Être ou ne pas être (un auteur)

Nous discutions l’autre jour de la manière dont nous nous présentions en public. Certains disent « écrivain », d’autres « auteur » / « autrice », d’autres encore préfèrent circonvenir et disent simplement qu’ils écrivent. Les définitions sont presque aussi nombreuses que les pratiquant·e·s, mais elles ont un point commun : elles sont déjà en soi une forme de justification, et l’édification d’une forteresse. Continuer la lecture de « Être ou ne pas être (un auteur) »

Du caractère inflammable des livres et de la soi-disant lutte contre la barbarie

Dans la nuit de mercredi à jeudi, une bibliothèque a brûlé. C’était à Nantes. Deux jours plus tôt, un policier abattait à bout portant Aboubakar, un garçon de 22 ans, qui essayait de fuir un contrôle d’identité. Pourtant, à en lire les médias et les réseaux sociaux, ce n’est pas dans ce meurtre que réside la barbarie, mais bel et bien dans la crémation d’un bâtiment municipal qui hébergeait quelques bouquins. Brûler des livres est un sacrilège. Tuer un homme, on peut toujours invoquer la légitime défense ou même la maladresse. Continuer la lecture de « Du caractère inflammable des livres et de la soi-disant lutte contre la barbarie »

Le temps de l’écrivain : s’organiser pour écrire malgré le monde

Ma vie d’écrivain a changé le jour où sont nés mes deux enfants. Avant cela j’avais été salarié, je savais donc ce que c’était d’avoir des obligations de planning, des temps où l’écriture n’était pas possible, mais je parvenais malgré tout à ménager des plages de temps suffisantes pour ne pas impacter mon travail de création (jours de repos, matinées, soirées, week-end, etc). Avec les enfants, j’ai découvert ce que c’était que l’incertitude du temps d’écrire. Ne pas être certain de pouvoir écrire aujourd’hui, et même si on parvient à dégager une heure ou deux, tout simplement ne pas en avoir la force. Parce qu’il y a temps et temps. Continuer la lecture de « Le temps de l’écrivain : s’organiser pour écrire malgré le monde »

Le moteur qui fait avancer nos personnages de fiction : décryptage des « enjeux »

On définit souvent une histoire comme une chronologie, c’est-à-dire comme une progression temporelle. Durant le temps T de la narration, se déroulent des événements, qui par liens de causalité déclenchent eux-mêmes d’autres événements. Cet implacable mécanisme des causes et des conséquences tire les personnages à travers le temps de l’histoire et les rapproche du dénouement.

Mais la chronologie des évènements ne permet pas à elle-seule de capturer ce qui fait l’essence d’une histoire. Pour y parvenir, nous devons aussi la considérer sous l’angle du déplacement. Une histoire oblige un personnage à entamer un trajet. La narration devient alors une géographie. Continuer la lecture de « Le moteur qui fait avancer nos personnages de fiction : décryptage des « enjeux » »

Auteurs en colère : portons le combat d’une société plus juste !

On juge une société à la manière dont elle traite les plus faibles : étrangers, enfants, personnes âgées, racisés, chômeurs et précaires, handicapés… et bien entendu, artistes.

En fonction de la définition qu’on leur donne, les artistes sont une espèce à la fois florissante et en danger d’extinction. D’un côté, on n’a jamais autant écrit, composé, filmé, photographié qu’aujourd’hui : nous sommes toutes et tous devenu·e·s des artistes à notre manière. Mais de l’autre, les artistes qui souhaitent se professionnaliser rencontrent des difficultés grandissantes. Au point qu’il devient désormais très compliqué de survivre si l’on souhaite se consacrer à la création à plein temps. Continuer la lecture de « Auteurs en colère : portons le combat d’une société plus juste ! »