Nous n’avons rien à perdre

bando-jeunesse

Je me suis permis d’effectuer la retranscription de l’intervention de Jean-Marie Cavada au Parlement européen au comité des affaires juridiques du 23 février 2015.

Chers collègues, je vous demande l’autorisation, si je puis dire, par courtoisie au moins, de m’exprimer en tant que « shadow » et non plus en tant que président. Si quelqu’un y voit un inconvénient, je vais rapidement regagner cette place en espérant qu’il y aura du café. Personne n’y voit d’inconvénient ? Je vous remercie.

Je veux m’adresser à Madame la Rapporteur, et à vous chers collègues, en disant d’abord, Madame la Rapporteur, que je vous trouve héroïque. Car c’est un travail extrêmement périlleux que d’avoir fait un rapport sur une proposition qui avait d’abord pour but d’évaluer l’impact sur la directive. Et naturellement, comme plusieurs de mes collègues, je dirai que je suppose que c’est pour l’instant un oubli provisoire que vous-même, par amendement, vous allez réparer.

Je vois qu’un certain nombre de gens, d’ailleurs, s’émeuvent beaucoup sur ce sujet, et c’est à juste titre : il est politiquement très important, il est économiquement très important comme nous l’avons souligné à plusieurs reprises — environ 535 milliards d’euros par an pour l’activité culturelle. Ça fait partie de ces masses que l’on touche avec une certaine parcimonie.

Je disais que vous êtes héroïque parce que, si j’étais de mauvaise foi, j’aurais l’impression de voir dans votre générosité vis-à-vis des usagers l’ombre portée des fournisseurs, comme si par hasard ils s’étaient introduits dans votre pensée et que vous ne les auriez pas vus. Mais comme je ne suis pas de mauvaise foi, je ne vais pas commencer par vous faire ce procès, évidemment.

Et puis, une dernière chose. J’entends beaucoup dire dans cette enceinte que cette pratique qui consiste à vouloir défendre — enfin il ne s’agit pas de les défendre, d’ailleurs, il s’agit plutôt de les mettre en perspective — les auteurs et les créateurs est un effet de ringardise, comme on dit en France, c’est à dire vieux, dépassé, historiquement sans intérêt. Et je voudrais vous poser, Madame la Rapporteur, une question assez simple.

Le droit d’auteur est une des libertés qui a été inventée bien plus tard que la liberté elle-même, qui nous vient de chez les Grecs comme vous ne manquez pas de le connaître. Est-ce que la liberté de défendre les droits d’auteur (sic) de s’exprimer, d’être rémunérés pour le seul fait de travailler, de faire des écrits, d’émettre de la pensée, d’émettre de la musique, de construire des images, est-ce que cette liberté-là est ringarde quand je suis obligé de constater que dans cette salle, pas une seule personne — pas une — ne pense que la liberté, qui est quand même vieille au moins de 20 siècles, a vieilli, qu’elle est inutile, qu’elle est ringarde, qu’il faut la passer à la moulinette des GAFA qui semblent se profiler — et encore une fois, je ne vous soupçonne pas de l’avoir fait volontairement — derrière les fournisseurs d’accès.

Alors remettons un peu les choses dans l’ordre. La liberté de créer est fondamentale pour la pensée des citoyens, c’est un privilège très important des nations du continent européen, qui ont de ce point de vue-là beaucoup plus de richesses que bien d’autres continents, et notamment celui avec qui nous allons négocier un jour le TTIP, et que par conséquent cette liberté a besoin d’être protégée, harmonisée, mais pas détruite.

Et comme il se trouve que je viens de ce métier et que j’en ai fait à peu près tous les aspects pendant 35 ans de carrière, y compris payé du droit d’auteur en tant qu’entrepreneur, je voudrais vous dire que la majorité des gens qui bénéficient du droit d’auteur sont pauvres. C’est une minorité qui est riche. Je comprends en effet que l’on puisse d’inquiéter de la richesse des fournisseurs, ceux qui vont chercher le travail des auteurs, qui en font le commerce sur leurs tuyaux, c’est à dire tous les fournisseurs, et qui ne le payent pas. S’ils le payaient, s’ils le payaient au juste prix et si en plus ils s’acquittaient de leurs impôts là où ils ont leurs consommateurs, on pourrait être beaucoup plus généreux. Aucune de ces trois conditions n’est réunie et je voudrais donc attirer votre attention sur les grands dangers que font courir certains aspects de votre rapport. Je ne vais pas les énumérer, parce qu’il se trouve qu’ils ont tous déjà été cités par mes collègues.

Et enfin, une dernière chose. J’étais très réjoui de lire dans votre rapport que vous défendiez les auteurs. Mais évidemment, mon bonheur s’est effondré très rapidement quand j’ai vu quels auteurs sur les réseaux sociaux soutenaient votre proposition. Je voudrais vous dire que mon petit-fils est sans doute un auteur, il a dix-huit ans, mais pour l’instant je ne le compare pas avec Goethe ni avec Victor Hugo. Je voudrais vous dire que mon voisin, qui fait de la musique et qui a acheté une guitare, est sans doute un musicien intéressant, mais pour l’instant ça ne m’intéresse pas beaucoup d’en prendre une dose plus importante que celle qu’il me file à travers les cloisons.

Et je voudrais comme ça vous dire une chose très simplement : ne détruisons pas la grande valeur culturelle des pays d’Europe au profit d’une harmonisation qui serait aveugle. Il doit y avoir en effet une amélioration des choses, vous avez raison de poser les questions, mais il en va de ça comme de la santé, voyez-vous. À quoi reconnait-on un bon médecin ? À ce qu’il guérit son patient. Ne vous mêlez pas de vouloir guérir cette affaire en la jetant par terre, s’il vous plait. Je compte sur votre jeunesse qui aura besoin un jour de beaucoup d’idées elle aussi, comme nous tous, pour comprendre ce que nous sommes en train de vous dire. Je vous remercie.

Selon le rite traditionnel, vous avez la parole, Madame Reda, si vous voulez conclure sur tout ce que nous vous avons dit les uns et les autres. Pas trop longtemps, si vous le voulez, pour qu’on puisse continuer sur les autres sujets, merci.

Jean-Marie Cavada intervient à nouveau après la réponse de Julia Reda (qui a seulement duré 2 minutes de plus que la sienne, soit 8’30”, sachant qu’elle devait répondre à toutes les questions qui venaient de lui être posées) :

Je vous remercie, Madame. Je me réjouis de l’époque où la parole de ce parlement ne sera pas rémunérée, évidemment, parce que chacun évidemment se mettra aux mêmes longueurs d’intervention, ça n’aura plus aucun intérêt n’est-ce pas ? (sic) Je plaisante.

L’intégralité de l’intervention peut être écoutée juste en-dessous (ou téléchargée ici au format mp3). Vous pourrez y écouter la réponse de la députée Julia Reda juste après l’intervention de Jean-Marie Cavada.

Je n'ai pas grand-chose à répondre : le mépris dont fait preuve le député se passe de commentaire. Je me console en pensant que, face à l'immobilisme, Julia Reda incarne la voix d'une jeunesse : la mienne. Elle est ma voix et celle de millions d'autres.

Tôt ou tard, nous nous verrons mettre en main les cartes pour construire l’avenir que nous voulons pour nous et nos propres enfants. Pour ma part, je veux bâtir un futur au nom d’un humanisme numérique. En ce sens la sauvegarde d’une industrie ne m’intéresse pas beaucoup si elle contrevient à l’édification de cet idéal. C’est sans doute ce qui fait une différence entre ma génération et celle de monsieur Cavada : nous ne craignons pas de mettre en danger notre confort et nos idées reçues. Comme le député l’a si bien dit, nous n’avons rien : nous sommes ces pauvres qui donnons naissance aux milliards des industries.

En somme, nous n’avons rien à perdre.

9 pensées sur “Nous n’avons rien à perdre”

  1. Bonjour,

    Dommage pour les partie manquantes.
    Les deux exemples cités me semblent incongrus : ces deux personnes ne demandent rien, ne prétendent pas créer une œuvre. Elles sont dans leur vie privée selon J.M. Manach : « C’est dans ces moments-là qu’on se sent particulièrement libre, où on va pouvoir expérimenter, avec de nouvelles idées, de nouvelles théories, avec de nouvelles pratiques, avec de nouvelles œuvres. C’est dans ces moment-là d’intimité que, si tu as une guitare, tu vas commencer à grattouiller et te dire « ah c’est nul », continuer te dire « ah c’est nul », continuer te dire « ah c’est nul », et au bout de dix heures avoir trois bouts de machin qui te sembleront peut-être assez bien pour que tu les notes dans un coin et que te aies envie de retravailler dessus.  »

    D’autre part il me semble que le droit d’auteur auquel Cavada fait référence est le droit classique, ”has been”. Parions que petit-fils et voisin sauront protéger leurs œuvres, et sauront se faire rémunérer, quand ils le voudront, de façon plus moderne.

  2. Voilà, c’est ça, nous n’avons rien à perdre.

    Les auteurs établis et l’industrie, par contre, à peu près tout. Tu es en train de remettre en cause le socle sur lequel ces gens ont bâti leur vie. Et tu t’étonnes qu’ils résistent ?

    Ils résisteront et se battrons becs et ongles jusqu’au bout : de leur point de vue nous sommes un danger. Nous menaçons de détruire ce qu’ils ont chèrement acquis.

  3. Merci Neil pour cette transcription de la traduction simultanée. En effet, il serait intéressant de voir quelle partie a été « lost in translation » dans cette dernière par rapport aux propos effectivement tenus par Mr Cavada. Peut-être pourrait-il en obtenir une copie et nous la fournir ? 😉 (je n’y crois pas vraiment)

  4. Voilà, j’ai mis à jour l’article : cette fois, ce sont bien les mots exacts de Jean-Marie Cavada qui sont retranscrits (on peut même télécharger la version audio, merci Antoine). Enjoy!

  5. Effectivement, l’incompréhension est indubitablement générationnelle : d’un côté, les digital natives. De l’autre : le reste du monde, devenu vieux et rétrograde.
    Néanmoins, le point de désaccord ne se résume pas à la défense d’intérêts financiers des uns ou des autres. Il n’y a pas que les millionnaires qui sont en désaccords avec le rapport Reda. Il y a aussi auteurs aux gains médiocres (qui ne se sont pas fait laver le cerveau pour autant) qui ne croient pas gagner quoi que ce soit dans l’affaire. Et au delà des considérations pécuniaires, le désaccord réside aussi en une certaine vision de la fonction de l’écrivain et du devenir de la culture en général.
    Notre époque narcissique prétend faire croire que n’importe qui peut devenir n’importe quoi s’il le veut, juste en claquant des doigts (c’est même le slogan de nombreuses marques vendeuses de ce matériel hi-tech dont « la jeunesse » est si friande, ce qui est significatif). Évidement, cela ne fonctionne pas ainsi. La valeur de tout œuvre n’est pas intrinsèquement égale à une autre, il y a des artistes qui ont des choses à exprimer et d’autres qui n’en ont que l’impression. C’est sans doute ce que Cavada, d’une manière certes provocatrice, a voulu dire. Difficile de lui donner tort.
    Vos envies seraient peut-être viables dans un monde plus « horizontal », moins hiérarchisé. Voir disparaître la verticalité et la hiérarchie a toujours été un combat de la jeunesse. Mais notre époque n’évolue pas vers la disparition de la hiérarchie ni de l’autorité. Elle s’efforce juste de les rendre plus discrètes et sexy. Ce n’est pas vous qui êtes un « danger » (dixit Lanza). C’est votre ingénuité (feinte, j’espère) quant à la philanthropie supposée qui sous-tend le système que vous soutenez, qui l’est. L’anarcho-capitalisme n’est pas plus philanthropique que le capitalisme, loin s’en faut.
    L’humanisme numérique est un idéal tributaire de moyen technologiques fournis par des firmes qui ne partagent absolument rien de ces vues. De plus, c’est un idéal promu par une portion de la « jeunesse » qui n’aurait aucune légitimité à se prétendre la porte-parole de l’ensemble de sa génération. Je suis trentenaire et je ne partage rien des idéaux du parti jeuniste duquel est issue Reda. Ni des envies de dé-criminalisation des pirates (parce qu’au fond, c’est aussi l’enjeu de ce projet.)
    Éliminer sur les acteurs les plus visibles (« l’industrie ») ne fera, c’est le commun des révolutions, que déplacer l’autorité sur d’autres têtes. Et ces autres têtes n’ont aucun intérêt pour la culture.

  6. Hello,

    J’ai du mal à garder mon calme devant tant de mauvaise foi de la part d’un député, qui finalement ne représente que la partie des citoyens qui l’a élu. Comme l’a relevé un commentateur de l’article de Nextinpact, il est savoureux que Victor Hugo ait été pris en exemple, alors que son discours sur le droit de l’écrivain et celui de l’esprit humain dit tout l’inverse (ici : http://www.nextinpact.com/news/93201-droit-d-auteur-jean-marie-cavada-flingue-rapport-reda.htm#/comment/5311735). Et c’est encore plus ironique lorsqu’on se penche sur la vie du jeune Hugo (fonde une revue littéraire à 17 ans, oui oui, plus jeune que le cousin de JMC). Bref, si l’on en doutait, son discours n’est que du bruit, l’ombre d’un dévouement éperdu à je ne sais plus quel groupe de pression industriel. On en rirait si sa position d’élu ne lui donnait pas plus de pouvoir que celui de nous faire rire, justement.

    Sur le fond, il s’attaque aux GAFA et aux FAI, si j’ai bien suivi. C’est donc qu’il considère que la Culture (coucou TheSFReader) ne concerne que les œuvres littéraires (au sens très large, BD comprise), cinématographiques et musicales ? Car oui, comment faire passer dans les tuyaux les arts de la scène, la sculpture, la peinture, entre autres ? Cette étroitesse de vue pue à plein nez la pression de l’industrie — oui, je me répète — comme la chaîne du livre, par exemple. C’est pour moi un manque de culture flagrant. Mais il aurait fallu que je me pinçât pour y croire s’il avait défendu les créateurs vis à vis de ceux qui mettent leurs œuvres à la disposition du public.

    Enfin, pour répondre à Falstaff :
    1/ sur la rémunération des créateurs : j’aimerai bien voir une étude qui compare la rémunération horaire de l’auteur et celle de tous les intermédiaires jusqu’au lecteur, histoire qu’on sache où se perd l’argent entre le lecteur et la chiche rémunération de l’auteur ;
    2/ sur le prétendu jeunisme et l’incompréhension générationnelle : je dois avoir à peu près le même âge que Thierry Crouzet qui est encore plus avant-gardiste que Julia Reda sur certains points ; lui et moi pourrions être les parents de Neil (le pauvre !). Et pourtant, je souscris entièrement aux idées de Neil. C’est ballot.
    3/ « merci à ceux qui disent que c’est impossible de ne pas déranger ceux qui sont en train de le faire » (en substance).
    PS : oui, troller, c’est mal. Ou pas.

  7. Falstaf : « La valeur de tout œuvre n’est pas intrinsèquement égale à une autre, il y a des artistes qui ont des choses à exprimer et d’autres qui n’en ont que l’impression. C’est sans doute ce que Cavada, d’une manière certes provocatrice, a voulu dire. Difficile de lui donner tort. »

    Pour abonder plus encore dans le sens de Cavada, il y a aussi des artistes qui savent (10% de talent et 95% de travail acharné) créer des oeuvres intéressantes et/ou commerciales, et d’autres qui ne le savent pas (pas encore ?) . Il y a des artistes en devenir, et d’autres qui ne seront jamais que des médiocres aspirants à une postérité/célébrité/fortune qui leur échappera à jamais.

    Mais qui est-il pour juger de la valeur de tel ou tel artiste ? Sur quels critères s’est il fondé pour juger de la qualité des artistes qui se sont portés soutiens de Reda ?

    J’avoue qu’il est peu vraisemblable que son voisin devienne un futur Jim Morrison, Kurt Cobain, mais sans une multitude de voisins bruyants s’essayant à gratter des accords pouraves, de pianistes s’entraînant à faire leurs gammes, quel avenir pour la musique ? C’est parmi tous ces « nuisants sonores » que l’élèvera la relève, et ce ne sera pas toujours grâce à l’industrie culturelle en place qu’elle s’élèvera.

    « Ce n’est pas vous qui êtes un « danger » (dixit Lanza). C’est votre ingénuité (feinte, j’espère) quant à la philanthropie supposée qui sous-tend le système que vous soutenez, qui l’est.  »

    Je pense que personne ici ne croie en une philantropie des GAFA et autres géants du net. Mais pas plus on ne se fait d’illusion sur les multinationales de la culture ou de leurs actionnaires (coucou Lagardère, Gallimard)… Que ces derniers combattent pour garder leurs acquis, pourquoi pas, mais qu’ils arrêtent de grapiller du terrain sur le dos des usagers.

    Ils ont fait leur modèle sur le capitalisme et le rapport de force ? pas de pot, ils en font les frais maintenant.

  8. Pour répondre à deuzeffe :

    1/ Ton raisonnement est inepte. Certains livres mettent des années avant d’être écrits. Faut-il, pour que le système soit équitable à tes yeux, que leur auteur soit rémunéré à hauteur du temps qu’il a passé dessus ? Quel autre art, quel qu’il soit, est « rémunéré » de la sorte ?
    2/ http://fr.wikipedia.org/wiki/Junge_Piraten : « […] aucun âge minimal n’existe pour une admission, mais un âge restrictif de 27 ans »
    3/ « Les formulation soixante-huitardes sont commodes pour clore une discussion. Mais datées pour qui se dit progressiste » (en substance).
    PS : On trolle pas. On cause.

    Pour répondre à TheSFReader :

    « J’avoue qu’il est peu vraisemblable que son voisin devienne un futur Jim Morrison, Kurt Cobain, mais sans une multitude de voisins bruyants s’essayant à gratter des accords pouraves, de pianistes s’entraînant à faire leurs gammes, quel avenir pour la musique ? C’est parmi tous ces « nuisants sonores » que l’élèvera la relève, et ce ne sera pas toujours grâce à l’industrie culturelle en place qu’elle s’élèvera. »

    Certes. Et donc ? Le détricotage en plan vise-t-il donc à promouvoir la commercialisation d’œuvres non abouties ? N’est-il pas logique qu’un artiste fasse ses gammes dans son coin avant d’exposer son œuvre ?

    « Je pense que personne ici ne croie en une philantropie des GAFA et autres géants du net. Mais pas plus on ne se fait d’illusion sur les multinationales de la culture ou de leurs actionnaires (coucou Lagardère, Gallimard)… Que ces derniers combattent pour garder leurs acquis, pourquoi pas, mais qu’ils arrêtent de grapiller du terrain sur le dos des usagers. »

    D’accord, les grands groupes sont des salauds, les actionnaires aussi… Mais que je sache, ce ne sont pas les actionnaires qui choisissent les œuvres publiées, mais les directeurs de collection. Qui ne sont pas réputés être des usuriers incultes et avides (oui, ils doivent composer avec des impératifs financiers, mettre le paquet sur des nanars commerciaux pour permettre à d’autres œuvres plus importantes mais mois vendeuses de sortir. Cela ne fait pas d’eux des monstres infâmes. Si ?) Umberto Eco chez Lagardère, Rushdie chez Editis-Planeta, et tant d’autres : ça n’est que magouille et grosse machine à fric sans intérêt ? Vraiment ?

Les commentaires sont fermés.