Ce qu’on trouve quand on creuse

 

Vendredi, c’est jour de sortie pour le Projet Bradbury. Et puisque je ne suis toujours pas mort en chemin, je suis fier de vous présenter le sixième texte correspondant à la semaine 6/52, intitulée Aurélia sous la terre.

aurelia

En voici le pitch :

C’est une après-midi comme beaucoup d’autres qui débute pour Victor et Simon. Les champs s’étendent à perte de vue, il n’y a plus qu’à courir plus vite que le vent et à oublier qu’on grandira un jour. Mais une découverte impromptue va changer tous leurs plans. Sous la terre se cachent des secrets : quelquefois, il suffit de prendre le temps de se pencher pour les déterrer. 

Vous vous souvenez quand, il y a quinze jours, je vous ai parlé d’un rêve que j’avais fait et dont j’allais me servir pour écrire une nouvelle ? Voilà, vous y êtes. Il s’agit de ce texte. La mission a été remplie, mais elle n’a pas été de tout repos.

Je ne suis pas forcément du parti de construire des histoires à partir de rêves. Bien souvent, les songes et les cauchemars sont de fausses bonnes idées. Mais après avoir vécu en songe cette histoire en songe, je fus convaincu que je tenais quelque chose d’intéressant. Mon rêve avait des personnages, un début, un milieu et une fin. Je n’avais jamais rêvé aussi précisément et de façon aussi construite. De fait, l’histoire existait déjà et je n’avais plus qu’à l’écrire.

De par la nature onirique de ce récit, j’espère que vous en excuserez la construction : j’ai voulu rester fidèle au matériau de base. Dans mon rêve, la fin était brutale et le temps se contractait mystérieusement. Vous allez me dire, comme dans tous les rêves. Oui, comme dans tous les rêves.

Dans cette nouvelle, il y a le sentiment de la perte irrémédiable de l’enfance, bien sûr, mais il y a aussi la terrible sensation que ce qu’on a enfoui dans le coffre de nos souvenirs devient de plus en plus inaccessible… jusqu’à finir par disparaître complètement. Nous expérimentons tous cette sensation et je crois qu’écrire nos souvenirs, même déguisés en histoires, est une bonne manière de les figer pour l’éternité, même s’il s’agit de les enfermer dans une boîte et de les enterrer pour toujours.

Avec le recul des corrections et des multiples relectures, il y a aussi peut-être dans cette nouvelle un peu de cet adolescent coeur d’artichaut que j’ai été, notamment au collège où je m’amourachais d’un regard, d’une couleur de cheveux, d’un sourire. J’étais de ce genre de garçon à tomber amoureux quatre fois par semaine. Quand je pense à cette période, je pense donc aussi à ces histoires fantasmées avec ces jeunes filles qui n’ont jamais été autre chose que des chimères dans ma tête, et qui ont forcément nourri mon imaginaire à un moment ou à un autre. Pas étonnant donc que le personnage de mon rêve… heu… je vais vous laisser découvrir.

Je n’avais donc jamais raconté un rêve aussi précisément : Aurélia sous la terre a été pour moi l’occasion, en tant qu’auteur, de me contredire et de me servir d’une divagation onirique pour narrer une histoire. Y a-t-il un lien entre mon Aurélia et celle de Gérard de Nerval ? J’aime à le penser. Car peut-être vit-elle à travers les siècles et les songes des écrivains, et qu’elle hante ceux qui veulent l’écouter. Les rêves ne nous appartiennent peut-être pas tant que cela.

La couverture est encore une fois signée Roxane Lecomte, qui chaque semaine rivalise de créativité et d’ingéniosité pour illustrer la nouvelle. Un grand merci à elle !

Aurélia sous la terre est disponible à la vente chez AmazonSmashwords, iBookstore et Kobo (bientôt) au prix de 0,99€.

Vous pouvez aussi (surtout) vous abonner à l’intégralité des nouvelles du Projet Bradbury. Vous aurez ainsi accès à toutes les textes écrits et à venir, à des nouvelles bonus et à quelque surprises que je réserve aux abonnés. Bien sûr, c’est aussi une occasion de soutenir l’initiative et de soutenir et d’encourager le jeune écrivain que je suis.

Je vous souhaite une excellente lecture !