Pourquoi pirater un livre quand on peut l’acheter ?

Je ne suis pas partisan des solutions simples : la réalité est souvent beaucoup plus nuancée, et les questions compliquées amènent souvent des réponses compliquées — voire carrément impossibles à traduire de façon intelligible. Nos motivations sont perpétuellement floues. Elles sont le fruit de notre raison, bien sûr, mais aussi de nos affects et de notre vécu. Et quand il est question du piratage, notamment de livres (mais cela pourrait tout aussi bien s’appliquer au cinéma et à la musique), la tentation de trouver des explications mécaniques à un problème émotionnel me semble — a minima — risquée. Continuer la lecture de « Pourquoi pirater un livre quand on peut l’acheter ? »

Et vous croyez encore que le livre numérique ne décolle pas en France ?

C’est toujours la même chose : à chaque baromètre publié, le livre numérique fait figure de parent pauvre de l’édition, plafonnant à 3% du chiffre d’affaire global de l’industrie. Du moins c’est ce qu’on lit un peu partout. « À quoi ça sert d’insister, puisque les Français n’aiment que le papier ? » Ah, exception culturelle, quand tu nous tiens… Il semblerait que la France résiste, tel le village gaulois, à la numérisation galopante qui ne voudrait qu’une chose : la condamnation à mort du livre. Continuer la lecture de « Et vous croyez encore que le livre numérique ne décolle pas en France ? »

Librairies et auto-édition : des passerelles à créer ?

Au fil d’une discussion Twitter — on parlait, entre autres sujets, de l’édition —, je tombe sur cette réponse qui me fait réfléchir.

@Melissandre_L :  pour avoir testé l’édition tradi, je veux bien le croire : 5% du prix d’un exemplaire et devoir me taper mon boulot de comm, je trouvais ça un peu dur quand même, même si c’était chouette d’être en rayon à la FNAC…

 Rien de plus vrai, de plus simple, de plus tragique en somme : cette auteure a raison et a résumé tout le problème de l’édition traditionnelle qui, si elle continue d’un côté à produire de magnifiques ouvrages et à entretenir de belles relations avec les créations, est aussi par d’autres côtés devenu une broyeuse monstrueuse qui s’emberlificote les pieds dans ses propres démons, notamment celui de la surproduction — qui ne laisse le temps ni aux libraires ni aux auteurs de faire leur travail — et de la rentabilité maximale (titres calibrés, marges resserrées, rémunération des auteurs en berne).  Continuer la lecture de « Librairies et auto-édition : des passerelles à créer ? »