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Hors des sentiers battus, écrire et faire lire autrement

La publication de mon précédent article m’a libéré d’un poids en même temps qu’elle m’a aidé à rebondir. Parfois les choses qui ruminent dans nos ventres ont besoin d’être posées, écrites, puis diffusées aux autres pour fabriquer de l’écho et surtout du sens. C’est aussi une manière de définir un point de départ, un statu quo. Le statu quo, en dramaturgie, c’est une situation de départ : il ne se passe rien, mais un incident déclencheur va venir bouleverser l’équilibre. Quelquefois cet incident est un mot, une phrase, une idée toute simple. Dans tous les cas, le cycle de l’habitude est brisé. On voit soudain le monde d’une autre manière. Vous êtes quelques un·es à y avoir vu un moment de déprime. Le ton était un peu crépusculaire, mais il n’y avait pas vraiment de tristesse. J’avais juste besoin de poser ces mots, de les sortir. Et j’ai sacrément bien fait. Parce qu’une énergie nouvelle est née de cette publication. Continue Reading

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L’édition sans maison d’édition

J’hésite toujours à partager mes réflexions relatives au monde de l’édition, d’autant que mes positions ne sont pas tellement en phase avec celles d’une écrasante majorité d’auteurs et d’autrices (cf. les questions du domaine public, de la réforme selon moi nécessaire du droit d’auteur, sur le partage/piratage et les Creative Commons aussi, bref, vous voyez le tableau). Quand tu y réfléchis deux secondes, c’est une déclaration de guerre. Ce n’est pas une guerre franche ni une guerre très précise quant à ses objectifs, et puis beaucoup de gens se fichent de mon avis comme de leur première paire de chaussettes (et je leur en sais gré), mais à mon petit niveau, c’est l’équivalent de se tirer une balle dans le pied. L’adresse de ce blog figure sur tous les manuscrits que j’ai envoyés à des maisons d’édition. Tous les potentiels récipiendaires ont donc pu consulter mes articles, qui souvent bousculent, parfois fustigent, certains versants de l’industrie sans laquelle ces sociétés n’existeraient pas. Je sais que parmi eux, certains sont bienveillants. Parfois même ils sont d’accord avec moi ; pas sur tout bien sûr, mais c’est déjà mieux que rien. Mais j’imagine que pour les autres, les 98% pour qui ce genre de salades n’est ni plus ni moins qu’un ramassis d’utopies et d’incitation au piratage, c’est plus difficile à avaler. Après tout, pourquoi éditer quelqu’un qui « crache dans la soupe » ? Oh, ne me demandez pas : je n’ai pas la réponse. Continue Reading

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Auteurs et autrices libres, indépendant·es et solidaires : manifeste pour une alternative

Dans la continuité du mouvement Nuit Debout dont nous soutenons l’action, nous avons travaillé à l’élaboration d’un manifeste alternatif pour les autrices et auteurs où il serait moins question d’ayants-droit et de lutte contre le piratage que d’unité, de partage, de lutte pour les Communs, d’innovation et de l’urgence d’une reprise en main par les premier·es concerné·es. Le 1er mai symbolise la lutte, mais aussi l’espoir et le renouveau : c’était donc une date parfaite pour publier ce manifeste.

Premiers signataires : Stéphane Gallay, Neil Jomunsi, Thibault de Lambert, Lia Guillaumet, Pouhiou, Loïc Landemayne, Le Greg, Nicolas Ancion, Antoine-Gaël Marquet, Jérôme Verne, Johann Zarca, Frédéric Urbain, Saint Epondyle, Gee, Eloan Kroaz, Val, Yann Kervran, J.E Briffa, Lionel Maurel, Pierre-Carl Langlais, Joachim Séné…

Pour une majorité d’entre nous — auteurs et autrices —, le modèle proposé par les industries culturelles ne fonctionne plus. Pire, ce système censé nous protéger n’a fait qu’aggraver la situation. Prenant acte de celle-ci, il est temps de poser les bases d’une alliance et d’inventer des solutions qu’aucune institution, parti, gouvernement ou industrie ne nous apportera. Car sans une refonte complète, ce n’est pas seulement ce système qui court à sa perte : c’est la création tout entière, et avec elle celles et ceux qui la rendent possible.


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Journée du droit d’auteur : allons voir si la rose est éclose

Le 23 avril est la journée mondiale du livre, destinée selon l’UNESCO à « promouvoir la lecture, l’industrie éditoriale et la protection de la propriété intellectuelle à travers le droit d’auteur ». En France, en Belgique et en Suisse, 480 libraires indépendants sont invités à offrir un livre et une rose à leurs clients. Les auteurs, de leur côté, assisteront comme chaque année au spectacle d’une industrie vantant la solidité de sa « chaîne du livre », la pérennité de son modèle économique et la protection offerte à ses créateurs. Personne ne leur offrira de fleurs. Continue Reading

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