Bons baisers de l’au-delà : « Carte postale », 34ème nouvelle du Projet Bradbury

Le Projet Bradbury existe, entre autre, pour tester certaines limites : les miennes bien sûr, mais aussi celles du livre, de la distribution, de la diffusion, des licences, du partage, du financement, de la place de l’auteur dans un monde en mouvement, j’en passe. De limites, il en est justement question dans la nouvelle de la semaine.

Je vous présente Carte postale, la 34ème nouvelle du Projet Bradbury.

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La nouvelle en quelques mots :

Après avoir expérimenté avec succès sur un vieux chimpanzé, Pierre et Marie sont sur le point de faire une découverte scientifique majeure : grâce à un composé de son invention, le scientifique, aidé par son épouse, va interrompre ses battements cardiaques pendant quelques minutes. Quand il reviendra d’entre les morts, il pourra enfin raconter au monde ce qui se cache derrière le voile. Mais l’expérience ne se déroule pas comme prévu.

Dans ce texte, le personnage principal explore les limites de l’existence. Loin d’en être arrivé là, je me retrouve néanmoins en lui dans une certaine mesure. Avec le Projet Bradbury, il me semble avoir passé un cap. Étrangement, j’ai senti cette semaine une modification dans ma manière d’appréhender ce qui se passe en ce moment, et plus particulièrement dans ce qui a trait à mon métier. C’est un petit peu comme si un déclic s’était produit. Bien sûr, ce déclic, je l’avais déjà eu une première fois, au moment de ma décision de lancer ce défi. Mais il est revenu il y a quelques jours, d’une façon moins spectaculaire, plus diffuse, mais tout aussi intéressante. J’ai l’impression que l’entraînement est en train de porter ses fruits : je parviens à écrire à la demande désormais. Pire, j’écris à la demande des choses qui me plaisent (et qui, je l’espère, plaisent à d’autres). Mais il n’y a rien d’étonnant à cela : cette progression n’est que le fruit d’une pratique active et poussée au maximum de mes capacités (plus fortes certains jours que d’autres).

En réalité, je crois que le véritable changement s’est opéré dans une zone plus profonde de mon cerveau. Je soupçonne cette zone, bien cachée, d’être également le siège de la foi chez les personnes croyantes — au rang desquelles je ne me compte pas —, car le sentiment dont je fais l’expérience habite en dehors de toute rationalité. Il est du domaine de la conviction.

Pour tout dire, je crois que je commence à y croire. Tout simplement. J’envisage sérieusement de réussir. Incroyable, non ? Vous allez me dire « Mais avant, tu n’y croyais pas ? » Je ne sais pas. Peut-être pas tant que ça ou, en tout cas, je m’étais convaincu d’y croire. Mon esprit, habile manipulateur, a fait semblant d’y croire au moins assez pour me propulser et lancer la machine. Neil Gaiman a dit un jour : « Si vous ne pensez pas être capable de faire quelque chose, faites semblant : mettez-vous dans la peau d’une personne qui pense que c’est possible. » Je viens peut-être tout juste de dépasser ce stade. Et loin d’être euphorisante, cette sensation m’apporte une sorte de calme. Je me tiens au bord du monde, et j’ai l’impression que je peux marcher dans toutes les directions désormais.

On verra ce que l’avenir nous réserve. Mais pour l’instant, à cinq mois de la fin, je sens les choses plutôt bien.

Carte postale  est disponible au prix de 0,99€ chez KoboSmashwords, Apple, Amazon et Youscribe. Vous pouvez aussi (et surtout) vous abonner à l’intégralité des nouvelles pour 40€ et devenir mécène du Projet Bradbury. J’ai également un compte Flattr (si vous ne connaissez pas, jetez un oeil ici)La couverture est bien entendu toujours de la talentueuse Roxane Lecomte.

Bonne lecture !