À mort, internet !

Ce n’est plus qu’une question de temps. Bientôt le cadavre sera froid. On l’enterrera sans cérémonie ni regrets. Internet est mort. C’est nous qui l’avons tué. Bien sûr il bouge encore ; certains même disent que la maladie dont il souffre peut être vaincue, qu’il peut être sauvé. Ce serait espérer en vain. Un espoir tout juste bon à endormir un peu la douleur de pressentir, au fond de nos tripes, la disparition de ce qui nous fut cher. Continuer la lecture de « À mort, internet ! »

La vie hors du réseau : premières transformations

J’expérimente la vie sans Twitter, et aussi sans Instagram, sans Diaspora, sans Curious Cat et tous les autres (je n’ai gardé qu’un compte personnel sur Facebook, à mon vrai nom, où je ne suis pratiquement en contact qu’avec des gens proches – je n’accepte pas de requêtes « extérieures » – et que je connais depuis longtemps ; j’ai en revanche supprimé la page de Neil Jomunsi).  Continuer la lecture de « La vie hors du réseau : premières transformations »

Pourquoi c’est bien : Candide, de Voltaire

Candide, pourquoi c’est bien ? Eh bé pour un tas de bonnes raisons.

D’abord le pitch. Candide est un garçon un peu simple qui vit dans le château du baron de Thunder-ten-tronckh, et comme dit son maître à penser le philosophe Pangloss, tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes possibles. Mais un jour Candide est pris la main dans le sac en train d’embrasser la fille du baron. Foutu à la porte du château sans un rond en poche, il part découvrir le monde et se fait enrôler comme soldat. Il manque de se faire massacrer et retrouve Pangloss, à moitié mort, qui lui apprend que le château a été pris d’assaut et que toute la famille, y compris sa copine, s’est faite tuer par des soldats. Le mec n’a pas le pot. Il décide de partir au Portugal avec son nouveau pote, Jacques, mais le bateau coule et Jacques se noie. C’est la galère, mais il finit par arriver à Lisbonne… le jour du tremblement de terre du siècle. Et comme les religieux là-bas ne croient pas au hasard, l’Inquisition l’arrête pour le brûler façon petit bois.

Et là, c’est juste le début du livre.

Alors Candide, en vrai, pourquoi c’est bien ? Continuer la lecture de « Pourquoi c’est bien : Candide, de Voltaire »

Vous êtes sur la messagerie de Neil Jomunsi, laissez un petit mot après le bip…

J’ai supprimé mon compte Twitter et ma page Facebook. Pas de quoi en faire un plat, c’est un non-évènement. Après avoir longuement parlé ici et là des dérives des réseaux sociaux, je ne fais que sauter (enfin) le pas. C’est une question de cohérence.

J’ai vu Twitter se transformer au fil des ans en un gigantesque défouloir, un hall de gare où tous les voyageurs hurlent et où certains se complaisent dans la colère et la détestation. C’est aussi devenu un réseau blessé, à fleur de peau, incapable de favoriser le dialogue de par sa conception même. Les antagonismes y sont exacerbés. Rien n’encourage à la réconciliation. Continuer la lecture de « Vous êtes sur la messagerie de Neil Jomunsi, laissez un petit mot après le bip… »

[APPEL] Aux livres, citoyens !

Comme beaucoup au lendemain du vote américain, j’ai peur. C’est un sentiment à la mode en ce moment. Il nourrit les pires idées, le repli identitaire, l’intolérance, la violence. Mais la peur peut aussi nous sauver parfois. C’est grâce à ce mécanisme naturel que les animaux fuient un prédateur ou que nous ne nous approchons pas d’un gouffre. En ce sens, la peur est utile : elle est un signal d’alarme. Elle nous prévient qu’un danger rôde. Continuer la lecture de « [APPEL] Aux livres, citoyens ! »