Auteurs en colère : portons le combat d’une société plus juste !

On juge une société à la manière dont elle traite les plus faibles : étrangers, enfants, personnes âgées, racisés, chômeurs et précaires, handicapés… et bien entendu, artistes.

En fonction de la définition qu’on leur donne, les artistes sont une espèce à la fois florissante et en danger d’extinction. D’un côté, on n’a jamais autant écrit, composé, filmé, photographié qu’aujourd’hui : nous sommes toutes et tous devenu·e·s des artistes à notre manière. Mais de l’autre, les artistes qui souhaitent se professionnaliser rencontrent des difficultés grandissantes. Au point qu’il devient désormais très compliqué de survivre si l’on souhaite se consacrer à la création à plein temps. Continuer la lecture de « Auteurs en colère : portons le combat d’une société plus juste ! »

Ozmocorp : pourquoi (et comment) j’ouvre ma propre boutique de livres en ligne

Ça faisait un moment que l’idée me chatouillait. Je cherchais le bon concept, le bon format, et puis aussi quelque chose dont chaque aspect me plaise, me motive, me pousse à avancer et à inventer. À y réfléchir, je réalise que mon parcours d’auteur suit de près le chemin de mes passions : j’aime raconter des histoires, bien sûr, mais j’aime aussi fabriquer des livres de mes propres mains, choisir le papier, créer les couvertures et les reliures, etc… Alors pourquoi ne pas combiner tout cela en une seule et même activité ? Pourquoi cantonner la fabrication à un passe-temps, ou à une activité annexe ?

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Auto-édition : arrêtons de nous tirer dans les pattes !

Prenez un article sur l’auto-édition au hasard, de préférence écrit par un auteur ou une autrice auto-édité·e. Il y a de bonnes chances pour que ledit article soit critique à l’égard de quelque chose. Évidemment, critiquer c’est faire preuve de recul : en soi, ce n’est pas une mauvaise chose. Mais là où ça se gâte, c’est que l’article en question est souvent critique à l’égard des autres membres de la communauté ; à savoir les autres auteurs·trices (rarement soi, faut pas déconner non plus). Continuer la lecture de « Auto-édition : arrêtons de nous tirer dans les pattes ! »

Qu’est-ce qui nous pousse à publier une histoire déjà mille fois racontée ?

Je m’interroge beaucoup en ce moment sur l’impérieuse nécessité de publier des histoires déjà mille fois racontées. Je n’ignore pas le credo légendaire : bien sûr que oui, tout a déjà été raconté… mais « pas de cette manière ni par cette personne » – c’est Gaiman qui dit ça, il me semble. Et je m’en suis contenté longtemps, parce que c’est aussi une parole qui rassure face au désarroi et au vertige. Et puis ça a pu être valable… à une époque. Mais ce qui était pertinent il y a 20 ans ne l’est plus forcément aujourd’hui.

Face à l’explosion de la fiction – de son écriture bien sûr, nous sommes de plus en plus nombreux à écrire, mais aussi de sa distribution, de sa diffusion, de sa massification, de sa totémisation –, je me trouve face à un vertige. Entendez bien : que de plus en plus de personnes écrivent de la fiction, je trouve ça formidable, même si je ne sais plus très bien pourquoi je trouve ça formidable – c’est un sentiment. Je crois que c’est une manière de sortir beaucoup de choses de nous, des choses qui autrement croupiraient, voilà, je crois au pouvoir cathartique de l’écriture, à ses bénéfices personnels qui parfois mutent en bénéfices collectifs lorsque la lecture d’une œuvre résulte en une identification parfaite avec les personnages et la narration.

Mais voilà, tout ça est devenu si mécanique, si laborieux… industriel en somme. Personne n’est dupe : ce qu’on appelle surproduction n’est pas un phénomène tombé du ciel. C’est un mouvement planifié de longue date par l’économie, et par l’industrie – pas forcément consciemment, mais parce que c’est dans l’ordre des choses, parce que la fuite en avant est toujours une manière brute et efficace de sauver le navire. La massification de la fiction n’enrichit pas les auteurs, au contraire. En revanche, elle enrichit l’industrie : studios, éditeurs, distributeurs écoulent de la fiction à la tonne, et ce qui ne passe pas ses filtres (ou ne veut pas s’y soumettre) vient graisser les rouages des plateformes d’autopublication et du web social. Et puis ce qui ne s’écoule pas crée de la trésorerie, et on recyclera le papier. La surproduction n’est pas une maladie : elle existe parce que l’économie est gagnante. Continuer la lecture de « Qu’est-ce qui nous pousse à publier une histoire déjà mille fois racontée ? »

Raconter aux oreilles plutôt qu’aux yeux : comment la fiction audio change notre manière de fabriquer des histoires

Je suis tombé dans la fiction audio il y a trois ans. J’ai commencé à en écouter de temps en temps, le plus souvent avant de m’endormir, et puis de plus en plus… jusqu’à finalement avoir envie de me jeter dans la mêlée. C’est ainsi qu’est né Gobbledygook, ma fiction audio horrifico-rigolote que certains d’entre vous connaissent déjà. En tant qu’écrivain de nature curieuse, la perspective de m’attaquer à un nouveau support m’excitait. Huit épisodes plus loin (le dernier fait plus de 40 minutes), l’enthousiasme n’est toujours pas retombé… Il me semble que j’ai trouvé un format dans lequel je me plais vraiment. Continuer la lecture de « Raconter aux oreilles plutôt qu’aux yeux : comment la fiction audio change notre manière de fabriquer des histoires »