Projet Bradbury, #14 : Parasite

Le Projet Bradbury est un marathon littéraire qui consiste à écrire et publier une nouvelle par semaine pendant un an, soit 52 textes. Cette semaine, nous partons au pays des rêves.

Si Lovecraft m’a autant parlé à l’adolescence, c’est aussi parce que le rêve a toujours été pour moi un terrain de jeu de prédilection. Chaque journée, aussi dure soit-elle, s’achève toujours par une récompense, celle de retourner arpenter les chemins de ces territoires pour toujours inexplorés – ou du moins jamais complètement explorés, et par essence changeants.

Je n’ai pas l’âme d’un aventurier. Je suis d’un naturel casanier, j’aime mon petit confort, aussi sommaire soit-il. Je ne suis pas écrivain pour rien. Le rêve, pour moi, est synonyme d’aventure. Autrefois, j’ai même essayé de le maîtriser : il existe des techniques dites de rêves conscients. Mais je n’ai jamais réussi. Je ne désespère pas. Continuer la lecture de « Projet Bradbury, #14 : Parasite »

Projet Bradbury, #13 : Petit dieu

Le Projet Bradbury est un marathon d’écriture qui consiste à écrire et publier une nouvelle par semaine pendant un an, soit 52 textes. Aujourd’hui, on parle des petits dieux qui peuplent nos quotidiens.

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La question de la foi ne s’est jamais vraiment imposée à moi : je ne suis pas certain d’avoir déjà cru un jour en une entité cosmique ou spirituelle supérieure, capable d’influencer ou de juger ma vie en fonction de critères prédéfinis. Même enfant, ça m’a vite semblé étrange, presque suspect. Pour autant je ne tire aucune gloire de cet athéisme réflexe. De fait, j’envie beaucoup les gens qui croient, et si l’on pouvait faire ce choix, j’imagine que je déciderais de croire en Dieu — parce qu’il me semble que c’est encore la position la plus confortable dans la perspective d’une mort plus ou moins lointaine, mais totalement certaine.
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Projet Bradbury, #12 : Gouffre

Le Projet Bradbury est un marathon littéraire qui consiste à écrire et publier une nouvelle par semaine pendant un an, soit 52 au total. Cette semaine, on parle amitié et nouvelles technologies.

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Quand je regarde l’époque que nous vivons, je suis à la fois fasciné et horrifié par les possibilités d’interaction qui nous sont offertes. Habitant à l’étranger, je suis confronté à l’éloignement des gens qui me sont chers et communiquer avec eux par l’intermédiaire de telle ou telle application m’est devenu indispensable et précieux. Mais internet permet également aux gens qui ne se connaissent pas de se connecter plus facilement, que ce soit pour discuter en ligne, aller prendre un café, chercher l’âme sœur ou une relation sans lendemain. Internet catalyse et soulage nos solitudes immenses – et parfois de petits malins s’emparent de ces solitudes pour les faire fructifier.  Continuer la lecture de « Projet Bradbury, #12 : Gouffre »

Projet Bradbury, #11 : Amis

Le Projet Bradbury est un marathon littéraire qui consiste à écrire et publier une nouvelle par semaine pendant un an, soit 52 au total.

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« Objets inanimés, avez-vous donc une âme ? » se demandait Lamartine, comme s’il avait soudain reçu une illumination shintoïste. Malgré une fétichisation complète des objets dont elles se sont presque fait une spécialité, nos sociétés occidentales sont loin de partager les croyances animistes de certains peuples. Car si l’on se cache derrière l’idée qu’un individu se « réalise » au travers de ses possessions – par le statut qu’elles confèrent –, l’objet en lui-même demeure quelque chose de mort, d’utilitaire, de remplaçable – notre culte de la remplaçabilité pourrait aussi faire un bon sujet de nouvelle. Continuer la lecture de « Projet Bradbury, #11 : Amis »

Projet Bradbury, #10 : Robbie

Vous me connaissez, j’ai une affection toute particulière pour les histoires qui mettent en scène des humains et des robots. Je me fiche pas mal de l’aspect technologique : comme disait Bradbury, du moment que la fusée va sur Mars, je me fiche de savoir comment fonctionne son moteur. En revanche, les transferts émotionnels que nous faisons sur ces simulacres –ces homoncules devrais-je dire – révèlent à mon sens tout ce qui fait de nous des êtres humains.

Quelque part, observer les robots est une manière de questionner l’essence de notre humanité, notre rapport au vivant aussi. Les robots sont des miroirs, et il ne nous viendrait jamais à l’idée de tomber amoureux d’un phénomène de réflexion. Pourtant c’est ce qui se produit quand des robots entrent en scène : nous focalisons sur la réflexion et oublions parfois le reflet. C’est ce reflet qui m’intéresse, surtout quand, comme dans Robbie, il touche à des pans cruciaux de nos brèves existences – ici le désir d’enfant, mais il y en a tant d’autres : le handicap, la solitude, la maladie, l’identité…  Continuer la lecture de « Projet Bradbury, #10 : Robbie »