#11 | Antichrist Understar

 

Vous l’aurez sans doute noté : hier, c’était Halloween, la fête des fantômes, des monstres, des messes noires et des frayeurs en tous genres. Quoi de plus normal que le Projet Bradbury rende hommage à l’antique Samhain en vous proposant un texte centré sur le plus célèbre épouvantail du rock n’roll (non, il ne s’agit pas de Jack Skellington), un artiste qui n’aura eu de cesse que de chercher à faire peur non pas à son public, mais à la foule bien-pensante : l’immense et talentueux Marilyn Manson.

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L’histoire en quelques mots :

Au crépuscule d’une carrière de rock star qui l’aura mené aux quatre coins du globe, Marilyn Manson est en proie au doute et vit cloîtré dans sa villa californienne, dans le noir, à l’abri du soleil et des critiques. Mais cette vie qui ressemble à un tombeau se transforme en cocon au moment où la vedette recluse décide de prendre son destin en main et d’affronter le monde. Tout commencera par une cuite au “Chateau Marmont”. Il laissera ses démons décider de la suite.

Marilyn Manson a toujours exercé sur moi une certaine attraction. Bien sûr, à l’époque où tout le monde écoutait en boucle les Spice Girls et Oasis, la noirceur de l’artiste avait interpellé l’adolescent avide de mondes plus sombres que j’étais. Néanmoins, je n’ai commencé à véritablement m’intéresser à sa musique (et surtout au message) qu’au tout début des années 2000, au moment où l’album Holly Wood — dernier opus du triptyque Antichrist Superstar, Mechanical Animals et Holly Wood que les fans désignent sous le nom d’Âge d’Or du chanteur — sortait.

Acheté au Virgin de Francfort à l’occasion d’une visite à ma nouvelle petite amie qui, dix ans plus tard, allait devenir mon épouse, l’album m’a immédiatement fasciné. Par son iconographie élaborée, d’abord, par la musique ensuite et par l’énergie que je percevais dans chaque morceau, mais aussi par le message complexe et multi-dimensionnel qu’il véhiculait. Quand je disais à des amis que j’écoutais cette musique, on s’écriait  : « Mais ce n’est pas de la musique, c’est du bruit ! » (depuis, j’ai découvert que beaucoup de groupes font BEAUCOUP plus de bruit que Manson) Mais d’une manière ou d’une autre, j’entendais les chuchotements derrière les cris. Car qu’on le veuille ou non, j’ai tout de suite vu que Brian Hugh Warner (son vrai nom) était un fichu romantique et qu’en cela, nous nous retrouvions.

Suite à cet album, j’ai tout acheté de lui, les albums précédents comme les suivants, tout écouté en boucle, dix fois, vingt fois, cent fois, jusqu’à intégration complète. J’ai toujours soutenu sa démarche créative, dans les moments de succès (un Bercy rempli à ras bord pour la tournée Golden Age of Grotesque) comme dans ceux où on lui crachait dessus au motif qu’il n’avait plus la rage des débuts, que ses chansons s’affadissaient, en vérité, parce qu’il gagnait en subtilité, qu’il évoluait, comme tout artiste se doit de le faire.

C’est donc un Manson vieillissant et perdu que j’ai choisi de mettre en scène, qui après de nombreuses déceptions cherche un nouveau chemin. Ce fut aussi une jouissance de mettre en scène un personnage tiré de la réalité. Je ne connais pas le chanteur personnellement (un jour ?) mais j’ai essayé de me mettre à sa place sans compromis. Je suis assez content du résultat. C’est un défi d’auteur (un autre) que de fictionnaliser une réalité bornée par des faits, des dates, des noms, et je ne m’étais jamais véritablement intéressé à cet aspect de la création littéraire. Je me suis bien entendu amusé à saupoudrer l’histoire d’une multitude de faits avérés. J’espère que le texte satisfera les fans (au rang desquels je me compte) comme ceux qui ignorent tout de l’artiste. Il n’y absolument pas besoin de connaître au préalable pour apprécier cette histoire.

Antichrist Understar est disponible à la vente chez AmazonSmashwordsKobo, et dans quelques heures/jours sur l’iBookstore d’Apple, au prix de 0,99€. La couverture est, comme d’habitude, signée Roxane Lecomte, du studio Chapal&Panoz.

Petite nouveauté en ce qui concerne vos soutiens : vous pouvez désormais utiliser Flattr pour m’encourager. Ce service est une sorte de porte-monnaie de soutien solidaire dans lequel vous versez une somme fixe (pas de surprise) ensuite répartie chaque mois entre tous ceux que vous avez désignés. Sympa, non ? Je pense que les auteurs, et notamment ceux qui cherchent de nouveaux modèles, auraient tout intérêt à s’équiper d’un tel bouton. J’y reviendrai dans un prochain billet consacré aux formes de financement alternatives dédiées à l’art.

Vous pouvez toujours vous abonner à l’intégralité des nouvelles du Projet Bradbury. Vous aurez ainsi accès à toutes les textes écrits et à venir, à des nouvelles bonus et à quelque surprises que je réserve aux abonnés. Bien sûr, c’est surtout une occasion de soutenir l’initiative et de soutenir et d’encourager le jeune écrivain que je suis.

Je vous souhaite une excellente lecture.