Journal, #2 (février 2019)

8 février

J’ai lu quelques romans vieillesse ces dernières semaines, pour la plupart des « grosses sorties », des prix littéraires, des bestsellers. Je les parcours comme je lirais des notices d’utilisation d’appareils ménagers. J’en arrive à la conclusion que, dans mes lectures comme dans ce que j’écris, je recherche une certaine forme de transcendance. Et le roman d’aujourd’hui, celui écrit pour les adultes, qui a les faveurs des journaux et des libraires, a renoncé à tout idéal de transcendance. On ramène toujours l’être humain à ce qu’il a de sombre, de matériel, de méprisable. On le considère comme un tas de chair déjà en putréfaction à peine né, qui ne peut souhaiter de la vie que de souffrir le moins possible et qui gémira tout du long. On enrobera cette médiocrité de mots savants comme « mélancolique », « désabusé » ou « cynique », et on fera passer le renoncement pour de l’intelligence. J’aime la littérature qu’on écrit pour les enfants (celle que les adultes lisent en cachette), parce qu’elle porte intrinsèquement en elle la promesse de grandir, et de se grandir. Les héros enfantins font preuve de courage, d’abnégation, de sens de l’honneur, se mettent en danger pour sauver ce qu’ils aiment : ils le font parce que ce sont des valeurs que les auteurs voudraient inculquer à leurs lecteurs. À quel moment abandonne-t-on le courage ? Les histoires sont des chemins que nous sommes, en tant qu’auteurs, chargés de baliser. Je n’ai aucune envie de défricher un trottoir parisien éclaboussé de crotte de chien. Il en va de même pour le culte de la vraisemblance. Je veux que mes histoire soient crédibles, pas forcément vraisemblables.

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Journal, #1 (février 2019)

Après Thierry Crouzet et Valéry Bonneau, qui tiennent tous les deux un journal mensuel très intéressant, je me lance à mon tour. De par leur format de publication concis et lapidaire, les réseaux sociaux ont (re)créé un espace pour les petites choses à dire, celles qu’on ne veut pas nécessairement développer dans un article ou un livre. À se priver de Twitter et de Facebook, on ressent un manque à ne plus pouvoir parler de ces petits riens, parfois éclairants pourtant.

Et soudain le parallèle m’apparaît flagrant : avant les réseaux sociaux, les gens tenaient des journaux.

Petite différence par rapport à mes confrères : je ne me force pas à produire un journal de façon mensuelle ou hebdomadaire. Quand j’estimerai que j’ai assez de matière à une publication, je lancerai la mise en ligne.

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