Arrêtez de prendre les enfants pour des cons

Vous avez peut-être vu cette image circuler sur les réseaux sociaux ces derniers jours. À gauche, une traduction originale d’une aventure du Club des Cinq. À droite, la version remasterisée destinée à un public plus actuel : suppression du passé simple au profit du présent de l’indicatif, tournures de phrases abrégées, simplification du vocabulaire, voire carrément de l’action.

Vous avez peut-être vu cette image circuler sur les réseaux sociaux ces derniers jours. À gauche, une traduction originale d’une aventure du Club des Cinq. À droite, la version remasterisée destinée à un public plus actuel : suppression du passé simple au profit du présent de l’indicatif, tournures de phrases abrégées, simplification du vocabulaire, voire carrément de l’action.

Club des 5

En d’autres passages, on rencontre des gommages destinés à masquer certains stéréotypes datés, du genre maman fait la popote et les gitans sont des voleurs. Sur ce dernier point, il suffit de lire un numéro de Valeurs Actuelles (ou, sans aller jusque là, d’une bonne partie de la presse française) pour constater que la simplification a pourtant encore de beaux jours devant elle (cf les Roms), mais passons.

En la matière, deux écoles s’opposent. L’une, d’une part, brandit l’étendard du sacro-saint « C’était mieux avant », fustigeant les enseignants illettrés, les émissions de téléréalité stupides et l’internet dévorateur, qui contamine les cerveaux de nos chers bambins pour les transformer en machines à envoyer des textos mal orthographiés. L’autre, censément plus optimiste, se gausse des inquiétudes des vieillards cacochymes de l’Académie et invoque la course du temps pour expliquer les manquements et les trous que certains gosses pourraient entretenir dans leurs caboches : après tout, qui se sert encore du passé simple à l’oral ? Je n’ai pas aimé l’article de Sophie Gourion en réaction à la polémique :  au final, ces inquiétudes relèveraient d’une sorte de crainte apocalyptique à la limite de la superstition. Je ne nie pas qu’il y ait une part de ça — le « c’était mieux avant » a la vie dure — mais certains passages m’ont choqué. Au final, la lecture serait au final l’apanage d’une poignée de familles aisées, études à l’appui, puisqu’elle est avant tout un héritage social :

« Qu’on le déplore ou non, la langue est fluctuante, le vocabulaire évolue et je trouve logique qu’un ouvrage s’adressant à des enfants en tienne compte. Le passé simple disparaît du Club des 5 ? Nul doute que ceux qui s’en offusquent (essentiellement des CSP+ et/ou des gens éduqués d’ailleurs) sauront conseiller à leurs enfants d’autres ouvrages qui y ont recours, comme les classiques de la littérature française. Car c’est un fait établi : la lecture est un acte éminemment social, apanage des familles les plus dotées socialement, habituées de longue date à valoriser la culture de l’écrit comme l’explique cette étude. Si le Club des 5 ne satisfait plus à leur exigence de niveau de langue, ils auront donc les ressources nécessaires pour proposer d’autres pistes de lecture à leurs enfants. »

Je ne nie pas la réalité des données — il y en aura toujours pour prouver tout et son contraire —, mais je ne suis ni journaliste, ni sociologue. Ce relais de la lutte des classes ( les CSP+, d’accord, mais les autres ? tout le monde devrait lire) me met mal à l’aise. « La culture, oui, mais pas pour tous ? » Oublions l’idéal du nivellement par le haut et laissons les familles favorisées lire leurs classiques au passé simple ? Pour les pauvres, autant leur mettre le programme télé dans les mains ? Comme l’explique l’auteur du blog, les livres sont « en concurrence avec les tablettes, les consoles, les écrans de télévision ou d’ordinateurs. Mais aussi Harry Potter ». Harry Potter est écrit au passé simple dans un niveau de langage plutôt exigeant, ce qui n’a pas empêché une flopée de mômes de s’en emparer. Quant au problème de l’attention, c’est un autre sujet que j’ai traité de nombreuses fois, et qui n’a rien à voir avec le niveau de lecture. Bref. C’est une réalité que les études démontrent ? Changeons-la. Il n’y a pas de situation définitive. Ça n’existe pas. 

Relayer le message, même sur un blog, comme quoi la lecture ne serait au final qu’une affaire de familles favorisées est un mauvais message à jeter dans ce monde : il ne fait que donner une bonne excuse à ceux qui ne lisent pas ou ne veulent pas faire lire.  Lire ne coûte pas cher. Lire n’est pas — n’est plus —, en France, une question d’argent, de milieu social ou de situation géographique. Lire est l’affaire de tout le monde, tout le temps.

[Children aiming sticks as guns, lined up against a brick building, Washington, D.C.?]  (LOC)

Je ne veux prendre le parti ni de l’un, ni de l’autre : autant je trouve les enthousiastes technophiles aveugles sur certains points, autant je pense qu’il faut que la littérature, comme le reste du monde, avance avec son temps. Mais il y a une chose que je ne supporte pas, surtout quand ce sont les éditeurs et les parents qui s’y mettent : qu’on prenne les enfants pour des cons et qu’au prétexte qu’ils seraient désormais incapables de lire des histoires un peu compliquées (voire de lire tout court), on décide pour eux de les cantonner en division d’honneur, à l’abri de la première division où jouent Proust, Céline et Joyce par peur de les y voir un jour entrer. Ça me met en colère. Evidemment, je ne dis pas qu’il faille coller du Shakespeare entre les mains d’un élève de CE2. Mais contraindre un enfant à baigner dans le même bouillon pour ne pas le tirer vers le haut, c’est s’exposer à créer des générations d’illettrés. Ce ne serait pas le pire : lire des romans, en soi, n’est pas un accomplissement, tout juste quelque chose où trouver matière à pérorer en soirées, diront certains. Mais je ne suis pas de cet avis : lire des livres, et plus généralement lire des choses compliquées, fait travailler les méninges. Celles-ci, comme les muscles d’un sportif, ont besoin d’exercice pour se développer. Je lis régulièrement des livres de physique ou de cosmologie, de la poésie, de la philosophie, pas pour me la péter, mais pour exercer mes facultés de compréhension : souvent, je n’y comprends pas grand chose. Ce n’est qu’à la deuxième ou troisième relecture qu’un sens commence à apparaître. Mon cerveau se modifie en permanence. Il se modèle seul, mais nous devons lui donner les outils pour le faire.

Quand on part du principe que les enfants sont trop bêtes pour comprendre quelque chose, pas assez doués, pas assez éduqués ou pas assez intéressés, on restreint le champ de leurs possibilités. On ne leur donne pas les moyens — ne serait-ce que le simple choix — de s’améliorer. On les condamne à tremper dans un bain dont on ne changerait jamais l’eau et ça, je ne l’accepte pas. Ce n’est pas être réactionnaire ou passéiste de penser que les enfants doivent être stimulés intellectuellement. Ce n’est pas être réactionnaire ou passéiste de réaliser qu’une lettre de motivation écrite sans fautes d’orthographe est un plus dans une candidature. Ce n’est pas être réactionnaire ou passéiste de penser que certains choses, en dépit de ce que la publicité veut nous faire croire, peuvent aussi changer en mal. Je pense au climat, à la pollution, à la courbe du stress au travail. Ce n’est pas être réactionnaire ou passéiste d’imaginer un monde où on offrirait aux enfants des challenges à leur mesure, à savoir non pas se battre contre les autres, selon des critères quantitatifs de résultats, mais contre eux-mêmes : la meilleure des façons de s’améliorer, ce n’est pas de se comparer aux autres, mais de combattre chaque jour sa propre paresse et de se défier sans cesse. Ce n’est pas être réactionnaire ou passéiste de penser que oui, les adolescents peuvent être autre chose que les machines à consommer, ces modèles que le marketing et certains pans de l’industrie culturelle voudraient nous imposer : girly pour les filles, macho pour les garçons, récits calibrés, etc… L’essentiel, c’est qu’ils lisent ? Ce n’est pas mon avis. Si l’essentiel était qu’ils lisent, on offrirait des annuaires téléphoniques à Noël. L’essentiel, c’est qu’ils trouvent dans leur lecture des raisons de croire en l’avenir et d’y participer activement.

Rural school children, San Augustine County, Texas  (LOC)

Je me rappelle ce jour où, alors que j’étais en cinquième, ma prof d’anglais a emmené toute la classe au cinéma. Nous imaginions aller voir un de ces vieux films dont les professeurs sont friands, soporifiques au possible… mais nous avions tort. Ce jour-là, le cinéma passait « Sacré Graal », des Monty Pythons. Je ne crois pas avoir tout compris ce jour-là, mais j’ai su que j’avais vu quelque chose d’important, qui m’avait sorti de ma zone de confort et qui, au final, demeure encore à ce jour l’un de mes films préférés. J’ai lu Bilbo le Hobbit à neuf ans. Personne ne m’y a forcé, mais j’ai grandi entouré de livres et mes parents nous emmenaient souvent à la bibliothèque. En refermant le livre, j’ai su que c’était ça que je voulais faire de ma vie, même si j’ignorais encore le sens de ce ça qui n’a plus jamais cessé de m’obséder depuis. Je n’ai sans doute pas tout compris, mais c’est justement à cause de ces blancs à combler que j’ai voulu persévérer.

Il faut arrêter de croire que c’est parce que c’est compliqué qu’un enfant va abandonner : tous les jours, des enfants lisent des livres trop compliqués pour eux. Ils prennent alors un dictionnaire, ou déduisent de la phrase le sens d’un mot inconnu. Même mon neveu, qui a à peine un an, écoute religieusement sa grand-mère lorsqu’elle lui raconte une histoire. Je suis à peu près sûr qu’il ne comprend presque rien à ce qu’il écoute, mais il comprend une chose : qu’il ne comprend pas. Il ne réussit pas encore à comprendre, et c’est cette frustration de ne pas y arriver qui nous pousse à apprendre à marcher, puis à parler. Ce processus d’apprentissage ne s’arrête jamais. Et si cette époque a une chose à intégrer, en ces temps où les contenus nous tombent tout cuits dans le bec, c’est que la difficulté n’est pas une valeur réactionnaire. S’attaquer à des choses compliquées et les surmonter, voilà ce qui nous élève, indifféremment de nos origines ethniques ou de l’épaisseur de notre portefeuille.

Arrêtons de prendre les enfants pour des cons : ils sont bien plus intelligents que nous voudrions bien le croire et, souvent, bien plus intelligents tout court.

9 réflexions sur « Arrêtez de prendre les enfants pour des cons »

  1. Merci pour cet article si important - je soutiens tout à fait ce que vous dites. Ca fait des années que je m’agace de cette phrase ridicule: ‘L’essentiel, c’est qu’ils lisent’, qui ne sert qu’à justifier les quantités absurdes de temps et d’argent consacrées par les éditeurs à la promotion de livres mal écrits, sur recette, faciles, et surtout idéologiquement douteux (sexistes, classistes, racistes, etc.). Ce qui m’épate avec ce genre de débats, c’est que souvent les gens qui devraient être en première ligne pour dénoncer cette médiocrité (les auteurs jeunesse) sont les premiers à défendre la philosophie du ‘l’essentiel c’est qu’ils lisent’. On m’a récemment clouée au pilori pour avoir osé lancer un débat de ce type, sur un blog anglais.

  2. Bravo pour cet excellent article. Le passage sur les enfants des classes supérieures qui, de toute façon, liront des classiques et donc apprendront le passé simple, m’a fait comme vous vivement réagir, mais surtout parce qu’il affirmait noir sur blanc ce qui est derrière cette démagogie du « il faut moderniser, démocratiser, simplifier » : à savoir que l’école universelle est terminée, que ceux qui sont nés dans une famille riche s’en sortiront (bonnes écoles, encouragement familial) et que les autres n’auront qu’à rester à leur place d’inférieurs, pour qui la merde est ce qui convient le mieux (pardon pour ma grossièreté mais c’est vraiment sous-entendu) : surtout que ces gens-là n’apprennent rien, ne soient pas encouragés à réfléchir, à progresser, ils pourraient remettre en cause l’ordre social… Ainsi est dévoilé le seul conservatisme qui n’est jamais dénoncé : celui du pouvoir qu’on détient.

  3. Article brillant qui dégage une certaine dose d’énervement que je comprends tout à fait. J’en retiens que nous inculquons de plus en plus à nos enfants la culture du plaisir ou du profit immédiat au détriment de la culture de l’effort et de la récompense à long terme.
    Je me demande quelle sera leur réaction à leur arrivée dans un monde du travail où l’effort doit être permanent, la réussite obligatoire, les délais impossibles à tenir et les récompenses improbables. C’est pour moi le grand paradoxe de cette société du 21e siècle !

  4. Bonjour. Le plus désolant à retirer de cet article qui nous a agacés tous les deux, c’est que, dans le domaine éminemment intime qu’est la lecture, des adultes s’arrogent le droit d’interdire à l’enfant de découvrir quelque chose qu’il n’a pas l’habitude de côtoyer (du coup, on se prive du dialogue avec lui), de l’empêcher de pouvoir faire un choix (entre ce qui est facile à lire et ce qui ne l’est pas, pour faire simple) et comme la liberté c’est le choix, on prive l’enfant de liberté : joli, n’est-ce pas ? J’aimerais croire que l’article en question n’est qu’un troll de bas étage : malheureusement, je crains que ça ne soit pas le cas. « Au nom de l’intérêt de l’enfant » : bien voyons !

  5. Je ne m’étais jamais aventurée sur ton site avant (ah, moi je tutoie les gens sur Internet…), et je découvre beaucoup de sujets passionnants, et des opinions avec lesquelles je suis parfois en accord, parfois pas.
    Ici, j’ai l’impression que tu te bats contre une illusion que tu as toi-même créée. Je me range pour ma part à l’avis de Sophie Gourion, et tiens, je vais dire que ça ne m’étonne pas que ce soit une féministe qui ait défendu ce point de vue. Quand on vient de la marge (et les femmes sont la marge dans notre société patriarcale), on n’a pas le choix que de voir à quel point les tenants de la culture officielle se vautrent dans l’erreur quand ils se prennent pour l’universel. En d’autres termes, c’est toi qui dis que le passé simple, c’est mieux que le présent, mais il n’y a pas de raison supérieure qui t’appuie, juste cette fameuse culture officielle qui est l’apanage de l’élite, mais que j’ai bien envie de remettre en question, tiens.
    Déjà, Le Club des 5, c’est une traduction, alors on ne peut pas dire que l’usage du passé simple était une intention de l’auteure… C’est juste la décision d’un traducteur lambda ; décision qu’on peut justifier, mais qui reste subjective (les temps verbaux en anglais et en français n’ayant pas d’équivalents respectifs).
    Ensuite, avec le temps qui passe, c’est le patrimoine qui augmente. Alors oui, c’est passéiste et absurde de penser qu’au lieu de lire des livres écrits comme on parle aujourd’hui, les enfants d’aujourd’hui devraient lire des livres écrits comme on parlait dans « l’aujourd’hui » de leurs grands-parents. Parce que tu parles de « bouillon » pour la nouvelle traduction, mais l’ancienne était aussi le bouillon de son époque (j’ai envie de dire « on est toujours le bouillon de quelqu’un »… mais non, ça ne convient pas). C’est ce qui m’a frappée quand j’ai lu Conan Doyle récemment : ce n’est pas parce que ça sonne démodé que c’est mieux écrit ! Et quand je dis « exiger », je ne veux pas tomber dans ce faux débat du niveau. C’est une exigence vide et vaine qui a pour effet l’exclusion : on vous fait comprendre que vous, votre quotidien, votre langage et vos préoccupations n’appartenez pas à ce qu’on nomme si pompeusement « la culture ». Joanna Russ a écrit un livre édifiant sur la façon dont les femmes artistes sont écartées de la culture par des procédés pleins de mauvaise foi qui diminuent et rabaissent leur niveau, leur intérêt, leur importance (How To Suppress Women’s Writing). Je crois que son analyse s’applique à tout ce qui, par définition, s’éloigne du canon officiel. On ne tire pas les enfants vers le bas, pas plus qu’on ne les prend pour des cons, si l’on admet que la nouvelle version n’est pas forcément plus « simple » ni plus « mauvaise » que l’ancienne (je ne dis pas que c’est ou pas le cas, ce qui est un autre débat ; je parle du principe qui sous-tend la proposition d’une version dépoussiérée). Cela m’étonne d’ailleurs, de la part de quelqu’un qui se vante de chercher à sortir de sa zone de confort, que de tels termes soient utilisés dans des valeurs si absolues. Il suffit de lire dans d’autres langues et/ou des ouvrages d’autres époques pour s’apercevoir que le « bien-écrire » est une conception toute relative.
    (Par curiosité, je suis allée chercher la VO du passage scanné, et c’est vrai qu’on peut déplorer que la nouvelle version semble avoir été reprise uniquement à partir de l’ancienne traduction. Laquelle, précisément, n’était déjà pas forcément fidèle à l’original… Enfin, on tombe pour moi dans une querelle de traducteurs. Personnellement, je pense que les gosses devraient apprendre à lire en anglais le plus tôt possible, et dans un maximum d’autres langues aussi, tant qu’à faire. Traduttore, traditore.)

  6. Du moment que ça provoque le débat et, si possible, la réflexion, ça me va qu’on ne soit pas d’accord avec moi. J’ai coutume de dire que je ne suis souvent pas en accord avec le moi-même d’il y a trois mois, donc les opinions changent et c’est bien. Pour ce qui est de ce sujet, j’ai bien peur de ne pas avoir changé d’avis, désolé. Les arguments féministes, je les entends, bien entendu et j’y suis sensible, mais je peux difficilement en parler en tant qu’homme, c’est vite détourné, interprété et je ne veux plus entrer dans ce jeu-là. Au-delà du Club des Cinq (que j’ai toujours trouvé gnangnan de toute façon), c’est davantage le problème de la palette de langue qui se pose pour moi. Les mots que nous apprenons, que nous intériorisons, sont autant de couleurs avec lesquelles nous peignons le monde et notre pensée. Plus de mots = plus de nuances. Moins de mots = moins de nuances. Ça ne concerne pas la littérature, ou pas que, mais tout notre réseau de pensée. Plus j’apprends de mots, plus la pensée s’affine. Je ne viens pas d’un milieu bourgeois, au contraire, mais d’un milieu populaire, où les livres de la bibliothèque étaient justement, grâce à la gratuité, une occasion de se nuancer soi-même. J’ai appris ma leçon et j’en remercie mes parents.

  7. Cet article m’a choquée. J’ai été une enfant passionnée de lecture, passion que je tiens de mes parents et que ma mère tenait de son propre père, petit viticulteur à la campagne. La lecture n’est plus, depuis longtemps, l’apanage des classes aisées et il y a toujours des bibliothèques pour lire sans avoir à se ruiner en livres.
    La lecture est une activité qui développe la compréhension, l’analyse et l’imaginaire.

    J’entendais il y a peu quelqu’un dire « mais à quoi ça sert d’apprendre l’imparfait du subjonctif ? ». Et bien, il y a plein d’occasions où on l’emploie, sans le faire exprès et sans y penser. Quand on lit (ou qu’on se fait lire des histoires quand on est enfant), on apprend inconsciemment la grammaire et donc la structuration des phrases, ce qui permet de développer des capacités pour structurer son esprit que l’on ne développerait pas sinon. On apprend aussi du vocabulaire, et comme le disait un des précédents commentaires, des nuances. C’est très important, et on l’apprend sans même y penser. Pourquoi priver les enfants de connaissances sans leur demander leur avis ?
    Ma mère m’a lu des livres extrêmement compliqués (comme Barbedor de Michel Tournier, que j’ai su lui résumer alors que tout le long de la lecture elle s’est dit « non, c’est impossible qu’elle comprenne, c’est beaucoup trop compliqué ») et je lis moi-même des contes pour enfants écrits dans un français passablement archaïque à mon fils. Et oui, il comprend, globalement du moins.
    Les enfants sont loin d’être des cons. Ce serait dommage d’essayer de les transformer en cons « pour leur bien ».

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