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Internet des objets : une lettre du futur

L’article suivant est la traduction d’un texte paru dans la publication “EDRi-gram 300, Digital Rights News from 2025”, éditée par la fondation European Digital Rights et publiée sous licence CC-BY-SA 4.0. Son auteur, Simon Davies, est à l’origine de nombreuses initiatives pour la protection des données personnelles et des droits des internautes. Depuis presque 30 ans, il conseille différents corps de métier, entreprises et gouvernements, et occupe actuellement le poste de directeur associé à la London School of Economics and Political Science. Ce texte est une œuvre de prospective, écrit dans le but d’imaginer à quoi ressemblerait la société connectée dans 10 ans.

Nous sommes en 2025, et l’époque est effrayante pour la vie privée. Cette nouvelle ère de technologie interactive qui a grandi en silence au début du 21ème siècle a tout désormais d’un organisme vivant qui resserre un peu plus fermement son étreinte sur nous chaque jour. Ce système n’était pas censé être hostile : il devait juste nous aider. Mais peu à peu, nous devenons les sujets d’un nouvel Ordre Technologique.

Cette évolution portait autrefois le nom d’“internet des objets”. Dans sa forme originelle, elle consistait simplement en un tas d’appareils à identification par radio-fréquences (RFID). Maintenant, c’est la nouvelle grille de données qui fait transiter plus d’informations que n’importe quelle plateforme dans l’Histoire — et elle s’est bâtie en moins d’une décennie. Continue reading →

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On ne peut pas défendre les bibliothèques et s’opposer au partage de fichiers

Je suis tombé il y a quelques jours sur cet article de Rick Falkvinge sur TorrentFreak, et je l’ai trouvé tellement intéressant que j’ai décidé de vous en proposer une traduction. J’ajouterai quelques commentaires de ma part en guise de conclusion.

Source : Rick Falkvinge, You Can’t Defend Public Libraries and Oppose File-Sharing, via TorrentFreak (Creative Commons BY-NC 3.0)


Rick Falkvinge est un contributeur régulier à TorrentFreak : il y partage ses opinions toutes les semaines. Il est le fondateur du Parti Pirate suédois (le premier du genre), un amateur de bon whisky et de motos. Son blog falkvinge.net est consacré à la politique de l’information.


Le propos des bibliothèques publiques est le même que celui du partage de fichiers. On ne peut pas défendre l’un en s’opposant à l’autre.

Les bibliothèques publiques apparurent au milieu du XIXe siècle. À l’époque, les éditeurs entrèrent dans une rage folle : ils avaient milité pour que le prêt de livres soit déclaré illégal, arguant que lire un livre sans rien payer s’apparentait à « du vol ». En conséquence de quoi ils considéraient les bibliothèques de l’époque comme des nids de criminalité et de grand-banditisme (ces bibliothèques se décrivaient comme « à abonnement », si bien qu’on leur reprochait donc d’en tirer des profits). Continue reading →

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Droit d’auteur : 14 ans et c’est tout ?

Le Green Party britannique, l’équivalent des Verts, s’est fait remarquer il y a quelques jours en proposant de réduire la durée du droit d’auteur à 14 ans, sans préciser si cette durée effective débuterait à partir de la date de publication de l’œuvre ou à compter de la mort de l’auteur. Face à la volée de bois vert, le parti s’est rapidement rétracté, arguant que toute proposition devait être soumise à discussion et que, bien entendu, sa suggestion initiale impliquait de compter à partir de la disparition du créateur original et non pas de la publication de l’œuvre. Ouf, tout le monde est rassuré.

Sauf que pour une fois, il y avait peut-être quelque chose à entendre derrière les lazzis de l’indignation générale et que, finalement, cette idée n’était peut-être pas à jeter si rapidement à la poubelle (dans l’absolu, puisque nous savons pertinemment qu’à moins de renoncer aux accords qui nous lient à nos partenaires depuis la signature de la Convention de Berne, changer la durée du droit d’auteur à moins de 50 ans après la mort est en l’état impensable). Continue reading →

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Réalités virtuelles, virtualités réelles

J’aime bien le principe des Hololens de Microsoft. Je veux dire, en tant qu’amateur d’univers science-fictionnels, il aurait été difficile pour moi de penser autrement. Pourtant je me fais violence. Et même si l’enthousiasme de voir devant mes yeux se matérialiser les fantasmes d’un enfant féru de gadgets — qui a grandi devant Retour vers le Futur — est intact, il y a cet instinct féroce et sauvage qui me commande de me méfier.

Ce n’est ni la première ni la dernière fois qu’on se méfie d’une innovation. D’une manière générale, je déteste avoir peur de quelque chose. Bien souvent, sauf en cas de danger de mort imminente, cela signifie qu’on ne la comprend pas, ou en tout cas pas assez bien, qu’on ne l’apprivoise pas — d’ailleurs, c’est amusant de lire qu’on apprivoise ses peurs comme on le ferait d’un animal sauvage, à la seule différence que les animaux sauvages ne sont pas faits pour être apprivoisés. Bref, je n’aime pas éprouver des craintes irraisonnées. C’est une mélasse pour le cerveau, quelque chose qui endort nos capacités de réflexion et de jugement. Mais comme Sophie (du Monde du même nom) qui a l’intuition de n’être pas d’accord avec un postulat sans pouvoir mettre le doigt sur la raison de son désaccord, j’ai le sentiment qu’on pose le pied sur un bateau qui tangue.  Continue reading →

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Le shitstorm, ça fonctionne

Lors de mon passage au Parlement européen, j’ai discuté avec toutes sortes de personnes et ce fut globalement très intéressant. C’est amusant de découvrir l’envers du décor (comme par exemple d’apprendre que le bar du Parlement est surnommé le « Mickey Mouse » par les parlementaires, en référence à la couleur affreuse de ses sièges) et d’échanger avec des gens dont on n’aurait de prime abord pas forcément croisé un jour le chemin. Continue reading →