pas ennuyeux. Mieux, c’est rafraichissant.

11 pensées sur “La culte du blockbuster et la mort programmée de l’attention”

  1. Flaubert disait en gros la même chose à son époque en voyant les merdes qui se vendaient alors et qu’on a toutes oubliées et pas lui, à nous simplement d’aller chercher profond ce qui réussira à surnager à nôtre temps, et ce sera à coup sûr des choses profondes et pas nécessairement faciles…. Les choses faciles doivent être sans cesse réécrites pour être accessibles à un instant t. C’est leur naturel et rien n’a changé. Seuls les textes qui plongent loin leurs racines résistent au temps.

  2. Je suis assez d’accord avec Thierry Crouzet sur l’idée que le constat n’est pas si sombre, même si aucun écrivain n’a envie de mourir comme un poète anonyme dans la pauvreté la plus totale. De plus, sans vouloir lancer une polémique, des livres comme « Twilight » constituent la preuve que du fumier peut naître une rose : j’ai beau détester les livres de Stephenie Meyer, je suis forcé de reconnaître que beaucoup d’adolescents ont découvert la SFFF grâce à ses romans, et ont par la suite lu d’autres auteurs (qui me semblent) plus intéressants. On pourrait faire le même constat avec bien d’autres écrivains dits « commerciaux ». Au final, je pense que ces romanciers ont (malgré eux) un rôle positif, de la même façon que les retombées financières d’un blockbuster permet à un cinéma de programmer d’autres films plus ambitieux.

    Après, je suis entièrement d’accord sur l’idée qu’en littérature comme au cinéma, les oeuvres qu’on nous propose sont moins « léchées » : je trouve qu’il y a beaucoup plus d’incohérences qu’avant dans les synopsis, tout est plus « bâclé », facile. Le seul domaine, pour moi, qui échappe à ce triste constat, ce sont les séries télévisées de chaînes telles que HBO, au point où je répète ad nauseam que le cinéma appartient désormais au petit écran. Breaking bad, Six feet under, The Wire, Game of thrones, les Sopranos… pour moi ce sont les « châteaux et cathédrales » que tu évoques dans ton (bel) article. D’ailleurs, le succès des séries dans le domaine de la littérature numérique est tout sauf un hasard : je pense que les lecteurs ont vraiment envie d’un nouveau format, avec des personnages et des intrigues plus étoffés.

  3. Et si c’était faux ? En son temps, Gaston Gallimard ne voulait pas éditer Proust et Céline avait bien du mal à trouver un éditeur. Longtemps, la littérature a été un plaisir d’aristocrates. Ce n’était pas donné à tout le monde de se procurer des livres, encore plus dur était de se procurer des livres de qualité. J’ai lu ton article jusqu’au bout, et je t’accuse malgré tout de passéisme, sans offense. On parle sans arrêt de la capacité d’attention des jeunes en berne, âgé de mes vingt-et-un ans je n’éprouve pas ce sentiment.

    La généralité tue et les préjugés d’aujourd’hui sont je le pense les apories d’une époque qui n’en finit pas de se flageller. Je peux me tromper, mais j’ignore si le nombre de lecteurs a vraisemblablement baissé ou plutôt si le nombre de lecteurs ne s’est pas tout simplement stabilisé. Et si, comme je le pense, finalement la lecture n’était pas un plaisir du grand nombre, mais un calvaire pour beaucoup ?

    Après tout, je veux dire, peut-être que les gens par le passé lisaient par nécessité sociale, et qu’aujourd’hui, n’est-ce pas, la lecture au long cours n’est plus véhiculée comme une nécessité.

    Dois-je le rappeler, mais le web n’existait pas il y a de cela trente ans, et la démocratisation de la lecture n’est pas vieille non plus. Il faudrait pour cela connaître l’âge du livre du poche, et je le pense, il ne doit pas avoir plus d’un ou deux siècles. Alors peut-être que les gens sont passés à autre chose, car la lecture n’était plus une obligation sociale capable de se tenir au courant et de converser en société.

    La question que je me pose et que je te propose : et si la lecture de masse par le passé n’était qu’une mode qui a fini par s’estomper ?

  4. D’accord sur ton constat 🙂
    En revanche, le cinéma pâtit à long terme des blockbusters : j’ai vu un doc récemment — très intéressant — où l’on explique que les salles ne veulent plus diffuser que des gros films. Même s’il y avait une production indépendante active (ce qui n’est plus le cas), on manque de salles pour les projeter. Effet dramatique des blockbusters, et pourtant effet indirect.

  5. Pour répondre à ta question, le livre de poche n’est né que dans la deuxième partie du vingtième siècle, donc c’est une invention récente. Je comprends quà la seule lecture de cet article, tu puisses me penser passéiste (néanmoins, je t’invite à lire les autres articles et à en apprendre un peu plus sur mon parcours pour te convaincre rapidement du contraire). Si je suis très axé sur le web et l’ebook, je suis aussi un ancien libraire et suis du parti de penser que tout ce qui est ancien n’est pas à jeter. « La lecture de masse une mode qui a fini par s’estomper ? » Allons, nous n’avons jamais autant lu qu’aujourd’hui. Même les jeunes lisent beaucoup plus qu’avant : des blogs, des articles, des statuts Facebook, etc etc… La question n’est pas tant la quantité que le contenu et donc sa qualité. On peut rejeter la faute sur les éditeurs qui n’ont pas voulu éditer Proust, n’empêche qu’il reste un cas statistiquement négligeable au regard du reste de l’histoire littéraire. L’exception qui confirme la règle, mais sur laquelle on voudrait pointer du doigt la faiblesse de tout un système. Attention aux raccourcis.
    La lecture est, avec manger et respirer, une des activités vitales de l’humain : elle lui permet de s’édifier, de se construire. Oui, les gens lisaient des choses plus exigeantes auparavant, c’est un fait. Même quand on me dit que Zola et Dumas faisaient du feuilleton, oui, mais faut arrêter de déconner : c’était autre chose que SAS, tout de même. Donc même si je passe pour un rabat-joie sur ce coup, j’assume. Il faut non seulement lire plus, mais aussi lire mieux.

  6. Je suis d’accord avec toi, mais peut-être pas tant sur le constat. Mon propos était qu’aujourd’hui la culture s’est diversifiée. Lire est vital pour un certain nombre, mais peut-être pas pour le plus grand nombre. Peut-être que cela ne l’a jamais été. Un jeune peut se construire, je le crois, autant avec un film de qualité qu’un livre.

    Je suis tombé assez tôt dans la lecture car mon parrain est un universitaire et que je passais mes samedi après-midi chez lui lorsque j’étais enfant. Il a pratiquement tous les livres de La Pléiade, ainsi qu’une quantité de vieux livres. Il était un peu collectionneur, mais surtout un gros lecteur, alors forcément ça marque la jeunesse.

    Je veux dire, je connais de nombreux adultes qui ne lisent plus, cela n’aide pas les jeunes à venir à la rencontre de la littérature. Je voulais dire que le cinéma est plus dans l’ère du temps. J’ai aussi l’impression que le cinéma, du moins une certaine forme de cinéma, est plus accessible. Il faut se donner du temps pour lire, et donner du temps à la lecture pour la comprendre. Ça demande un plus gros effort, cela demande de l’investissement. Par lecture de masse, je me suis mal expliqué, j’entendais lecture comme principal format culturel.

    Bref, vaste sujet de conversation, interminable. Merci pour ton commentaire et pour ton éclaircissement 😉

  7. Beaucoup de supers films ne sont pas vus. C’est un peu même problème que pour les livres. Je te rejoins sur ça : domination d’un petit nombre d’oeuvres. Quand tu vois le nombre d’entrée de films passionnants, et accessibles, il y a aussi de quoi pleurer. Qui regarde aujourd’hui L’ordre de Jean Daniel Pollet. Et je suis allé si souvent voir des chefs d’oeuvres de Lubitsch à Paris et nous étions 10 dans la salle. Beaucoup de gens ne lisent pas, ne vont pas voir de films, ne vont pas à des expos. Bien sûr on peut vivre sans ça. Mais ce sont des plaisirs à s’accorder. Dommage de passer à côté.

    Mais pas d’inquiétude. Les créateurs d’histoire trouvent des moyens pour s’en sortir. On a toujours galéré. Ça a toujours été assez difficile. Tiens, il faut voir l’histoire des grands jazzman : galérant, anarqués par les maisons de disques. Les artistes sont toujours en lutte pour leur survie.

    « La bataille est celle de l’attention : il faut du climax, du cliffhanger, du retournement de situation à tout va, une histoire puissante répondant à des mécanismes bien huilés, à des archétypes forts (…). » Ça ressemble assez à pas mal de pièces de Shakespeare. A la tragédie grecque. Ce n’est pas mal tout ça, ce ne sont pas des défauts.

    Ensuite l’article d’Onfray (j’ai beaucoup aimé son livre sur le Sauternes) est vraiment pas professionnel : il ne lit pas la littérature contemporaine. C’est vraiment irritant ces gens qui jugent a priori.
    Très facilement on peut dire qu’il n’y a plus de littérature, plus de cinéma, plus de philosophie, plus de peinture… Mais il faut sortir de chez soi, être curieux, être ouvert. Il faut lire Lola Lafon par exemple. Thomas B. Reverdy. Il y a des écrivains passionnants. Il y a des philosophes passionnants aussi. On ne met sans doute pas en avant les plus intéressants. Ça c’est à questionner.
    C’est une époque excitante, pleine de richesse, d’oeuvres d’art incroyables et stimulantes.
    Ok ensuite il y a de quoi être déprimé de voir toujours les mêmes auteurs mis en avant, mais ça tient à la structure du journalisme, à la concentration éditoriale. Les grandes oeuvres sont là.
    Et puis, je ne crois pas à l’opposition oeuvres grand public et oeuvres exigeantes. C’est une blessure faite à l’art.
    Allez Neil, hauts les coeurs !

  8. Effectivement, je nuance mon propos sur la dramaturgie : étant moi-même un grand fanatique devant l’éternel des mécanismes de narration (et du storybuilding à la Shakespeare, of course), je suis obligé de constater que ce schéma produit des chefs d’oeuvre, de Star Wars à Harry Potter en passant par Retour vers le Futur et consorts. Je veux juste dire qu’il faut qu’il existe une place pour les oeuvres qui ne répondent pas à ce canon. Les distributeurs renaclent désormais à diffuser dans leurs salles des films indépendants et/ou non-hollywoodiens : c’est pour ça qu’on est un pays avec beaucoup de salles de ciné, mais assez peu de diversité dans les salles, surtout en province où c’est carrément la catastrophe (pareil partout). Et puis faut pas oublier qu’Hollywood, c’est aussi Corneille, la mythologie grecque et plein d’autres trucs très réjouissants : j’ai juste peut que les lois de l’industrie pourrissent l’exploitation des oeuvres hors norme. Par exemple, beaucoup de films géniaux ne seraient plus produits aujourd’hui : Forrest Gump, Fight Club, Seven, etc… C’est pas moi qui le dis : http://www.youtube.com/watch?v=0RHlE5ZLzHc (documentaire super intéressant).

  9. « il faut qu’il existe une place pour les oeuvres qui ne répondent pas à ce canon »
    yep !
    je vais regarder ce documentaire

  10. J’ai lu cet article jusqu’au bout, mais j’ai effectivement ressenti la tentation d’arrêter avant la fin, à cause de sa longueur. Ce qui, du coup, m’inspire d’émettre une certaine réserve sur son propos.

    Le fait que j’aie eu la tentation d’arrêter en cours de route est-il le signe que je suis un flemmard de la lecture? Je ne crois pas. Je lis certes moins qu’à une époque, mais j’adore un bon petit pavé qui stimule mon intellect, comme un roman de Iain Banks ou de China Miéville.

    Je pense qu’un des problèmes est que l’information est omniprésente, c’est-à-dire qu’elle se présente à nous à tout moment. Dans ce cas précis, un tweet m’a interpellé, j’ai suivi le lien et me voilà. Or, je n’avais pas forcément envie de lire cet article maintenant. Alors oui, j’aurais pu garder ce lien dans un coin et y revenir plus tard. L’aurais-je vraiment fait ou aurais-je, quitte à faire un brin de lecture, repris mon roman en cours? Coincé entre ses deux envies contradictoires, j’ai opté pour la lecture immédiate, mais avec la forte pression à y aller en diagonale. Pour moi, cette tension fait beaucoup pour la tendance à chercher du contenu court.

    Pour ce qui est de la blockbusterisation, par contre, je suis d’accord. C’est la logique de notre société capitaliste. Elle n’affecte pas que les romans, des domaines comme la bande dessinée ou le jeu de plateau en souffrent également: une production surabondante dans l’espoir d’être celui qui aura édité le prochain grand succès.

  11. Les sollicitations se multiplient et Internet en soit les concentre - lectures diverses, réseaux, musique, vidéo, shopping… Comme le temps n’est pas extensible, on fait un peu de tout et en vitesse. Cependant, on comprend aussi qu’à brasser tant d’air, c’est la vie qui passe plus vite, sans qu’on ait le temps de rien apprendre, de rien approfondir, de rien faire de bien. La lassitude engendrée peut alors inciter, dans un second temps, à un peu plus de discipline personnelle, d’attention… Une contre-tendance naît toujours de la tendance, même si elle ne concerne pas tout le monde!

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