Projet Bradbury : le droit de se tromper (et de changer d’avis)

À partir de la semaine prochaine, j’arrêterai de produire des versions audio des nouvelles du Projet Bradbury : trop de stress, trop de fatigue et surtout pas assez de temps… ou plutôt pas assez de temps à y consacrer.

Le bilan est assez facile à dresser. Si je considère aujourd’hui que les deux premiers mois de mon nouveau Projet Bradbury sont un succès d’un point de vue artistique, ils sont, de mon strict point de vue et au regard de mes attentes, un échec retentissant d’audience et de lecture. Continuer la lecture de « Projet Bradbury : le droit de se tromper (et de changer d’avis) »

Projet Bradbury, #8 : Théorie de la chaussette disparue

Dans cette huitième nouvelle du Projet Bradbury, nous suivons les traces de William : en plus d’être une star sur YouTube, William est un chasseur de paranormal. Armé de sa caméra vidéo, il traque les preuves et démasque les faussaires. Jusqu’au jour où il tombe sur un cas qui le dépasse…

J’ai toujours préféré le fantastique à la science-fiction ou à la fantasy, en ce sens qu’il est l’expression du surnaturel qui s’immisce dans le quotidien et que le quotidien est une matière première dont je ne risque jamais de manquer un jour. Dans ces conditions, pousser l’exercice jusqu’à rendre le plus prosaïque possible le surnaturel en question est un véritable plaisir…

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Ce qui brûle tout au fond : le jour où j’ai compris que le racisme de Lovecraft pouvait me contaminer

Je vais vous raconter une histoire. C’est une histoire dont je ne suis pas fier, surtout au regard de la personne que je crois être devenue aujourd’hui. Mais je crois que ça vaut justement la peine de la raconter, ne serait-ce que pour ça.

Il y a quelques jours, j’ai publié un article sur le racisme de Lovecraft. L’article a suscité beaucoup de réactions, souvent passionnées. J’y soutenais qu’il était à mon sens difficile de faire la part des choses entre œuvre et artiste – que quelque part quelque chose transpirait toujours à travers les mots, à travers l’idée même de fiction en général, qu’il s’agisse de livres, de pièces de théâtre, de films… On m’a souvent rétorqué que j’avais tort, qu’il était parfaitement possible de faire la part des choses et de continuer à apprécier les œuvres de fiction pour ce qu’elles sont – des œuvres de fiction –, même si l’auteur était raciste, comme Lovecraft l’était, même s’il était sexiste, même s’il était antisémite, etc. Qu’on peut toujours être plus intelligent que ça, qu’on peut résister, s’en défaire – parce qu’on est si malins…

Je n’ai pas trouvé de réponse définitive. La preuve, le débat continue. Mais il manquait une chose à cet article sur Lovecraft, une chose qu’il aurait peut-être fallu que je mentionne pour mettre en lumière certaines de mes idées. Sur le moment, l’idée de me mettre en spectacle, de me donner en exemple symptomatique, m’a paru effrayante, parce qu’elle m’engageait personnellement. Je crois pourtant qu’il est intéressant que je le mentionne. Continuer la lecture de « Ce qui brûle tout au fond : le jour où j’ai compris que le racisme de Lovecraft pouvait me contaminer »

Projet Bradbury, #7 : Coprophages

Haa, le merveilleux monde du marketing… Sous réserve d’une discrétion absolue quant aux moyens employés, certain·e·s seraient capables de vous vendre n’importe quoi. On pourrait même commencer à croire que c’est devenu le sport national, et même plutôt international : peu importe le produit, l’essentiel c’est qu’on vous le vende.

Dans cette 7ème nouvelle du Projet Bradbury, nous suivons donc Paul, un pur produit de cette culture du désir et de la séduction marchande. Le travail de Paul est simple : il doit être capable de vous convaincre que vous avez besoin du produit de l’entreprise pour laquelle il est en mission. Mais cette fois, le produit lui résiste. Il faut dire que celui-ci n’est pas commun…
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Syndrome de l’imposteur : il est temps que nous nous prenions au sérieux

Le syndrome de l’imposteur – ce désagréable sentiment que nous ne trouvons pas à notre place, que nous ne devrions pas nous revendiquer de telle ou telle identité, de telle ou telle profession – nous gâche la vie. Pire, il gâche aussi par contamination celle des autres ; celles et ceux qui partagent notre sort. En somme c’est un sentiment qui ronge toutes les personnes qui entrent en contact avec lui – les idées sont contagieuses. Et c’est un sentiment très présent dans le petit cercle de notre corporation, à savoir celle des auteurs et des autrices. Continuer la lecture de « Syndrome de l’imposteur : il est temps que nous nous prenions au sérieux »