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Rock ’n’ roll avec la Mort : postérité, écriture et vers de terre

Je pense beaucoup à la mort en ce moment.

Pas dans un sens sinistre, hein, ce n’est pas le je-pense-à-la-mort de celui qui envoie un dernier texto du haut d’un pont ou le pied gauche sur un rail de chemin de fer.

Ce n’est pas non plus le je-pense-à-la-mort de l’adolescent qui, chaussettes relevées jusqu’aux genoux sous un soleil de plomb à la plage, relit les Chroniques des Vampires d’Anne Rice en écoutant Nirvana (haha).

C’est une pensée assez paisible qui flotte dans mon présent. Un truc assez banal, comme une langue étrangère que j’essaierais d’apprendre. C’est un animal de compagnie que je tenterais d’apprivoiser en l’appelant par son nom, un chat affalé sur mes genoux et que je caresserais en lisant le soir. C’est avec moi, ça me scotche à la peau, mais ce n’est pas gênant, au contraire : c’est une présence rassurante. Continue reading →

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Auteurs : le massacre continue

Vous vous souvenez ? En 1987, Arnold Schwarzenegger nous apprenait dans le film Predator que “si ça saigne, c’est qu’on peut le tuer”. Évidemment, dans le cas présent, on parle d’une créature extraterrestre et passablement nuisible, mais il est étonnant de constater à quel point cette maxime est compatible avec bon nombre d’autres situations.

Ce n’est vraiment pas mon genre de faire dans la métaphore facile, mais remplacez le Predator par, disons… les auteurs. Rhoo, oui, je sais, encore. N’empêche, voilà des gens qui, à bien des égards, ont tout de l’extraterrestre : tendance à l’isolement, grommellent tout seuls, se nourrissent de biscuits, de thé et d’alcool fort, oui, bon d’accord, on sort du strict cadre de l’exobiologie, mais ne partez pas tout de suite. Continue reading →

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Très humain plutôt que transhumain

TEDx Paris a organisé au début du mois d’octobre 2014 une conférence au Théâtre du Châtelet à laquelle était invité Alain Damasio, auteur entre autres de La Horde du Contrevent, roman culte (il paraît) qui m’attend depuis des années sur une étagère de ma bibliothèque mais que je n’ai jamais eu le courage de commencer (pas taper !) malgré les encouragements réitérés de plusieurs amis. Promis, je le lirai un jour. En attendant, j’avais parcouru plusieurs interviews de l’écrivain, notamment celle-ci chez Uzbek & Rica que j’avais plutôt appréciée, et il me semblait qu’il avait quelque chose d’intéressant à dire. J’ai donc regardé cette conférence TEDx avec intérêt.

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Héroïnes à embaucher : trop de mâle tue le mâle ?

Si la majorité des lecteurs sont des lectrices, la plupart des écrivains publiés sont des hommes : un constat dont nous ne pouvons malheureusement que nous lamenter. D’accord, la situation s’est un peu améliorée depuis l’époque de George Sand : cette chère Aurore Dupin s’était vue contrainte d’endosser ce pseudonyme pour que l’on considère ses écrits avec autre chose que de la condescendance. Depuis, Agatha Christie, Françoise Sagan, Nathalie Sarraute, Zadie Smith, J.K. Rowling et tant d’autres ont prouvé (le fallait-il ?) que leur plume valait bien celle de leurs homologues masculins, n’en déplaise à nos prosateurs gonflés de testostérone et à leur fierté à moustache. Reste que les inégalités en matière de publication demeurent, et que les implications et les conséquences dépassent de loin les simples considérations de quota. Continue reading →

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Le conseil de John Green aux aspirants auteurs

John Green est, entre autres choses, l’auteur du livre Nos étoiles contraires, qui l’a récemment fait passer du statut d’auteur reconnu dans le milieu du roman Young Adults à celui de star internationale et multi-traduite. Pourtant (pourquoi me sens-je obligé d’ajouter pourtant ?), le garçon est sympathique et garde les pieds sur terre.

Dans une vidéo postée à l’occasion de son 32ème anniversaire, John Green remercie tout le monde pour les formidables cadeaux et témoignages d’affection qu’il a reçus (en passant, j’ai 33 ans le 22/10, clin d’oeil appuyé). Mieux, puisqu’on lui pose souvent la question, il en profite pour dispenser un petit conseil aux auteurs en devenir. Je n’aurais pas pu mieux dire puisque c’est exactement la façon dont j’envisage ce métier, et comme je ne peux pas mieux dire, je le laisse causer : Continue reading →