Paye ton auteur : et si notre problème, c’était la définition du « travail » ?

En réaction à la non-rémunération des interventions des auteurs et des autrices sollicité·e·s par le Salon du Livre de Paris, circule depuis quelques jours sur les réseaux sociaux un hashtag : #PayeTonAuteur. Cette initiative, aussi spontanée que salutaire, met en lumière les conditions de (sur)vie des personnes qui écrivent les livres que nous lisons – et ce ne peut être qu’une bonne chose.

Je ne reviendrai pas sur l’affaire en elle-même : elle est sordide et témoigne du peu de cas que le Syndicat National de l’Édition et Reed (l’organisateur du salon) font des artistes qu’ils sollicitent. Le simple fait qu’il faille se battre et réclamer – d’aucuns diraient mendier – est on ne peut plus parlant. Il n’y a rien à ajouter, sinon des appels au blocage.

Il me paraît en revanche plus intéressant de revenir sur ce que cette mésaventure – une parmi tant d’autres – dit du travail d’écrivain, et du travail en général. À lire les réactions sur les réseaux sociaux, on comprend vite que quelque chose est en train de changer. Le public prend le parti des artistes. Grâce à des années de pédagogie (il faut ici saluer le travail de la Charte et du SnacBD), l’image d’Épinal de l’artiste dilettante et insouciant s’efface peu à peu, et ce qui était vu comme une occupation proche du hobby dans l’imaginaire collectif se transforme peu à peu. Écrire, c’est un travail. Corriger, c’est un travail. Illustrer, c’est un travail. Animer une table ronde, un atelier scolaire, donner une conférence, expliquer son travail face à un public, et même dédicacer son livre… vous avez compris : c’est un travail. Un travail qui appelle rémunération. Continuer la lecture de « Paye ton auteur : et si notre problème, c’était la définition du « travail » ? »