Projet Bradbury #2 : pensées sur la ligne de départ

J’ai décidé de remettre le couvert : à partir du lundi 11 septembre prochain, je tenterai à nouveau de publier une nouvelle par semaine pendant un an. Et cette question, lancinante : y parviendrai-je une seconde fois ?

La première fois, c’est toujours moins compliqué : il y a l’énergie de « le faire au moins une fois dans sa vie », la rage de réussir aussi, de prouver qu’on en est capable. C’est complètement différent la deuxième fois. On n’a plus rien à prouver, ni au monde, ni à soi. On sait qu’on en est capable, puisqu’on l’a déjà fait. Et c’est justement parce qu’on n’a plus rien à prouver que c’est plus difficile. J’avais ressenti cela au moment d’écrire mon deuxième roman : alors que le premier m’avait littéralement coulé des doigts, ce fichu deuxième était sorti dans la douleur. Parce que la rage, la frénésie, l’excitation nous ont quitté, il faut puiser en soi une autre énergie. Ou la trouver ailleurs.

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#0 | Délicates et fragiles

J’ai décidé de relancer un Projet Bradbury – écrire 52 nouvelles en 52 semaines – le lundi 11 septembre 2017. En guise d’interlude et pour patienter, voici un petit texte tout doux écrit ces derniers jours…

{ Cette histoire vous est confiée. Vous en êtes le gardien. Cette responsabilité vous incombe. Sans vous, elle disparaîtra. C’est de cette façon que survivent depuis toujours les choses insignifiantes. }

C’est presque autant une tache qu’une forme, pense-t-elle, mais comment trancher ? Personne ne se préoccupe du sort d’une tache – c’est un vestige, une empreinte, quoi que ça ait été ça appartient au passé, ce n’est plus parmi nous. Alors qu’une forme, c’est autre chose… Une forme réside là où elle se trouve, elle s’y insère en un lieu et en un temps. Ce n’est pas un souvenir… Même floue, une forme est un marqueur de concret.

À quatre pattes sur la glace, Paule plisse les paupières pour mieux scruter l’objet de sa curiosité. Le froid traverse ses gants, il monte à travers ses orteils, ses genoux et ses paumes. Ni vraiment forme, ni vraiment tache. La fillette retire son gant et toque du doigt contre le ruisseau gelé. Celui-ci lui renvoie le son mat des portes condamnées. Continuer la lecture de « #0 | Délicates et fragiles »

[CONCOURS] Gagnez 3 exemplaires du livre « Le Zen dans l’Art de l’Écriture » de Ray Bradbury aux éditions Antigone14

Les gens qui me connaissent, lisent ce blog et suivent mon travail connaissent l’amour – que dis-je, l’adoration – que je voue à Ray Bradbury. C’est un auteur dont l’œuvre m’a énormément influencé, dont j’ai disséqué des passages pour en étudier la magie – souvent en vain –, et dont les conseils sont toujours pour moi source de réjouissance (beaucoup), d’illumination (parfois) et de réconfort (toujours).

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Une nouvelle du Projet Bradbury en mp3

J’adore les licences Creative Commons. Je vous l’ai déjà dit, non ? J’adore. Celles et ceux qui ont suivi le projet Bradbury se rappellent peut-être que j’avais pour la première fois décidé de les utiliser à cette occasion, optant pour une autorisation BY-NC-ND. J’ai mis du temps à le comprendre, mais je réalise aujourd’hui que cette licence est un peu trop restrictive à mon goût (paternité, pas d’utilisation commerciale, pas de modifications ou de créations dérivées). En gros, elle permettait seulement le partage et la diffusion libre des fichiers (désormais j’utilise la licence BY-SA sur la plupart de mes créations). Du coup, pour en faire des enregistrements audio par exemple, il fallait me demander une autorisation. Ce qu’a fait Christophe, qui sévi sur le site litteratureaudio.com sous le pseudo de Cyprien. Continuer la lecture de « Une nouvelle du Projet Bradbury en mp3 »

Menace végétale : « Le vert » (Projet Bradbury #54)

Difficile avec mon emploi du temps de jeune père au carré de trouver le temps (et surtout la concentration) d’écrire de la fiction — ne serait-ce que d’en lire : heureusement, bien d’autres joies compensent l’absence de fiction. J’ai néanmoins réussi à composer cette nouvelle entre deux biberons. Je ne garantis pas qu’il s’agisse de mon meilleur texte, mais il a le mérite d’exister et d’avoir réussi à me dérouiller les doigts et les synapses après deux mois d’abstinence narrative. Continuer la lecture de « Menace végétale : « Le vert » (Projet Bradbury #54) »