Gobbledygook, épisode 7 : Les morts savent vivre

Après quelques semaines supplémentaires d’attente, la faute aux fêtes de fin d’année, à des enfants malades et/ou surexcités en fonction du moment, à une flemme parfois astronomique et à d’autres raisons plus ou moins occultes impliquant des exorcismes, un démon amateur de crevettes et un combat impliquant les forces du Bien et du Mal, le voici enfin, le nouvel épisode de Gobbledygook. C’est le numéro 7, et il fait plus de 30 minutes, donc accrochez-vous. J’espère qu’il vous plaira. Vous pouvez l’écouter juste en-dessous, et sinon dans les prochaines heures sur iTunes et YouTube. Continuer la lecture de « Gobbledygook, épisode 7 : Les morts savent vivre »

Ce qu’un plongeon de 10 mètres peut nous apprendre sur la façon dont on raconte une histoire et dont on traite un personnage

Cette vidéo circule sur les réseaux sociaux depuis quelques heures et j’ai profité du déjeuner pour la visionner. Tous ceux qui l’ont partagée la qualifiaient de fascinante, et ils avaient raison : cette vidéo est fascinante à plus d’un titre. Mieux, elle vous prend littéralement aux tripes. Il s’agit de filmer les réactions de plongeurs amateurs sur le point de sauter d’un promontoire de 10 mètres. La voici :

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Pourquoi pirater un livre quand on peut l’acheter ?

Je ne suis pas partisan des solutions simples : la réalité est souvent beaucoup plus nuancée, et les questions compliquées amènent souvent des réponses compliquées — voire carrément impossibles à traduire de façon intelligible. Nos motivations sont perpétuellement floues. Elles sont le fruit de notre raison, bien sûr, mais aussi de nos affects et de notre vécu. Et quand il est question du piratage, notamment de livres (mais cela pourrait tout aussi bien s’appliquer au cinéma et à la musique), la tentation de trouver des explications mécaniques à un problème émotionnel me semble — a minima — risquée. Continuer la lecture de « Pourquoi pirater un livre quand on peut l’acheter ? »

La vraie raison pour laquelle personne ne veut publier ton roman

Les manuscrits proposés chaque année aux différents comités de lecture des maisons d’édition sont si nombreux que si on les réunissait en un seul endroit, on couvrirait de papier la surface d’une planète équivalente à Saturne. Non, je schématise, cette comparaison n’a aucun fondement scientifique. En revanche, ils pèseraient l’équivalent des population de l’Inde et de la Chine réunies. Non, je rigole, ça non plus ce n’est pas avéré. N’empêche qu’on n’a jamais autant produit de romans de toute l’histoire de l’humanité et que tout le monde est bien emmerdé, à commencer par les auteurs des manuscrits en question qui galèrent de plus en plus à voir leurs écrits publiés, et par les maisons d’édition qui n’en peuvent plus de déblayer chaque matin l’entrée de leur bureau au chasse-neige — commodément transformé façon Agence Tous Risques en chasse-papier. Ils ont beau en publier de plus en plus, les tables et les murs des libraires ne sont pas extensibles et la Fnac va bientôt devoir louer des barnums pour exposer toute la production littéraire (bonjour la facture de chauffage en hiver). En somme, c’est pas la joie.

D’aucuns le savent, je ne suis pas qu’un auteur : il m’arrive d’éditer des confrères, et cette activité de marchand de culture me permet d’aborder ici un sujet délicat : pourquoi est-ce que personne ne veut de ton foutu roman ? Continuer la lecture de « La vraie raison pour laquelle personne ne veut publier ton roman »

Peut-on écrire trop vite ? Peut-on publier trop ?

Il existe une règle tacite dans l’édition : écrire vite et beaucoup, c’est écrire mal. Avec ses trois romans écrits à l’année, Amélie Nothomb n’échappe pas aux critiques. Pourquoi continue-t-elle dès lors de vendre autant de livres ? On a trouvé une excuse : l’éditeur ne publie que le « meilleur des trois », signifiant par là que les deux autres n’ont pas survécu à l’écrémage éditorial et qu’ils n’étaient pas au niveau — ce dont je doute. Très sincèrement, qu’on n’aime ou qu’on n’aime, je suis sûr qu’ils étaient autant publiables que le survivant. Et je ne parle pas de James Patterson avec ses 12 ou 14 romans publiés à l’année (qu’il n’écrit pas tous, bien sûr, mais ça donne le ton). Des exemples parmi d’autres. On se soulage l’esprit en se répétant comme un mantra que « ce n’est pas de la vraie littérature ». Okay. Continuer la lecture de « Peut-on écrire trop vite ? Peut-on publier trop ? »