Racisme et littérature : faut-il « brûler » Lovecraft ?

  1. Longtemps le mythe de Cthulhu n’aura été qu’une mythologie confidentielle, et son auteur, Howard Phillips Lovecraft, un sinistre inconnu. Aujourd’hui les choses changent, notamment en France où de nouvelles traductions, biographies, monographies, voient le jour. Mais Lovecraft est un phénomène global : films, séries, musique, jouets, jeux vidéo, de société ou de rôle… Les artistes qui s’en inspirent se comptent désormais par centaines, si bien que peu à peu l’impensable se produit : Lovecraft devient mainstream. Même les créateurs de Stranger Things parlent d’approche « lovecraftienne » pour la saison 2 de leur série à succès. Bientôt le « menu Azathoth » chez McDonald’s ?

Mais il y a un problème. Si la mythologie créée par Lovecraft est indubitablement un fait marquant de l’histoire des cultures de l’imaginaire du vingtième siècle – peut-être même le plus marquant –, il y a son racisme. Et on ne parle pas du petit racisme ordinaire, celui de la première partie de la vie de l’auteur. Même si le milieu social dans lequel il baignait, celui des bourgeoisies policées, manifestait en son temps un mépris plus ou moins sonore pour « les autres races », le mépris en question n’atteignait pas le stade que la haine de Lovecraft atteindra dans la deuxième partie de sa vie. Le cas Lovecraft implique que l’on parle d’un racisme dévorant, une obsession cannibale et titanesque. Continuer la lecture de « Racisme et littérature : faut-il « brûler » Lovecraft ? »