Projet Bradbury, #10 : Robbie

Vous me connaissez, j’ai une affection toute particulière pour les histoires qui mettent en scène des humains et des robots. Je me fiche pas mal de l’aspect technologique : comme disait Bradbury, du moment que la fusée va sur Mars, je me fiche de savoir comment fonctionne son moteur. En revanche, les transferts émotionnels que nous faisons sur ces simulacres –ces homoncules devrais-je dire – révèlent à mon sens tout ce qui fait de nous des êtres humains.

Quelque part, observer les robots est une manière de questionner l’essence de notre humanité, notre rapport au vivant aussi. Les robots sont des miroirs, et il ne nous viendrait jamais à l’idée de tomber amoureux d’un phénomène de réflexion. Pourtant c’est ce qui se produit quand des robots entrent en scène : nous focalisons sur la réflexion et oublions parfois le reflet. C’est ce reflet qui m’intéresse, surtout quand, comme dans Robbie, il touche à des pans cruciaux de nos brèves existences – ici le désir d’enfant, mais il y en a tant d’autres : le handicap, la solitude, la maladie, l’identité…  Continuer la lecture de « Projet Bradbury, #10 : Robbie »

Auteurs, pourquoi continuer de jouer le jeu des éditeurs ? Relevons la tête !

À l’automne les feuilles et les auteurs tombent. La situation des précaires de l’écriture est désespérée à plus d’un titre : en effet comment peut-on répondre lorsqu’industrie et politique se liguent pour empirer à ce point les choses ?

Les auteurs se rongent les ongles, à raison. S’il n’y avait que la surproduction éditoriale, la baisse des à-valoir, les pourcentages en berne, il faut maintenant ajouter la hausse de la CSG, des cotisations retraite, et plus généralement la paupérisation grandissante des métiers artistiques – et de tous les métiers précaires en général, car ce combat est global. Ceux qui auront cru un instant qu’une éditrice nommée à la tête du Ministère de la Culture déchantent, comme le font ceux qui ont cru qu’un président dit « lettré » pouvaient comprendre leurs problèmes. En France, la culture relève soit du gros business, soit de l’histoire : dans un cas comme dans l’autre, les auteurs sont assurés de ne pas se plaindre de leurs conditions d’existence. En revanche, pour les auteurs vivants et en mauvaise santé… c’est une autre histoire. Continuer la lecture de « Auteurs, pourquoi continuer de jouer le jeu des éditeurs ? Relevons la tête ! »

Projet Bradbury, #9 : Incendie

Cette neuvième nouvelle du Projet Bradbury est une incursion en territoire de l’intime… À travers la création de ce groupe de soutien destiné aux personnes souffrant d’une effrayante et mystérieuse maladie, j’en ai profité pour puiser en moi des ressentis très différents, quelque chose de beaucoup plus calme et doux. Cette nouvelle prend dès lors une tonalité que mes lecteurs ne connaissent pas toujours, mais avec laquelle je me sens finalement assez à l’aise : une sorte de mélancolie furieuse de vivre, comme un coucher de soleil.

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Projet Bradbury : le droit de se tromper (et de changer d’avis)

À partir de la semaine prochaine, j’arrêterai de produire des versions audio des nouvelles du Projet Bradbury : trop de stress, trop de fatigue et surtout pas assez de temps… ou plutôt pas assez de temps à y consacrer.

Le bilan est assez facile à dresser. Si je considère aujourd’hui que les deux premiers mois de mon nouveau Projet Bradbury sont un succès d’un point de vue artistique, ils sont, de mon strict point de vue et au regard de mes attentes, un échec retentissant d’audience et de lecture. Continuer la lecture de « Projet Bradbury : le droit de se tromper (et de changer d’avis) »

Projet Bradbury, #8 : Théorie de la chaussette disparue

Dans cette huitième nouvelle du Projet Bradbury, nous suivons les traces de William : en plus d’être une star sur YouTube, William est un chasseur de paranormal. Armé de sa caméra vidéo, il traque les preuves et démasque les faussaires. Jusqu’au jour où il tombe sur un cas qui le dépasse…

J’ai toujours préféré le fantastique à la science-fiction ou à la fantasy, en ce sens qu’il est l’expression du surnaturel qui s’immisce dans le quotidien et que le quotidien est une matière première dont je ne risque jamais de manquer un jour. Dans ces conditions, pousser l’exercice jusqu’à rendre le plus prosaïque possible le surnaturel en question est un véritable plaisir…

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